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Les Indigènes
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MessagePosté le: Mer 22 Juil - 18:46 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

Mes élèves me l'ayant demandé, j'ai donc procédé à une projection-débat du film en question, ce qui m'a permis de donner "quelques précisions" trés critiques et bien évidemment bien référencées, en réponse aux questions qu'ils n'ont pas manqué de me poser...

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MessagePosté le: Mer 22 Juil - 18:46 (2009)    Sujet du message: Publicité

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Fréderic le Grand


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MessagePosté le: Mer 22 Juil - 18:50 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

Tes collègues ont assisté à la projection ?
_________________
"En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire"
G. Orwell


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MessagePosté le: Dim 30 Aoû - 17:59 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

Oui, trois exactement dont le Chef d'établissement. Des deux autres collègues, l'un est membre du PCF (ne riez pas!) et l'autre... indéterminé (centriste probable...)
Ils n'ont pas pris part au débat.


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Jack Nico


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MessagePosté le: Ven 4 Sep - 08:28 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

Les indigenes film de propagande, une honte, un scandale, une troupe de mercenaires sans foi ni loi, qui ont commis les pires exactions avec l'aval d'officiers français !

comment peut on aujourd'hui faire un film les glorifiant ??

rappel des faits :

L'histoire vraie de la "libération"de l'Italie est effectivement (aussi) liée
au corps expéditionnaire français composé d'Algériens, de Marocains,
de Tunisiens et de Sénégalais.

Cette vraie histoire débute en Sicile. C'est Mariangela Profeta Fiore,
réfugiée à Montegrande (au sud de la route nationale Licata-Gela)
qui rapporte des premiers kidnappings de jeunes femmes italiennes par
des Marocains qui « les considéraient leur butin de guerre et les
emmenaient en ricanant et en les traitant de tous les noms, comme
des prostituées. » Le deuxième (lourd) épisode on le retrouve à Capizza,
entre Nicosia et Troina: ici les Nord-africains se donnèrent à plusieurs
viols collectifs. Mais ce fut pendant l'avancée vers la Ligne Gustav avant,
et ensuite vers la Toscane que les Marocains se déchaînèrent.
Ils violèrent par milliers des fillettes, des vieillardes, des femmes
enceintes. sans oublier les hommes !

Ils agissaient en bandes : ceux d'entre eux qui tâchaient de s'y opposer
étaient invariablement abattus. Pour les victimes il n'y avait aucun salut :
certaines, après pareil traumatisme, allèrent jusqu'à s'ôter la vie.
Le journaliste Giovanni Minoli, grâce à des témoignages des victimes
survécues, reconstituera un événement que, affirmera-t-il avec raison,
«L'histoire officielle n'a jamais voulu raconter » C'est en effet rarissime
de trouver dans les livres d'histoire ne fusse qu'une rapide allusion à
ces crimes qui ont profondément marqué la "libération"de l'Italie dans
le printemps de 1944. Où des milliers de femmes furent violées et
tuées avec une fureur inhumaine !

L'historien belge Pierre Moreau, pourtant est sur la même longueur
d'onde de Minoli quand il affirme que: « Jamais ces tragiques
évènements furent mentionnés par la littérature historique de la
deuxième guerre mondiale: ni dans celle de langue française, ni
dans celles de langue hollandaise ou anglaise »

Il y a, au contraire, des preuves que ces violences ne se limitèrent
pas à la population des Arunci, pendant les cinquante heures "
de prime" offertes par le général Juin à ses troupes, méritoires
d'avoir réussi à percer le barrage ennemi au Mont Cassino.
Ce « phénomène » débuta en juillet 1943 en Sicile, traversa la
région de Rome (le Latium) et la Toscane pour s'achever avec
la mutation du CEF en Provence, dans l'octobre 1944.

En mai 1944, en cette partie du Latium dénommée Ciociaria,
les libérateurs alliés déchaînèrent les troupes marocaines du
général Juin, les goumiers, sur la population locale :
3.500 filles entre 8 et 85 ans furent violées, 800 hommes
sodomisés et tués. Parmi eux le père Alberto Terrilli,
curé de Santa Maria di Esperia.

C'est en ce moment qu'on dénomma « marocchinate »
(maroquinages) les horribles sévices subis par ces victimes
innocentes des "libérateurs" franco-nord-africains.


Et dans le livre de Alberto Moravia « La Ciociara » on
découvre le témoignage du capitaine d'artillerie Francesco
Castelli qui nota scrupuleusement ce qui se passa à Esperia
entre le 16 et le 18 mai 1944.
Ce sont des affreuses réalités, des faits, témoignés et
documentés, ceux dont on parle ! Et qui devraient nous
émouvoir bien plus d'un film d'histoire-fiction ! Des faits
qui, vous l'aurez compris, ne se limitèrent pas à la Ciociaria,
loin de là ! A l'hôpital de Sienne, par exemple, furent
accueillies entre autres 24 fillettes de 12 à 14 ans, toutes
violées par la fureur criminelle marocaine. Ainsi à l'Elbe,
Marina di Campo, Procchio, Capoliveri, Porto Longone
et Portoferraio.

Jamais le général Juin condamna ces violences commises
par ses propres soldats. Ni d'ailleurs le fit le général
Charles De Gaulle pendant sa pourtant longue vie politique !

en images :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/La Ciociara/video/x2vx80_face-c…
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Dernière édition par Jack Nico le Ven 4 Sep - 09:27 (2009); édité 1 fois
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Jack Nico


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MessagePosté le: Ven 4 Sep - 08:42 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

Aux fiers "indigenes" :
"Soldats ! Cette fois-ci ce n'est pas seulement la liberté de vos pays que je vous offre si vous êtes vainqueurs dans cette bataille.
Derrière l'ennemi vous trouverez des femmes, des maisons, un vin parmi les meilleurs du monde, vous trouverez de l'or.
C'est tout cela qui sera à vous si vous gagnez.
Il vous faudra tuer les Allemands jusqu'au dernier homme et passer quel que soit le prix.
Ce que je vous ai dit et promis, je le maintiens.
Pendant cinquante heures vous serez les maîtres absolus de ce que vous trouverez derrière les lignes ennemies.
Personne ne vous punira pour ce que vous aurez fait, ni ne vous demandera des comptes pour ce que vous aurez pris."


Alphonse Juin "maréchal" de France  
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Carolus Magnus
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MessagePosté le: Ven 4 Sep - 09:15 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

STP, mets des guillemets à "libérateurs" en parlant de ces sauvages, la RSI combattait toujours à cette époque, ils n'ont donc "libéré" l'Italie que du point de vue de ceux qui collaboraient avec les anglo-américains.

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Jack Nico


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MessagePosté le: Ven 4 Sep - 09:27 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

Il Duce a sempre Raggione !!
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Maréchal


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MessagePosté le: Ven 4 Sep - 10:35 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

Jack Nico a écrit:
Aux fiers "indigenes" : "Soldats ! Cette fois-ci ce n'est pas seulement la liberté de vos pays que je vous offre si vous êtes vainqueurs dans cette bataille.
Derrière l'ennemi vous trouverez des femmes, des maisons, un vin parmi les meilleurs du monde, vous trouverez de l'or.
C'est tout cela qui sera à vous si vous gagnez.
Il vous faudra tuer les Allemands jusqu'au dernier homme et passer quel que soit le prix.
Ce que je vous ai dit et promis, je le maintiens.
Pendant cinquante heures vous serez les maîtres absolus de ce que vous trouverez derrière les lignes ennemies.
Personne ne vous punira pour ce que vous aurez fait, ni ne vous demandera des comptes pour ce que vous aurez pris."
Alphonse Juin "maréchal" de France  




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Nous cherchons notre passage
Dans le Ciel où rien ne luit.

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Jack Nico


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MessagePosté le: Ven 4 Sep - 11:35 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

Maréchal a écrit:

Jack Nico a écrit:
Aux fiers "indigenes" : "Soldats ! Cette fois-ci ce n'est pas seulement la liberté de vos pays que je vous offre si vous êtes vainqueurs dans cette bataille.
Derrière l'ennemi vous trouverez des femmes, des maisons, un vin parmi les meilleurs du monde, vous trouverez de l'or.
C'est tout cela qui sera à vous si vous gagnez.
Il vous faudra tuer les Allemands jusqu'au dernier homme et passer quel que soit le prix.
Ce que je vous ai dit et promis, je le maintiens.
Pendant cinquante heures vous serez les maîtres absolus de ce que vous trouverez derrière les lignes ennemies.
Personne ne vous punira pour ce que vous aurez fait, ni ne vous demandera des comptes pour ce que vous aurez pris."
Alphonse Juin "maréchal" de France  





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http://nationalistes-lorraine.over-blog.fr/categorie-10899683.html
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Jack Nico


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MessagePosté le: Ven 4 Sep - 12:23 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

Jack Nico a écrit:
Maréchal a écrit:

Jack Nico a écrit:
Aux fiers "indigenes" : "Soldats ! Cette fois-ci ce n'est pas seulement la liberté de vos pays que je vous offre si vous êtes vainqueurs dans cette bataille.Derrière l'ennemi vous trouverez des femmes, des maisons, un vin parmi les meilleurs du monde, vous trouverez de l'or.
C'est tout cela qui sera à vous si vous gagnez.
Il vous faudra tuer les Allemands jusqu'au dernier homme et passer quel que soit le prix.
Ce que je vous ai dit et promis, je le maintiens.
Pendant cinquante heures vous serez les maîtres absolus de ce que vous trouverez derrière les lignes ennemies.
Personne ne vous punira pour ce que vous aurez fait, ni ne vous demandera des comptes pour ce que vous aurez pris."
Alphonse Juin "maréchal" de France  





Tes sources STP...


http://nationalistes-lorraine.over-blog.fr/categorie-10899683.html

apparament cela serait un faux, mais rien n'est prouvé !
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Jack Nico


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MessagePosté le: Ven 4 Sep - 12:24 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

je viens d'acheter en ligne cet article, que je vous fait partager :



Le corps expéditionnaire français en Italie

Violences des « libérateurs » durant l’été 1944Tommaso Baris  
[*]
 
Plan de l'article
• Rappel historique
• Violences
• Responsabilités
• Impossibles statistiques
• Carte blanche du commandement français ?
• Nouvelles violences
• Une violence tribale ?
• Un discours inaudible




Récemment projeté sur les écrans français, le film Indigènes entend réhabiliter la mémoire, il est vrai occultée, des troupes coloniales qui participèrent à la campagne d’Italie puis contribuèrent tant à la libération de la France qu’à la victoire du 8 mai 1945. Ce souvenir glorieux qu’illustra d’abord la bataille de Cassino n’a pas été partagé en Italie, où le passage des troupes françaises a laissé d’autres traces. Vingtième Siècle. Revue d’histoire verse au dossier les données et les conclusions de l’enquête conduite sur ce point par des historiens italiens.
On associe généralement la présence du corps expéditionnaire français en Italie à son rôle décisif dans la chute de la ligne Gustav. Suivant le maréchal Juin, commandant en chef du contingent français, les militaires ayant participé à cette campagne ont volontiers souligné dans leurs Mémoires le rôle central des troupes tricolores dans une épopée qui permit notamment d’ouvrir la route de Rome aux forces anglo-américaines [1].
Aujourd’hui encore, les anciens revendiquent fièrement ce titre de gloire. Citons, pour ne prendre que ce seul exemple, le général François Barillon, alors jeune officier d’artillerie, interviewé dans le documentaire Mattatoio Cassino (la boucherie de Cassino), retransmis par la télévision publique italienne lors des commémorations du 60e anniversaire de la percée du front [2]. L’historiographie française sur la bataille de Cassino s’est d’abord préoccupée, dès les premières publications de l’immédiat après-guerre, de souligner l’apport du corps expéditionnaire à la défaite des Allemands, célébrant avec emphase sa valeur militaire [3]. Les travaux les plus récents adoptent la même perspective et revendiquent, parfois agressivement, ces titres de gloire, soulignant sans pondération le rôle joué dans la percée de la ligne Gustav [4].

Rappel historique

Les troupes du corps expéditionnaire débarquent à Naples en novembre 1943. Armées et équipées par les Alliés, elles sont aux deux tiers composées d’hommes enrôlés au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Des officiers et des sous-officiers majoritairement français les encadrent, même si quelques éléments maghrébins se trouvent parmi les grades supérieurs. Dirigé par Alphonse Juin depuis janvier 1944, ce contingent français est formé de deux divisions d’infanterie. À partir du printemps, et après avoir fait ses preuves dans le secteur d’Atina, il fut renforcé par d’autres détachements. En outre, quelque 12 000 goumiers marocains s’ajoutèrent au corps expéditionnaire français, portant ses effectifs à 112 000 hommes [5].
Le terme de « goum » désignait initialement l’unité de police coloniale créée par les Français au Maroc en 1908. Au départ utilisés pour mater les révoltes dans le royaume chérifien, les goumiers furent employés hors du territoire marocain et engagés dans d’autres conflits dès la première guerre mondiale. Formé de deux cents membres, chaque goum se subdivisait en tabors, formation plus restreinte composée de cinquante à soixante-dix hommes commandés par des officiers français. Recrutés parmi les tribus arabes et berbères de l’Atlas, ces goumiers étaient spécialisés dans les combats en montagne, comme ils l’avaient démontré en réprimant l’insurrection du Rif dans les années 1920 [6]. Compte tenu de ces caractéristiques, leur engagement dans les combats paraissait désormais crucial pour la stratégie alliée : après des mois d’exténuants et inutiles affrontements autour de Monte Cassino, une offensive devait être lancée dans la zone Sud-Est, à la frontière du Latium et de la Campanie. Les soldats du corps expéditionnaire français avaient la difficile mission d’ouvrir la route aux troupes américaines de la 5e armée, en conquérant les chaînes montagneuses des Aurunci et des Ausoni, à mi-chemin des provinces de Latina et Frosinone. Dans la nuit du 11 mai 1944, les troupes coloniales françaises s’élancèrent donc à l’assaut des monts Maio et Faito, dont le contrôle permettait de conquérir la vallée du Liri.
Dans cette zone, les défenses allemandes étaient dégarnies, le secteur étant « considéré [comme] inattaquable […], à cause de la morphologie inhospitalière ». Nonobstant son infériorité numérique, la 71e division de la Wehrmacht réussit à infliger de lourdes pertes aux soldats coloniaux, en bloquant leur avancée pendant deux jours. C’est seulement en ayant recours à une autre division, envoyée en première ligne, que le général Juin vint à bout de la résistance ennemie : après d’âpres combats, les villages de Vallemaio et San-Giorgio-a-Liri se rendaient le 14 mai, la commune d’Ausonia étant conquise le lendemain. Après s’être assurées du contrôle de Monte Petrella le 16 mai, les troupes françaises conquirent également, dès le jour suivant, le petit village d’Esperia, amorçant ainsi une rapide avancée le long de l’arrête dorsale des Aurunci [7]. Les soldats français, les goumiers notamment, capables de franchir les zones les plus inaccessibles, occupèrent les petits centres urbains de Campodimele, Itri, Lenola, et Vallecorsa, et ouvrirent la voie de Ceprano et Frosinone aux blindés alliés. Malgré de très lourdes pertes, les bataillons coloniaux n’interrompirent pas leur marche, remontant la vallée de l’Amaseno et de Sacco, et rejoignant Valmonte, à peu de kilomètres de Rome, lors des dernières semaines de mai. De sorte que les généraux allemands furent contraints d’ordonner une retraite désastreuse pour éviter l’encerclement total de leurs troupes [8]. Le 4 juin 1944, les Anglo-Américains entraient triomphalement dans Rome.

Violences

Cette libération s’accompagna d’un comportement particulièrement agressif et violent envers les populations locales. Dès les premiers temps de leur progression victorieuse, les soldats du contingent français se rendirent coupables de « graves […] violences et […] abus […] dans toutes les régions où ils sont passés », s’abandonnant « à une activité terroriste » marquée par « des centaines de vols, homicides, attaques à main armée, violences sexuelles, coups et blessures, saccages et dévastations » [9]. Un officier de l’armée italienne décrivait ainsi le comportement de ces troupes :
« Quiconque se trouve sur leur route est attaqué à main armée […]. Ils s’emparent de tout […], et si dans le groupe se trouvent des femmes, elles sont déshabillées avec violence en cas de résistance. Si, par exemple, ils s’engouffrent dans quelques fermes encore habitées, ils s’adonnent à un vrai saccage ; à la suite de quoi, les armes à la main, ils chassent les hommes des maisons et violent les femmes sans aucun respect ni pour les jeunes ni pour les personnes âgées. […] Dans tous les cas, on déplore que les actes de violence charnelle s’accompagnent de coups très violents. Les rapports médicaux mentionnent dans leurs diagnostics des déflorations associées à des lésions multiples, des ecchymoses et autres traumatismes […]. Dans l’ensemble, on peut affirmer, sans risque d’être démenti, que 90 % des personnes qui ont traversé la zone d’opérations des troupes marocaines ont été détroussées de tous leurs biens, qu’un nombre élevé de femmes ont été violentées, et que l’on a compté un nombre important d’hommes auxquels on a fait subir des actes contre nature [10]. »

Les conditions particulières de la « libération » des villages du Latium méridional sont reconstituées de manière détaillée dans une longue lettre de Giovanni Moretti envoyée au commandement militaire français. Passée la première journée d’occupation, le 17 mai, le maire de la commune d’Esperia écrit : « On a constaté dans de nombreuses habitations les premiers cas de violence contre des femmes, des vols, des saccages, des vols à main armée, et le meurtre de ceux qui tentèrent de défendre leurs femmes, ainsi que des incendies. Terrorisées par ces agissements, les populations cherchèrent de l’aide auprès des officiers français commandant ces détachements ; on leur répondit toujours évasivement et parfois négativement [11]. »
Les troupes purent impunément poursuivre leurs actions criminelles durant les deux ou trois jours qui suivirent, sans que la population civile ne se livre à des mesures de rétorsion : affamée et dépitée, elle dut subir ces humiliations de la part des troupes. Comme les unités marocaines étendirent leur occupation sur tout le territoire de la commune et qu’elles y stationnèrent pendant plus de dix jours, les maisons, les granges, les taudis furent fouillés et saccagés, parfois incendiés et dépouillés de tous les objets : « L’or, l’argent liquide, le bétail, les nappes, le linge, etc. En un court laps de temps, la zone tout entière fut pillée et la population terrorisée. […] Par la suite, la population s’achemina vers Spigno Saturnio, siège du commandement américain, et fut agressée durant le parcours pour être systématiquement dépossédée de ses derniers objets de valeur ; souvent les femmes furent violentées et durent subir des sévices [12]. » Amelia De Andreis décrit par exemple l’assaut contre la maison où s’était caché un groupe de réfugiés, puis l’assassinat d’une vieille femme, écartelée alors qu’elle voulait s’opposer aux violences des soldats marocains :
« Ensuite, quand on sortait, c’était la nuit… il faisait sombre et nous nous sommes réunis dans une petite maison, toute délabrée, juste pour se mettre à l’abri… nous étions nombreux, plus d’une centaine, et puis là, les Marocains […] sonnèrent à la cloche… et puis ils ont attrapé Martella et puis tous ceux qui se mirent à crier, et puis une et toutes les autres se mirent à pleurer… ô combien de pleurs, Sainte Vierge, ô combien de pleurs, combien de larmes… La femme qui habitait en dessous de chez nous… à Fontanella… ils la suspendirent à l’envers, avec les pieds attachés en l’air et ils la découpèrent morceau par morceau… parce qu’elle n’avait pas obéi à leurs ordres… les Marocains ont fait ça : ils l’ont découpée… comme un cochon… tu as vu comme on découpe un porc… ils ont fait pareil [13]… »

Le passage des soldats coloniaux est évoqué par les témoins comme un moment d’extrême violence, également confirmé dans les descriptions de certains abus sexuels que conservent les archives locales. Dans la plainte provenant d’Itri, on peut lire :
« Dimanche matin un nombre important de Marocains sont arrivés à la maison de ma belle-sœur […], ils l’ont emmenée dans une grange et elle fut violentée par quatre Marocains. Peu de temps après, une autre femme […] fut portée derrière une meule de foin, où une dizaine de Marocains la violèrent. Une de mes petites filles […] fut amenée dans la campagne et violée par sept Marocains, l’un d’eux la mordit à la cuisse et au cou […]. Une autre de mes petites filles […], alors qu’elle tentait de s’éloigner avec les chèvres, fut violentée par de nombreux Marocains (je crois cinq ou six). Venus à la maison ils prirent ensuite la sœur de […] et tentèrent de l’emmener dehors, évidement pour la violer : ceux qui étaient présents s’y opposèrent, mais ils furent bastonnés et la fille eut la main entaillée [14]. »

Ne nous étonnons pas qu’une comparaison entre l’occupation allemande et le passage des troupes françaises se soit rétrospectivement opérée : le comportement des soldats allemands est évoqué en des termes élogieux, en évidente opposition avec l’attitude des soldats coloniaux. Filomena Palazzo raconte : « Les Allemands se comportaient bien… la grande tragédie ce sont les Marocains qui l’ont commise… Les Allemands, au contraire, n’ont outragé aucune femme, ils volaient uniquement un peu de nourriture pour manger [15]. » Sur ce point, le récit des interviewés, recueillis soixante ans après les événements, et les dires des réfugiés rapportés juste après le passage des militaires français concordent. « Nous avons plus souffert durant les vingt-quatre heures où nous avons été en contact avec les Marocains que durant les huit mois où nous avons subi l’occupation allemande », peut-on lire dans une note datée du 25 mai 1944, reprenant les rumeurs propagées par des réfugiés qui avaient rejoint Capoue. « Les Allemands nous ont volé des chèvres, des brebis, des vivres, mais ils ont respecté nos femmes, nos pauvres économies ; les Marocains se sont précipités sur nous comme des démons déchaînés, ils ont violenté, en menaçant avec leurs mitraillettes, jeunes filles, femmes, enfants, se succédant comme des bêtes à tour de rôle, ils nous ont dépouillés de notre argent, ils nous ont poursuivis jusque dans nos villages et nous ont pris nos paquets, notre linge, nos chaussures, nous laissant ainsi [16]. »

Responsabilités

Pour la population, un niveau aussi généralisé de violences n’aurait pu avoir lieu sans l’aval des commandements anglo-américains, accusés d’avoir laissé les mains libres aux soldats coloniaux, contrepartie du prix élevé payé durant l’avancée victorieuse des troupes. « Les Américains ont donné carte blanche aux Marocains, pour qu’ils percent la ligne de front, et aussi pour épargner leurs propres soldats. Alors, ils laissaient faire à ces soldats ce qu’ils voulaient… sinon, sans carte blanche, les Marocains ne combattaient plus et n’avançaient plus », confirme Tommaso Pelle [17]. Fortement enracinée dans la mémoire collective, cette opinion est amplement reprise par les nombreux travaux d’histoire locale qui évoquent la guerre dans le Latium méridional. Elle présente même comme authentique un faux message du général Juin, adressé aux soldats coloniaux, dans lequel il leur promet le droit de saccage et de razzia, si ceux-ci réussissent à percer la ligne Gustav. Cette déclaration aurait autorisé les troupes coloniales « à pouvoir, durant cinquante heures, dans les territoires conquis, “tout prendre, tout faire, détruire et tout emporter s’ils l’avaient mérité”, avec une allusion explicite aux femmes [18] ». La déclaration suivante serait, selon ces ouvrages, la traduction, depuis l’arabe, du message diffusé aux troupes coloniales :
« Au-delà des monts, au-delà des ennemis que cette nuit vous tuerez, il y a une terre abondante et riche de femmes, de vin, de maisons. Si vous réussissez à passer outre cette ligne sans laisser un seul ennemi vivant, votre général vous le promet, vous le jure, vous le proclame : ces femmes, ces maisons, ce vin, tout ce que vous trouverez sera à vous, à votre bon plaisir et votre volonté. Pour cinquante heures. Et vous pourrez avoir tout, faire tout, prendre tout, tout détruire ou tout emmener, si vous avez vaincu, si vous l’avez mérité. Votre général tiendra sa promesse, si vous obéissez pour la dernière fois jusqu’à la victoire [19]. »

Resté introuvable dans les archives, ce texte est apparu pour la première fois dans un volume publié en 1965 par l’Associazione nazionale vittime civili di guerra (Association nationale des victimes civiles de la guerre), une structure qui, par sa fonction institutionnelle, est prête à endosser, quitte à l’adapter, le point de vue de la population civile. Les années suivantes, la déclaration présumée du général Juin a trouvé un crédit croissant ; elle a finalement été de nouveau diffusée dans des publications ou sur des sites internet parfois liés à l’extrême droite (mais pas exclusivement), où elle est présentée comme authentique [20]. Un message exaltant la « France libre » fut effectivement envoyé par Juin à ses troupes avant le déchaînement de l’offensive. Il est d’ailleurs repris dans ses Mémoires et constitue peut-être l’origine de cette fausse déclaration. Mais le problème de son authenticité n’efface pas son importance [21] : les « fausses informations » doivent être considérées dans leur acceptation collective ; et quand elles ne sont pas vraies, ou au moins vraisemblables, les chercheurs doivent s’interroger sur les falsifications historiques et les constructions sociales qui se dissimulent derrière des perceptions si communément partagées [22]. En l’occurrence, cette fausse déclaration permet d’expliquer l’expérience concrète de la population. Du point de vue des habitants du Latium méridional, il était impossible que dans le cadre d’une armée, des soldats puissent, sans l’accord des hiérarchies supérieures, en arriver à de telles extrémités et à une telle violence. Seul un ordre officiel rendait compréhensible un tel relâchement de la discipline militaire.
Dans cette perspective, les assonances entre le faux message et les récits des interviewés illustrent la force hégémonique d’une véritable invention de la mémoire collective, pouvant s’émanciper du récit oral par sa capacité à représenter « le jugement exprimé par les habitants [23] ». Dans la fausse déclaration, apparaissent de manière significative des éléments tels que la référence aux « cinquante heures de carte blanche », évoquée par de nombreux interviewés : « Les Français ont garanti aux troupes marocaines, qui se sont acclimatées dans les montagnes, dans la zone entre le Maroc et l’Algérie […], cinquante heures de carte blanche », raconte Giuseppe Caporusso [24]. En ce qui concerne l’extension temporelle des violences, l’« erreur » de la mémoire est d’autant plus intéressante qu’elle touche directement à la perception des habitants de la zone. L’idée des cinquante heures de « carte blanche » s’est fortement enracinée dans l’imaginaire collectif. Pour les habitants des différentes communes, ces cinquante heures correspondent à peu près à la durée séparant l’arrivée des premières patrouilles de soldats marocains et son corollaire de violence, de l’irruption des divisions américaines qui coïncide avec la fin des viols, du moins dans les centres urbains. Dans chaque commune, les viols, les vols et les saccages se sont concentrés sur deux à trois jours maximum, même si globalement les violences des troupes coloniales ont duré plus longtemps. Aussi, les viols et les autres délits commencèrent dès la mi-mai dans les premiers centres urbains « libérés » de la vallée du Liri. À Lenola, petit centre de la province de Latina, un peu plus au nord d’Esperia, sur les monts Aurunci, 302 violences sexuelles furent recensées (parmi lesquelles 18 à l’encontre d’hommes), touchant des femmes âgées de 11 à 80 ans. Débutant le 20 mai, elle se concentrèrent entre le 23 et le 25 mai. Ce n’est qu’à la fin du mois, aux alentours du 29 mai, qu’elles s’atténuèrent, concomitamment à l’éloignement des troupes marocaines [25]. Dans les communes de Giuliano-de-Roma, Patrica, Ceccano, Supino, Morolo et Sgurgola, situées à quelques dizaines de kilomètres de la capitale, on dénombre en seulement trois jours (entre le 2 et le 5 juin, soit après la libération de la capitale italienne) au moins 418 violences sexuelles (dont 3 sur des hommes), 29 homicides et 517 vols commis par des hommes du corps expéditionnaire français [26].

Impossibles statistiques

Il est toutefois difficile de dresser un bilan complet des violences perpétrées par la troupe du corps expéditionnaire durant l’offensive contre la ligne Gustav. Les chiffres divergent d’un écrit à l’autre, notamment en raison de l’extrême difficulté qu’éprouvent les victimes à parler, comme le mentionne la préfecture de Frosinone en juin 1945 : « Les enquêtes sont d’autant plus difficiles que les cas de violences perpétrées par les troupes marocaines sont importants, et qu’il faut prendre en compte la pudeur d’une partie des femmes violées, réticentes à narrer les violences subies [27]. » Si quelques fausses déclarations de viols ont pu surgir dans l’espoir d’obtenir un dédommagement du gouvernement français, et plus tardivement une pension de l’État italien, nombre de femmes violées, malgré les possibles avantages financiers, renoncèrent à signaler leurs viols. Ceci apparaît clairement dans les rapports des forces de l’ordre, chargées de vérifier la véracité des demandes parvenues aux autorités centrales. Les carabiniers de Pontecorvo, un centre de la province de Frosinone, se référant aux violences commises par des soldats marocains et subies par une jeune fille, signalaient que la victime, « par honte, ne les avait révélées à personne et ne s’était pas faite examiner [28] ».
L’attitude ambiguë du gouvernement italien compliqua la situation. Initialement, les autorités du Royaume du Sud se montrèrent attentives à la question des violences sexuelles, espérant l’utiliser comme monnaie d’échange lors des négociations avec certains pays de la coalition alliée. Dans cette perspective, la présidence du Conseil invitait durant l’été 1944 « à recueillir une documentation rigoureuse des violences commises sur le territoire italien par les troupes marocaines », afin « de répondre concrètement aux accusations récurrentes de violences perpétrées par nos propres troupes dans les territoires qu’elles ont occupés et à d’éventuelles désignations de criminels de guerre italiens ». Une fois la guerre achevée, la définition de nouveaux équilibres au cours de la guerre froide, rendit superflu le rappel des viols commis par le corps expéditionnaire français. Le gouvernement central refusa alors certaines demandes qui lui étaient adressées, affirmant qu’« elles ne reposaient sur aucun fondement, les personnes n’ayant subi aucun préjudice, comme en témoignent d’ailleurs un certain nombre de requêtes accusées d’escroquer l’État [29] ». Le pouvoir laissait ainsi entendre que toutes les demandes d’indemnités (cinquante mille lires environ) présentées par des victimes civiles étaient le fruit d’exagérations, ou pire, de tentatives d’escroquerie.
Le décompte des violences sexuelles commises par les soldats du corps expéditionnaire est risqué. Si l’on se réfère au rapport d’un inspecteur du ministère de la Santé, envoyé par le gouvernement italien dans le bas Latium en septembre 1944, le nombre de victimes s’élèverait à environ trois mille cent dans les provinces de Frosinone et de Latina [30]. Mais au cours de cette enquête, de nombreux centres urbains parmi les plus touchés ne furent pas examinés. À Esperia par exemple, le généraliste local précisait au maire en 1946, qu’il avait soigné plus de sept cents femmes, contaminées par des maladies vénériennes comme la blennorragie ou la syphilis [31].
De nombreuses autres petites villes, touchées par le passage des troupes françaises, ne furent jamais visitées. En tenant compte à la fois du nombre élevé de communes concernées par le passage des troupes coloniales (plus d’une quarantaine) et de la longueur relativement importante de la période durant laquelle des violences sexuelles eurent lieu, le chiffre de douze mille femmes violées qu’avance l’organisation communiste féminine l’Unione Donne Italiane semble crédible. Selon la même enquête, les demandes d’indemnités pour des dommages matériels causés par les soldats français à la population italienne (catégorie générale regroupant des réalités aussi différentes que les vols ou les homicides) s’élevaient à soixante mille environ [32]. Par-delà la spéculation autour des chiffres, un élément paraît irréfutable : dans le Latium méridional, les violences sexuelles perpétrées par les troupes alliées ont eu une dimension massive, faisant de la situation italienne un cas unique. Certes, différents cas de viols commis, par exemple, par les soldats américains peuvent être dénombrés en Europe occidentale durant la seconde guerre mondiale ; mais il s’agissait, la plupart du temps, d’initiatives individuelles se produisant à l’arrière du front [33]. Ces événements italiens semblent en revanche s’insérer à mi-chemin entre l’aspect épisodique des viols commis par les soldats alliés en Angleterre, en France ou en Allemagne, et le côté systématique des violences sexuelles qui accompagnèrent l’avancée de l’Armée rouge vers l’Allemagne [34]. La mémoire des habitants du bas Latium présente de fortes similitudes avec celle de la population de l’Autriche méridionale : dans cette région également, l’attente de la fin de la guerre fut compromise par le comportement des « libérateurs » russes enclins, au-delà des prises de positions officielles, à considérer les civils comme des ennemis vaincus, devant acquitter la défaite aux prix du saccage et du viol [35].

Carte blanche du commandement français ?

Comme les troupes soviétiques, les soldats coloniaux purent, durant leur offensive contre la ligne Gustav et sur une période importante, profiter d’un régime disciplinaire particulièrement permissif. Le relâchement de la discipline interne aux subdivisions se confirme lorsqu’on analyse l’attitude adoptée par le commandement français face aux délits commis avant la percée du front. Depuis le débarquement en Italie, des violences contre la population civile avaient été perpétrées par les membres du corps expéditionnaire français, particulièrement en Campanie. Les autorités françaises avaient alors collaboré avec les forces de l’ordre italiennes, en cherchant à identifier les coupables. À Atella, par exemple, une jeune fille avait « perdu sa virginité avec violence et été violée pendant plus d’une heure par trois militaires arabes de l’armée française, puis abandonnée à terre », le 24 décembre 1943. Les responsables du viol furent « identifiés et arrêtés par le commandement de leur régiment », et déférés devant le tribunal militaire allié. Devant des crimes plus atroces encore, des méthodes plus expéditives avaient été employées. Après la découverte du cadavre d’un enfant de 9 ans dans la commune de Santa-Maria-la-Fossa, comprenant « des lacérations de l’orifice anal, des signes évidents de blessures dans la région abdominale et d’étranglement au moyen d’une corde, et des ecchymoses sur tout le corps », l’auteur de ce délit macabre, un militaire français de couleur, avait été non seulement identifié mais également emmené par la police militaire française près du cimetière du village où il avait été fusillé en présence de tout son détachement [36].
Même les documents français relatifs au corps expéditionnaire, conservés au Service historique de l’armée de terre, relate de nombreux épisodes similaires à ceux qui viennent d’être narrés. Dans les zones éloignées du front, les autorités françaises punirent des soldats responsables de violences contre les civils. Environ trois cent soixante militaires du corps expédi-tionnaire français furent déférés devant les tribunaux militaires pour des délits commis durant la campagne d’Italie [37]. Mais « au moment où se déroule cette bataille, aucun pouvoir ne peut, ou ne veut, intervenir pour défendre les civils [38] », comme l’écrit Gabriella Gribaudi.
Le commandement français resta tout d’abord indifférent au sort des civils italiens. Les archives françaises révèlent pourtant qu’il avait eu connaissance des violences commises lors de la percée de la ligne Gustav, d’autant plus que les chefs militaires alliés leur avaient rapidement transmis ces informations. Pour mettre fin à de tels épisodes, le commandant général de l’armée française intervint. Mais dans la déclaration envoyée à ses officiers le 24 mai, soit dix jours après le début des violences dans le bas Latium, Alphonse Juin se montra ambivalent. Tout en les invitant à faire cesser les actes de brigandages, de vols et de viols, il utilisa un vocabulaire ambigu à l’égard de l’Italie, définie « comme un pays conquis », dont le peuple « expérimente actuellement toutes les horreurs de la guerre et dont les conditions sont pitoyables aux yeux de nos alliés ». Le commandant français expliquait « qu’il fallait maintenir une attitude digne, malgré nos sentiments à l’égard d’une nation qui a odieusement trahi la France ». Vu la teneur de ce message, il n’est pas surprenant que les autorités alliées aient trouvé inopportun d’envoyer ce texte au gouvernement italien, bien que sa rédaction soit intervenue après sollicitation des commandements anglo-américains – ce que reconnaissait d’ailleurs le général français, décrivant son commandement « choqué par les accusations portées par l’AMG [Allied Military Government] sur le comportement de certains éléments des troupes françaises à l’encontre des Italiens [39] ».
Dans une note datée du lendemain, les Anglo-Américains persistaient à souligner que « le comportement des troupes françaises avait causé de grosses difficultés » : ils recevaient « continuellement des plaintes pour vols et homicides », dont l’authenticité ne faisait aucun doute. D’où les remontrances des chefs de la 5e armée auprès du commandant français, qui tentaient « de renforcer la discipline dans leurs rangs et leurs troupes ». Dans un rapport daté du 27 mai, les mêmes commandements français reconnaissaient l’évidente difficulté à « superviser le comportement de leurs troupes durant une guerre de mouvement dans un pays de montagne, caractérisée par des excès de tous types, notamment des viols perpétrés dans d’horribles conditions », « conséquence directe d’un relâchement de la discipline ». Il fallait donc, répétait Juin « mettre fin à ces agissements qui étaient indignes d’une armée victorieuse [40] ». Au-delà des paroles rassurantes et des engagements pris par le commandement français, les violences des soldats coloniaux se poursuivirent. Le général Harold R. Alexander, commandant en chef des troupes alliées en Italie, expliquait lui-même le peu d’écho qu’obtint la déclaration du général Juin. Bien que des « mesures drastiques », dont la peine de mort, aient été adoptées par le général français, on peut douter « que les jeunes officiers français l’aient pris au sérieux. Les troupes françaises ont envers les Italiens un dur ressentiment et je crois que dans de nombreux cas, ceci a eu pour conséquences que les jeunes officiers ont autorisé ou ignoré le comportement de leurs troupes [41] ».
Les archives américaines confirment en substance les accusations formulées par le gouvernement italien. Ivanoe Bonomi, alors président du Conseil, écrivait dans un mémorandum envoyé aux autorités anglo-américaines : « L’aspect le plus singulier et douloureux de la question est l’attitude adoptée par les officiers français. Loin d’être intervenus ou d’avoir réprimés de tels crimes, ils se sont au contraire acharnés contre les populations civiles qui cherchaient à s’opposer à de tels agissements. » Le document rappelait que les « Italiens étaient particulièrement amers et ce d’autant plus qu’ils savaient que les troupes françaises de couleur opérant en Italie avaient été enrôlées selon un accord leur laissant un droit de vols et de saccages ». Les crimes commis n’étaient donc que « la conséquence naturelle de leur engagement » et « leur comportement ne pouvait pas ne pas avoir été prévu lors de leur envoi en Italie » [42]. Il sous-entendait donc que l’utilisation des troupes marocaines avait été délibérée, forme de punition, peut-être, pour l’agression commise en 1940 contre la France. Dans ses grandes lignes, cette attitude hostile coïncidait avec les positions officielles du gouvernement de la France libre à l’égard de l’Italie. Le Comité français de la libération nationale n’avait reconnu ni l’armistice signé par l’Italie en septembre 1943 ni son statut de puissance cobelligérante, arguant de la permanence de l’état de guerre entre les deux nations. Pour les Français, l’Italie restait encore, durant l’été 1944, un pays ennemi qui ne pouvait être coopté dans la coalition des forces alliées. Il en irait ainsi jusqu’à la fin du conflit [43]. Malgré la demande des commandements anglo-américains, les violences des troupes françaises se poursuivirent, même après la libération de Rome.

Nouvelles violences

Les soldats du corps expéditionnaire commirent encore, mais dans une moindre mesure, de graves violences à l’encontre des populations locales dans le Latium septentrional et la Toscane. Les autorités militaires italiennes signalaient que « les militaires marocains […] continuaient à développer une activité terroriste dans toutes les zones où ils passaient comme […] à Montefiascone, et en général dans toute la zone du lac de Bolsena, où ils avaient commis des centaines de vols, d’homicides, de braquages, de viols, de coups et blessures, des saccages et des dévastations [44] ». Après le Viterbois on dénombra des incidents même dans la province de Sienne. « Même là en effet, reprenaient les autorités italiennes, les troupes françaises, et particulièrement les contingents marocains, ont continué à recourir à des violences à caractère sexuel contre les populations, suscitant la panique et la honte », au point qu’elles accueillirent avec soulagement la rumeur selon laquelle « dans ces zones les troupes françaises seraient rapidement relevées par des contingents britanniques » [45]. Les passages des troupes coloniales dans la province de Livourne et à l’île d’Elbe furent particulièrement dramatiques. Ils suivirent les mêmes modalités que lors de la percée de la ligne Gustav. Là aussi, viols et homicides succédèrent à des opérations militaires délicates et semblent avoir bénéficié du consentement de la hiérarchie militaire.
Les soldats du corps expéditionnaire français (soit environ 17 400 hommes), Sénégalais et Marocains dans leur grande majorité, dirigés par des gradés français, débarquèrent dans la nuit du 17 juin 1944. Après avoir débordé en deux jours « la défense – dans certaines zones – acharnée de divisions allemandes et fascistes de la République sociale italienne », ils s’abandonnèrent « envers la population de l’île à toutes sortes d’excès, violant, volant, razziant villages et domaines, prélevant le bétail, le vin, et tuant qui tentait de s’opposer à leur arbitraire ». « Les officiers assistèrent dans l’indifférence à ces massacres », obligeant les habitants du lieu à se retirer « dans les maisons en montagne », en attendant le retour à la normale, qui n’intervint « qu’au départ des divisions, vingt-cinq jours plus tard ». Selon « les vérifications diligentes » des carabiniers, outre les vols, braquages, et dévastations, s’étaient produits dans cette zone 191 cas de violences sexuelles, 20 tentatives de viols sur des femmes, et une tentative de viol sur une petite fille. Les homicides liés à la résistance furent nombreux [46]. Mais la plus grande partie des troupes présentes en Italie fut retirée pour être engagée dans le débarquement en Provence, suivant le vœu du général de Gaulle qui préférait, de loin, engager ces troupes dans la libération du territoire national, plutôt que de les utiliser sur un théâtre d’opération à ses yeux secondaire [47].

Une violence tribale ?

L’ampleur des violences perpétrées par les militaires du corps expéditionnaire français en Italie mérite une réflexion sur les causes plus profondes de ces événements. Dans cette perspective, l’existence ou non d’ordres (écrits ou oraux) cautionnant le comportement des troupes françaises ne constitue pas un enjeu décisif. En revanche, la conception selon laquelle des populations civiles impliquées dans des événements guerriers ont été considérées comme un butin de guerre représente un élément central. Les soldats coloniaux en profitèrent tant lors des viols isolés, effectués de nuit dans les campagnes sans l’aval des hiérarchies militaires, que lors de violences sexuelles, liées aux opérations militaires, implicitement admises par le commandement. Dans le Latium méridional, ces violences n’ont cependant pas eu pour objectif une affirmation ethnique. Le comportement des troupes coloniales a souvent été interprété en référence à l’appartenance tribale des soldats, celle des goumiers notamment. Lors de leur passage caractérisé par son extrême brutalité, avec droit de saccages et de viols, auraient été transposées des coutumes encore en vigueur sur le continent africain [48]. Lorsqu’ils traitent des viols, les documents américains font allusion « à l’habitude des Africains de se comporter ainsi contre les populations hostiles quand ils sont victorieux », tout en insistant sur d’autres causes, la présence insuffisante d’officiers européens notamment [49].
Cette position est fortement réductrice et influencée par le « regard colonial », l’Occident redéfinissant sa propre identité, en s’opposant à celle que l’on attribuait aux colonies [50]. Le discours colonial français a ainsi fréquemment déshumanisé les soldats marocains, représentés comme des sauvages naturellement enclins à la guerre, dotés de dispositions ataviques à la vie militaire du fait même de leur appartenance au grade le plus bas de la civilisation humaine [51]. En réalité, cette disposition au saccage et au viol, loin d’être propre aux troupes coloniales, est fréquente parmi les armées européennes, au moins jusqu’au 17e siècle [52]. Plus justement, la violence des troupes coloniales, et spécialement celle des goumiers, doit être reliée aux fonctions de police coloniale que ces troupes exerçaient. Les goumiers furent souvent recrutés de manière coercitive et entraînés par des officiers de l’armée régulière, afin de réprimer les résistances antifrançaises, encore fréquentes durant les années 1930. De nombreuses techniques guerrières, dont celles relatives aux comportements envers les civils, se forgèrent dans ce contexte et furent finalement exportées vers d’autres théâtres d’opérations [53]. Il est donc difficile de distinguer ce qui, dans la pratique militaire adoptée par les soldats coloniaux, dérive des « traditionnelles barbaries africaines », de ce qui au contraire provient de l’apport européen à la violence coloniale contre les civils indigènes [54].
Ce même problème de la « sauvagerie » des troupes coloniales s’était pour la première fois manifesté lors de la première guerre mondiale, quand des contingents furent engagés en Europe par la France et par la Grande-Bretagne, provoquant la protestation des empires centraux qui accusèrent les puissances de l’Entente de se servir de soldats barbares et sauvages. Ils contestaient une manière de conduire les conflits qui, en réalité, était pratiquée par tous dans les territoires extra-européens [55]. L’opinion publique européenne fut, dans son ensemble, perturbée par la présence de soldats de couleur sur son sol, comme le prouve la forte préoccupation relative aux éventuels rapports sexuels entre soldats africains ou asiatiques et femmes occidentales. Cette donnée amena l’État français à opter pour une ségrégation des races et des genres, jusque dans les hôpitaux, des militaires provenant des colonies d’avec les infirmières françaises [56]. Relancé par une vaste campagne de presse développée en Allemagne contre les viols commis par des soldats marocains durant l’occupation française de la Rhénanie, le stéréotype du soldat noir, barbare et violeur, se renforça dans l’imaginaire du vieux continent [57]. De même dans l’Italie des années 1930, les auxiliaires indigènes de l’armée royale furent considérés comme particulièrement féroces et sanguinaires en raison de leur origine tribale [58]. Dans l’imaginaire européen, l’agressivité et la férocité du soldat de couleur sont associées à sa condition de « bête sauvage » et d’animalité [59]. Dans un ouvrage consacré aux goumiers, Yves Salkin finit par les comparer à des bêtes sauvages pour leur aptitude à se déplacer dans les zones de montagne les moins praticables [60]. Don Antonio Biondi, le curé d’un village traversé par les troupes coloniales, Morolo, rappelle dans son journal « les pauvres femmes surprises seules dans la campagne ou la montagne », qui durent « subir la honte » du viol par les soldats marocains. Il évoque alors « les instincts bestiaux de ces êtres humains » [61].
Les conséquences de cette vision sont loin d’être anodines. Assimiler les soldats coloniaux à des bêtes dominées par des pulsions naturelles et privées de raison aboutit inévitablement à les soustraire du jugement moral, en faisant de leur comportement « sauvage » une réaction instinctive ou automatique, « animalière » précisément. La « naturalisation » de la violence a une signification différente selon les acteurs. Si les dirigeants politiques et militaires français justifient par leur « bestialité » les crimes des soldats marocains, ils se délient de toute responsabilité même indirecte. La population italienne, elle, se sert de l’animalité des troupes pour souligner le rôle des commandements militaires, français ou américains. En insistant sur les responsabilités générales des commandements alliés, les habitants des villages « libérés » par les troupes françaises semblent percevoir la nature moderne des viols. Ceux-ci, selon le point de vue des habitants, sont liés à la « totalisation » du conflit, à laquelle les Anglo-Américains contribuent dans une certaine mesure. Afin de poursuivre leur objectif stratégique, ces derniers choisissent d’engager des troupes propices à une forte agressivité à l’encontre des civils durant les combats, soutenant ainsi leurs comportements, même s’ils n’en sont pas les promoteurs directs [62].
Les violences sexuelles commises dans le Latium méridional sont donc à replacer dans le contexte de la culture européenne de la guerre. Tout en refusant les révisionnismes infondés, n’oublions pas que les Anglo-Américains n’étaient pas totalement étrangers à cette culture de la guerre, fondée sur la notion absolue d’« ennemi ». Dans un contexte spécifique et particulier, les « libérateurs » ne sont donc pas toujours reconnus dans ce rôle par les populations locales, précisément parce qu’ils choisissent de conduire la guerre de façon très pénalisante pour les civils. Dans le Latium méridional s’est forgée une mémoire très critique de leur comportement, sans engendrer pour autant de réflexion collective. Les épisodes des violences commis par les soldats coloniaux, dont le souvenir reste fort au niveau individuel, ont suscité trop de contradictions dans une société locale marquée par une culture masculine et machiste dominante, tendant à culpabiliser les victimes des viols et leur imposant le silence sur les méfaits subis. « C’était passé… c’était fait… on ne pensait qu’à çà… cela ne sortait plus de notre esprit », raconte Marianna Corelli, se référant au comportement de la famille de son mari envers la belle-sœur violée [63]. Les municipalités évitèrent donc d’initier des politiques commémoratives dans les communes où les soldats français étaient passés. L’expérience belliqueuse vécue par la population civile ne trouva ni reconnaissance ni forme de codification.

Un discours inaudible

Les récits dissonants relatifs aux viols perpétrés dans le bas Latium n’ont pas pu trouver d’écho dans la mémoire publique nationale de l’après-guerre. En adhérant à l’OTAN en 1949, l’Italie républicaine pouvait difficilement faire accepter des visions critiques de la campagne militaire menée en 1944 par deux nouveaux et importants alliés : la France et, plus encore, les États-Unis. Revenir sur les violences sexuelles auraient pu inciter « à discuter les valeurs de l’Allié et de l’Alliance occidentale », en fournissant d’utiles arguments aux partis de gauche qui s’opposaient à l’entrée italienne dans le Pacte atlantique. Il n’était donc pas judicieux, du point de vue de la politique intérieure comme extérieure, d’ouvrir cette boîte de Pandore. Sur un tout autre plan, cette reconnaissance se révélait absolument « incompatible avec le processus de reconstruction d’un sentiment masculin national valorisant [64] ». L’exaltation de la figure du partisan en armes, mise au centre du discours public sur la résistance, célébrait également la renaissance de la patrie italienne, en proposant de nouveau l’idéal proprement masculin de l’homme-guerrier [65]. En combattant contre l’étranger et ses collaborateurs, les partisans avaient aussi tenté de restaurer le prestige de la composante masculine nationale qui s’était évaporée avec la crise de l’armée, consécutive à l’armistice du 8 septembre 1943. La thématique des viols obligeait au contraire à se confronter avec la défaite italienne, avec l’effondrement des institutions de l’État, et surtout avec l’incapacité attestée des hommes à défendre leurs femmes. Le thème de la défense de la nation est étroitement lié à celui de la sexualité féminine : la défense des femmes passe « par la sauvegarde de la cohésion interne et des frontières extérieures de la spécificité nationale ». Le recours au viol comme acte de guerre est une des façons de sanctionner la défaite des groupes masculins des nations belligérantes [66].
Rappeler ouvertement les viols revenait donc à souligner la longue impuissance des hommes italiens à la suite de la reddition. Dans ce contexte, le thème des violences sexuelles ne pouvait trouver d’exutoire dans le discours public. Cette expérience particulière n’avait pas la possibilité d’être lue à travers les lunettes du patriotisme et de la résistance à l’envahisseur étranger [67]. Les auteurs de ces viols n’étaient pas des ennemis (les Allemands) contre qui une communauté masculine « retrouvée » (les partisans) prenait les armes, mais au contraire des « alliés », au côté desquels on combattait pour faire renaître la nation détruite par le fascisme. En outre, le viol ne pouvait être présenté comme un fragment de la tragédie collective du peuple italien, servant à dénoncer l’ennemi fasciste et nazi. De même, le viol ne pouvait être présenté comme un fragment de la tragédie collective du peuple italien permettant de dénoncer l’ennemi fasciste ou nazi, au rebours de ce qui s’est récemment passé au Kosovo [68]. La situation italienne en 1944 ne correspond pas au modèle du « héros masculin » accolé à l’image féminine de la « victime souffrante » [69]. On comprend, dès lors, que cette dimension soit longtemps restée absente de l’historiographie italienne. Aussi, l’analyse des massacres nazis en Italie, caractérisée par une forte attention aux mémoires locales, a récemment focalisé l’attention des historiens qui se sont intéressés aux populations civiles en temps de guerre [70]. Dans les zones traversées par la ligne Gustav, l’étude de la seconde guerre mondiale a conduit certains d’entre eux, recourant aux sources orales, à s’interroger sur le thème des violences alliées, évoquées de nouveau par les interviewés, tant sous le biais des bombardements anglo-américains que sous l’angle du passage dramatique des troupes du corps expéditionnaire français. Sans être toujours relayés par l’opinion publique, ces événements ont laissé des traces très profondes dans la mémoire collective, traces que les outils propres à l’historiographie permettent aujourd’hui d’analyser [71].

NOTES
[1]
Alphonse Juin, Mémoires. Alger, Tunis, Rome, Paris, Fayard, 1959, p. 304-324. Les reconstructions de ses plus proches collaborateurs sont du même style : Marcel Carpentier, Les Forces alliées en Italie. La campagne d’Italie, Paris, Berger-Levraut, 1949, p. 171-196.
[2]
Ce documentaire, dans lequel est présenté l’interview du général Barillon, président de l’Association des anciens combattants du corps expéditionnaire français en Italie, a été réalisé par Vanesse Roghi et Erwin Flores, et filmé par Angelo Ros-setti. Il a été diffusé dans le cadre du programme « Rai Educational » de la Rai Tre, le 19 mai 2004.
[3]
Sur cette interprétation : colonel Jean-François Adolphe Goutard, Le Corps expéditionnaire français dans la campagne d’Ita-lie (1943-1944), Paris, Charles Lavauzelle, 1947 ; René Chambe, L’Épopée française d’Italie, Paris, Flammarion, 1952 ; Robert Jars, La Campagne d’Italie 1943-1945, Paris, Payot, 1954.
[4]
Voir, par exemple, Jean-Christophe Notin, La Campagne d’Italie. Les victoires oubliées de la France 1943-1945, Paris, Perrin, 2002 ; et Jean-Louis Mourrut, « La Campagna d’Italia : i francesi », in Romain H. Rainero et Renato Sicurezza (dir.), L’Italia nella seconda guerra mondiale. Aspetti e problemi (1944-1994), t. V : L’Italia in guerra. Il quinto anno di guerra 1944, Gaëte, Commissione italiana di storia militare, 1995, p. 45-57.
[5]
André Corvisier (dir.), Histoire militaire de la France, vol. 4 : André Martel (dir.), De 1940 à nos jours, Paris, PUF, 1994, p. 199-201 ; Jean-Christophe Notin, op. cit., p. 189-213.
[6]
Moshe Gershovich, French Military Rule Over Marocco : Colonialism and its Consequences, Londres, Frank Cass, 2001, p. 165-198.
[7]
Livio Cavallaro, Cassino. Le battaglie per la linea Gustav 12 gennaio-18 maggio 1944, Milan, Mursia, 2004, p. 203 et 227-238.
[8]
Basil H. Liddel Hart, Storia militare della seconda guerra mondiale, Milan, Mondadori, 1970, p. 750-752.
[9]
Archivio dell’Ufficio Storico dello Stato Maggiore dell’Esercito (AUSSME), I 3, racc. 102, f. « Incidenti con gli anglo-americani carteggio 1943-1944 », note du commandement militaire de la Campanie adressée au commandement suprême de l’armée italienne, 13 août 1944.
[10]
Archivio Storico del Ministero degli Affari Esteri (ASMAE), Affari Politici, Francia, b. 98, f. « Atrocità varie commesse dalle truppe francesi ai nostri danni », sf. 1., rapport du capitaine Umberto Pittali, 28 mai 1944.
[11]
Archivio Storico del Comune di Esperia (ASCE), RRI 44, b. 1, f. 1945-1953, lettre du maire de Esperia, Giovanni Moretti, au commandement militaire français de Rome, 11 octobre 1947.
[12]
Ibid.
[13]
Interview d’Amelia De Andreis (pseud.), 1924, paysanne, réalisée à Esperia (Frosinone) le 7 avril 2004. Toutes les interviews ont été réalisées par Tommaso Baris.
[14]
Archivio Nicola Gallerano (ANG), conservé auprès de l’Istituto Romano per la Storia d’Italia dal Fascismo alla Resistenza, b. 61, f. 265, « Fonti in copia sull’occupazione militare alleata », note du chef d’état-major de l’armée italienne Gio-vanni Messe, au général Noel MacFarlane du commandement de la commission alliée de contrôle, 28 mai 1944, et les documents relatifs n. 1-4.
[15]
Interview de Filomena Palazzo, 1922, paysanne, réalisée à Esperia (Frosinone) le 21 octobre 1999.
[16]
ANG, Testi e fonti in copia sul Regno del Sud, b. 61, f. 265 « Fonti in copia dell’occupazione militare alleata », rapport pour le chef du gouvernement Pietro Badoglio, 25 mai 1944.
[17]
Interview de Tommaso Pelle, 1920, ouvrier, réalisée à Esperia (Frosinone) le 19 octobre 1999.
[18]
La citation est tirée de Giuseppe Palladino, Otto mesi d’inferno, Marina di Minturno, Caramanica, 2004, p. 102 ; Fabio Palatta, Il mio paese nella tragedia della guerra. Castro dei Volsci 1943-1944, Frosinone, Bianchini, 1990, p. 67-68 ; Anto-nio Pontone, La Lunga attesa, Cassino, Ciolfi, 1998, p. 56-57.
[19]
L’Italia Martire. Il sacrificio di un popolo, Rome, Associazione nazionale vittime civili di guerra, 1965, p. 266.
[20]
Pour la littérature d’extrême droite : Massimo Lucioli et Davide Sabatini, La Ciociara e le altre. Il corpo di spedizione francese in Italia 1943-1944, Monte Porzio Catone, Tusculum, 1998. Sur les sites internet néofascistes : hhttp:// www.italiasociale.org et hhttp:// www.ilduce.net.
[21]
Sur l’improbable liberté d’action accordée aux troupes coloniales contre les civils par les autorités militaires : Jean-Louis Mourrut, « Risposta alla domanda sul comportamento di alcune truppe sotto comando francese », in Roman H. Rainero et Renato Sicurezza (dir.), op. cit., vol. 5, p. 58-59 ; Jean-Christophe Notin, op. cit., p. 504-505.
[22]
Sur la thématique des « fausses nouvelles » : Marc Bloch, « Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre », Écrits de guerre 1914-1918, textes réunis et présentés par Étienne Bloch, introduction de Stéphane Audoin-Rouzeau, Paris, Armand Colin, 1997, p. 169-184 ; trad. it., id., Le Guerra e le false notizie. Ricordi (1914-1915) e riflessioni (1921), introduction de Maurice Aymard, trad. du fr. par Gregorio de Paola, Rome, Donzelli, 1994, p. 82-100.
[23]
Alessandro Portelli, Biografia di una città. Storia e racconti : Terni 1830-1985, Turin, Einaudi, 1985, p. 18-19.
[24]
Interview de Giuseppe Caporusso, 1937, avocat, réalisée à Esperia (Frosinone) le 9 avril 2004.
[25]
Francesca Albani, « Gli stupri di Lenola. Microstoria di efferatezze sui civili inermi che attende di entrare nella “grande” storia di Italia », Studi Cassinati, 4, 2004, p. 273-281.
[26]
Archivio Centrale dello Stato (ACS), PCM, 1944-1947, n. 10270, f. 19-10, sf. 1, « Truppe alleate comportamento », note du commandement général des carabiniers pour le chef du gouvernement, 25 juin 1944.
[27]
ACS, MI, DGPS, 1944-1446, b. 175, f. « Frosinone. Incidenti tra truppe alleate e italiani », note du préfet de Frosi-none au ministère de l’Intérieur, 24 juin 1945.
[28]
Archivio di Stato di Frosinone (ASF), Prefettura di Fro-sinone, 1927-1987, II serie, b. 931, f. « Pontecorvo ECA. Donne violentate dai marocchini », rapport du maréchal des carabiniers Angelo Fioravani du 20 juin 1947.
[29]
ACS, PCM, 1948-1950, n. 33491, f. 19-10, sf. 8, « Violenze truppe alleate. Danni arrecati dalle truppe marocchine », correspondance entre le sous-secrétaire à la présidence du Conseil Fenoltea et le sous-secrétaire du ministère des Affaires étrangères Visconti Venosta, lettres du 26 juillet 1994 et du 2 juillet 1944, et note du ministère du Trésor au chef du gouvernement du 6 mai 1950.
[30]
ACS, MI, Gab, 1944-1946, b. 27, f. 2097, « Assistenza sanitaria alle donne che subirono violenza da parte delle truppe marocchine nella provincia di Frosinone e Littoria », note du 13 septembre 1944.
[31]
ASCE, RRI, b. 1, f. « Donne violentate dai marocchini. Corrispondenze », note de l’officier sanitaire Luigi Pelagalli au maire d’Esperia, 29 juillet 1946.
[32]
Archivio Storico dell’Unione Donne Italiane (ASUDI), b. 27, f. 291 « Centro Udi », rapport intitulé « Note informative sulle marocchinate », non daté.
[33]
J. Robert Lilly, La Face cachée des GI’s. Les viols commis par des soldats américains en France, en Angleterre et en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale, Paris, Payot, 2003.
[34]
Norman M. Naimark, The Russians in Germany. A History of the Soviet Zone of Occupation 1945-1949, Cambridge (Mass.), The Belknap Press, 1995, p. 66-96.
[35]
Paul Pasteur, « Violences et viols des vainqueurs : les femmes à Vienne et en Basse-Autriche avril-août 1945 », Guerres mondiales et conflits contemporains, 198, 2000, p. 123-136.
[36]
ACS, MI, DGPS, 1944-1946, b. 175, f. « Napoli. Incidenti tra truppe alleate e italiani », note des carabiniers d’Aversa du 27 décembre 1943 et de la préfecture de Naples du 22 juillet 1944 toujours au ministère de l’Intérieur.
[37]
Jean-Christophe Notin, op. cit., p. 505.
[38]
Gabriella Gribaudi, Guerra Totale. Tra bombe alleate e violenze naziste : Napoli e il fronte meridionale 1940-1944, Turin, Bollati Boringhieri, 2005, p. 544.
[39]
ACS, PCM, 1948-50, 33491, f. « Violenze truppe alleate », mémorandum du commandant en chef du corps expéditionnaire français, 24 mai 1944.
[40]
ANG, b. 63, f. 270, « Fonti in copia sull’occupazione militare alleata », note du 25 mai 1944 pour le chef de la commission alliée de contrôle, mémorandum du général Juin du 27 mai 1944.
[41]
Ibid., note du général Harold R. Alexander du 2 juillet 1944.
[42]
ACS, PCM 1948-50, f. 19.10., n. 33491, f. « Violenze truppe alleate. Lettere del presidente del consiglio alla commissione alleata di controllo », memorandum accompagné d’une note du président du Conseil Ivanoe Bonomi à la commission alliée de contrôle, envoyée le 13 juillet 1944.
[43]
Sur les rapports entre le gouvernement de la France libre et celui du Royaume du Sud : Pierre Guillen, « La Francia e la resistenza italiana », in Francesca Ferratini Tosi, Gaetano Grassi et Massimo Legnani (dir.), L’Italia nella seconda guerra mondiale e nella resistenza, Milan, Franco Angeli, 1988, p. 127-139.
[44]
AUSSME, Carteggio Comando Supremo e Stato Maggiore dell’esercito, II guerra mondiale, 1940-1947, racc. 102, f. « Incidenti con gli Anglo-americani. Carteggio 1943-1944 », note du commandement militaire de la Campanie au chef d’état-major de l’armée du 13 août 1944.
[45]
Ibid., racc. 150, f. « Patrioti Bande Italia Centrale 1944 », note du commandement général des carabiniers à la présidence du Conseil au ministère de la Guerre, au chef d’état-major de l’armée du 25 juillet 1944.
[46]
ACS, MI, DGPS, 1944-1946, b. 175, f. « Livorno. Incidenti tra militari alleati e italiani », note du commandement général des carabiniers pour le ministre des Affaires étrangères du 21 septembre 1944.
[47]
Sur le débarquement de Provence : André Cousine, « La participation française à la campagne d’Italie et au débarquement de Provence 1943-1944 », in Les Armées françaises pendant la seconde guerre mondiale 1939-1945, Paris, Institut d’histoire des conflits contemporains, 1986, p. 365-383.
[48]
Edward L. Bimberg, The Moroccan Goums : Tribal Warriors in a Modern War, Westport, Greenwood Press, 1999, p. 62-63 ; Rick Atkinson, An Army at Dawn : The War in the North Africa 1942-1943, New York, Henry Holt, 2002, p. 503.
[49]
ANG, b. 63, f. 270 « Fonti in copia sull’occupazione militare alleata », note du 25 mai 1944 pour le chef de la commission alliée de contrôle.
[50]
Edward W. Said, Orientalism, New York, Pantheon Books, 1978.
[51]
Driss Maghraoui, « The Moroccan Colonial Soldiers. Between Selective Memory and Collective Memory », in Ali Abdullatif Ahmida (dir.), Beyond Colonialism and Nationalism in the Maghreb. History, Culture, and Politics, New York, Palgrave, 2000, p. 58-59.
[52]
John R. Hale, Guerra e società nell’Europa del Rinascimento (1450-1620), Rome, Laterza, 1987, p. 197-225.
[53]
Anthony Clayton, France, Soldiers and Africa, Londres, Brassey’s Defense Publishers, 1988, p. 118-119.
[54]
Sur les pratiques de guerre des armées européennes dans les colonies : David Killingray, « Colonial Warfare in West Africa 1870-1914 », in Jaap A. De Moor et Hendrik Lodewijk Wesseling (dir.), Imperialism and War. Essays on Colonial Wars in Asia and Africa, Leyde, E. J. Brill, 1989, p. 155-157.
[55]
Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, 14-18 Retrouver la guerre, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 2000 ; trad. it., id., La violenza, la crociata, il lutto. La Grande Guerra e la storia del Novecento, introduction d’Antonio Gibelli, trad. du fr. par Silvia Vacca, Turin, Einaudi, 2002, p. 136-142.
[56]
Luc Capdevila, François Rouquet, Fabrice Virgili et Danièle Voldman, Hommes et femmes dans la France en guerre (1914-1945), Paris, Payot, 2003, p. 165-168.
[57]
Keith L. Nelson, « The “Black Horror on the Rhine” : Race as a Factor in Post-World War I Diplomacy », Journal of Modern History, 42, 1970, p. 606-627.
[58]
Irma Taddia, La Memoria dell’Impero. Autobiografie d’Africa Orientale, Manduria, Lacaita Editore, 1988, p. 94-95.
[59]
Sur ce sujet, Nicola Labanca, Una guerra per l’impero. Memorie della campagna d’Etiopia 1935-1936, Bologne, Il Mulino, 2005, p. 260-263.
[60]
Yves Salkin et Jacques Morineau, Histoire des goums marocains. La seconde guerre mondiale et l’après-guerre 1934-1956, Paris, La Koumia, 1987, t. II, p. 22-23.
[61]
L’extrait du journal de Don Antonio Biondi, curé de Morolo, est cité par Costantino Iadecola, Linea Gustav, Sora, Centro Studi Vittorio Patriarca, 1994, p. 441.
[62]
Nicola Labanca, « Dominio e repressione. I crimini di guerra nelle colonie italiane », in Luca Baldissara et Paolo Pez-zino (dir.), Crimini e memorie di guerra. Violenze sulle popolazioni e politiche del ricordo, Naples, L’Ancora del Mediterraneo, 2004, p. 267-268.
[63]
Interview de Marianna Corelli, 1924, paysanne, réalisée à Esperia (Frosinone) le 31 décembre 2001.
[64]
Daniella Gagliani, « La Guerra come perdita e sofferenza », Parolechiave, 20-21, 1999, p. 207.
[65]
Gabriella Gribaudi, « Introduzione », in Gabriella Gribaudi (dir.), Terra bruciata. Le stragi naziste sul fronte meridionale, Naples, L’Ancora del Mediterraneo, 2003, p. 13.
[66]
Anette Warring, « Identità nazionale, genere e sessualità : le donne danesi e le forze d’occupazione tedesche », Storia e problemi contemporanei, numéro spécial « Donne tra fascismo, nazismo, guerra e resistenza », 24, 1999, p. 37-38.
[67]
Sur ce sujet, Pieter Lagrou, The Legacy of Nazi Occupation. Patriotic Memory and National Recovery in Western Europe 1945-1965, Cambridge, Cambridge University Press, 2000.
[68]
Silvia Salvatici, « Identità di genere, identità nazionale e nazionalismo nel Kosovo del dopoguerra. La comunità albanese », Contemporanea, 4, 2002, p. 677-711.
[69]
Sur ces paradigmes, Jean Bethke Elshtain, Donne e guerra, Bologne, Il Mulino, 1991.
[70]
Sur les populations civiles pendant la guerre, Paolo Pez-zino, Anatomia di un massacro. Controversia sopra una strage tedesca, Bologne, Il Mulino, 1997 ; et Giovanni Contini, La Memoria divisa, Milan, Rizzoli, 1997.
[71]
À propos de ces analyses : Tommaso Baris, Tra due fuochi. Esperienza e memoria della guerra lungo la linea Gustav, Rome, Laterza, 2003 ; et Gabriella Gribaudi, Guerra Totale…, op. cit. ; Daria Frezza, « Cassino 1943-1944 : la memoria », Passato e Presente, 61, 2004, p. 117-140. Je remercie Yannick Beaulieu pour son aide lors de la traduction et pour ses conseils.
http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=VING_093_0047#Cairn_no72[*]
Docteur en histoire contemporaine de la faculté de sciences politiques de l’université La Sapienza de Rome, Tommaso Baris a publié Tra due fuochi. Esperienza e memoria della guerra lungo la linea Gustav (Laterza, 2003). Il est actuellement allocataire de recherche au département d’histoire et de philologie de l’université de Cassino.(tommaso.baris@libero.it)
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MessagePosté le: Ven 4 Sep - 14:41 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

bravo , belle mise au point, .pourquoi la verité derange ?? nos politiques aurraient ils des memoires selectives
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Jack Nico


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MessagePosté le: Sam 5 Sep - 11:37 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

la memoire vaste sujet .........

surtout concernant la WW2 !

j'aimerais personnellement savoir la realité de l'étendu des dégats causé a l'allemagne par les bombardement anglo américains, en terme de morts, de destructions d'infrastructure férroviere , routes, usines , quelle ont été les conséquences sur l'approvisionnement en nourritures, médicaments  etc... pour les civils allemands et les populations occupés de l'est !

quelles épidémies ont touchés ces populations ? leurs cout en vie humaines ?

si quelqu'un a ces stats ???
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Carolus Magnus
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MessagePosté le: Sam 5 Sep - 14:17 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

Il y avait, du coté au moins de Roosevelt et de son entourage, une volonté d'en terminer avec le peuple allemand, pas seulement avec le III Reich (cf le plan Morgenthau).

D'où des destructions massives sans aucune nécessité militaire et des pertes en vies humaines effroyables.

James Bacque avance les estimations suivantes «Crimes et pitié, le sort des civils allemands sous l'occupation alliée, 1944-1950» :

Total de Morts

Minimum Maximum
Expulsés (1945-50) 2,100,000 6,000,000
Prisonniers (1941-50) 1,500,000 2,000,000
Résidents (1946-50) 5,700,000 5,700,000



Totaux 9,300,000 13,700,000

























Jack Nico a écrit:


la memoire vaste sujet .........

surtout concernant la WW2 !

j'aimerais personnellement savoir la realité de l'étendu des dégats causé a l'allemagne par les bombardement anglo américains, en terme de morts, de destructions d'infrastructure férroviere , routes, usines , quelle ont été les conséquences sur l'approvisionnement en nourritures, médicaments  etc... pour les civils allemands et les populations occupés de l'est !

quelles épidémies ont touchés ces populations ? leurs cout en vie humaines ?

si quelqu'un a ces stats ???




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MessagePosté le: Sam 5 Sep - 15:32 (2009)    Sujet du message: Les Indigènes Répondre en citant

Ces goumiers marocains se battaient encore comme leurs aïeux et ancêtres et en conservaient les habitudes. Etant donné les sacrifices qui leur étaient demandés, il aurait été difficile, voir impossble, à l'encadrement "européen" de s'opposer à ces pratiques. le risque eut été grand de voir leurs troupes changer de camp inoponément, ce qui était également fréquent dans les vieilles guerres tribales...
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