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Encore un mensonge !!
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Briard
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MessagePosté le: Mer 22 Oct - 22:10 (2008)    Sujet du message: Encore un mensonge !! Répondre en citant

On sait en effet qu'aucune Cour de Justice n'a jamais jugé le Maréchal pour complicité dans le génocide perpétré par la folie nazie. Notamment lors des cinq semaines du procés en Haute Cour, ni les tépoins parmi lesquels figurait Léon Blum, ni les jurés au sein desquels se trouvait Jean Pierre-Bloch, ne posérent la moindre question sur une éventuelle responsabilité du Maréchal dans le sort des juifs se trouvant , aprés le désastre de juin 1940, dans la mouvance française.

Ce n'est plus l'attitude aujopurd'hui de ces médias qui enseignent que le Maréchal a imposé le port de l'étoile jaune, manifestant selon eux, ainsi, sa complicité avec l'occupant ! Ce qui est fortement contredit par l'histoire. En effet :

-le port de l'étoile jaune imposé aux juifs "dés l'age de six ans révolus", fit l'objet, le 29 mai 1942, de la huitiéme ordonnance du commandement allemand en France qui ne pouvait légiférer qu'en zone occupée. Cette ordonnance ne fut jamais appliquée ni en zone dite libre - même aprés l'invasion de celle-ci, le 11 novembre 1942, par la Wehrmacht - ni en AFN :

   l'historienne Annie Kriegel le confirme dans son ouvrage "Ce que j'ai cru comprendre (page 173) : << Quant à l'étoile jaune, malgré plusieurs démarches en ce sens des autorités allemandes, le Maréchal Pétain avait refusé d'en imposer le port en zone Sud (et en Afrique) >>

  Le grand rabbin Schwartz atteste l'opposition farouche du Maréchal dont il rapporte la déclaration que celui ci lui avait faite  <<  Tant que je serai vivant, je n'accepterai jamais que cette ignominie qu'est l'étoile jaune soit appliquée en zone Sud  (cf Robert Aron "Le Monde etr la Vie, février 1961)  >>

René Remond reconnait quand, commentant le statut des juifs, il observe que le gouvernement du Maréchal élabore un statut discriminatoire qui les écarte de tout poste de responsabilité ou d'influence, mais "ne vise aucunement à la disparition des juifs"  >>


Messieurs lebel & consorts, assez de vos mensonges et de vos calomnies !!
_________________
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F Fenelon


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MessagePosté le: Mer 22 Oct - 22:10 (2008)    Sujet du message: Publicité

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lebel


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MessagePosté le: Ven 24 Oct - 14:52 (2008)    Sujet du message: Encore un mensonge !! Répondre en citant

 
  En parlant de desertion , que pensez vous de ces militaires et aviateurs  , deserteurs depuis le 18 juin 40 ?


                      http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=19425


  Au fait , ces "deserteurs" ont ils été condamnés par Vichy ? 


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Briard
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MessagePosté le: Ven 24 Oct - 16:14 (2008)    Sujet du message: Encore un mensonge !! Répondre en citant

C''st plus que normal, un militaire qui quitte son poste sans en informer "officiellement" ses Supérieurs est automatiquement porté déserteur.
Et ça encore à l'heure actuelle !! C'est le réglement militaire. Point barre.

La question n'est pas de savoir "si ils ont été condamnés" mais plutot si la peine a été effectuée.
Ne mélange pas tout.
Il y a ici des lecteurs qui pourraient se laisser avoir pas ta réthorique !!

Il est notoire à présent que la "condamnation" de De Gaulle n'a jamais été menée à son terme et qu'en plus le Maréchal ne l'aurait jamais fait fusiller. Mais pour la "légende" du "grand homme", c'est mieux d'affirmer que si.

Sais tu toi même que les soldes et les demi-soldes ont été payées par le gouvernement Pétain à tous ceux qui continuaient le combat ?? Et que certaines demi-soldes ont même été payées en solde completes! Telle la demi-solde du Général Leclerc !!

ça par contre tu préféres faire l'ignorant plutôt que de le relever !!

Un peu comme le documentaire plus que partisan d'hier soir sur la propagande vychiste.
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F Fenelon


Dernière édition par Briard le Ven 24 Oct - 21:21 (2008); édité 1 fois
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lebel


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MessagePosté le: Ven 24 Oct - 16:38 (2008)    Sujet du message: Encore un mensonge !! Répondre en citant

   
                  Comme d'hab , tu noies le poisson quand tu es pris en defaut .


  Tu n'arrètes pas de traiter De Gaulle , de " deserteur " , c'est ton maitre mot ,   alors reponds simplement à ma question :


                En parlant de desertion , que pensez vous de ces militaires et aviateurs  , deserteurs depuis le 18 juin 40 ?


              Ils ont bien quitté leur unité ,    et ont rallié un deserteur  ......alors , sans jouer sur les mots , oseras tu les traiter , eux aussi ,  de deserteurs ?





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Roro


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MessagePosté le: Ven 24 Oct - 16:58 (2008)    Sujet du message: Encore un mensonge !! Répondre en citant

Bien sûr....des déserteurs!! au poteau....
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"La France est un pays de liberté où chacun a
le droit d'écrire tout ce qu'il pense...
à condition,toutefois,de ne penser que ce qu'il
a le droit d'écrire!"


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Briard
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MessagePosté le: Ven 24 Oct - 21:36 (2008)    Sujet du message: Encore un mensonge !! Répondre en citant

lebel a écrit:
                      Comme d'hab , tu noies le poisson quand tu es pris en defaut .


  Tu n'arrètes pas de traiter De Gaulle , de " deserteur " , c'est ton maitre mot ,   alors reponds simplement à ma question :


                En parlant de desertion , que pensez vous de ces militaires et aviateurs  , deserteurs depuis le 18 juin 40 ?


              Ils ont bien quitté leur unité ,    et ont rallié un deserteur  ......alors , sans jouer sur les mots , oseras tu les traiter , eux aussi ,  de deserteurs ?








C'est toi qui noies le poisson là, que veux tu que je te refasse la même réponse qu'ici
http://forumfrance-en-guerres.xooit.fr/t1177-Au-sujet-d-une-desertion.htm

évites de poser des questions inutiles juste pour essayer de te sortir d'un mauvais pas, surtout quand les réponses t'ont déjà été données à cette même question.

Je vais finir par croire que tu sucres les fraises !!
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F Fenelon


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lebel


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MessagePosté le: Sam 25 Oct - 00:59 (2008)    Sujet du message: Encore un mensonge !! Répondre en citant

  • Voila une chronologie des evenements ( c'est de Wikipedia ......et à court d'arguments , tu vas encore me dire que c'est bidon ! )


  • 16 juin :
  • 17 juin :
    • (12h30, heure de Paris). Le maréchal Philippe Pétain lance un appel à « cesser le combat ». Cet appel est évidemment largement relayé par les Allemands. « C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat ».

    • Poussé par Spears, de Gaulle part pour Londres. Il est reçu par Winston Churchill.

    • Vers 10h00, 3 avions allemands bombardent la gare de triage de Rennes, atteignent un train de munitions et des trains de troupes et de réfugiés. Bilan : un millier de tués.
  • 19 juin :
    • Alors que la France se prépare à capituler, le général Władysław Sikorski donne l'ordre aux Polonais de ne pas se rendre et de fuir vers la Suisse, vers le Royaume-Uni ou vers l’Afrique.
    • Le Général de Gaulle demande à l'Empire français de poursuivre le combat aux côtés du Royaume-Uni



    Tout commence le lundi 17 juin 1940, en début d'après-midi :
    Venant de Bordeaux, siège du gouvernement français, le général de brigade à titre temporaire Charles de Gaulle et son aide de camp Geoffroy Chodron de Courcel, accompagnés du général  britannique Spears, atterrissent à l'aérodrome londonien de Heston.
    Il s'installe dans un appartement prêté par un Français, près de Hyde Park, au centre de Londres, au numéro 6 de Seymour Place

    Lundi 17 juin 1940, en milieu d'après-midi :
    Le général de Gaulle rend visite à Winston Churchill au 10 Downing Street. Les deux hommes s'entendent très vite. Le premier ministre britannique décide de mettre la BBC à la disposition du Général. Il a été convenu qu'il ne l'utiliserait que lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l'armistice. 
     

    Lundi 17 juin 1940, en fin d'après-midi :
    La nouvelle parvient à Londres que le maréchal Pétain vient d'annoncer aux Français qu'il faut cesser le combat. Le général décide alors de lancer son appel dès le lendemain…
     

     
    Donc c'est bien aprés l'appel de Petain à cesser le combat que De Gaulle a rejoint Londres et  prononcé son appel !..........et tu aurais voulu qu'il retourne sagement et " legalement " en France pour se livrer à ses ennemis  



    En conclusion , mon pauvre Briard , il n'y a plus que toi et un reste de vichystes nostalgiques pour persister dans tes propos .....et cite moi donc un historien de bonne foi , pour assurer que De Gaulle etait un traitre et un deserteur 


    Enfin , du "Miroir de l'Histoire" d'octobre 78
    *** Ce jour-là, [18 juin - ndlr] de Royan, trois "Simoun" emportent cinq lieutenants de l'école de pilotage: Ezanno, Gaillet, Moizan, Preziosi, Soufflet.
    Le lendemain 19 juin, c'est une évasion massive de l'école de pilotage de Morlaix: ils sont cent huit avec le lieutenant Pinot (dit "Bouboule"), qui partent de Douarnenez sur un langoustier, le
     Trévouliste.
    De Cazaux, le même jour, de Toulouse, d'autres avions quittent clandestine ment la France, en direction de l' Angleterre.
    Le 20, dans le Farman-220, quadrimoteur, ils sont dix-huit sous-officiers qui accompagnent le ca pitaine Goumin. Aucun des pilotes présents n'avait auparavant pris en main un tel appareil. Heureusement, tout se passe bien entre Saint -Jean-d'Angély et Saint Evel en Angleterre.
    Le 21, dix-sept pilotes de l'école de chasse d'Avord s'embarquent à Bayonne sur un cargo suédois en partance pour le Maroc.
    Le 22, départ massif de Toulouse-Francazals sur Potez-63, "Goéland" et Dewoitine-520. Sont du nombre les lieutenants Choron, Littolf et Schloesing.
    Le 24 est une journée chargée: de Port- Vendres, le commandant Pijeaud, trente avia teurs de l'école de l'air et une dizaine d'officiers et de sous-officiers prennent place sur un cargo grec qui va les conduire à Gibraltar.
    De son cô té, le commandant Lionel de Marmier quitte Saint-Jean-de-Luz sur un bateau anglais chargé de Polonais.
    Le capitaine Bécourt-Foch, Moy net, Maridor, de Saxcé font le même voyage et arrivent à Plymouth le 27.
    Enfin, c'est ce jour-là que, sur Potez-540, Pétain s'évade de Cazaux... Il s'agit du sergent mitrailleur Raymond Pétain, qui gagne l'Angleterre avec le sergent pilote Claude Deport.
    Le 27, déjouant la surveillance des côtes par les troupes de marine et les gendarmes, un capi taine de réserve qui fera parler de lui, Jean As tier de Villatte, réussit à prendre place sur le dernier bateau anglais qui s'éloigne de l'estuaire de la Gironde, en compagnie des rescapés de la division polonaise. (...)
    C'est le 21 juin, également, que se rencontrent en Égypte, à Ismaïlia, deux officiers venant de Syrie. Le premier, le lieutenant Péronne, a quit té Rayak, le 23, muni d'un ordre de mission ré gulier pour venir se mettre à la disposition de la RAF à Héliopolis: il est à la tête d'une pa trouille de trois Morane-406 et cinq mécani ciens ont suivi dans un Fokker. Le second, le capitaine Jacquier, se pose, ce jour-là, venant lui aussi de Rayak, avec un Potez-63.
    Le lende main, 28, Péronne reçoit l'ordre de rentrer en Syrie. D'accord avec Jacquier, il n'en fait rien. Ils resteront en Égypte. Ce qui leur donnera l'occasion, avec les capitaines Ritoux-Lachaud et Dodelier, évadés de Tébessa sur deux "Glen Martin", le 1er juillet, de constituer le noyau des FAFL du Moyen-Orient. Il y a déjà là une dizaine d'avions de types différents. Le 3 juillet, nouvel ordre reçu de Syrie:
     "Rentrez, sinon vous êtes déserteurs!" Le 7, ils se sont tous engagés dans la R.A.F., mais "comme c'est pénible de changer d'uniforme!", note Péronne. Ils s'installent à Héliopolis où ils re trouvent le général de Larminat, venu, lui aussi, de Syrie. Se sont joints à eux, depuis le 4 juillet, le lieutenant-observateur Pierre de Mesmont et ses dix compagnons, évadés à bord d'un ca mion bourré de matériel, toujours en prove nance de Syrie. (...)



    Alors Briard , tous ces aviateurs ,  des traitres , des deserteurs , a fusiller ?
      et reponds clairement , par oui ou non , si tu as le courage 






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Daniel Laurent


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MessagePosté le: Sam 25 Oct - 05:39 (2008)    Sujet du message: Encore un mensonge !! Répondre en citant

Bonjour,
Quelques explications historiques au sujet des Appels de CDG, car il y en a effectivement eu plusieurs mais il convient de comprendre pourquoi :

Dans la soirée du 18 juin 1940, un quasi-inconnu du grand public, général de brigade à titre temporaire et ex-secrétaire d’état à la guerre du gouvernement Reynaud, lance depuis les micros de la BBC à Londres un appel exhortant ses compatriotes à la résistance.
Cet Appel est l’acte fondateur de la France Libre dont la saga se terminera presque 5 ans plus tard avec la présence de la France à la signature de la reddition sans conditions du IIIéme Reich, la création en Allemagne d’une zone d’occupation française et l’obtention d’un siège permanent avec droit de veto au conseil de sécurité de l’ONU.
Parti de rien au milieu d’un désastre militaire sans précédent pour arriver à tout dans un contexte de victoire, Charles de Gaulle est devenu une légende en lui-même, ce qui est largement mérité mais présente parfois l’inconvénient de conserver dans l’historiographie quelques légendes annexes dont les erreurs historiques sont désormais avérées.
Si Charles de Gaulle, tout comme Churchill d’ailleurs, avait quelques belles et bonnes raisons de masquer certaines de ses difficultés dans ses Mémoires, expliquer comment se sont réellement passées les choses est tout à fait utile.


La décision de la rébellion :
C’est entre les 5 et 8 juin 1940 que Charles de Gaulle a été persuadé que Churchill maintiendrait la Grande-Bretagne en guerre et qu’il prend la décision, si le gouvernement français ne se replie pas sur l’Empire, de franchir son Rubicon, en l’occurrence la Manche dont la largeur sied parfaitement à l’étendue du franchissement en question. Dans ses Mémoires de Guerre, le général date sa décision du 16 juin. Si c’est exact sur le plan calendaire (C’est en effet le 16 qu’il a la preuve que le gouvernement ne se repliera pas sur l’Empire et va demander l’armistice), cela ne l’est pas sur le plan politique. (Voir source 1)


L’envol :
Les avocats passés ou contemporains du Maréchal Pétain indiquent souvent que de Gaulle s’est envolé de Bordeaux le 17 juin dans l’avion de Spears, représentant de Churchill auprès du gouvernement Reynaud, et qu’il l’a fait surtout de crainte d’être arrêté par le gouvernement Pétain, les deux hommes étant en froid depuis 1924.
Il est dorénavant clair que l’avion était celui mis à la disposition de de Gaulle et pas de Spears.






De plus, la décision du départ est immédiate, Spears y adhère immédiatement et décide de partir à Londres avec lui pour aider à convaincre Churchill qui hésite car il souhaiterait recevoir à Londres des personnalités françaises de plus haut vol. Les choses étant ce qu’elles étaient, il dû se « contenter » du général bien qu’ayant, lui aussi, présenté à l’origine son arrivée comme étant une « mesure de sécurité ».

Il semblerait d’ailleurs que les bases du texte de l’Appel aient été jetées sur le papier dans la nuit du 16 au 17 juin à Bordeaux, traces d’une demande de De Gaulle pour les services d’une secrétaire ayant été retrouvées dans les archives. Mis à part préparer sa journée du lendemain, qu’il savait devoir être difficile, et établir les bases de sa future politique, on ne voit pas pourquoi il aurait eu besoin d’une dactylo cette nuit là. (Voir source 2)


Le 17 juin :
Venant de Bordeaux, Charles de Gaulle et son aide de camp Geoffroy Chodron de Courcel, accompagnés de Spears, atterrissent à l'aérodrome londonien de Heston en fin de matinée.Il s'installe dans un appartement prêté par un Français, près de Hyde Park, au centre de Londres, au numéro 6 de Seymour Place.En milieu d'après-midi, le général de Gaulle est reçu par Winston Churchill au 10 Downing Street. Les appuis de Spears mais aussi de Duff Cooper ont eu raison des hésitations de Churchill. Le premier ministre britannique décide de mettre la BBC à la disposition du Général. Il a été convenu qu'il ne l'utiliserait que lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l'armistice.

En fin d'après-midi, la nouvelle parvient à Londres que le maréchal Pétain vient d'annoncer aux Français qu'il faut cesser le combat. Le général décide alors de lancer son appel dès le lendemain. Mais Churchill reste évasif.

La nouvelle du « il faut cesser le combat » émis par Pétain vers 12h 30 est connue à Londres dès 13h. Rien de neuf à cet égard dans l’après-midi ou la soirée. Mais c’est la que les ennuis commencent avec les hésitations anglaises !D’une part et contrairement à ce que l’intéressé a écrit plus tard, le siège de Premier Ministre de Winston Churchill est fragile. Les tenants de « l'appeasement », les pacifistes anglais, sont en force dans le gouvernement, sous la houlette de Lord Halifax et avec l’aide active de Robert Vansittart du Foreign Office, connu (à tort) comme churchillien ; il rejette viscéralement, les premiers jours, l’entreprise gaullienne, mais ne saurait être dit pacifiste. Ils ne veulent surtout pas, à ce stade de la guerre, critiquer en quoi que ce soit le Maréchal Pétain car, tout simplement, ils aimeraient imiter son initiative de demande de paix. Il convient aussi de faire la part du classicisme diplomatique car beaucoup de choses s’expliquent par la routine en un temps où elle est mortelle, car Hitler compte dessus.


D’autre part, les Français de Londres ne sont pas unanimement d’accord avec Charles de Gaulle, notamment Alexis Léger et, surtout, Jean Monnet.





Les uns comme les autres feront tout pour édulcorer autant que possible le texte de l’appel, voire l’empêcher.
Pour les comprendre, mais sans pour autant les approuver, il faut bien réaliser que Hitler avait complètement berné la quasi-totalité des dirigeants du monde et que se sont ceux qui espéraient alors pouvoir l’arrêter par les armes dans l’immédiat qui passaient pour de dangereux bellicistes.



Le 18 juin :
Au moins 3 versions du texte seront rédigées et vivement discutées ce jour la, sans compter l’ébauche datée du 17. Il semblerait que 2 autres aient existé, mais elles ne sont connues que par des résumés.
Le texte original sortira mal en point de ses affrontements qui durèrent toute la journée. Citons un extrait de l’une des délibérations du cabinet britannique ce jour là :«Bien que le texte du message ne soulève aucune objection, il n’est pas souhaitable que le général de Gaulle, puisqu’il est persona non grata auprès du gouvernement français actuel, parle à la radio, aussi longtemps qu’on peut espérer que ce gouvernement agisse dans un sens conforme aux intérêts de l’alliance. »


Deux versions du texte diffusé le 18 juin existent :- Celui qui fut réellement prononcé ce soir la, à 22 heures et non avant comme certains le disent. Voir le texte en annexe 1- Celui diffuse AVANT par un communiqué de la BBC, donc moins censuré, et qui fut reproduit le 19 par certains journaux français, voir annexe 2.



Le véritable texte du 18 juin :
L’histoire de ce premier texte diffusé le 18 juin mérite à elle seule une mention spéciale. Le discours ne fut pas enregistré par la BBC. Les premiers à avoir découvert ces différences furent une équipe d’amateurs passionnés sarthois (Voir source 3) qui se procurèrent le texte tel qu’enregistré par les services radiophoniques suisses dans des conditions qui firent dire par J.C. Averty, qui suivait cette affaire, à François Delpla au cours d’une conversation téléphonique que cela ressemblait à « une livraison d’héroïne dans un café de Barbès ».

Publié sans mention de sources en 1990, ce texte ne fut cependant jamais nié par les autorités helvétiques malgré le fait que sa publication dérogeait de quelques mois à l’obligation des 50 ans de non communication, ce qui explique « l'ambiance » lors de sa livraison.
Mais le clou vient d’être enfoncé par Christian Rossé, membre suisse du forum « Le monde en guerre » (Voir source 4) qui a retrouvé dans les archives de Berne le texte original tel que publié, étonnement en allemand, par le service d’écoute radiophonique suisse dans son Bulletin du 19 juin 1940 à 6 heures du matin. Le texte en allemand et les cotes d’archives figurent ici en annexe 1.


L’après 18 juin :
La discussion rebondissant dans la nuit, sans qu'aucun document n'en parle, sinon le résultat final dans les journaux anglais du 19 au matin, qui est l'appel connu moins la dernière phrase "demain comme aujourd'hui…".
La encore, c’est Hitler qui mène le jeu. Pétain lui demande ses conditions d’armistice le 17 et … il se hâte lentement de répondre, attendant le 21 pour convoquer une réunion et faire connaître ses conditions. Ce n’est qu’à cette date que le gouvernement britannique lâchera du lest et laissera de Gaulle s’exprimer plus librement, mais pas complètement encore et ce n’est que le 23, jour où le cabinet examine pour la première fois l’éventualité de reconnaître un comité présidé par le général, que les choses avancent vraiment. (Voir source 5 et 6)


Avant cette date, les variantes de l’Appel sont purement militaires. Elles appellent à la résistance mais ne remettent pas en cause la légitimité de Pétain ni ne parlent de sa trahison,ce qui est cependant à la base de la rébellion gaullienne.







Les phrases manquantes seront ajoutées (ou plutôt rétablies) fin juillet ou début août (Accords de Gaulle-Churchill, là encore connu seulement par ses résultats et son contexte - accord du 7 août Angleterre-France libre -, notamment la fameuse affiche, dont la première apparition est dans les journaux anglais du 5 août).
La première apparition certaine du texte définitif se trouve dans le n° 1 du bulletin des FFL, mi-août 1940.

Le chemin de croix :

Convaincu dès le 8 juin 1940, décidé dès le 16, préparé à le faire dès le 17, Charles de Gaulle du attendre fin juin, voire début août 1940, pour pouvoir librement clamer haut et fort que Pétain avait trahi la République et que lui, de Gaulle, portait sur ses épaules fort larges et fort hautes mais ô combien encore fragiles la légitimité politique de la France.





De longues semaines de batailles ardues et pénibles pour échapper au concept d’une simple légion militaire française incorporée dans l’armée britannique qui en satisfaisait plus d’un et, enfin, de faire établir la notion de France Libre, organisme politique porteur de la légitimité de la République bafouée à Vichy.

Les temples gaullistes historiques qui rechignent à admettre ces faits on tort. Au lieu de s’en tenir à l’histoire sainte d’un Appel unique dès le 18, il leur serait plus utile de décorer leurs murs d’icônes retraçant ce chemin de croix. Cela présenterait l’avantage, comme disait l’un de mes bons maîtres que je ne nommerais pas, de « redonner du brillant aux statues ternies par l'encens des commémorations ».
En effet, la simple reconnaissance de ces aléas nous montre un de Gaulle qui, face aux difficultés, plie mais ne romps pas et, à force de volonté, de conviction et d’excellence politique arrive enfin à ses fins pour notre plus grand bien.


Sources :1 – « Du 5 au 8 juin 1940, un tournant », Daniel Laurent et Alain Adam http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance1939194…
2 – « La face cachée de 1940 », François Delpla, F-X de Guibert, 2003
3 – « Revue historique et archéologique du Maine », No. 12, 1990, directeur Jacques Fourmy (décédé).
4– http://www.debarquement-normandie.com/phpBB2/viewtopic.php?t=178185– « L'appel du 18 juin 1940 », François Delpla, Grasset, 2000
6– Version enregistrée de l’Appel du 22 juin :  cf bas de page






Autres sources :Articles de MM. Jean-Louis Crémieux Brilhac, Eric Branca et André Malraux en ligne sur le site de la Fondation Charles de Gaulle :http://www.charles-de-gaulle.org/dossier/18juin/index.htm


Annexes :1 – Le texte de l’Appel du 18 juin, tel que retranscrit par les services d’écoute suisses.2 – Le texte tel que diffusé le 19 juin par la presse française non encore atteinte par la Wehrmacht, source « Le Petit Provençal »




Annexe 1 :
« Le gouvernement français a demandé à l’ennemi à quelles conditions honorables pourrait cesser le combat. Il a déclaré en outre que la lutte devrait continuer si ces conditions étaient contraires à l’honneur, à la dignité, à l’indépendance de la France. Nous avons été surpris et submergés par la force mécanique, la tactique de l'ennemi. Mais il y a, malgré tout, des raisons d’espérer.Croyez-moi, rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent nous apporter la victoire.La France n'est pas seule ! La France n'est pas seule ! La France n'est pas seule ! Elle peut faire bloc avec la Grande-Bretagne et disposer d’immenses réserves.

La guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Toutes les fautes qui ont été commises n’empêcheront pas qu’un jour l’ennemi sera écrasé Cela pourra se faire grâce à une force mécanique supérieure encore.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent actuellement en Grande-Bretagne ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Ceci vaut également pour les ingénieurs et les ouvriers spécialistes qui se trouvent déjà en Grande-Bretagne ou qui viendraient à s'y trouver.

Quoi qu’il arrive, la force intérieure de la résistance des Français ne doit pas faiblir. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »



Dans les archives fédérales suisses de Berne, le compte-rendu du discours du général du Gaulle apparaît dans le Bulletin n° 153 publié par le Gruppe Ohr (Service écoute de la Division Presse et Radio de l’Etat-major Suisse) à 6h00 le 19 juin 1940, à la page 3. Il est étonnement rédigé en allemand. Le voici tel que Christian Rossé nous l’a aimablement fourni : « (11) England (frz.) 2200 General de Gaulle (Sous-secrétaire d’Etat de guerre dans l’ancien Cabinet Reynaud) spricht jetzt zu den franz. Hörern : Die frz. Regierung hat beim Feind angefragt, zu welchen ehrenvollen Bedingungen ein Waffenstillstand möglich wäre. Ferner wurde erklärt, dass der Kampf weitergeführt werde, falls Bedingungen gestellt würden, die im Widerspruch ständen zu Frankreichs Ehre, Würde und Unabhängigkeit. Wir sind von Technik, Kraft, Taktik des Feindes überrascht und überwältigt worden. Trotz allem können wir hoffen. Glaubt mir, dass noch nichts verloren ist für Frankreich. Die gleichen Mittel, die jetzt gegen uns angewandt wurden, können uns den Sieg bringen. Frankreich ist nicht allein! (dieser Satz 3-mal wiederholt). Es kann einen Block bilden zusammen mit Grossbritannien und über unermessliche Reserven verfügen. Der Krieg ist nicht fertig mit der Schlacht um Frankreich. Alle Fehler, die gemacht wurden, werden nicht verhindern, dass eines Tages der Feind erdrückt wird. Dies kann geschehen mit einer Kriegsmaschine (force mécanique) die der feindlichen noch überlegen sein wird. Ich, General de Gaulle, jetzt in London lade die frz. Offiziere und Soldaten, die sich jetzt in Grossbritannien befinden oder noch hierher kommen, ein, sich mit mir in Verbindung zu setzen. Das Gleiche gilt für die frz. Ingenieure und Spezialarbeiter, die in Grossbritannien sind oder hierher kommen werden. Was auch kommen mag: die innere Widerstandskraft der Franzosen darf nicht untergehen. Wie heute, so werde ich auch morgen am Londoner Radio sprechen. Fan/Lie

Scw/Stn.
Archives fédérales suisses, E4450/5768 Bd. 3 »







Annexe 2 :
« Le gouvernement français a demandé à l’ennemi à quelles conditions pourrait cesser le combat. Il a déclaré que si ces conditions étaient contraires à l’honneur, à la dignité, à l’indépendance de la France, le combat devrait continuer. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.



Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

Illustrations et archives sonores :
http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance1939194…






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Je publies des articles historiques et sources sur des sites historiques et serieux, donc ne vous dis pas ou car ici on ne fait que de la politique, pas de l'Histoire.


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MessagePosté le: Sam 25 Oct - 13:34 (2008)    Sujet du message: Encore un mensonge !! Répondre en citant

Citation:
Daniel Laurent a dit :Bonjour,
Quelques explications historiques au sujet des Appels de CDG, car il y en a effectivement eu plusieurs mais il convient de comprendre pourquoi :

Dans la soirée du 18 juin 1940, un quasi-inconnu du grand public, général de brigade à titre temporaire et ex-secrétaire d’état à la guerre du gouvernement Reynaud, lance depuis les micros de la BBC à Londres un appel exhortant ses compatriotes à la résistance.
Cet Appel est l’acte fondateur de la France Libre dont la saga se terminera presque 5 ans plus tard avec la présence de la France à la signature de la reddition sans conditions du IIIéme Reich, la création en Allemagne d’une zone d’occupation française et l’obtention d’un siège permanent avec droit de veto au conseil de sécurité de l’ONU.
Parti de rien au milieu d’un désastre militaire sans précédent pour arriver à tout dans un contexte de victoire, Charles de Gaulle est devenu une légende en lui-même, ce qui est largement mérité mais présente parfois l’inconvénient de conserver dans l’historiographie quelques légendes annexes dont les erreurs historiques sont désormais avérées.
Si Charles de Gaulle, tout comme Churchill d’ailleurs, avait quelques belles et bonnes raisons de masquer certaines de ses difficultés dans ses Mémoires, expliquer comment se sont réellement passées les choses est tout à fait utile.


La décision de la rébellion :
C’est entre les 5 et 8 juin 1940 que Charles de Gaulle a été persuadé que Churchill maintiendrait la Grande-Bretagne en guerre et qu’il prend la décision, si le gouvernement français ne se replie pas sur l’Empire, de franchir son Rubicon, en l’occurrence la Manche dont la largeur sied parfaitement à l’étendue du franchissement en question. Dans ses Mémoires de Guerre, le général date sa décision du 16 juin. Si c’est exact sur le plan calendaire (C’est en effet le 16 qu’il a la preuve que le gouvernement ne se repliera pas sur l’Empire et va demander l’armistice), cela ne l’est pas sur le plan politique. (Voir source 1)


L’envol :
Les avocats passés ou contemporains du Maréchal Pétain indiquent souvent que de Gaulle s’est envolé de Bordeaux le 17 juin dans l’avion de Spears, représentant de Churchill auprès du gouvernement Reynaud, et qu’il l’a fait surtout de crainte d’être arrêté par le gouvernement Pétain, les deux hommes étant en froid depuis 1924.
Il est dorénavant clair que l’avion était celui mis à la disposition de de Gaulle et pas de Spears.


Que dit Churchill aux Communes le 5 Juin 1945, ce que visiblement "l'historien Delpla" a préféré ignorer, c'est ceci :

<<  Le Général Spears est la dernière personne sur laquelle De Gaulle  devrait faire des réflexions, parce que c'est lui qui a personnellement assuré le départ du général de Bordeaux pour l'Angleterre, avec sa propre auto et son propres avion, le 17 Juin 1940  >> ( cf Mémoires version originale, non expurgées comme la version française !
L.D. Girard in Montoire Verdun DIPLOMATIQUE. )

D'aprés Delpla, Churchill n'est qu'un vulgaire menteur !!





De plus, la décision du départ est immédiate, Spears y adhère immédiatement et décide de partir à Londres avec lui pour aider à convaincre Churchill qui hésite car il souhaiterait recevoir à Londres des personnalités françaises de plus haut vol. Les choses étant ce qu’elles étaient, il dû se « contenter » du général bien qu’ayant, lui aussi, présenté à l’origine son arrivée comme étant une « mesure de sécurité ».

Il semblerait d’ailleurs que les bases du texte de l’Appel aient été jetées sur le papier dans la nuit du 16 au 17 juin à Bordeaux, traces d’une demande de De Gaulle pour les services d’une secrétaire ayant été retrouvées dans les archives. Mis à part préparer sa journée du lendemain, qu’il savait devoir être difficile, et établir les bases de sa future politique, on ne voit pas pourquoi il aurait eu besoin d’une dactylo cette nuit là. (Voir source 2)


Le 17 juin :
Venant de Bordeaux, Charles de Gaulle et son aide de camp Geoffroy Chodron de Courcel, accompagnés de Spears, atterrissent à l'aérodrome londonien de Heston en fin de matinée.Il s'installe dans un appartement prêté par un Français, près de Hyde Park, au centre de Londres, au numéro 6 de Seymour Place.



Pour Delpla même De Gaulle ment lorsqu'il dit dans ses "Mémoires" :

<<  nous travaillons, mes collaborateurs et moi à St-Sthephen House, sur l' "embankment" de la Tamise, dans un appartement meublé de quelques tables et quelques chaises. Par la suite l'administration anglaise mis à notre disposition, à Carlton Gardens, un immeuble plus commode ou s'installa notre siège principal  >> In Mémoires Tome 1









En milieu d'après-midi, le général de Gaulle est reçu par Winston Churchill au 10 Downing Street. Les appuis de Spears mais aussi de Duff Cooper ont eu raison des hésitations de Churchill. Le premier ministre britannique décide de mettre la BBC à la disposition du Général.



Pas un mot par contre quant à son retrait !!



Il a été convenu qu'il ne l'utiliserait que lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l'armistice.



En fin d'après-midi, la nouvelle parvient à Londres que le maréchal Pétain vient d'annoncer aux Français qu'il faut cesser le combat. Le général décide alors de lancer son appel dès le lendemain. Mais Churchill reste évasif.

La nouvelle du « il faut cesser le combat » émis par Pétain vers 12h 30 est connue à Londres dès 13h. Rien de neuf à cet égard dans l’après-midi ou la soirée. Mais c’est la que les ennuis commencent avec les hésitations anglaises !

Churchill et d'accord depuis le 13 Juin et n'est pas opposé à l'armistice demandé par la France.



D’une part et contrairement à ce que l’intéressé a écrit plus tard, le siège de Premier Ministre de Winston Churchill est fragile. Les tenants de « l'appeasement », les pacifistes anglais, sont en force dans le gouvernement, sous la houlette de Lord Halifax et avec l’aide active de Robert Vansittart du Foreign Office, connu (à tort) comme churchillien ; il rejette viscéralement, les premiers jours, l’entreprise gaullienne, mais ne saurait être dit pacifiste. Ils ne veulent surtout pas, à ce stade de la guerre, critiquer en quoi que ce soit le Maréchal Pétain

Etant en cela bien mieux informé que le "sous secretaire d'Etat", et conscient de l'impossibilité de la France de poursuivre la guerre !!
car, tout simplement, ils aimeraient imiter son initiative de demande de paix. Il convient aussi de faire la part du classicisme diplomatique car beaucoup de choses s’expliquent par la routine en un temps où elle est mortelle, car Hitler compte dessus.



D’autre part, les Français de Londres ne sont pas unanimement d’accord avec Charles de Gaulle, notamment Alexis Léger et, surtout, Jean Monnet.



Sorti de lui-même et de son aide de camp, il n'y a personne avec lui !! C'est un parfait inconnu !!




Les uns comme les autres feront tout pour édulcorer autant que possible le texte de l’appel, voire l’empêcher.
Pour les comprendre, mais sans pour autant les approuver, il faut bien réaliser que Hitler avait complètement berné la quasi-totalité des dirigeants du monde et que se sont ceux qui espéraient alors pouvoir l’arrêter par les armes dans l’immédiat qui passaient pour de dangereux bellicistes.



Le 18 juin :
Au moins 3 versions du texte seront rédigées et vivement discutées ce jour la, sans compter l’ébauche datée du 17. Il semblerait que 2 autres aient existé, mais elles ne sont connues que par des résumés.
Le texte original sortira mal en point de ses affrontements qui durèrent toute la journée. Citons un extrait de l’une des délibérations du cabinet britannique ce jour là :«Bien que le texte du message ne soulève aucune objection, il n’est pas souhaitable que le général de Gaulle, puisqu’il est persona non grata auprès du gouvernement français actuel, parle à la radio, aussi longtemps qu’on peut espérer que ce gouvernement agisse dans un sens conforme aux intérêts de l’alliance. »


Deux versions du texte diffusé le 18 juin existent :- Celui qui fut réellement prononcé ce soir la, à 22 heures et non avant comme certains le disent. Voir le texte en annexe 1- Celui diffuse AVANT par un communiqué de la BBC, donc moins censuré, et qui fut reproduit le 19 par certains journaux français, voir annexe 2.



Le véritable texte du 18 juin :
L’histoire de ce premier texte diffusé le 18 juin mérite à elle seule une mention spéciale. Le discours ne fut pas enregistré par la BBC. Les premiers à avoir découvert ces différences furent une équipe d’amateurs passionnés sarthois (Voir source 3) qui se procurèrent le texte tel qu’enregistré par les services radiophoniques suisses dans des conditions qui firent dire par J.C. Averty, qui suivait cette affaire, à François Delpla au cours d’une conversation téléphonique que cela ressemblait à « une livraison d’héroïne dans un café de Barbès ».

Publié sans mention de sources en 1990, ce texte ne fut cependant jamais nié par les autorités helvétiques malgré le fait que sa publication dérogeait de quelques mois à l’obligation des 50 ans de non communication, ce qui explique « l'ambiance » lors de sa livraison.
Mais le clou vient d’être enfoncé par Christian Rossé, membre suisse du forum « Le monde en guerre » (Voir source 4) qui a retrouvé dans les archives de Berne le texte original tel que publié, étonnement en allemand, par le service d’écoute radiophonique suisse dans son Bulletin du 19 juin 1940 à 6 heures du matin. Le texte en allemand et les cotes d’archives figurent ici en annexe 1.


L’après 18 juin :
La discussion rebondissant dans la nuit, sans qu'aucun document n'en parle, sinon le résultat final dans les journaux anglais du 19 au matin, qui est l'appel connu moins la dernière phrase "demain comme aujourd'hui…".
La encore, c’est Hitler qui mène le jeu. Pétain lui demande ses conditions d’armistice le 17 et … il se hâte lentement de répondre, attendant le 21 pour convoquer une réunion et faire connaître ses conditions. Ce n’est qu’à cette date que le gouvernement britannique lâchera du lest et laissera de Gaulle s’exprimer plus librement, mais pas complètement encore et ce n’est que le 23, jour où le cabinet examine pour la première fois l’éventualité de reconnaître un comité présidé par le général, que les choses avancent vraiment. (Voir source 5 et 6)


Avant cette date, les variantes de l’Appel sont purement militaires. Elles appellent à la résistance mais ne remettent pas en cause la légitimité de Pétain ni ne parlent de sa trahison,



mais qu'elle "trahison" ? Héritier d'une situation dont il est étranger aux causes, parce que Reynaud refuse l'armistice mais demande la "capitulation de l'armée de terre", ce que refusent Weygnad et le Maréchal, ce qui reporterai la responsabilité sur la seule Armée, mettant à l'abri les "politiques" de la IIIème République véritables responsables de l'état de notre Armée !! En accord avec le Gvt de Sa Trés Gracieuse Majesté, il demande les conditions d'armistice de l'Allemagne !! Sauve de ce fait, l'Empire, la flotte, notre aviation et maintient une Armée d'armistice de 100 000 hommes !!



 ce qui est cependant à la base de la rébellion gaullienne.



Faux seule l'ambition et la mégalomanie du "grand homme" sont à la base de sa "rebellion" !!

Cf Eric Roussel in Charles De Gaulle





Les phrases manquantes seront ajoutées (ou plutôt rétablies) fin juillet ou début août (Accords de Gaulle-Churchill, là encore connu seulement par ses résultats et son contexte - accord du 7 août Angleterre-France libre -, notamment la fameuse affiche, dont la première apparition est dans les journaux anglais du 5 août).
La première apparition certaine du texte définitif se trouve dans le n° 1 du bulletin des FFL, mi-août 1940.

Le chemin de croix :

Convaincu dès le 8 juin 1940, décidé dès le 16, préparé à le faire dès le 17, Charles de Gaulle du attendre fin juin, voire début août 1940, pour pouvoir librement clamer haut et fort que Pétain avait trahi la République et que lui, de Gaulle, portait sur ses épaules fort larges et fort hautes mais ô combien encore fragiles la légitimité politique de la France.



C'est vrai qu'il promulgué le "réduit breton", dont Weygand, parfaitement au courant de la situation des troupes françaises dira  :

<< Deux mots ! >>

Pour ensuite se faire le chantre de la continuité de la guerre  à partir des territoires de l'Empire !! Avec quelles armes, comment emmenait on les troupes en Afrique, comment les logait on, les habillait on, les nourrissions nous ?? A rappeller qu'il n'y avait pas assez de bateaux pour le transport de ces troupes, pas de possibilité d'hébergement, de nourriture, quant à l'armement, aucune aide à attendre de l'Angleterre, ni des USA, incapable à cette période de nous armer, pas d'usine d'armement en Afrique !!
Avec quoi aurions nous combattus ? Par contre ce qui est certain, c'est la perte de nos colonies, et de ce fait l'impossibilité des Alliés à débarquer en AFN !!


De longues semaines de batailles ardues et pénibles pour échapper au concept d’une simple légion militaire française incorporée dans l’armée britannique qui en satisfaisait plus d’un et, enfin, de faire établir la notion de France Libre, organisme politique porteur de la légitimité de la République bafouée à Vichy.

Les temples gaullistes historiques qui rechignent à admettre ces faits on tort. Au lieu de s’en tenir à l’histoire sainte d’un Appel unique dès le 18, il leur serait plus utile de décorer leurs murs d’icônes retraçant ce chemin de croix. Cela présenterait l’avantage, comme disait l’un de mes bons maîtres que je ne nommerais pas, de « redonner du brillant aux statues ternies par l'encens des commémorations ».
En effet, la simple reconnaissance de ces aléas nous montre un de Gaulle qui, face aux difficultés, plie mais ne romps pas et, à force de volonté, de conviction et d’excellence politique arrive enfin à ses fins pour notre plus grand bien.


Sources :1 – « Du 5 au 8 juin 1940, un tournant », Daniel Laurent et Alain Adam http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance1939194…
2 – « La face cachée de 1940 », François Delpla, F-X de Guibert, 2003
3 – « Revue historique et archéologique du Maine », No. 12, 1990, directeur Jacques Fourmy (décédé).
4– http://www.debarquement-normandie.com/phpBB2/viewtopic.php?t=178185– « L'appel du 18 juin 1940 », François Delpla, Grasset, 2000
6– Version enregistrée de l’Appel du 22 juin :  cf bas de page






Autres sources :Articles de MM. Jean-Louis Crémieux Brilhac, Eric Branca et André Malraux en ligne sur le site de la Fondation Charles de Gaulle :http://www.charles-de-gaulle.org/dossier/18juin/index.htm


Annexes :1 – Le texte de l’Appel du 18 juin, tel que retranscrit par les services d’écoute suisses.2 – Le texte tel que diffusé le 19 juin par la presse française non encore atteinte par la Wehrmacht, source « Le Petit Provençal »




Annexe 1 :
« Le gouvernement français a demandé à l’ennemi à quelles conditions honorables pourrait cesser le combat. Il a déclaré en outre que la lutte devrait continuer si ces conditions étaient contraires à l’honneur, à la dignité, à l’indépendance de la France. Nous avons été surpris et submergés par la force mécanique, la tactique de l'ennemi. Mais il y a, malgré tout, des raisons d’espérer.Croyez-moi, rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent nous apporter la victoire.La France n'est pas seule ! La France n'est pas seule ! La France n'est pas seule ! Elle peut faire bloc avec la Grande-Bretagne et disposer d’immenses réserves.

La guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Toutes les fautes qui ont été commises n’empêcheront pas qu’un jour l’ennemi sera écrasé Cela pourra se faire grâce à une force mécanique supérieure encore.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent actuellement en Grande-Bretagne ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Ceci vaut également pour les ingénieurs et les ouvriers spécialistes qui se trouvent déjà en Grande-Bretagne ou qui viendraient à s'y trouver.

Quoi qu’il arrive, la force intérieure de la résistance des Français ne doit pas faiblir. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »



Dans les archives fédérales suisses de Berne, le compte-rendu du discours du général du Gaulle apparaît dans le Bulletin n° 153 publié par le Gruppe Ohr (Service écoute de la Division Presse et Radio de l’Etat-major Suisse) à 6h00 le 19 juin 1940, à la page 3. Il est étonnement rédigé en allemand. Le voici tel que Christian Rossé nous l’a aimablement fourni : « (11) England (frz.) 2200 General de Gaulle (Sous-secrétaire d’Etat de guerre dans l’ancien Cabinet Reynaud) spricht jetzt zu den franz. Hörern : Die frz. Regierung hat beim Feind angefragt, zu welchen ehrenvollen Bedingungen ein Waffenstillstand möglich wäre. Ferner wurde erklärt, dass der Kampf weitergeführt werde, falls Bedingungen gestellt würden, die im Widerspruch ständen zu Frankreichs Ehre, Würde und Unabhängigkeit. Wir sind von Technik, Kraft, Taktik des Feindes überrascht und überwältigt worden. Trotz allem können wir hoffen. Glaubt mir, dass noch nichts verloren ist für Frankreich. Die gleichen Mittel, die jetzt gegen uns angewandt wurden, können uns den Sieg bringen. Frankreich ist nicht allein! (dieser Satz 3-mal wiederholt). Es kann einen Block bilden zusammen mit Grossbritannien und über unermessliche Reserven verfügen. Der Krieg ist nicht fertig mit der Schlacht um Frankreich. Alle Fehler, die gemacht wurden, werden nicht verhindern, dass eines Tages der Feind erdrückt wird. Dies kann geschehen mit einer Kriegsmaschine (force mécanique) die der feindlichen noch überlegen sein wird. Ich, General de Gaulle, jetzt in London lade die frz. Offiziere und Soldaten, die sich jetzt in Grossbritannien befinden oder noch hierher kommen, ein, sich mit mir in Verbindung zu setzen. Das Gleiche gilt für die frz. Ingenieure und Spezialarbeiter, die in Grossbritannien sind oder hierher kommen werden. Was auch kommen mag: die innere Widerstandskraft der Franzosen darf nicht untergehen. Wie heute, so werde ich auch morgen am Londoner Radio sprechen. Fan/Lie

Scw/Stn.
Archives fédérales suisses, E4450/5768 Bd. 3 »







Annexe 2 :
« Le gouvernement français a demandé à l’ennemi à quelles conditions pourrait cesser le combat. Il a déclaré que si ces conditions étaient contraires à l’honneur, à la dignité, à l’indépendance de la France, le combat devrait continuer. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.



Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

Illustrations et archives sonores :
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