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Tunisie - Novembre 42
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ATF40


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MessagePosté le: Ven 5 Juin - 00:42 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

premierement , j'aimerais rediscuter des troupes en question . tu sembles tres mal renseigné .

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MessagePosté le: Ven 5 Juin - 00:42 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 5 Juin - 08:25 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

J'ai mes sources effectivement chez Buffetaut, dans Militaria Magazine HS N°25. Mais pas seulement.
Et deuxièmement ?
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MessagePosté le: Mer 1 Juil - 15:42 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

Mis à part le fait que j'attends toujours la réponse au "deuxiémement" depuis bientôt un mois, je voudrai revenir sur un point important:

- Le 8 novembre 1942, qui peut savoir ce qui se passera le 9 novembre, le 10, le 11, le 12... ? Je crois qu'il faut donc, comme toujours en matière d'histoire, se mettre "en situation".
Pour Vichy, ça veut dire quoi ? On se range du côté des Alliés en saluant leur arrivée en AFN ? Celà veut dire qu'on prend le parti de rompre immédiatement l'armistice, donc que l'on revient à l'état de guerre. Avec nos deux millions d'otages en Allemagne ? Avec le risque de voir Pétain remplacé par un gaulleiter ?
Le maréchal ordonne donc officiellement aux forces françaises stationnées là-bas de "résister" à l'agresseur anglo-saxon, mais par le canal de l'Amirauté et secrétement, il va vite demander à Darlan de "calmer le jeu". Ce que l'amiral fait.
Mais à Tunis, c'est la confusion. A qui obéir ? Barré est sous les ordres de Juin, mais il sait que si il se range immédiatement dans le camp des Alliés, ce sont les conditions d'armistice qui sont dénoncées par les Allemands, et si elles doivent être dénoncées, autant qu'elles le soient par les Français.
Ensuite, peut-il résister autour de Bizerte ou de Tunis à l'attaque Allemande ? Non. Il n'a aucune aviation pour couvrir ses maigres troupes fort mal équipées (on l'a vu plus haut). Et il serait obligé de se battre en plaine.
Il décide donc de "gagner du temps" en regroupant ses forces et le matériel camouflé et en se repliant sur la frontière algéro-tunisienne, au relief plus accidenté, pour servir de couverture aux troupes anglo-américaines qui vont arriver.
Bien sur le CFLN de De Gaulle et la nouvelle "Assemblée constituante" aux mains des communistes, vont commencer à répandre les accusations calomnieuses à l'encontre du général Barré, coupable d'avoir "livré la Tunisie aux Allemands" ! Accusations calomnieuses qui continuent encore à être rabachées par les gogos "libérationnistes"...

J'ajouterai que les Américains (et Staline) souhaitaient que les Allemands envoient le plus de troupes possibles en Tunisie pour soulager les autres fronts et pour pouvoir mieux les écraser.
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Birhakeim


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MessagePosté le: Mer 1 Juil - 16:08 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

Il est vrai qu'en 1943, l'Assemblée Constituante d'Alger et tous les gens qui grenouillaient autour, puaient les égouts de la République ! C'est le moins qu'on puisse dire ! Remy lors de la visite qu'il fit en Algérie en a témoigné.
Ces soi-disants "résistants" commençaient déjà à établir les listes des Français à "épurer" et les FFL n'avaient d'autre préoccupation qu'à débaucher les soldats et officiers de l'Armée d'Afrique reconstituée sous les ordres de Juin !
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lebel


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MessagePosté le: Mer 1 Juil - 21:49 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

  Petain avait bien ordonné de defendre l'Empire contre tout agresseur , quel qu'il fut...... et pas seulement contre les anglo amercains et gaullistes 
Au Maroc et à Oran , l'armée d'Afrique et la Marine se sont durement opposés aux Alliés , obeissant à Petain .......c'est vrai qu'ils ne saisissaient pas toutes les finesses du soi disant double jeu  Very Happy  et s'ils ont deposé les armes , c'est que toute resistance devenait inutile .
Gageons que s'ils avaient reussi à repousser " l'agresseur " comme à Dakar , Petain et les collabos auraient été ravis et tout auréolés de leur gloire , face aux allemands !
 Dans l'affaire de Tunis , le pauvre Barré n'est pas coupable , il a voulu obeir à Juin et n'a pas  osé contrarier  Esteva et Derrien , fidèles à Petain ,  qui eux , sont restés l'arme au pied , sans même  tenter un  baroud d'honneur retardateur 
           Au fait , ce fameux desir de revanche , cher à Petain , qu'en etait il ?


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MessagePosté le: Jeu 2 Juil - 09:26 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

Exact ! Contre "tout agresseur, quel qu'il soit" ! Et Weygand avait dit que si les anglo-américains arrivaient avec une division il les jetterait à la mer, mais que si ils arrivaient avec une armée il leur ouvrirait les bras" ! Malheureusement Weygand n'était plus là le 8 novembre 1942, mais les instructions restaient les mêmes.
Par ailleurs, il faut savoir que "l'armada" qui se présenta devant les côtes marocaines et algériennes dans la nuit du 8 novembre n'avait rien de semblable avec celle qui devait se présenter devant les côtes normandes en juin 1944, d'une part, et que d'autre part, on ne disposait pas à ce moment là de moyens de communication aussi sophistiqués qu'aujourd'hui. Qu'en plus, tous les messages étaient étroitement surveillés par les autorités d'occupation et qu'il était donc trés difficile de joindre instantanément tous les acteurs des opérations.
Esteva et Derrien ne sont pas "restés l'arme au pied" et comme Barré ils ont été surpris par l"arrivée des Allemands à El Aouina d'abord et à Bizerte ensuite, qui étaient de toutes les façons indéfendables ! Juin, à ce moment là (il faut tout te dire) était encore sous les ordres de Pétain et de Darlan, mais il faut bien avouer qu'entre les ordres et les contre-ordres, les "vrais" messages et les "faux-vrais" messages, une grande confusion ait dominé entre le 8 novembre et le 10 novembre !

Lorsqu'on étudie, calmement, le résumé chronologique des opérations avec les cartes correspondantes, on constate que ce "baroud d'honneur" retardateur était beaucoup plus efficace dans les terrains accidentés de la frontière algero-tunisienne, qu'en basse plaine autour de Tunis ou de Bizerte ! Donc pour un officier responsable il était beaucoup plus utile de replier ses forces dans des montagnes difficilement accessibles aux chars (et beaucoup avaient le souvenir de mai 1940...) surtout lorsqu'on sait l'extrême précarité de ces forces.

Il s'agit tout simplement de stratégie et de tactique militaire. Mais évidemment celà t'échappe complètement mon pauvre Lebel, à l'image de De Gaulle Charles, qui lui, pendant ce temps là, grillait ses clopes dans son bureau de Carlton Garden en espérant que "les gens de Vichy allaient les foutre à la mer !" ces maudits anglo-saxons...
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MessagePosté le: Jeu 2 Juil - 10:17 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

<< à l'image de De Gaulle Charles, qui lui, pendant ce temps là, grillait ses clopes dans son bureau de Carlton Garden en espérant que "les gens de Vichy allaient les foutre à la mer !" ces maudits anglo-saxons... >>

Hé oui, et les thuriféraires du grand homme évitent soigneusement de parler de cette réaction à la suite de son éviction du secret qui entourait ce "débarquement", voulant éviter à tout prix sa "venue" en AFN pour ne pas risquer de se mettre à dos l'Armée d'Afrique et la population d'AFN, qui ne lui pardonnait pas ainsi qu'aux anglais le massacre de Mers el Kébir, dont par ses mensonges répétés il était responsable!!
 C'est bien pour ça que les premiers débarqués furent les américains !!
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MessagePosté le: Jeu 2 Juil - 10:28 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

D'ailleurs, dès que De Gaulle Charles allait débarquer à Alger et installer ce soi-disant CFLN, il n'aurait de cesse de torpiller cette armée d'Afrique qui ne lui devait rien et qui obéissait d'abord aux généraux Giraud et Juin qui, eux, malheureusement manquaient totalement de sens politique !
Mais ils se rendraient vite compte du travail de "débauche" scandaleux entrepris par les sbires des "FFL" auprès des officiers... "loyaux" !

J'ajouterai, ce qu'ignore visiblement Lebel, que TOUS les officiers français sans exception, qui se trouvaient alors en AFN ne rêvaient que d'une chose: LA REVANCHE contre les Allemands !
Et ils pouvaient rêver de cette revanche tout en ayant confiance en Weygand et en Pétain, ce qui n'était pas incompatible !
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lebel


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MessagePosté le: Jeu 2 Juil - 12:43 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

Admin a écrit:
D'ailleurs, dès que De Gaulle Charles allait débarquer à Alger et installer ce soi-disant CFLN, il n'aurait de cesse de torpiller cette armée d'Afrique qui ne lui devait rien et qui obéissait d'abord aux généraux Giraud et Juin qui, eux, malheureusement manquaient totalement de sens politique !
Mais ils se rendraient vite compte du travail de "débauche" scandaleux entrepris par les sbires des "FFL" auprès des officiers... "loyaux" !

J'ajouterai, ce qu'ignore visiblement Lebel, que TOUS les officiers français sans exception, qui se trouvaient alors en AFN ne rêvaient que d'une chose: LA REVANCHE contre les Allemands !
Et ils pouvaient rêver de cette revanche tout en ayant confiance en Weygand et en Pétain, ce qui n'était pas incompatible !


 Bon , "tous les officiers français ne souhaitaient que la revanche contre les allemands"
ça ,  c'est à voir  car la majorité de ces officiers etaient farouchement anti anglais , et pourquoi alors se battre opiniatrement et pendant 3 jours contre ceux qui leur apportaient les instruments de cette revanche 
à noter que les forces" d'invasion" etaient sous couverture amèricaine ( compte tenu du sentiment anti anglais qui prevalait en AFN  )


Decidemment , cette revanche , tout le monde la souhaitait , armée d'Afrique , Petain et Vichy confondus !  Very Happy  et les combats , c'etait pour donner le change ?
Encore une fois , explique moi cette logique tordue : on doit resister à tout agresseur , mais on " resiste en Algerie et au Maroc et pas en Tunisie 


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Briard
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MessagePosté le: Jeu 2 Juil - 13:30 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

lebel a écrit:
Admin a écrit:
D'ailleurs, dès que De Gaulle Charles allait débarquer à Alger et installer ce soi-disant CFLN, il n'aurait de cesse de torpiller cette armée d'Afrique qui ne lui devait rien et qui obéissait d'abord aux généraux Giraud et Juin qui, eux, malheureusement manquaient totalement de sens politique ! Mais ils se rendraient vite compte du travail de "débauche" scandaleux entrepris par les sbires des "FFL" auprès des officiers... "loyaux" !
J'ajouterai, ce qu'ignore visiblement Lebel, que TOUS les officiers français sans exception, qui se trouvaient alors en AFN ne rêvaient que d'une chose: LA REVANCHE contre les Allemands !
Et ils pouvaient rêver de cette revanche tout en ayant confiance en Weygand et en Pétain, ce qui n'était pas incompatible !





 Bon , "tous les officiers français ne souhaitaient que la revanche contre les allemands"ça ,  c'est à voir  car la majorité de ces officiers etaient farouchement anti anglais , et pourquoi alors se battre opiniatrement et pendant 3 jours contre ceux qui leur apportaient les instruments de cette revanche 
à noter que les forces" d'invasion" etaient sous couverture amèricaine ( compte tenu du sentiment anti anglais qui prevalait en AFN  )


Décidément , cette revanche , tout le monde la souhaitait , armée d'Afrique , Petain et Vichy confondus !  Very Happy  et les combats , c'etait pour donner le change ?
Encore une fois , explique moi cette logique tordue : on doit résister à tout agresseur , mais on " resiste en Algerie et au Maroc et pas en Tunisie 



Décidément t'es un brêle toi, comment faut il te le faire comprendre puisque visiblement tu refuses catégoriquement de comprendre !! Plus on te l'explique plus tu refuses cette explication !! Ou tu es atteint d'alhzeimer et tu ne te souviens pas de ce que tu lis, ou tel un brêle tu rabâches ton laïus sans lire les réponses qui te sont faites, pour essayer de faire admettre ce que tu dis pensant ainsi donner plus de poids à ta diatribe. Pour ma part, j'opte pour la seconde solution !!!
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MessagePosté le: Jeu 9 Juil - 18:24 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

lebel a écrit:
Admin a écrit:
D'ailleurs, dès que De Gaulle Charles allait débarquer à Alger et installer ce soi-disant CFLN, il n'aurait de cesse de torpiller cette armée d'Afrique qui ne lui devait rien et qui obéissait d'abord aux généraux Giraud et Juin qui, eux, malheureusement manquaient totalement de sens politique ! Mais ils se rendraient vite compte du travail de "débauche" scandaleux entrepris par les sbires des "FFL" auprès des officiers... "loyaux" !

J'ajouterai, ce qu'ignore visiblement Lebel, que TOUS les officiers français sans exception, qui se trouvaient alors en AFN ne rêvaient que d'une chose: LA REVANCHE contre les Allemands !
Et ils pouvaient rêver de cette revanche tout en ayant confiance en Weygand et en Pétain, ce qui n'était pas incompatible !



 Bon , "tous les officiers français ne souhaitaient que la revanche contre les allemands"
ça ,  c'est à voir  car la majorité de ces officiers etaient farouchement anti anglais , et pourquoi alors se battre opiniatrement et pendant 3 jours contre ceux qui leur apportaient les instruments de cette revanche 
à noter que les forces" d'invasion" etaient sous couverture amèricaine ( compte tenu du sentiment anti anglais qui prevalait en AFN  )


Decidemment , cette revanche , tout le monde la souhaitait , armée d'Afrique , Petain et Vichy confondus !  Very Happy  et les combats , c'etait pour donner le change ?
Encore une fois , explique moi cette logique tordue : on doit resister à tout agresseur , mais on " resiste en Algerie et au Maroc et pas en Tunisie 




Si tu avais la moindre connaissance de ce qui s'est passé en Tunisie en 1942, tu éviterais ce genre d'ineptie ! Il suffit simplement de regarder une carte de l'AFN, et de faire le compte des unités de l'armée d'armistice présentes en Tunisie.

En regardant cette carte, on se rend compte que non seulement la Tunisie est à portée de lance- pierre de la Sicile, donc de l'Italie avec qui nous sommes en guerre (l'armistice est une "suspension" des hostilités - bis repetita), mais qu'elle est également à dix minutes de dromadaire de la... Lybie, où se trouve l'Afrika Korps. Et lorsqu'on évalue les rapports de forces entre armée française sur place, et ce qui peut nous tomber sur le casque Adrian dans les heures qui suivraient le moindre coup de fusil (Lebel) de nos braves Tirailleurs... On est bien obligé de tirer les conclusions que nos officiers ont sagement tirées: Replier l'essentiel de notre armée sur les hauteurs bordant la frontière algérienne d'où vont arriver (on ne sait pas quand) les Anglo-américains qui ont débarqué, faut-il te le rappeler à Oran et à Alger, mais pas à Philippeville et à Bône.
Ensuite, pour ce qui concerne les "officiers français qui n'aiment pas les Anglais", je dois aussi te préciser qu'il s'agit surtout des officiers de notre Marine et j'en profite pour te rappeler à toi qui vient nous rabacher que la résistance des forces françaises a fait en trois jours plus de 5000 morts, que les quelques heures de l'attentat de Mers-el-Kébir ont fait... 1.300 morts, tous Français... Faut-il y rajouter ceux de Dakar ou de Syrie ?
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Briard
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MessagePosté le: Mar 25 Aoû - 13:08 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

Pour éclairer lebel, voici un témoignage de cette époque qui n'a pas du tout la même tournure que les élucubrations de lebel, lui qui à 2 ans à cette époque veut nous faire accroire un conte de fée :

Les à-côté des histoires de Léon....

A côté de ces histoires amusantes qui se sont déroulées à La Sénia durant les années 41 et 42, Léon a écrit également quelques pages d'Histoire avec un grand H. Ses commentaires lus aujourd'hui apportent un éclairage à cette période trouble de l'histoire de notre pays. On y explique les dissensions entre Français, d'AFN, Anglais et Américains, des explications sur les actions de Pétain et de De Gaulle... Ce sont en tout état de cause les points de vue d'un témoin, et à ce titre ils ont une grande valeur.

8 novembre 1942. Opération " Torch ". 



J'arrive maintenant à un sujet délicat : le débarquement Anglo-US en AFN le 8 novembre 1942. On a souvent reproché à l'armée d'Afrique les combats qui l'opposèrent aux troupes de débarquement. Cet épisode ne peut faire oublier que cette même armée reprit le combat contre les Allemands et s'illustra en Tunisie, en Italie et en France.
Pour comprendre, autant que faire se peut, je crois qu'il faut remonter dans le temps, au mois de mai 1940.

A partir du 10 mai 1940, date du déclenchement de l'offensive allemande, la guerre jeta sur les routes des milliers de réfugiés venant de Belgique et du Nord de la France. Au fur et à mesure de l'avance allemande leur nombre s'accrut sans cesse, et atteignit environ huit millions dans la deuxième quinzaine de juin. Comme ils étaient mélangés à trois millions de soldats en déroute, ils étaient souvent, de ce fait, la cible des bombardements allemands. Ils étaient dépourvus de nourriture, de soins, de lieux d'hébergement. Ils ne pouvaient compter que sur les soldats et sur l'hospitalité des habitants des villages traversés. A condition que ceux-ci ne soient pas, eux aussi, sur le point de quitter leur maison. .

Les militaires étaient, dans leur majorité, des appelés et des réservistes. Les Allemands avaient capturé 1,5 millions de soldats. Les combats avaient fait 100.000morts.
Durant les années d'avant guerre les Français avaient été convaincus, par leurs politiciens, de leur invulnérabilité. N'avaient-ils pas battu les Allemands en 1918 ? Ne possédaient-ils pas la plus forte armée de monde ? N'étaient-ils pas protégés par leur fameuse " Ligne Maginot" ? . Et voilà qu'en 45 jours toutes ces belles certitudes s'étaient écroulées….. Les Français étaient en état de choc. Ils ne demandaient plus qu'un chose : l'arrêt des hostilités et le retour à la maison. .

A l'ouest de la France les Allemands étaient parvenus jusqu'à Royan. Côté Est ils étaient à 20 km de Valence.
Dans ces conditions que pouvait-on faire ? sinon demander un armistice. C'est ce que fit Pétain le 17 juin. L'armistice entra en vigueur le 25 juin 1940. .

Le 3 juillet Churchill, qui craignait la livraison de la flotte française à L'Allemagne, donna l'ordre à sa flotte de détruire les navires qui étaient au mouillage à Mers El Kébir, le port militaire d'Oran. L'attaque fit 1200 morts. .

Le 10 juillet l'assemblée donna les pleins pouvoirs à Pétain par 569 voix contre 80. .

Dorénavant, à tort ou à raison, les Français firent, dans leur majorité, et pour plusieurs années, confiance à Pétain. Il y avait plusieurs raisons à cela : .

1- Il avait mis fin aux hostilités.
2- Les anciens combattants, qui avaient maintenant 40 à 50 ans, lui étaient fidèles à cause de son action à Verdun en 1916.
3- Le coup de pouce final lui avait été donné par les 1200 morts de Mers El Kébir. .

Certains objecteront que De Gaulle avait lancé son appel du 18 juin. Bien sur, mais les millions de militaires et civils qui étaient sur les routes de la débâcle n'en avaient rien entendu. Et, même s'ils avaient eu les moyens matériels de l'entendre, cet appel n'aurait eu aucun écho parce que De Gaulle était inconnu de la population. Population qui, par ailleurs, sortant du conflit, n'avait aucun désir de le prolonger plus longtemps, ici ou ailleurs.
Dans les mois qui suivirent l'armistice quelques centaines de Français se rallièrent à De Gaulle. Certains par conviction, d'autres suite à leur présence fortuite en Angleterre ( troupes retour de l'expédition de Norvège).
Par la suite les troupes de De Gaulle devinrent beaucoup plus consistantes et prirent le nom de Forces Françaises Libres (FFL). .

Il faut reconnaître que De Gaulle a eu, en 1940, une prémonition des événements à venir dans les années qui allaient suivre. C'était un homme pétri de la grande Histoire et il avait tout de suite saisi qu'un jour les Américains interviendraient et que le rouleau compresseur de leur industrie et de leur armée balaieraient, en collaboration avec L'URSS, les armées allemandes. D'où la certitude qu'il avait d'être le seul à aller dans la bonne direction. .

A cette même époque que devint l'armée française ?. Les appelés et réservistes furent démobilisés, sauf une partie de la classe 38. L'armée d'active, formée des militaires de carrière et des engagés, fut maintenue. Elle était à l'image de la population et faisait confiance à Pétain. La France avait été divisée en deux zones : zone occupée et zone libre, les unités de l'armée furent réparties entre la zone libre, l'Afrique du Nord (AFN), l'Afrique Occidentale Française (AOF), le Liban, la Syrie, l'Indochine.

Outre l'aviation il y avait en Afrique du Nord des régiments de tirailleurs algériens, tunisiens et marocains. Des Tabors marocains, des régiments de spahis et de chasseurs d'Afrique. Il y avait aussi la marine à Oran, Alger, Tunis et Casablanca. Le gros de la flotte était resté à Toulon . Les effectifs de l'armée d'Afrique atteignaient, je crois, sans certitude absolue, environ 200.000 hommes.

Les officiers durent prêter serment de fidélité à Pétain.
La France était, en principe, devenue un pays neutre. Cependant en AFN nous savions, implicitement, que l'armée d'Afrique devrait intervenir en cas de tentative de débarquement anglais ou allemand au Maghreb. Les deux belligérants pouvaient avoir des velléités d'occuper la région puisque leurs armées étaient déjà aux prises, plus à l'Est, dans le désert de Libye.

La population française et l'armée d'AFN étaient, comme en métropole, assez remontées contre les Anglais.
Que savait-on, au début de novembre 1942, des événements qui se préparaient ?.
D'après certains historiens les Allemands pensaient, depuis plusieurs mois, suite à certains indices, que, peut-être, les Anglo-Saxons tenteraient un débarquement dans la région, mais ils n'avaient aucune certitude quant à la date et aux lieux ou se déroulerait l'opération.

En fait, fin octobre 42, deux convois étaient en route : l'un venant d'Angleterre et l'autre des Etats-Unis. Ils avaient quitté leurs ports d'embarquement respectifs vers le 23 octobre. Curieusement, ces convois, qui naviguèrent 15 jours avant d'atteindre leur destination, ne furent pas inquiétés par les meutes de sous-marins allemands qui, pourtant, infestaient l'Atlantique. Cela semble indiquer que les Allemands ignoraient la présence de ces convois ou bien qu'ils ont fait une erreur tactique. Si les Allemands ignoraient la présence de ces navires que dire des Français ?. Il semble que l'état major français d'AFN, n'ait détecté ces convois que vers le 5 novembre alors qu'ils se préparaient à franchir le détroit de Gibraltar.

Hormis l'état major, que savait la troupe : rien !. Je raconterais dans un récit intitulé "Visiteurs d'un autre monde" notre aventure du 8 novembre 1942. Je raconterais comment nous avions été envoyés, le 7 au soir, dans les tranchées de défense de la base et, comment, le 8 au matin, nous avons été attaqués par des chasseurs de fabrication anglaise frappés d'une étoile blanche (au lieu des habituelles cocardes). A cette époque nous ne savions pas ce que signifiait cette étoile. Nous ne l'avons su que le lendemain lorsque nous avons été entourés par des chars portant la même étoile. C'est au cours du dialogue en espagnol entre un chef de char et un de nos collègues pieds-noirs que nous avons appris que nous avions affaire à des Américains.

Quelle ne fut pas notre stupéfaction ?. Parmi nous, personne, en 1942, n'avait envisagé l'hypothèse d'un débarquement américain an AFN. Nous savions que les Américains étaient venus en France en 1917 mais le temps avait passé…. et l'Amérique, en 1942, c'était si loin… Autre chose achevait de brouiller les cartes. Les Américains utilisaient, pour l'attaque de La Sénia, des avions de fabrication anglaise portant, comme nous l'avons vu, des étoiles blanches. De leur côté les Anglais utilisaient leurs propres avions mais, eux aussi, frappés d'une étoile blanche. Les Anglais, connaissant les sentiments des Français, à leur égard, depuis l'affaire de Mers El Kébir, avaient préféré se faire passer pour des Américains.

Nous savons maintenant que le 21 octobre 42, soit 18 jours avant les événements, un sous-marin avait débarqué, pour quelques heures, à Cherchel (100 km d'Alger), l e général américain Clark accompagné d'autres officiers et de conseillés. Clark venait s'entretenir avec quelques officiers et civils algérois qui auraient la charge de faciliter le futur débarquement . Cette rencontre fut, bien entendu, gardée secrète. Clark n'avait pas donné à ses interlocuteurs de date précise quant au déclenchement de l'opération. Ceux-ci pensaient que celle-ci aurait lieu au printemps 43, alors que les troupes étaient déjà en train de monter à bord des navires.
Quoi qu'il en soit il n'y eu pas, à Alger, lors du débarquement, de combats importants. A Oran et Casablanca les choses furent très différentes……

A l'annonce de l'opération alliée les Allemands envahirent la zone libre le 11 novembre et débarquèrent en Tunisie. A Toulon la flotte française saborda ses navires. 100 de ceux-ci furent coulés dans le port et la rade, leurs officiers et équipages refusant de les livrer aux Allemands ou aux Anglais.


Après l'opération " Torch "  




Je crois nécessaire d'expliquer ce qu'était la situation politique en AFN après le 8 novembre 1942.

En fait le climat était délétère. Désormais trois factions se disputaient le pouvoir :

1- Le général Giraud qui, prisonnier en Allemagne, s'était évadé et qui, suite à des promesses inconsidérées faites par les Américains, était arrivé pour prendre le commandement des troupes de débarquement. Mais, entre temps, les Américains avaient décidé, au grand dam de Giraud, de laisser le commandement à Eisenhower.

2- Le Général de Gaulle qui, à Londres, n'avait pas été tenu au courant des opérations qui se préparaient et appris le 8 novembre la nouvelle du débarquement. Churchill s'accommodait de De Gaulle et parfois même venait à son aide. Par contre Roosevelt le détestait. Il voyait en lui un homme d'un orgueil insensé.

3- L'amiral Darlan. Celui-ci se trouvait, par le fait du hasard, à Alger le 8 novembre. Il était arrivé quelques jours avant pour voir son fils qui venait d'être hospitalisé. Darlan, chef d'état- major de la flotte, était un des adjoints de Pétain. Il prit l'initiative d'arrêter les combats entre Français et Anglo-US. Les combats cessèrent le 10 novembre Les Américains s'appuyèrent alors sur Darlan. Cependant sa position en AFN n'était pas du goût des gaullistes et des partisans du Comte de Paris, ce dernier nourrissant des projets de retour à un régime monarchique.
Darlan fut assassiné le 24 décembre 42 par un jeune étudiant algérois : Bonnier de la Chapelle. Personne ne sut vraiment qui avait inspiré cet acte. Bonnier de la Chapelle fut immédiatement arrêté, puis jugé précipitamment et exécuté le26.


En juin 43 de Gaulle arriva à Alger et partagea la pouvoir avec Giraud dans un comité de libération. Mais en octobre Giraud fut éliminé du comité et se cantonna dans des fonctions militaires.

Durant le même mois la mobilisation générale fut décrétée en AFN. L'armée d'Afrique rassembla environ 400.000 hommes (1) et fut réarmée par les Américains et les Anglais. Elle repris le combat, contre les Allemands et les Italiens, aux côtés des FFL. Numériquement celles-ci étaient en minorité par rapport à l'armée d'Afrique. Les relations n'étaient pas toujours amicales entre les deux armées. Cependant elles combattirent l'ennemi commun, d'abord en Tunisie, puis en Italie et enfin en France.

(1) Dont un bon nombre de tirailleurs Algériens, Marocains et Tunisiens, Tabors Marocains, etc.



Source :

http://home.nordnet.fr/~jcpillon/piedgris/Leon2.html

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Briard
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MessagePosté le: Mar 25 Aoû - 13:17 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

Visiteurs d'un autre monde.  



Au soir du 7 novembre 1942 j'avais pris place dans le train qui, chaque jour, assurait le transport du personnel marié ou permissionnaire entre la base aérienne et la gare d'Oran.
Mes réflexions furent interrompues par l'arrivée d'un camarade. Il venait m'avertir qu'il y avait une alerte et que, en conséquence, nous devions nous rendre à l'armurerie et gagner ensuite les tranchées de défense de la base. J'étais furieux de ce contretemps causé par ce que je pensais n'être qu'un exercice de routine.

Après avoir changé de vêtements je me rendis au mess (J'étais sergent depuis peu) afin d'y percevoir le ravitaillement pour la nuit. Le menu, classique en ces circonstances, était le suivant : sardines en conserve, oignons, vin (un bidon) et boule de pain.
Puis, je dus aller, comme prévu, à l'armurerie. Ayant été institué chef de pièce au FM j'étais flanqué d'un tireur et d'un servant. Nous avons pris possession de nos armes…sans les dégraisser…car, au niveau subalterne, personne n'avait jamais pris ce genre d'opération au sérieux.

A la tombée de la nuit nous avons gagné nos emplacements dits "de combat". Le nôtre était un site privilégié et très sécurisant : Il était placé aux abords immédiats de la soute à bombe, et, détail encourageant, près des hangars dits "de Valmy". Le dispositif que nous occupions était formé d'une tranchée comportant, à chacune de ses extrémités, une plate-forme de tir. La tranchée elle-même était inutilisable car, depuis de longs mois, les militaires circulant sur la piste l'avaient détournée de son usage initial et l'utilisaient, à l'occasion, pour satisfaire, en urgence, ce que l'on pourrait appeler, comme sur certains documents du 19ème siècle, des appels de la nature. Des fragments, maculés, de l'Echo d'Oran, témoignaient de cette utilisation incongrue.
Après un repas léger nous sommes allés rendre visite à nos camarades des tranchées voisines. Un peu plus tard, le vin aidant, nous avons sombré dans une douce quiétude.

Au cours de la nuit nous fûmes tirés de notre torpeur par un grondement lointain qui, peu à peu, gagnait en intensité. De loin en loin des éclairs illuminaient la côte oranaise. Une sourde inquiétude se fit jour parmi nous. Quelqu'un hasarda, pour se rassurer, "C'est sûrement des exercices, une opération de commando !".
Au lever du jour nous ne savions toujours pas ce qui se passait. Des Dewoitine 520 décollèrent. Nous avons alors décidé de dégraisser le FM. L'un d'entre nous déplia un journal et le mis sur le bord de la tranchée. Nous y avons déposé les pièces nettoyées. Comme rien ne semblait presser nous sommes sortis faire quelques pas à l'extérieur. Nous percevions le bourdonnement des D520 qui évoluaient au-dessus du terrain.


 
D 520 


  

Tout à coup quelqu'un hurla : "couchez-vous ! couchez-vous !". Je vis alors, sans comprendre, le sol se soulever en petites gerbes de terre autour de moi. Je bondis dans la tranchée. Un vacarme se déchaîna au-dessus de nous. Des avions plongeaient sur notre position en la mitraillant……Puis, enfin, le calme se rétablit. Personne n'avait été touché.

Cependant, des avions, paraissant être des Spitfire, frappés d'une étoile blanche (?) (1), se livraient à un véritable carrousel autour de la base. Les D520 les attaquèrent . Il s'ensuivit une mêlée confuse au cours de laquelle je vis un 520, poursuivit par un Spitfire, virer au ras du sol, tandis que les balles traçantes labouraient son fuselage, arrachant des morceaux de métal. Au sol des avions brûlaient.

Après une courte accalmie des Fairey "Albacore" bombardèrent les hangars du 3/3 (ex 1/3). Nous avons tenté d'assembler les pièces du FM, mais elles avaient été dispersées lors du mitraillage.. Le percuteur resta introuvable.
Le lieutenant commandant la défense du terrain vint nous voir. A nos questions, concernant l'identité de nos assaillants, il répondit ne pas savoir qui nous attaquait. Ses ordres furent les suivants : " Si la base est attaquée par des fantassins ou des parachutistes vous devrez résister à outrance… Si ce sont des chars vous pourrez vous replier mais en vous remettant périodiquement en position de tir…." (?) (2).
Nous ne comprenions toujours rien aux événements. Dans le courant de la journée nous vîmes plusieurs avions évoluer au-dessus de la sebkra (le lac salé) d'Oran. Brusquement, certains d'entre eux, désemparés, piquèrent vers le sol en laissant derrière eux de longues traînées noires. Les impacts au sol furent marqués par d'immenses nuages de fumée. Nous apprîmes par la suite qu'il s'agissait d'une patrouille de D520 qui avait été surprise, semblait-il, par une formation adverse. Le commandant du groupe était au nombre des victimes.

Au matin du 9 novembre tout était calme, mais nous avions l'impression qu'il allait se passer quelque chose. Effectivement, un moment après, nous aperçûmes un nuage de poussière qui se développait vers l'extrémité ouest de la base. En l'observant à la jumelle nous avons distingué une colonne motorisée composée de toutes sortes de véhicules de couleur verte et marqués d'étoiles blanches. Au fur et à mesure de la progression des nouveaux venus nous voyions les têtes des défenseurs ouest de la base s'escamoter progressivement dans les tranchées. Lorsque les assaillants ne furent plus qu'à une centaine de mètres un mouchoir blanc s'agita.

Des chars investirent le terrain et, bientôt, entourèrent notre position. Nous sortîmes en agitant un mouchoir blanc…..Une sorte de martien apparut alors au sommet de la tourelle d'un char : teint basané, casque vert recouvert d'un filet…..Il nous demanda, en anglais nous semblat-il, si nous étions allemands. Il ne comprenait pas le français. Il y avait parmi nous plusieurs pieds-noirs oranais qui engagèrent avec lui un dialogue en espagnol. Ils comprirent que c'était un Américain venant de Californie.

Nous avons entouré le char….Nous entendions des propos apaisants tels que : "amigo ! amigo !". Au moment où tout semblait aller pour le mieux un incident se produisit. Des artilleurs français, en batterie vers le village de Valmy, et dont le zèle n'avait d'égal que celui de leurs glorieux prédécesseurs de 1792, ouvrirent le feu sur les chars, sans se préoccuper le moins du monde de notre présence. Il y eut autour de nous des explosions, des gerbes de terre et de fumée. Nous nous sommes plaqués au sol et avons rampé vers la tranchée. Malheureusement une difficulté nous est apparue. Pour pénétrer dans cette tranchée il fallait franchir la levée de terre, or nous entendions, au-dessus de celle-ci, le sifflement ininterrompu de projectiles en provenance d'armes légères

Une accalmie nous permit enfin de plonger dans la tranchée salvatrice. Nous sommes tombés les uns sur les autres. J'ai finalement hérité d'un espace réduit qui, compte tenu de son odeur, ne laissait aucun doute sur l'utilisation qui en avait été faite auparavant. Malgré tout je m'estimais très chanceux de pouvoir m'allonger et faire corps avec le sol.

. Autour de nous les chars rugissaient et tournaient en rond sans arriver, semblait-il, à localiser les départs de coups. Une de ces machines s'immobilisa au-dessus de moi, à la limite de la tranchée. J'apercevais les chenilles et le canon à deux mètres au-dessus de ma tête. Le canonnier s'étant décidé à ouvrir le feu, les détonations furent pour moi autant de coups de matraque derrière la tête. A intervalles réguliers celle-ci était violemment repoussée contre la fange malodorante qui garnissait le fond de la tranchée…….

Enfin le calme se rétablit, notre punition était terminée. Nous avons été dirigés sur la "baraque de la météo", une construction située à la limite de la base, en lisière de la sebkra. Progressivement nous fumes tous rassemblés, pour la nuit, dans cette bicoque. Nous étions peut être deux cents, debout sur quelques mètres carrés. Il nous était interdit de sortir. Les heures passèrent, interminables…..L'odeur était si insupportable que le GI qui vint nous ouvrir , au petit matin, esquissa plusieurs pas de recul.

On nous autorisa à occuper une tranchée proche de la baraque de la météo. Nous étions à la lisière est d'un immense rassemblement de véhicules de toutes sortes. Nous nous sommes alors souvenus d'une information, parue quelques temps auparavant dans la presse locale, selon laquelle, aux USA, l'armée américaine manœuvrait, faute de matériel, avec des canons en bois..

Dans la journée un fait nouveau se produisit. Des obus de gros calibre, venant, semblait-il, de la batterie côtière de Santa-Cruz, se mirent à tomber sur le terrain. Nous avons pensé que cette batterie tentait de pilonner le rassemblement américain mais, fait inexplicable, les obus tombaient toujours à deux cents mètres de leur objectif supposé, dans une zone totalement déserte. Enfin l'armada des camions GMC et des chars s'ébranla vers Oran et cette malheureuse affaire Franco-Anglo-Américaine trouva sa conclusion.

Quelques jours après, dans un désir commun de réconciliation, nous avons été rassemblés, avec les Américains, dans la cour de la base. Les couleurs françaises et américaines furent envoyées. On joua les hymnes nationaux. Puis les Américains occupèrent la base et nous envoyèrent cantonner dans les fermes avoisinantes. Plus tard, lors d'une prise d'armes en commun, des décorations furent remises à des militaires des deux bords, en récompense de leur belle conduite au feu…..…(3).

Ainsi prirent fin, à la base d'Oran-La Sénia, les événements baptisés : OPERATION TORCH

(1) L'étoile blanche n'avait, à l'époque, aucune signification pour nous. Les raids massifs des bombardiers US sur l'Europe occupée ne commencèrent qu'au début de 1943. Donc en 1942, vraisemblablement, aucun avion à étoile blanche n'avait été abattu en France. D'où notre ignorance quasi générale à ce sujet Il faut noter aussi que, dans le contexte de 1942, l'idée d'un débarquement américain en Afrique du Nord ne nous était jamais venue à l'esprit.
En ce qui concerne le type d'avion utilisé il m'est difficile, si longtemps après, d'affirmer qu'il s'agissait bien de Spitfires. Des historiens rapportent que les Anglais utilisaient bien des Spitfires, mais aussi des Sea Hurricanes. Ces appareils portaient des étoiles blanches en lieu et place des habituelles cocardes. Cela en raison de l'hostilité des Français, vis à vis des Anglais, depuis l'affaire de Mers-el-Québir. D'autre part les Américains utilisaient des Spitfires qui leur avaient été livrés par les Anglais. D'où une certaine confusion.

(2) Des parachutistes US, venant de Grande Bretagne, devaient s'emparer de la base de la Sénia. Ils ne purent pas accomplir leur mission.
A noter que l'autorisation qui avait été donnée de nous replier devant des chars mais à condition de nous remettre périodiquement en position de tir équivalait, sur le terrain plat et désertique de la Sénia, à nous envoyer à l'abattoir.

(3) Comme quoi la morale des nations, fait place, lors de certains événements, à des arrangements de circonstances

A la suite de l'opération "Torch", l'armée d'AFN fut réorganisée et rééquipée. Elle repartit au combat contre les Allemands. L'armée de l'air reçu des Spitfires, des P47, des Airacobras, des Maraudeurs et des P38. En juin 43 la mobilisation générale fut décrétée en AFN, puis, plus tard, en Corse. Remarque : Au cours de l'année 1941 trois pilotes du 1/3 : Albert, Lefèvre et Durand avaient, au cours d'un exercice, quitté La Sénia et gagné Gibraltar avec leurs 520. Sur la demande des commissions d'armistice allemande et italienne le commandant du groupe fut relevé et le 1/3 devint le 3/3. Il reprit son appellation d'origine après le 8 nov.42 et devint, un peu plus tard, le groupe "Corse" ( équipé de Spitfires).
Après un séjour en Angleterre les trois pilotes furent affectés au" Normandie-Niemen". Albert est le second as français avec 23 victoires. Il vit aux Etats-Unis. Lefèvre est décédé à Moscou en juin 1944 après avoir été grièvement blessé. Durand a disparu en combat aérien en septembre 1943.

Informations complémentaires concernant l'opération " Torch ".



Ainsi que je l'ai expliqué précédemment I'état major de l'armée d'Afrique savait que des convois se dirigeaient vers le détroit de Gibraltar (en fait seul un de ces convois devait passer le détroit, l'autre s'apprêtant à débarquer sur les côtes marocaines ). Je suppose, mais sans aucune certitude, que cet état major savait également que des troupes américaines se trouvaient à bord de ces navires. Par contre, jusqu'à quel niveau hiérarchique est descendue cette information le 7 novembre au soir ? Mystère. Les commandants d'unités ont certainement été mis au courant et parmi eux, ceux des bases aériennes. Cependant l'information n'est pas parvenue jusqu'au personnel subalterne (je veux parler du personnel allant des adjudants aux soldats de 2ème classe). Le 7 au soir nous ignorions tout de la possibilité d'un débarquement anglais et, de surplus, comprenant des troupes américaines. D'ailleurs, en général, à cette époque là, les ordres que nous recevions n'étaient accompagnés d'aucune explication.
Comme je l'ai indiqué nous avons eu, durant la matinée du 8 nov. après l'attaque des avions à étoile blanche, la visite de l'officier commandant la défense du terrain. A notre question concernant l'identité des assaillants il nous à répondu ne pas savoir. Ne savait il vraiment rien ou bien avait il des ordres pour ne rien dire ? La question reste posée.

Ayant contacté récemment un de mes anciens collègues, j'ai obtenu auprès de lui quelques informations supplémentaires. Ce collègue était descendu en permission à Oran le 7 nov. dans la soirée. Il reçut, dans la nuit, l'ordre de rentrer à la base. Alors qu'il arrivait près des hangars, à l'aube, en compagnie d'autres camarades, il entendit un avion passer au dessus de lui. Ensuite ses camarades et lui trouvèrent sur le sol des tracts sur lesquels étaient imprimés la photo du président Roosevelt et un texte, rédigé en français, annonçant l'arrivée des Américains. Donc, par cette voie, une partie du personnel de la base fut mise au courant de ce qui se préparait.
Ceux qui, comme moi, avaient été désignés pour assurer la défense du terrain, se trouvaient depuis le 7 au soir dans des tranchées situées à la périphérie de la base. Donc loin des hangars et des casernements et, par conséquent, loin des sources d'information possibles.

Pour résumer disons que : L'état major, les commandants d'unités (bases aériennes), certains officiers et pilotes savaient " peut être " que des Américains, et pas seulement des Anglais, allaient débarquer. Le reste du personnel ne savait rien mais la découverte de tracts au matin du 8 novembre permit à certains membres de ce personnel d'apprendre leur présence parmi les troupes de débarquement.

Il faut ajouter que tout cela s'est passé dans beaucoup de désordre et de confusion.




Tous ceux qui sont intéressés par ces pages d'histoire pourront lire avec profit les réflexions de Léon au sujet de cette période de la guerre, telles que les faits ont été ressentis par un témoin des évènements.Pour cela cliquer sur le lien "Opération Torch"




Quelques photos du débarquement, sorties des archives de Jean Pierre TOULOUSE:


Ces photos ont été prises par son grand père Alphonse Boutié, grand amateur de photographie, qui travaillait à l'époque avec du materiel Leica et Zeiss Ikon, ce qui explique la qualité des clichés malgré leur ancienneté.
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Briard
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MessagePosté le: Mar 25 Aoû - 13:57 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant

 A Oran et au Maroc, les Français perdirent en 3 jours 1346 tués et 1997 blessés, contre 479 morts et 720 blessés du côté des alliés.
Nous sommes trés loin des 5000 morts !!

sources :
http://www.unevieafedala.com/ancienseleves/fedala.aspx?code=operation-torch…

http://www.defense.gouv.fr/sga/content/download/46012/457602/file/n29_-_ope…
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MessagePosté le: Sam 10 Oct - 13:46 (2009)    Sujet du message: Tunisie - Novembre 42 Répondre en citant



J'ai une anecdote lourdes de conséquences à propos du débarquement allemand en Tunisie. L'aérodrome d'El Aouina où la Wehrmacht a déboulé dès le 9 novembre, se trouvait  être sous les feux des canons d'une batterie française. Le capitaine commandant cette batterie a laissé les avions allemands atterir, les soldats débarquer et s'organiser durant deux jours.
Puis ayant enfin reçu du génral Barré l'ordre de se battre, ses artilleurs se firent bravement hacher sur leurs pièces afin de protéger le repli des troupes de Bizerte. Ce capitaine si discipliné fit ensuite une belle carrière dans l'armée et finit général.
S'il avait eu un peu de bon sens, il aurait pu interdire l'accès aux pistes aux Messerchmidt 223 et aux Junkers 52, mais c'aurait été peut être désobéir aux ordres. Tant pis si la campagne d'Afrique du nord a été prolongée de six mois, l'essentiel c'était d'appliquer d'avoir  des ordres précis.

En l'occurence la consigne soit disant donnée s'opposer à l'envahisseur quel qu'il so, c'est un peu deux poids deux mesures. Puisque d'un côté on se bat avec acharnement contre les Gi's au Maroc, mais en Tunisie on laisse la luftwaffe atterir sans problèmes et on attend deux jours pour reprendre le combat. Au moins dans le cas cité, l'armée française était en mesure de faire quelque chose.



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