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Le Colonel de la Rocque
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MessagePosté le: Jeu 26 Juin - 18:26 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

Ah De la Rocque... Les Croix de Feu... Le PSF... Tout le monde imagine une sorte de Noël Roquevert avec béret/baguette style super Dupont, facho de chez facho...

Et bien pour vous montrer la complexité des choses que vécurent nos compatriotes dans les années 30 et 40, voilà une Bio qui fait réfléchir...

Entré à Saint-Cyr en 1905, François de La Rocque est admis à faire valoir ses droits à la retraite en... 1928 avec le grade de lieutenant-colonel... à 42 ans ! Les graves blessures reçues en 1916 ne l'avaient pas empêché de faire campagne jusqu'en 1918 !
Il adhère aux Croix de Feu en mai 1929 et en devient le Président en 1932. L'année suivante il les dote d'une doctrine avec un livre "Service Public", qui en janvier 1935 en est à sa 68 ème édition ! Le mouvement a été dissous en 1936 par le gouvernement de Front Populaire. La Rocque fonde alors avec... Jean Mermoz le Parti Social Français (PSF) qui en 1938 aura plus d'un million d'adhérents. Le 14 juillet 1937, il prend la direction du Petit Jounal, étendant ainsi l'audience du PSF.
Aprés la défaite de 1940, La Rocque transforme le PSF en Progrés Social Français et refuse toute participation à la Révolution Nationale de Vichy, tout en marquant sa méfiance pour le gaullisme. L'action politique provisoirement suspendue a fait place à l'entraide sociale qui camoufle les activités de résistance. Incarcéré par la Gestapo avec 152 cadres du PSF en mars 1943, La Rocque est déporté à Eisenberg (Tchécoslovaquie) et à Itter (Autriche). Libéré le 8 mai 1945, il est interné dès son retour en France sur pression des communistes alors tout-puissants.  Trois mois auparavant, à la Tribune de l'Asemblée Consultative; Jacques Duclos, au nom du PC, avait demandé l'arrestation des chefs du PSF qualifié de "Parti Hitlérien"... Le 28 avril 1948, le colonel de La Rocque meurt en détention des suites de la déportation.
Quinze ans plus tard, il recevra, à titre posthume la médaille des déportés-résistants, et le général De Gaulle présentera à sa veuve "les excuses du gouvernement pour une injustice dont il mesure la profondeur."

On me dira aprés que De Gaulle faisait marcher les cocos à la baguette... en 45 !


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MessagePosté le: Jeu 26 Juin - 18:26 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Alexandre


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MessagePosté le: Ven 27 Juin - 11:39 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

J'aime bien ta comparaison avec Noël Roquevert. j'ai vu dernièrement un vieux film noir et blanc dans lequel jouait cet acteur, et je crois que c'est bien le portrait du "facho" super Dupont qu'on en donne !
Et ça prouve aussi que les Allemands n'étaient pas dupe de la prétendue "amitié" des vichystes à leur égard.
On peut voir que la plupart des vichystes qui faisaient de la résistance en sous-main ont été déportés à partir de 43, et même à partir de 42 !
Il faut donc se méfier de ceux qui divisent l'histoire en deux camps nettement définis.
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MessagePosté le: Ven 27 Juin - 12:08 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

C'est ce que nous nous efforçons de dire ici ! Il faut mesurer toute la complexité des événements. Et on ne peut le faire qu'en essayant d'évacuer tout ce qu'on a appris depuis la "Libération" et en faisant en sorte de se remettre dans l'instant vécu.
Parmi les Préfets et les Sous-Préfets restés en place (comme Jean Moulin), la majorité, tout en "obéissant" à Vichy donnaient des ordres pour déjouer les plans des Allemands, mais aussi pour donner des informations "sensibles" à la résistance "officielle".
Vous pensez sèrieusement que ces gens prenaient soin de noter tout ça ?
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MessagePosté le: Sam 28 Juin - 17:15 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

Les communistes, comme le croient encore certains tenants de l'histoire officielle gaulliste, n'ont pas obéi servillement à De Gaulle en 45 qui aurait évité, par son "aura", un "Grand Soir" inévitable ! Non, ils avaient une stratégie beaucoup plus subtile que ça, suggérée par les instances internationales du PCUS, pour s'emparer "démocratiquement" du pouvoir.
Cette stratégie a échoué, car électoralement ils n'ont jamais fait le poids et avaient en fait sous-estimé les forces "réactionnaires" qui n'avaient pas la mémoire courte, elles !


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MessagePosté le: Mer 2 Juil - 15:18 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

Et ce sont eux qui ont "assassiné" Paul Rassinier, un des leurs pourtant, qui avait vécu aprés la torture par la Gestapo, l'enfer des camps de concentration, et qui a eu le courage et le tort de dénoncer les agissements des "camarades" complices de la SS Führung, en rentrant de captivité !
Refuser de voir cette évidence, c'est tout simplement se rendre complice des négationnistes communistes dont la sinistre idéologie continue à pourrir le débat historique !
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Alexandre


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MessagePosté le: Ven 4 Juil - 19:02 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

C'est ce que je disais. Qui a intérêt à diviser l'histoire entre bons et méchants ? Les complices de 1945, qui nous jouent la comédie de la guéguerre entre gaullistes et communistes. On croit encore en France de 2008, que De Gaulle a sauvé deux fois la France: le 18 juin 1940, et ensuite en 1945 quand il les a mis "au pas"...
Et les cocos se marrent bien. Ils ont colonisé la mémoire des Français !
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lebel


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MessagePosté le: Sam 5 Juil - 09:30 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

Admin a écrit:
Et ce sont eux qui ont "assassiné" Paul Rassinier, un des leurs pourtant, qui 



D'abord , Rassinier n'etait plus communiste , exclu du PC dés 1932 , il rejoindra la SFIO , tour à tour , pacifiste , anarchiste , antimunichois et bien sur , antisemite  
Il avait des comptes à regler avec ses anciens camarades , avec la hargne du renegat type !
La suite de son parcours est bien connue et il finira comme plumitif à Rivarol , voila pour le personnage. 
et te voir defendre la memoire de ce Rassinier , apotre du negationnisme et reference obligée des néga de tout poil , a commencer par Faurisson , Bardèche , Garaudy .........
Non , vraiment , parmi les victimes du Communisme , et elles sont nombreuses , tu aurais pu choisir un meilleur exemple 


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MessagePosté le: Sam 5 Juil - 18:23 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

Contrairement à toi, moi je l'ai lu "Le mensonge d'Ulysse" ! Et ce qu'il dit à propos de l'attitude des communistes dans les camps où il a été interné est étayé par de nombreuses références et témoignages. Il dit simplement qu'il n'a jamais constaté de gazage homicide et se contente simplement de remettre en cause certains témoignages qu'il avait jugé plus que douteux... Il a été exclu d'un parti qui était à l'époque un parti plus que "stalinien"... Selon toi, il aurait du y rester ?
Etre anti-munichois était-ce une tare ? Antisémite ? Comme 90% des Français à l'époque !
Encore une fois, pour "juger" de l'Histoire et des hommes, il faut être capable de se replacer à l'époque des faits !
Si j'ai "choisi" Rassinier, c'est justement parcequ'il est l'exemple type du "montage" négationniste des communistes à la fin de la guerre. Ces communistes, tu l'oublies, qui se sont imposés comme LE parti de la résistance en faisant croire à tout le monde que leur parti était celui des "75.000 fusillés" !

Du coup on "oublie" "Libération-Nord", on "oublie" son arrestation par la Gestapo en octobre 1943, ses tortures (invalide à 105%), sa déportation à Buchenwald et à Dora...
Comme on "oublie" le bannissement des députés communistes par le gouvernement Daladier en 39, l'interdiction de l'Humanité et de toutes les publications communistes, pour Haute Trahison... Haute Trahison qui durera tout de même jusqu'au 22 juin 1941 ! Pendant ce temps, Rassinier, lui, résistait en zone occupée !

Alors, s'il te plait, on peu d'objectivité ! Merci !
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Briard
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MessagePosté le: Mar 8 Juil - 09:17 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

<<Alors, s'il te plait, on peu d'objectivité ! Merci !>>

Le jour ou lui sera objectif, les poules auront des dents

Pour connaitre un peu mieux les Croix de Feu et le PSF, ce livre de Philippe RUDAUX :



cette photo tirée de ce livre, voyez la légende :



 Mermoz Shocked  Mais alors celui que l'on nous présente comme un Héros, un Grand Homme, ne serait en fait qu'un ignoble fascho, un collabo ??      On nous mentirait à l'insu de notre plein gré !!  
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Dernière édition par Briard le Mar 8 Juil - 11:00 (2008); édité 2 fois
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lebel


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MessagePosté le: Mar 8 Juil - 10:29 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

Il faudrait que je retrouve une photo de de la Rocque , lors d'une cerémonie à la synagogue de la Victoire à Paris , c'etait en 37 ou 38 ....................la Presse et les milieux d'extréme droite l'avait ignominieusement  pris à partie 

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Croquignol


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MessagePosté le: Mar 8 Juil - 11:46 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

Dans les années 30, dans les milieux "Anciens de la Grande Guerre", il y avait d'abord "la camaraderie des tranchées" qui passait largement devant les appartenances religieuses ou communautaires d'une part, et bien sur beaucoup de ressentiment à l'égard des "politiciens" de tout poil, magouilleurs, traficants, etc...
Cette "extrême-droite" à laquelle tu fais allusion faisait un peu partie de cette "classe politique" honnie par les AC (Maurras, Barrès...) Extrême-droite qui n'avait rien à voir avec notre "droite nationale" d'aujourd'hui, et qui était profondément catholique "intégriste".
Et enfin, elle n'aimait pas De la Rocque qui avait retenu ses "Croix de Feu" lors de la manif' du 6 février 34... On avait la rancune tenace à l'époque !


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Briard
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MessagePosté le: Lun 14 Juil - 22:04 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

Voici la lettre adressée par le Colonel De La Rocque, depuis sa celulle, au "général micro" :

 Caserne des Coches
10 Avue de Sceaux
Versailles (S&O)
Le 15 Aout 1945

A Monsieur le Général de Gaulle
Président du Gouvernement provisoire
de la République


            Monsieur le Président,

  La Haute Copurs de Justice composée par votre gouvernement et par votre gouvernement commise au jugement du maréchal Pétain, a rendu son verdict :
Le dernier maréchal de France, le vainqueur de Verdun, le sauveur du moral et donc de l'honneur de l'armée française en 1917, a été condamné à la peine capitale.
 Un inapaisable remords m'oppresserait toute ma vie si je ne vous traduisais, en cette circonstance dramatique, les sentiments qui soulévent mon coeur de soldat et de Français.
  Pourtant, je n'ai jamais servi sous les ordres du maréchal Pétain. Je n'ai jamais appartenu à l'Etat-Major du maréchal Pétain. Je n'ai reçu aucun de mes grades, aucun de mes emplois du maréchal Pétain.
 Je n'au subi, de la part de l'entourage et des représentants du maréchal Pétain, depuis 1937 jusqu'à mars 1943- date de mon incarcération brutale par les Allemands- que brimades et vexations. Je n'ai jamais été membre ni des formations gouvernementales, ni des formations adrministratives, ni des formations répressives qu'on a couvert du nom du maréchal Pétain. Je n'ai jamais occupé aucun poste rémunéré ou même indemnisé sous le régime abrité derrière la gloire du maréchal Pétain.
  Le 7 mars 1943, j'avais enfin, malgré les barrages dressés autour de lui, emporté son adhésion verbale à l'idée d'un accord étroit avec les Alliés, vous compris, pour un effort conjoint et concerté en vue d'une délivrance de la Métropole aussi exempte que possible de désordres. Je venais de lui faire accepter le principe d'une liaison sûre et permanente à cet effet, liaison dont le dispositif était inconnu de lui mais dont j'avais éprouvé la régularité et l'efficacité. Notre entretien seul à seul terminé, le maréchal eut l'imprudence d'affirmer devant une vingtaime de personnalités presques toutes inconnues de moi, son regret de ne m'avoir pas entendu plus tôt et sa résolution de s'entourer désormais de mes conseils; quarante huit heures aprés, le 9 mars 1943, j'étais jeté par la Gestapo dans la cellule des comdamnés à mort de la maison d'arrêt de Moulins.
  Je ne dois donc rien au maréchal Pétain. N'ayant point été mêlé de prés ou de loin aux actes et aux négociations de ses gouvernements, je n'ai souci que de ces deux principes essentiels : permanence de nos gloire militaires, majesté de la justice nationale.
  Je n'ai pas à savoir ce qui, dans votre carrière, a pu vous associer au maréchal Pétain. Mais vous comme moi, nous lui sommes attachés par des liens indestructibles. Ces liens ont été forgés dans l'armée. De l'armée nous sommes l'un et l'autre originaires. Nous en demeurerons solidaires jusqu'à notre dernier soupir.
  On a mentionné, au long du procés, lesd sataniques tortures, les meurtres inexpiables dont tant de nos compatriotes ont été les martyrs. Mais a t on évalué le nombre de tortures et de meurtres que la présence opinâtre et l'insistance deésespérée de ce vieillard ont pu éviter ?
  On a désigné certains tortionnaires français qui, sous le signe des ministéres vichyssois, ont aggravé leur trahison de délation infâmes et d'ignobles persécutions au profit de l'hitlérisme. A t on imaginé ce qu'auraient pu être les forfaits de ces criminels si, s'étayant sur ce régime débile, notre magistrature- selon les assurances du procureur général Mornet lui même- tant de fonctionnaires et tant de chefs militaires courageux n'avaient pu accomplir leur devoir de protection ?
  At on essayé de concevoir ce qui se serait passé au cas ou nôtre patrie aurait été, de juin 1940 à août 1944, remise à l'autorité absolue d'un gauleiter, surtout si ce dernier s'était réclamé de sa naissance française ?
  On a omis de dépeindre l'abjecte ambiance de vanité satisfaite, presque de triomphe, dégagée par des "clients" accourus en foule, durant les semaines postérieures à l'armistice; ils encombraient les avenues, les couloirs de Vichy, quêtant places, missions appointées, prébendes. Cependant, tout ce qui devait arriver ensuite est issu de là. Bien des gens empressés à se faire actuellement professeurs de civisme pourraient, rappelant leurs propres souvenirs, dépeindre cette ambiance devant laquelle j'ai fui, refoulant mes sanglots de douleur, de honte et de rage.
 Or la Haute Cour a présenté à la France et au monde atterrés : un accusateur public ayant accepté fin 1940 l'éventualité de requérir contre les témoins à charge de 1945, des juges ayant prêté un serment dont leur loyalisme vis à vis de vous peut les inciter inconsciement à se racheter, des jurés choisis parmi les adversaires déclarés du prévenu; nul ne saurait faire à ces derniers grief de leur conviction, mais cette conviction est notoire. Le président de ces assises solennelles et l'interpréte suprême de l'accusation avaient proclamé, à l'avance, leur parti déjà pris dans cette cause tragique. Peut on omettre ces caractéristiques du tribunal institué sous votre responsabilité, devant les peuples civilisés et devant l'Histoire, se sentence de mort contre un illustre capitaine parvenu aux confins de l'âge ?
  Et tout cela s'est déroulé dans l'obéissance aux passions suscitées, entretenues par un déserteur que, sans jugement, vous avez réhabilité, rappelé d'Europe orientale et introduit jusque dans le conseil de la République. Et tout cela s'est déroulé dans l'obéissance à des passions artificiellement exacerbées, ayant connu de prés au Cherche-Midi notamment, maints communistes sincéres, j'ai pu admirer du fond du coeur la fierté, la camaraderie, le désir d'union de ces patriotes persécutés.
  Le maréchal Pétain et ses avocats ont annoncé qu'il ne solliciteraient point votre pouvoir de grâce. Votreresponsabilité dominera de la sorte, et, quoi qu'il advienne, vous serez sans recours.
  Des dissenssions non moins cruelles que l'odieuse ligne de démarcation séparent aujourd'hui les Français. Vous ne l'ignorez pas. Ce verdict va creuser plus profondément encore l'âbime de semblables discordes. Ne le prévoyez vous pas ? Même si ces discordes n'aggravent point cette désagrégation du pays à laquelle nous devons tous nous opposer, ne redoutez vous pas d'envenimer inguérissablement les affreuses blessures du corps national ?
  On ne bâtit pas sur la haine, Monsieur le président.
  On a prétendu, aprés la honte du 27 novembre 1942, lever un soit disant "1er Régiment de France". Ayant, comme le maréchal Pétain et comme vous, longtemps aprés lui et peu avant vous, appartenu à ce qui  demeurera le "1er Bataillon de France", j'ai, dans mon indignation, publié le 9 décembre 1942, sans clandestinité aucune, signé de mon nom et fait distribuer un article contenant ces mots : "Notre armée revivra. Nulle mascarade infamante ne pourra lui être substituée. On ne brise pas une tradition : la tradition continue, ou bien elle est trahie et reprend plus tard le dessus."
 Des menaces, bientôt suivie d'effets, y répondirent de la part des autorités nazies et de leurs complices.
  Aujourd'hui, je vous écris de la mansarde ou, sans explication, sans enquête, sans procés, sans motifs, vous me faites séquestrer depuis plus de trois mois, aprés vingt six mois de détention et de déportation dans les geôles SS. Je discerne et je néglige à la fois le risque de vous adresser cette adjuration.
 Mais je me souviens du temps ou, confiés aux même maîtres à l'interieur du même collége, nous apprenions, vous et moi, à réunir en un même élan notre aversion chrétienne pour le scandale et nos aspirations de pureté française.
  Que Dieu nous pardonne si vous rougissez vos mains d'officier du sang du dernier maréchal de France.
  Et d'abord que Dieu prenne pitiué de la France.
                                                                             La Roque
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MessagePosté le: Mar 15 Juil - 08:07 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

La grande lessive de l'épurataion commençait ! Dans cette France de 1945, pas une seule place pour tout ce qui était "de droite"... Toutes les places aux communistes et aux gaullistes, et bien sur à leurs affidés. La grande revanche de 1939 !
D'où la marque d'infamie qui, depuis, a toujours pesé sur la "droite" française en général et sur la "droite nationale" en particulier. D'où la perpétuelle repentance de la "droite" française envers la gauche et cet effroi qui saisit ses élus dès qu'il s'agit "d'avouer" son appartenance.
Même les électeurs ont du mal à dire qu'ils votent "à droite" ! C'est tellement plus "patriote" de dire qu'on vote "à gauche"...
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MessagePosté le: Jeu 17 Juil - 07:54 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

On remarque qu'un grand nombre de "collabos" jetés en prison en 45 en France, sortaient des camps de concentration nazis où ils étaient internés, pour certains depuis 42/43, la Gestapo ayant jugé qu'ils menaient des activités "anti-allemandes"...
C'était vraiment pas bon d'être un anti-communiste "primaire" dans la France "Libérée" !
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Briard
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MessagePosté le: Jeu 17 Juil - 09:20 (2008)    Sujet du message: Le Colonel de la Rocque Répondre en citant

Il ne faisait déjà tout simplement pas bon d'être patriote à cette époque là, alors être anti communiste, pas besoin que ce soit "primaire", c'était te condamner à mort.
Quand tu vois que les pages de l'Huma, qui appelaient à la collaboration et à la fraternisation avec les soldats Allemands, ont tout simplement étaient arrachées, détruites, des archives du journal, afin de faire "oublier", cette période "gênante"du parti, tu as une idée de ce que ça peut donner.
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