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Ils ont dit non !!

 
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Briard
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MessagePosté le: Mer 23 Juil - 06:57 (2008)    Sujet du message: Ils ont dit non !! Répondre en citant

Ils ont dit « non »


de Pierre Leulliette


______



   


Si omnes ego non. Si tous (disent oui), moi, non ! La devise des Clermont-Tonnerre est obsolète. Le règne du politically correct, du dressage idéologique ne saurait l’admettre.
    Quatre cent quarante ans avant Jésus-Christ, déjà (comme le temps passe !), dire « non » était incorrect. Si l’on en croit Sophocle, c’est pour avoir dit non aux lois iniques de Créon qu’Antigone fut condamnée à mort.
L’esclave dit toujours oui. L’esclave perd tout dans ses fers jusqu’à l’envie d’en sortir. Spartacus, quelque 70 ans avant J.C. est l’exception qui confirme la règle. Il s’évade, rallie 100 000 hommes, bat toute une armée romaine, jette la panique à Rome. Sa façon de dire non.
    A la même époque, notre très grand père, Vercingétorix, est le premier à dire non à l’invasion de notre pays. Il unit d’abord les Gaulois. Tour de force ! Gallia est omnis divisa in partes tres, se réjouissait César. Et il vainc le Romain, au moins, à Gergovie.
    Le Christ lui-même, à son tour, dit non… Non à Caïphe. Non à Pilate. Non aux Pharisiens. Non aux sépulcres mal blanchis.
    Sainte Geneviève, quelque 450 ans après Lui, elle aussi, dit non. Non à Attila et ses Tartares (pour ne pas dire ses… Turcs) qu’elle arrête, net, devant Lutèce… Un non qui rebondit en 451 aux Champs catalauniques (près du Camp de Châlons), « non » concrétisé par Aétius, Mérovée, Théodoric qui délivrent la Gaule de ses nouveaux envahisseurs. Le malheur des… Huns fait le bonheur des autres !
    Refusant de pratiquer ce que Montherlant appelle « la politique du chien crevé au fil de l’eau », Charles Martel dit, encore, non, hache à la main, aux envahisseurs musulmans. Il les écrabouille même à Poitiers (732) et sauve la civilisation européenne et… chrétienne, monsieur Chirac ! Heureux temps où l’on pouvait dire aux gens ce qu’on pensait d’eux à coups de hache !
    La reconquête de l’Europe par les Européens et de la France par les Français est de longue haleine. Sainte Jeanne d’Arc, « la bonne Lorraine », dira Villon, assassinée à 19 ans, en 1431, incarne un des plus beaux « nons » de France. Comme Antigone, elle pense qu’il ne faut jamais céder au malheur. Celui de son pays envahi lui ôte le sommeil. C’est au bûcher que la conduit son courage inflexible et l’héroïsme dont la plus belle forme est la sainteté. Animée d’une volonté inouïe, rien ne la fait dévier de son but. « De l’amour ou haine que Dieu a pour les Anglais, dira-t-elle, je n’en sais rien. Mais je sais bien qu’ils seront tous boutés hors de France, exceptés ceux qui périront. » Elle en meurt elle-même, certes, et son assassinat marque un des points de bassesse absolue dans l’histoire des hommes mais la France, après elle, est… française. Elle avait le grade de capitaine.
    Vous avez dit « faibles femmes » ?.. Et Jeanne Hachette, après Antigone et, donc, la « bonne Lorraine » ?.. Cette autre Jeanne qui défend, hache à la main, elle aussi (comme son nom l’indique), en 1472, Beauvais assiégée ?.. Et la Grande Mademoiselle ? Et Charlotte Corday (Cf. infra) ? Et Isabel la Catholique – reine de Castille, qui, avec son mari, Ferdinand, roi d’Aragon, libère, enfin, après… 777 ans de domination musulmane, son pays car tout arrive à qui sait attendre… Mille quatre cent quatre-vingt-douze : les adeptes de Mahomet sont désormais tous jetés dehors. Les Arabes en… Arabie ! Fou de rage, la queue entre les jambes, le calife de Grenade doit rendre, tête basse, les clés de l’Alhambra à la belle. C’est un « non » définitif à l’islam dont Renan dira « qu’il est le plus lourd boulet qu’ait jamais eu à traîner l’esprit humain ». Expulsion des envahisseurs ! Reconduite à la frontière. Pas de « comités de soutien » !.. Non. Et non à l’islam, « théologie absurde d’un bédouin immoral, souligne Mustapha Kemal, qui est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies. » Reconquista !
    N’oubliant pas que l’Empire romain n’est pas mort de sa belle mort mais est mort assassiné, comme Isabel, Don Juan d’Autriche doit aussi opposer un « non » armé aux séides de Mahomet (encore eux !). Il les écrase en 1571 à Lépante lors d’une formidable bataille navale qui sauvera, cette fois encore, l’Europe… Halte aux invasions, comme la mer, toujours recommencées. « Le droit à l’invasion n’existe pas ! » se doit, encore aujourd’hui, de nous dire le cardinal Biffi puisque, tout aussi bien, ceux qui n’ont rien appris de leur histoire sont condamnés à la revivre.
    La révolution est un bloc ! dit Clémenceau… Un bloc de bêtise, de fumier et de sang ! lui rétorque Léon Daudet. Ce sang, c’est pour tenter d’en ralentir le flot que Charlotte de Corday d’Armont offre le sien, indignée. Durcie par une volonté fantastique, c’est le couteau à la main qu’elle dit non à Marat en 1793 et (si je puis dire) lui fait passer le goût du… bain !
N’étant pas de ceux qui s’imaginent avoir agi quand ils ont parlé, on voit, à l’occasion de cette révolution, un certain nombre de citoyens ci-devant lui dire « non » sans crainte d’y laisser leur vie. Tous les grands capitaines de la guerre des Vendées s’y engagent. Et, avec eux, les commandos chouans. « Si j’avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi », dit Henri de La Rochejaquelein. Jamais, il ne recule. Il meurt tué, à 22 ans, par un Bleu qui vient de se rendre. Cathelineau, dit « le saint de l’Anjou », généralissime de « l’Armée catholique et royale », meurt, de même, en donnant l’assaut à Nantes. François de Charette de la Contrie, le vainqueur de Machecoul, est fusillé. D’Elbée, successeur de Cathelineau, est fusillé blessé. Stofflet, qui prend Cholet, est guillotiné. Charles de Bonchamps, blessé au combat, en meurt. La veille, il avait gracié 4000 prisonniers bleus.
    Non, le premier génocide européen n’est pas celui des 1 million 500.000 Arméniens systématiquement exterminés par les musulmans de Turquie parce qu’ils sont chrétiens. C’est le génocide vendéen et ses 500.000 hommes, femmes, enfants assassinés parce qu’eux aussi, trop chrétiens.
    Cholet, Saumur, Angers, Parthenay.., les victoires de l’Armée catholique sont autant de « non » aux dictateurs et massacreurs de la Terreur institutionnalisée. Rendant compte à la Convention, le « général » rouge – pardon !.. bleu – Westermann, tout faraud déclare sous les applaudissements des tricoteuses et des camarades – citoyens ravis : « J’ai écrasé les enfants sous les pieds de mes chevaux, massacré les femmes qui n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que sur plusieurs points ils font des pyramides. » Point d’orgue (rétroactif) à l’odieux : que nous susurre, suave, le « Petit Larousse » (1964), évoquant cet incontestable humaniste de Westermann ? Je cite :  « Il conduisit avec humanité la guerre de Vendée… » Eh oui ! Il y a bien, encore en 2005, autour de Paris, des lycées… Robespierre, autre humaniste délicat dont tout ce que retient le même « Larousse » (… Larouge ?) est « la grande pureté de mœurs » et « son souci d’établir le règne de la vertu » (comme ent dit… Pol Pot).
    Parallèlement à Westermann, cela dit, le général (autoproclamé) Turreau, organisateur des 12 « Colonnes infernales », pratique dans cette Vendée mise à feu et à sang, une guerre tout aussi sauvage d’atrocités systématiques, toutes relevant de ces crimes imprescriptibles que le Tribunal de Nuremberg considérait passible de la peine capitale en tant que « crimes contre l’humanité ». Le tout, bien entendu, pour le bonheur du peuple qu’on assassine au nom des « droits de l’homme… » qu’on égorge avec sa femme, ses enfants, ses grands-parents…
    « L’Afrique a ses singes. L’Europe a ses Français », note Schopenhauer. Animées d’un instinct fort bien décrit par le Dr Pavlov, les masses révolutionnaires disent toujours « oui », comme l’esclave, même aux génocideurs. On s’extasiait à Paris devant ces massacres insensés. Ça faisait danser (… la Carmagnole). Cent moutons font un loup. Dire « non » quand tout croule, quand ça craque de partout, toujours, sera plus rare que dire « oui ».
    Un des « nons » les plus pittoresques mais non des moins courageux est celui du général Pierre Cambronne qui, alors que les Anglais le somment de se rendre, se… cambre. Ce n’était certes pas le plus grand des généraux de Napoléon mais il avait… son mot à dire. « Merde ! » leur répond-il, donc, (Waterloo. 1815). C’est un « non » carré, au carré. Raccourci puissant. « Merde ! La Garde meurt mais ne se rend pas ! »… Merde… Depuis, quels droits d’auteur s’il avait survécu !
    Quoi de plus net que le non de l’homme en guerre ? On accusait de redondance l’auteur du « Mystère de la charité de Jeanne d’Arc » mais quoi de plus concis que la mort du lieutenant Péguy, d’une seule balle en plein front, à la tête de sa section, dès la première semaine de la contre-offensive de la Marne (5 sept. 1914) ? Un million 400.000 jeunes Français moururent comme lui en disant « non » à l’invasion de leur patrie mais ni enfants ni femmes ne furent, cette fois, exterminés. Il n’y eut pas de camps de concentration…
    … Les camps ! Ceux des nationaux socialistes allemands ne furent que des duplicata des camps des socialistes russes. « De quel camp êtes-vous, donc, monsieur Soljenitsyne ? demande, agressif, un journaliste (de gauche… pléonasme !) au rescapé du Goulag – Du camp de concentration ! » répond-il.
    Ce fut aussi pour tenter de s’opposer à la floraison des miradors marxistes que, dès 1917, il y eut des Russes comme lui pour dire « non » à Lénine, « non » à Staline et même, voyant de prés le danger lointain, « non » à Pol Pot et tutti quanti, tous, rouges grand teint. « Non » au Socialisme… réel et ses quelque 180 millions de victimes en quelque 70 ans (Cf. R. Aron). « Non » au Goulag, donc, « non » au crime de masse, « non » à la dictature, « non » à la misère, à l’asservissement des populations sous la férule de ceux qui proclament : « Les _ de l’humanité peuvent périr pourvu que le reste devienne socialiste » (dixit Lénine).
    Dénikine, par conséquent, forme en 1917 une armée de volontaires russes pour lutter contre les Bolcheviks. Il s’empare de Kharkov, de Kiev et menace Moscou (1919) mais ses troupes cosaques l’abandonnent. Jusqu’en 1921, toutefois, l’Armée blanche lutte, pied  à pied, en Sibérie (Koltchak), en Russie méridionale (Dénikine,  Wrangel), en Estonie (Ioudenitch). En un temps où l’on voit nos démocraties se laisser paresseusement assassiner sans protester ou si faiblement, au moins ceux-là périrent en résistant ; ils ne firent pas que ce fut justice ! Les grandes civilisations ne meurent pas. Elles se suicident, disait Toynbee. Ils dirent non à ce suicide et sa veulerie. Il fallut, cependant, attendre encore plus d’un demi-siècle pour que la conscience nationale slave se réveillât.
    « La France a perdu une bataille ; elle n’a pas perdu la guerre. » On sait l’appel à poursuivre le combat que lance le 18 juin 1940, un général de brigade à titre temporaire. On sait moins ce que Saint-Exupéry lui rétorque : « Dites la vérité, général ! La France a perdu la guerre. Mais ses alliés la gagneront. » Et Churchill et Eisenhover, effectivement, s’en chargeront… Churchill qui, ne se payant pas de mots, lui, préfère payer de sa personne et, dès le 22 juin 1940, demande à l’état-major de créer un corps de « soldats-parachutites » - combattants qui, eux, vont dire « non » le P.M. à la main, soldats dont le colonel de notre 2ème R.P.C., Pierre Château-Jobert (« Conan ») est le fer de lance (… Who dares, wins !).
    We shall never surrender… Nous ne nous rendrons jamais !.. Quand Churchill, donc, dit « non », c’est non. Quand de Gaulle dit « non », ça peut être oui (et vice versa). Rappelons, ici, ce que nous relations dans un précèdent article : « Moi, vivant, jamais le drapeau FLN ne flottera sur l’Algérie », disait-il. Et, non seulement il ordonne, ensuite, d’amener les couleurs françaises pour que leur soit substitué le drapeau vert à croissant rouge (de sang) de Mahomet mais il interdit le rapatriement des 150.000 harkis qui se sont battus pour la France, les livrant avec femmes, enfants, parenté aux égorgeurs du dit Mahomet. « Non » en 40. Oui en 61… Oui au massacre des seuls Arabes qui aient jamais aimé la France. Abandon révoltant de scélératesse. Après quoi, d’aucuns de s’étonner de la colère des Légions bafouées, contraintes à se renier et à laisser livrer à des hordes d’assassins mahométans, leurs camarades de combat.
    La résignation est la vertu des lâches. Quand l’honneur consiste à tenir bon là où les autres cèdent, il y a encore du « non » dans l’air. Paras ou légionnaires, les soldats dits perdus s’insurgèrent. Pour ne pas « perdre » l’estime qu’ils pouvaient avoir d’eux-mêmes, ils levèrent leur bouclier. « Et que me restera-t-il si je me méprise moi-même ? » s’exclame Julien Sorel… Parce qu’ils méprisent le général-à-titre-temporaire, ils refusent d’avoir à se méprisés eux-mêmes et d’être méprisés par ceux que leur « Etat », parjure, abandonne, donc, et, même, livre à la mort.
    Denoix de Saint-Marc, Capitaine Sergent, Jean Marcetteau de Brem, Pierre Château-Jobert, Bastien-Thiry… (et combien d’autres !) , ils ont décidé (avec Sénèque) qu’un bon pilote devait continuer à naviguer avec des voiles déchirées. Ils n’ont voulu amener ni les voiles ni les couleurs. Quelques-uns en sont morts, ayant considéré qu’il y avait des choses qui ne devaient pas exister.
    Je les ai bien connus…
    « Que votre parole soit oui, oui ; non, non. Ce qu’on y ajoute vient du démon. ». Ils refusèrent, cette fois, avec St Matthieu, ayant donné leur parole, de la reprendre, comme on leur ordonnait. Mil neuf cent quarante.., l’Indochine.., et maintenant : l’Algérie : leur vie militaire n’a été qu’une suite de frustrations. Mais trop c’est trop. Cette obligation que veut leur imposer un gouvernement, de trahir leur serment, somme toute, ils n’ont rien vu d’aussi extraordinaire depuis la Seconde guerre mondiale. Révolte !
    Refuser n’est pas – seulement – dire « non ». C’est modifier par l’action. Leurs services « Action » se déployèrent. Celui qui dit « non » prend la décision. Il refuse que l’évènement la prenne pour lui.
    C’était de grands caractères… Don Quichottesques.. ? Peut-être. Mais est-il plus beau d’être des moulins à vent comme le polichinelle agitant ses grands bras, qu’ils abhorraient ?
    Il y a des coup de foudre de l’amour. Il y en a de la haine, du mépris. C’est cet intense sentiment qui anime un Bastien-Thiry. C’est le mépris qui lui donne mandat d’aller jusqu’au bout. Fort d’Ivry. Onze mars 1963. Douze plus une balles « françaises » tuent Jean Bastien-Thiry, polytechnicien, lieutenant-colonel de l’Armée de l’air, pilote d’essai, ingénieur brillant. Chef du commando qui, le 22 août 1962, tente d’abattre, au Petit-Clamart, de Gaulle parce que traite à la patrie et à la parole donnée, « non ! rien de rien ! Non, il ne regrette – toujours – rien… » Face à sa mort, il ne baisse ni les yeux ni la tête. Convaincu que plus qu’un talent, il portait en lui la possibilité d’un acte sublime, il a voulu accomplir un tyrannicide comme le prescrit le droit canon. Une si grande fin ne justifie-t-elle pas tout moyen ? L’angle de vue s’est fait angle de tir à Clamart puis à Yvry. Il a fait son acte. Dernier acte. Dont acte.
    A partir d’un certain point, on ne peut plus revenir en arrière. C’est ce point qu’il faut atteindre, pensait comme Bastien-Thiry, mon camarade (1ère Section, 1ère Cie, 2ème R.P.C., 10ème D.P.) le lieutenant para Jean Marcetteau de Brem, tué, lui aussi en 1963, mais un soir sans lune, dans une très étroite rue de la montagne Ste Geneviève. Tel un Cortez, il avait brûlé derrière lui ses vaisseaux et plongé dans une clandestinité explosive. Tout à l’orgueil de côtoyer quotidiennement la mort, il était animé de l’invincible assurance qu’il y avait toujours encore quelque chose à faire. Je puis dire, l’ayant connu, donc, personnellement, qu’il fut toujours soucieux de transformer en un rituel héroïque, sa vie. C’est aussi pourquoi il la perdit. Son histoire a laissé une cicatrice dans ma mémoire…

    Et cet autre para mais légionnaire, lui, le capitaine Sergent (Pierre) ? Lui aussi, il considère que rien n’est plus répugnant que la patience en présence d’une injustice dont un autre est victime. L’Algérie livrée à la pègre et aux chacals hystériques d’Allah, il s’insurge dans toute l’acception du terme. N’étant pas de ceux qui tendent l’antre bajoue ni, a fortiori, de ceux qui tendent la joue… du voisin, il reprend les armes dès 61. On le condamne à mort… Le voilà inscrit au Club très militaire sinon fermé des condamnés à mort, -club où il côtoie le colonel Château-Jobert, mon chef de Corps.
    … Château-Jobert !.. Conan ! Les exigences du grand « petit » colonel envers lui-même sont illimitées. En 44, il avait, on l’a vu, déjà, dit « non ». Son « non » de 61, sur fond de révolte devant le non-respect de la parole donnée est encore plus incandescent que le premier. « Feux et lumières sur mes traces » : son livre en donne une brûlante idée. Ce n’est pas un « tiède ». Le Christ ne l’aurait pas « vomi ». Il « n’a pas peur »… comme le préconisera Jean-Paul II. Ayant moins de chance que le mien, son père est tué en 1915, en combattant. Cette mort est un catalyseur. Plus que croyant, mystique, Château-Jobert n’attend pas non plus George Bush pour comprendre que la guerre qui oppose les paras chrétiens aux mahométans algériens est aussi une croisade qui oppose le Bien et le Mal. S’il prend les armes contre son gouvernement parjure c’est peut-être et encore aussi que le Christ a dit « non ». Son insoutenable courage l’amène même à créer un maquis contre-révolutionnaire en pleine terre algérienne ( Constantinois ) ! Tout ce qui peut être tenté doit être tenté et même… un peu plus. C’est aussi son credo.
    Hélie Denoix de Saint-Marc, autre étonnant para, commandant du 1er R.E.P., n’hésite pas plus que lui à dire « non », le 21 avril 1961. C’est désormais une question d’honneur, se dit-il, de se soulever… Sans réfléchir, disent d’aucuns, il lance son régiment au grand complet sur Alger dévoyée et prend la ville… Sans réfléchir ?.. Mais si l’on a besoin de réfléchir à propos de l’honneur, n’est-ce pas qu’on en est, déjà, dépourvu ? « Non ! »… Le mot le plus beau de la langue française est le mot de passe de « l’Algérie française ».
    Pape émérite dont le moindre… mérite ne fut pas d’avoir dit non à la dictature totalitaire des socialistes, d’abord nazis et nationaux puis russes, Jean-Paul II est, lui aussi, l’émetteur de plusieurs « nons » de qualité… « Non » au naufrage du vieux navire chrétien dont il est, 26 ans durant, le grand… timonier n’en déplaise au despote niais et jaune d’antan, Mao Tsé Toung (adulé par d’autres niais criminels qui n’eurent plus, ensuite, qu’à rire… jaune). « Non » papal, aussi aux transhumances idéologiques des adeptes de Marx déguisés en chrétiens et à leur « théologie de la libération » qui n’a pour but que de les libérer de la théologie ! « Non », également, au massacre programmé des quelque 6 millions d’innocents désarmés que, de 1975 à 2005, on avorta (… rien qu’en France !) au nom d’une « Interruption Volontaire de Grossesse » au label déjà en soi « sémantiquement hypocrite puisque, tout aussi bien une « interruption » n’est pas un… « arrêt » - ce qu’est, à jamais, tout avortement.
… Et « non » global au désordre immoral que veulent imposer les contempteurs de l’ordre et de la morale, - « l’ordre moral » faisant désormais figure de mal absolu !
    Rien que des « nons » bien calibrés… Si bien même que trois balles de… calibre 11,43 en pleine place Saint-Pierre et en… pleine poitrine du successeur de saint Pierre est la réponse (musulmane !) à ses prises de position. Mais le « chef-des-croisés » survit au tir groupé de l’adepte de Mahomet. Raté ! Ali !.. Allah  n’est pas si grand !
    Autre pape sans « complexes » qui paraît ne pas avoir peur de dire « non », Benoît XVI, son successeur, risque, comme le grand Polonais, de faire grincer plus d’un dentier rouge, rose ou vert. Raillant une adjointe au maire de Paris, qui se dit très déçue de l’intronisation de ce nouveau pape, Pascal Sevran (dans « Libération ») note : « Benoît XVI ne plait pas à Melle Clémentine Autain (…), il est contre l’homosexualité, l’avortement, l’ordination des femmes, le mariage des garçons (…). Qu’un pape ne soit pas progressiste la scandalise, oubliant au passage qu’il n’a pas été élu patron de la CGT… »
    Un pape qui ose, donc, dire « non » à tout ça, un pape qui se permet de se faire le défenseur de « l’inviolabilité de la vie humaine, de la conception jusqu’à la mort naturelle » est-ce, en effet, bien… convenable ?
La « pensée unique » s’y perd !
    « Je suis celui qui dit « non », se définit, de lui-même, selon St Jean, le Démon. « Je suis l’esprit qui toujours nie », renchérit le Lucifer de Goethe. Soit ! Mais il est des « nons » qui sont des « ouis » à autre chose.
_________________
Fuis les éloges, mais essaie de les mériter.
F Fenelon


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MessagePosté le: Mer 23 Juil - 06:57 (2008)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 24 Juil - 08:30 (2008)    Sujet du message: Ils ont dit non !! Répondre en citant

Celà remet en question les fondements du suffrage universel. En effet, peut-on prendre pour "vérité" ce que décide 90% des électeurs ?

A-t-on obligatoirement raison parcequ'on est du côté des 80% des gens qui composent "l'opinion publique" ?
Lorsqu'on sait que ce sont les patrons de l'information médiatique qui façonnent cette "opinion publique" dont on nous saoule le cerveau, on est en droit de se poser la question.

C'est ce que nous faisons ici, chaque jour, à propos d'Histoire, et que nous continuerons à faire, même si nous représentons la "minorité"...
_________________
"Je hais ces mensonges qui vous ont fait tant de mal"


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