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La Phalange africaine : la LVF en Tunisie 1942-1943

 
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Carolus Magnus
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MessagePosté le: Jeu 10 Sep - 19:11 (2009)    Sujet du message: La Phalange africaine : la LVF en Tunisie 1942-1943 Répondre en citant

La Phalange africaine (par René Pellegrin)



Un épisode peu connu du front tunisien en 1942 : La LVF en Tunisie 1942-1943, La Phalange Africaine, par René Pellegrin.

Article paru dans Défense de l'Occident.

Lors du débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942 sur les côtes d’Afrique du Nord, les troupes françaises de « l’armée Weygand » s’opposèrent par les armes aux envahisseurs. Les combats durèrent trois jours et trois nuits jusqu’à la signature – le 11 novembre – d’un armistice puis d’un accord conclus entre l’amiral Darlan – présent à Alger – et les autorités américaines.
En Tunisie le général Barré choisit cette date du 11 novembre 1942 pour se retirer avec ses troupes sur la dorsale tunisienne, à plus de 50 kms des côtes, abandonnant ainsi Bizerte, Tunis et les grands ports du sud aux troupes italo-allemandes qui débarquèrent dans le même temps.
L’amiral Esteva, résident général de France en Tunisie, investissait aussitôt le Service d’Ordre légionnaire comme force du maintien de l’ordre dans toute la partie de la Régence abandonnée par les troupes du général Barré. Son rôle consiste en la surveillance des casernes et des installations militaires, la protection des fermes et domaines menacés par des bandes de pillards, le fonctionnement ou la surveillance des centrales électriques, téléphoniques, réservoirs et barrages, routes et ponts.

Le 15 novembre 1942, soit une semaine après le débarquement, les troupes de l’armée d’Afrique passaient tout entières sous contrôle anglo-américain. Il n’était pas exclu toutefois – des témoignages le prouvent – que parmi les forces françaises de nombreux officiers et hommes de troupes conservaient leur fidélité à la Révolution Nationale et à son cher le maréchal Pétain. Dans la population de l’Algérie et du Maroc cet esprit s’exprimait ouvertement et, malgré leur mobilisation – mesure abusive – les maréchalistes gardaient l’espoir d’un renversement immédiat de la situation militaire (outre les unités allemandes et les unités italiennes venant d’Italie et occupant le territoire de la Tunisie du nord, les éléments intacts de l’armée Rommel refluant de Tripolitaine prenaient position dans les territoires du sud tunisien) et, à la faveur de celui-ci, reprendra ce qu’ils estimaient être le véritable bon combat. Des maquis même – avant que le mot ne connût la fortune qui devint la sienne par la suite – s’étaient constitués en Oranie, au Maroc, dans l’Algérois et le Constantinois, ce qui eut pour effet l’arrestation de toutes les vedettes maréchalistes : chefs légionnaires, S. O. L. et militants endurcis du Parti Populaire Français, par les services spéciaux de police de l’armée giraudiste.
Sur la dorsale tunisienne, le général Barré, en accord avec les généraux Juin et Giraud et l’amiral Darlan, déclarait la guerre aux troupes de l’Axe le 20 novembre 1942. Cette décision était prise contre la volonté du maréchal Pétain, chef de l’Etat, qui avait ordonné dès le 8 novembre de résister contre l’envahisseur anglo-saxon en se rangeant aux côtés des troupes de l’Axe. Les jours suivants, par la voie radiophonique, par des messages à l’amiral Esteva, résident général et à l’amiral Derrien, commandant la place de Bizerte, enfin par l’envoi à Tunis même et sur le front – où les troupes du général Barré cantonnaient – de son ministre d’Etat l’amiral Platon, il réitérait formellement cette consigne.

A Paris, le 9 novembre 1942, à l’issue de son « Congrès du Pouvoir » le Parti populaire français par la voix de son chef Jacques Doriot, combattant du front de l’Est et l’un des fondateurs de la Légion des Volontaires français contre le bolchevisme en 1941, réclame l’ouverture des hostilités contre les Anglo-Américains. Ses militants doivent désormais se considérer comme mobilisés.

A Vichy, le 22 novembre 1942, le Président Lavai annonce la création d’une Légion Impériale ouverte à tous les volontaires pour combattre l’envahisseur anglo-saxon en Afrique du Nord. Dans toute la zone libre – qui ne l’est plus en fait depuis le 11 novembre : les troupes allemandes ayant franchi en force la ligne de démarcation et gagné les Pyrénées et les côtes de Provence ainsi que la Corse – des bureaux d’enrôlement sont ouvert et rapidement enregistrent trois milliers de signatures de contrat d’engagement. Mais des problèmes d’acheminement par la Wehrmacht sur le théâtre d’opération : transport des unités, protection maritime et aérienne des convois, interdiront la venue en Tunisie de ce corps de volontaires.

Après l’échec de la mission Platon (retour du général Barré dans le camp loyaliste), le président Laval déléguait à Tunis, fin novembre 1942, Georges Guilbaud, du ministère de l’Information et de la Propagande avec mission de soutenir le Résident général dans l’esprit de résistance à la dissidence, tandis que le général Bridoux, secrétaire d’Etat à la Guerre, détachait dans la Régence, le 28 décembre 1942, une Mission Militaire française composée d’officiers d’active. Cette mission était chargée : 1° de prendre en main les éléments de l’armée Barré abandonnés dans les casernements à la suite du retrait de ce général. 2° de ramener à l’obéissance et à la fidélité aux pouvoirs légitimes de l’Etat français les troupes emmenées de force en dissidence. 3° de constituer sur place des unités françaises volontaires pour se battre aux côtés des troupes de l’Axe. Du succès de cette mission dépendait le maintien des droits de souveraineté de la France en Tunisie.
« Maquis » algériens et marocains, et soldats et officiers dissidents malgré eux ne furent pas totalement oubliés par les maréchalistes de la Métropole puisque, une bonne centaine de volontaires : officiers de la L.V.F., militants du P.P.F., armés et équipés de matériel de combat, de radio et de propagande furent parachutés ou débarqués au Maroc et en Algérie, certains (comme le fils du colonel commandant la gendarmerie à Alger, parachuté depuis Tunis) dans le Constantinois, derrière les lignes secondaires du front durant la campagne de Tunisie, et même au-delà puisque en juin et juillet 1944, des parachutages de jeunes P.P.F. avaient encore lieu sur l’Algérie !.

La fondation du Comité d’Unité d’Action Révolutionnaire (C.U.A.R.) par le délégué du ministère de l’Information Georges Guilbaud, fut la plus belle réussite « Révolution nationale » de toute la guerre. L’action du C.U.A.R. s’exerça dans tous les domaines : politique, social, économique, culturel, militaire. Elle s’étendit sur six mois jusqu’au mois de mai 1943 et mit à son actif, outre la résolution des problèmes vitaux du ravitaillement, de l’éclairage électrique, des transports, de la défense passive et le fonctionnement de l’administration en général, sur le plan culturel : la refonte du quotidien Tunis-Journal, la reprise des émissions de Radio-Tunis, l’institution d’une Ecole des Cadres révolutionnaires sur le plan de la sécurité et de l’ordre, la mobilisation effective du S.O.L. et la création. du C.O.S.I. ou Comité ouvrier de secours immédiat qui renforçait l’action du Secours national, et l’attribution de pouvoirs étendus aux compagnons et aux scouts ainsi qu’aux légionnaires anciens combattants pour la surveillance et la sauvegarde des fermes et des récoltes, l’accueil des réfugiés des zones bombardées, les déblaiements, évacuations, premiers soins, regroupements. etc. enfin sur le plan militaire, le parrainage de la Phalange africaine – premier maillon de la future Légion Impériale.
Au mois de janvier 1943 ; la détermination des milieux gouvernementaux et révolutionnaires français qui se traduisait par des actes concrets sur le sol tunisien : création du C.U.A.R., organisation de la Phalange, eut une conséquence des plus heureuses : les unités de « malgré eux »faites prisonnières par les Allemands sur le front tunisien : plusieurs centaines d’hommes, furent traités sur ordre du Führer, non en francs-tireurs (il y avait rupture des clauses de l’armistice franco-allemand, ne l’oublions pas), mais comme des victimes des envahisseurs anglo-américains et rapatriées sur la France à Montauban par la Wehrmacht. Les prisonniers originaires de Tunisie colons ou citadins de même que les « pieds-noirs » d’Algérie et du Maroc, restant dans la Régence avec leur accord.
Le 5 janvier 1943, le lieutenant-colonel Sarton du Jonchay, chef de la Mission Militaire était nommé directeur du cabinet du Résident général, assurant ainsi la liaison, d’une part avec le secrétariat d’Etat à la Guerre et le gouvernement du Maréchal, par l’entremise de l’amiral Esteva, d’autre part avec la délégation militaire par le truchement du lieutenant-colonel Cristofini qu’assiste le commandant Curnier. En outre Sarton du Jonchay devait assumer un rôle diplomatique important tant auprès du bey de Tunis, Mohamed el-Moncef, qu’auprès du ministre allemand Rahn et du ministre italien Bombieri.

Le 8 janvier 1943, enfin, soit moins de deux semaines après l’arrivée à Tunis de la Mission française, la Phalange africaine voit le jour. Elle comprendra un peu plus de trois cents volontaires français qu’épauleront près de cent cinquante autres volontaires musulmans. Cette formation aurait pu sans peine compter dix fois plus d’éléments mais les membres actifs des organismes politiques et paramilitaires et policiers de la Régence : Légion française des Combattants, Compagnons de France, Scouts de France, Défense passive, Parti populaire français, Brigade de Surveillance du Territoire, marins et officiers de la place de Bizerte et de son arsenal Ferryville, Chantiers de Jeunesse, administrations et services divers ne pouvaient en faire partie sans du même coup compromettre la souveraineté française en Tunisie ; souveraineté liée à une politique de collaboration active avec les Allemands en guerre et depuis le 8 novembre 1942 fortement menacée et par les musulmans souriant à l’indépendance et par les Italiens ne renonçant pas à leurs visées expansionnistes.

Le recrutement des combattants de la Phalange africaine s’effectua donc surtout parmi les SOL et les militaires du P.P.F. Aux côtés de militaires de carrière et d’anciens combattants on trouve de jeunes employés et ouvriers, des étudiants et même des lycéens. Le fils d’un contrôleur civil côtoie le bibliothécaires en chef de la ville de Tunis ; un professeur de latin, le fils d’un général ; des instituteurs, un banquier, et un employé des contributions directes le propre fils du chef de la Légion des Combattants. Des pères de famille nombreuse partagent le sort de leurs enfants volontaires et des cadets le sort de leur frère aîné.

Ils sont tous ardents maréchalistes et l’appel de l’amiral Esteva (création d’une première Phalange, noyau de la future Légion Impériale) a une résonance patriotique indiscutable pour eux. Les éléments intellectuels quant à eux, sont pour la plupart d’anciens militants des partis ou ligues nationalistes : ils sont maurrassiens, Croix de feu, doriotistes, céliniens. Monarchistes ou fascistes, dès le 8 novembre 1942, ils souhaitaient, avec le capitaine Dupuis (désigné comme commandant de la première Phalange), bouter l’ennemi américain et l’ennemi anglais hors du territoire nord-africain. Les Anglo-Saxons sont devenus les alliés des Soviétiques et leur victoire verrait le retour de la démocratie, c’est-à-dire des Juifs, des francs-maçons, au plus grand bénéfice des communistes, seuls vainqueurs en dernière analyse. Et cela ils le refusent calmement, résolument. C’est pourquoi ils font le don de leur personne. Le Maréchal l’a fait pour la France en 1940. En ce début de l’année 1943 eux le font pour la France et l’Occident tout entier…

La Mission militaire a ses bureaux avenue de Paris, au cœur de la ville. La caserne de Forgemol dans la banlieue, à Franceville, sert de garnison à la Phalange africaine. Le camp d’entraînement des volontaires est à Bir el-Bey, charmante station sous les pins près de la résidence beylicale d’été d’Hamman-Lif et non loin du Chantier de Jeunesse reconstitué dans le même temps.

Le lieutenant-colonel Cristofini est blessé sérieusement à un œil par un éclat de grenade au cours d’un exercice de destruction d’un char en première ligne. Il est évacué sur un navire-hôpital en Sicile et sera rapatrié sur Guéret d’abord puis sur la Corse. Il est remplacé à la tête de la Mission par le commandant Curnier que supplée le Capitaine Eu.

Le capitaine Dupuis reçoit le commandement de la première Phalange. Il est ancien combattant de la Grande Guerre, il a participé à la libération de la Pologne en 1921, repris du service en 1939 et combattu vaillamment jusqu’à l’armistice.

Deux mois d’instruction intense les trois dernières semaines de janvier consacrées au recrutement, à l’équipement, à l’armement, aux installations. Culture physique, marches, exercices de tir alternent avec les manœuvres diverses de combat effectuées sous la direction de deux officiers allemands, de quatre sous-officiers et d’un interprète, tous combattants de Russie.

Les légionnaires cantonnent sous des tentes-marabout fournies par les Chantiers de Jeunesse, leurs voisins.
Ils disposent d’un terrain de manœuvre excellent délimité par un front de mer de deux kilomètres et d’autant en profondeur jusqu’aux contreforts du Bou Kornine et du Kanguet, superficie correspondant à peu près à celle du secteur du front qui leur sera imparti.

Ils apprennent à évoluer, se déplacer rapidement et efficacement. A gagner un endroit ou retraiter vers un autre sans se découvrir ni s’exposer. A creuser leur trou individuel suivant la nature du terrain et compte tenu de l’offensive présumée : artillerie, infanterie, aviation, chars. A désarmer un adversaire. A parer une attaque ou l’esquiver ; à contre-attaquer, riposter, à suppléer, à distraire, ruser, rechercher, couvrir etc.
Les méthodes et conseils de leurs instructeurs allemands se révèlent payantes. Les légionnaires acquièrent en très peu de temps l’automatisme et les réflexes du soldat en campagne, la connaissance et l’expérience des armes et de l’utilisation du terrain.

Une chaude ambiance issue de la fraternité des armes et sous le signe de la communauté d’idéal préside tout au long de ces deux mois d’instruction (veillées, chants, débats, saynètes, occupent les soirées des légionnaires) lesquels seront sanctionnés début avril par la visite d’inspection du général Weber, commandant la division à laquelle appartient la compagnie. Une manœuvre effectuée sous les tirs à balles réelles par les légionnaires emportera l’adhésion et les félicitations de l’officier général entouré des membres de son cabinet et accompagné du ministre Rahn a passé en revue les volontaires, félicité leurs officiers harangué les hommes. Ceux-ci devront faire honneur au serment qu’ils ont prêté à la suite de leur engagement solennel :

« Fidèle au maréchal Pétain et à son Gouvernement, je prête serment au führer Adolf Hitler, chef des armées allemandes et européennes.
Je m’engage à servir au sacrifice de ma vie pour la victoire commune de la France et des puissances de l’Axe. »

(La formule du serment a été reproduite sur chaque livret individuel, signée par chaque légionnaire et paraphée par le chef de la Mission française.)
Les phalangistes ne vont pas tarder à monter en ligne. En quoi consiste leur équipement, quel est leur armement ?
Ils portent l’uniforme français des fantassins : vareuse, pantalon « sarouel » avec chevillères, bourguignotte, brodequins. La Phalange africaine étant une pure création gouvernementale française, l’insigne de l’unité combattante choisi fut la francisque du Maréchal. Les phalangistes portèrent donc sur la poitrine, sur la poche droite de leur vêtements, un écusson de tissu bleu noir orné d’une francisque à double tranchant, de métal doré. (Dimensions hors tout, 70 x 80 mm.)
La veille de leur montée en ligne, les phalangistes furent équipés d’une capote allemande, d’un casque allemand, de brodequins allemands. Le casque était orné de la cocarde tricolore. La vareuse, la capote portaient sur le côté droit la francisque du Maréchal. Les officiers garderont en ligne leur même tenue française, avec la francisque.
Les phalangistes sont armés de fusils allemands les officiers portent au ceinturon leur revolver français.
A l’exception des cent-soixante fusils allemands et leurs quelque vingt mille cartouches dont sont pourvus les combattants de première ligne, l’armement et le train sont français.
Le « train des équipages » comprend, outre une douzaine de véhicules allant du tracteur à six roues à la cuisine roulante, vingt-six chevaux – de selle, de trait —, et mulets.
Les six sections de l’unité se partagent dix-huit mitrailleurs français, quatre mitrailleuses Hotchkiss. Son artillerie est riche de deux mortiers de 60 et de trois canons de 47, qu’alimenteront trois milliers d’obus. Les fantassins disposent enfin de deux mille grenades offensives et défensives. Le stock de fusées et fumigènes de toutes couleurs est appréciables : un bon millier.
Dans la journée du 8 avril 1943 le camp se vide de ses légionnaires à l’exception d’une section qui instruira les nouvelles recrues en dépôt à Forgemol. Par camions, tracteurs chenillés, motos et side-cars les volontaires sont acheminés vers le secteur du front où ils relèveront une unité allemande sur la brèche, elle, depuis juste cinq mois. Ils sont en face de Medjez el-Bab, le point chaud du front nord. Leur adversaire ? des Anglais, des Australiens, des Néo-Zélandais. L’Américain avec son aviation et ses chars n’est pas loin, à Pichon, au Goubellat.

Les phalangistes prennent position. Sur les éminences dominant au nord-est la ville de Medjez el-Bab à environ cinq kilomètres de distance, et le long de la Medjerda, fleuve important, le long duquel courent la voie de chemin de fer et une route à grande circulation.
La compagnie compte 160 combattants en contact avec l’ennemi. Elle est divisée en cinq sections dont une de commandement avec chacune un lieutenant à sa tête. Elles disposent de mitrailleuses et l’une d’elles d’un groupe de mortiers. Le train de combat est en retrait, à 5 km des positions, à la ferme Klioua.
Dès la relève des Allemands l’activité est intense. Les sections essuient des tirs d’artillerie le jour, elles comptent des blessés et un mort – le légionnaire Le Bloa – dans leurs rangs, ce qui ne les empêche point la nuit d’entreprendre des patrouilles entre les secteurs et faire des incursions dans les lignes ennemies. Quelques coups de main se révèlent fructueux : renseignements, armes abandonnées, repérage des positions ennemies destruction de mines. Huit jours durant les différentes sections subissent les tirs de harcèlement de l’ennemi et de violents bombardements par obus fumigènes. Le terrain est constamment labouré par ces obus mais les phalangistes ont creusé leurs abris et s’accrochent à leurs positions. Les liaisons restent bien établies, le contact permanent la symbiose franco-allemande des unités en ce point du front, parfaite.

Le 16 avril une patrouille composée de 8 hommes, des sergents-chefs Picot et Laurent de la 1ère section entre en contact vers la cote de Fguira Mermah avec une forte reconnaissance anglaise (plus de 50 hommes). La patrouille, divisée en deux demi-groupes, avec intervalle régulier, se heurte à des inconnus. Le sergent-chef Picot lance le mot d’ordre. En écho le mot de passe anglais. Picot a à peine le temps de crier à son fusil-mitrailleur « Tire ce sont les Anglais » qu’il tombe fusillé à bout portant par une mitraillette. Le sergent-chef Laurent bondit en hurlant au milieu de l’ennemi faisant cracher son fusil-mitrailleur. Des silhouettes s’effondrent, d’autres fuient ou se terrent. Tandis que son groupe arrose de grenades les blés ou les arbustes formant écran devant lui, le reste du groupe Picot sous le commandement du caporal Périnne se replie en combattant vers la compagnie allemande la plus proche. Celle-ci apporte immédiatement son secours par un groupe et, en compagnie du caporal Périnne, retourne sur le terrain de combat. Parvenus au terrain de combat ils trouveront 7 morts et 3 blessés ennemis et un matériel de combat important : 1 mitrailleuse, 5 mitraillettes, 2 pistolets, des lance-flammes, des appareils spéciaux pour l’enlèvement des mines. Butin et tableau de chasse du groupe du sergent-chef Laurent. Les Allemands décident d’évacuer les trois blessés anglais et le matériel abandonné. Le corps du sergent-chef Picot (trouvé décapité) sera enlevé plus tard.

Trois jours après, sur la route menant à Bordj Frendj, au PC du régiment, les légionnaires de la 1ère section en tenue de campagne, en chandail avec courroies de musette et de bidon, chantent l’hymne de leur « armée».

En présence du colonel du Jonchay, du commandant Curnier et du colonel Audorf, commandant le 754e régiment de Panzer Grenadier, ils reçoivent des mains du général Weber, Kommandeur de la 334e division d’infanterie, les Croix de Fer récompensant leur acte de bravoure. Les services des actualités opèrent. Allocution du général célébrant la fraternité d’armes franco-allemande sous le ciel africain, (pour la petite histoire disons que le général Weber, qui s'attendait à passer le ruban dans une boutonnière, faute d’épingle, attacha les rubans à la courroie symbolique du bidon ! O bienheureuse armée française !…)
Le 20 avril un groupe franc est constitué au sein de la compagnie. Sous la conduite de l’aspirant Goussaux, gardien du fanion de la Phalange africaine, l’assaut est donné à une ferme puissamment tenue par les Anglais. La position est enlevée et occupée par la 3e section qui nettoie le terrain une journée et une nuit durant. Des canons anti-tanks allemands sont placés en renfort entre les différents secteurs tenus par les phalangistes car on s’attend à une offensive anglaise. Une patrouille retrouve le corps du sergent-chef Picot, dépouillé cette fois de ses chaussures, à proximité des corps des 7 Anglais mitraillés par le sergent-chef Laurent et ses hommes.

Les bombardements se font de plus en plus violents. Les positions phalangistes sont copieusement arrosées. Puis dans la nuit du 22 avril, à 21 heures, le ciel s’enflamme : les batteries ennemies tirent à une cadence accélérée sur le 3e bataillon allemand tenant le djebel Ahmera qui surplombe la Medjerda.
A 3 heures du matin l’offensive anglaise se déchaîne contre ce 3e bataillon et une heure plus tard contre les positions phalangistes. La mêlée devient générale dans la fumée des obus fumigènes. Les mitrailleuses des sections recevant le choc des Anglais tirent sans arrêt. Des groupes entiers sont fauchés, les hommes tombent leurs armes à la main. D’autres s’égarent en portant secours à des camarades encerclés. Certains parviennent à se dégager et refluent vers des secteurs moins exposés. La 3e section est enveloppée de brouillard et se fait massacrer non sans tirer jusqu’à la fin. Alain Graignic – le fils de l’ancien contrôleur civil —tire sans discontinuer avec son FM sur les Anglais qui progressent au milieu des fumigènes. Soudain il lâche son arme, hurle le nom de sa mère et s’écroule. Son chargeur, Georges Goloubmetz ramasse le FM et tire, tire tant qu’il peut. L’arme s’enraye Deux tommies baïonnette au canon bondissent à ses côtés, le font prisonnier. Avec lui, 60 hommes sont morts ou ont été faits prisonniers au cours de ces douze heures de combat.

La section de commandement et le reste du groupe de reconnaissance, en marche vers la cote 133, voient arriver sur eux des chars. Ce sont les Américains qui appuient l’offensive anglaise en direction des côtes 104 et 130 qui seront occupés aussitôt. Des rescapés des compagnies allemandes tenant le fleuve Medjerda rendent compte de la progression anglaise et de l’investissement des positions dans ce secteur à 18 heures.

La section de réserve du lieutenant Clergeot ayant fait route depuis la Medjerda, s’intègre à la section de commandement du capitaine Dupuis et prend position sur la côte 119. A 20 heures, les 70 survivants de la bataille se replient non sans que l’aspirant Vintmil, professeur de latin dans le civil, anéantisse avec sa mitrailleuse les servants d’un canon-revolver tirant non loin de là. Il venge ainsi la mort de son jeune frère, un lycéen de 16 ans.
Depuis l’entrée dans la bataille des chars américains, le train de combat a reçu l’ordre du commandant de bataillon de se replier sur Tébourba. Le rassemblement des phalangistes s’effectue au P.C. du bataillon, L’effectif de la compagnie comprend un peu plus de 100 hommes dont de nombreux blessés.
L’offensive anglo-américaine est stoppée. Des canons multitubes allemands (réplique des fameuses « orgues de Staline ») ont pris position sur toutes les crêtes et le front se « stabilise ». Pour quelques jours seulement. La Phalange africaine panse ses blessures, se ravitaille, se ré-équipe, reprend ses activités : patrouilles, reconnaissances, liaisons. La petite unité enregistre à nouveau des morts mais elle inscrit à son actif de nouveaux succès, harcelant les positions fluides de l’ennemi plus ou moins isolé de ses arrières.

Le 27 avril 1943, à 3 heures du matin, la relève de la compagnie a lieu, La première Phalange passe en réserve de bataillon. Elle cantonne à 3 kms de là à la ferme Mahfoura. A midi elle essuie un double bombardement aérien, vers 17 heures un bombardement d’artillerie, d’intensité égale à celle du 22 avril. Le légionnaire Dominique Berg, Croix de Fer, infirmier, sauve d’une mort certaine la femme du fermier qui a la cuisse ouverte profondément par un éclat. C’est à nouveau l’offensive ennemie. Les unités allemandes sont encerclées. Le commandant du bataillon ordonne au capitaine Dupuis de faire route sur Massicaut. Il est accordé à ses hommes dix jours de repos. A l’entrée nord de cette ville, le colonel du Jonchay, qui n’a pas cessé depuis la montée en ligne des volontaires, le 8 avril, de rendre visite aux combattants, vient communiquer aux phalangistes remerciements et félicitations de l’amiral Esteva, résident général.
Sur le front des troupes, le chef de bataillon Burgmeister remet au nom du Führer la Croix de Fer de 2ème classe au capitaine Dupuis.
La compagnie se déplacera de nouvelles fois, se repliant toujours plus au nord et à l’est installant ses quartiers dans des fermes, ou des ravins, des bois ou dans les champs, essuyant des bombardements de l’aviation anglo-américaine. Des équipes de travailleurs juifs, italiens, musulmans, français aussi – des Chantiers de Jeunesse – creusent des retranchements sur les derniers contreforts devant Tunis. Les obus pleuvent.

Le 1er mai 1943, les phalangistes sont cantonnés à la ferme Fontaine au nord de Massicault. Les blessés et les malades sont évacués sur le dépôt Faidherbe à Tunis. L’effective est de 89 hommes dont 64 en ligne. Les munitions françaises surtout des mitrailleuses Hotchkiss font défaut Les aspirants Goussaux et Vintmil sont nommés sous-lieutenants et chefs de section. Le capitaine Peltier, chef adjoint de la Mission Militaire rend compte de la mission à Vichy du commandant Curnier. Ce dernier a reçu du président Laval confirmation de l’intégration de la Phalange africaine à la Légion Tricolore.
Le 6 mai l’armée allemande se replie sur Tunis. La première Phalange quitte la ferme Fontaine pour gagner Tunis vers 20 heures non sans avoir subi un violent bombardement à La Mornaghia.
Le 7 mai le capitaine Dupuis reçoit de l’état major allemand l’ordre de démobiliser la compagnie. Les hommes ne seront pas évacués sur l’Italie le rembarquement n’étant plus possible. L’amiral Esteva lui, a été rapatrié (contre son gré) sur Paris.
Le lieutenant Charbonneau de la Mission Militaire entreprend dans la nuit une démarche auprès de Mgr Gounot, archevêque de Carthage, pour mettre sous sa protection les quelque cent vingt phalangistes démobilisés. Le primat d’Afrique lui accorde ce qui est demandé. Les phalangistes seront rassemblés à Carthage dans la propriété de l’archevêché. Ils n’auront pas d’armes. Leurs familles pourront les accompagner. On peut espérer pour eux un sort identique à celui des troupes françaises de Syrie demeurées loyalistes et rapatriées sur Marseille en 1941…

EPILOGUE

La centaine de phalangistes réfugiés à Carthage et partageant leur refuge avec des Anglais furent arrêtés par les autorités militaires giraudistes – au grand ébahissement des Anglais qui « auraient bien voulu les garder » et, passant de prison en prison, incarcérés finalement à Alger où ils retrouvaient des éléments portés disparus lors de l’attaque du 23 avril. Là, l’épuration décidée par Charles de Gaulle quelques mois plus tard, les frappa dans les personnes de leur chef le colonel Cristofini (arrêté en Corse), fusillé sur une civière : il s’était suicidé au moment de son départ pour le supplice, et de leurs officiers condamnés à la peine de mort – avec un adjudant-chef, un sergent-chef et un légionnaire. Ces derniers virent leur peine commuée en celle des travaux forcés à perpétuité et furent transférés au bagne de Lambèse dans le sud constantinois où la plupart des phalangistes purgeaient de lourdes peines de travaux forcés.
De tous jeunes phalangistes, après une brève incarcération, furent versés dans des régiments de corps d’armée en campagne en Italie, en Provence ou en Alsace.
Enfin une minorité de leurs camarades – une vingtaine, une trentaine ? – ayant choisi la clandestinité ou l’anonymat, échapperont à toute répression.
Mais du côté « loyaliste », un autre jeune phalangiste, Folacier, ayant réussi à quitter Tunis par avion au milieu des Anglais et des Américains, rejoignait la Métropole et, après un séjour à Montargis, dépôt de la L.V.F., montait sur le front russe sous l’uniforme à tête de mort. Accompagné de son jeune frère, âgé à peine de 15 ans, il disparaissait sur l’Oder…
En 1953, soit dix années après leur engagement dans la dernière unité française gardienne de l’Empire, les derniers phalangistes incarcérés sortaient du bagne de Lambèse.

René PELLEGRIN.


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MessagePosté le: Jeu 10 Sep - 19:11 (2009)    Sujet du message: Publicité

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Fréderic le Grand


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MessagePosté le: Lun 14 Sep - 09:24 (2009)    Sujet du message: La Phalange africaine : la LVF en Tunisie 1942-1943 Répondre en citant

Ce qui revient à dire que la LVF a bien combattu des Français ?
_________________
"En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire"
G. Orwell


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Carolus Magnus
Invité

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MessagePosté le: Lun 14 Sep - 17:54 (2009)    Sujet du message: La Phalange africaine : la LVF en Tunisie 1942-1943 Répondre en citant

On peut tout aussi bien inverser ta proposition.


Fréderic le Grand a écrit:

Ce qui revient à dire que la LVF a bien combattu des Français ?


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lebel


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MessagePosté le: Mar 15 Sep - 16:00 (2009)    Sujet du message: La Phalange africaine : la LVF en Tunisie 1942-1943 Répondre en citant

A cette complaisante " Ode à la Phalange " , telle que nous la conte Pellegrin , son chantre ènamouré , on peut preferer celle que nous narre , en plus pittoresque un de ses participants , le milicien Henry Charbonneau dans ses "Mémoires de Porthos "
Relevons dans le document de R. Pellegrin :
Lors du débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942 sur les côtes d’Afrique du Nord, les troupes françaises de « l’armée Weygand » s’opposèrent par les armes aux envahisseurs
Bon , on croyait Weygand , revanchard , et l' Armée d' Afrique s'oppose aux "envahisseurs" qui apportent les élements de cette revanche !
En Tunisie le général Barré choisit cette date du 11 novembre 1942 pour se retirer avec ses troupes sur la dorsale tunisienne, à plus de 50 kms des côtes, abandonnant ainsi Bizerte, Tunis et les grands ports du sud aux troupes italo-allemandes qui débarquèrent dans le même temps
Mais c'est Esteva qui ordonnera à Barré de se retirer , sans combattre , et de laisser le champ libre aux " alliés "de l' Axe ............suivant les consignes de Vichy
Sur la dorsale tunisienne, le général Barré, en accord avec les généraux Juin et Giraud et l’amiral Darlan, déclarait la guerre aux troupes de l’Axe le 20 novembre 1942. Cette décision était prise contre la volonté du maréchal Pétain, chef de l’Etat, qui avait ordonné dès le 8 novembre de résister contre l’envahisseur anglo-saxon en se rangeant aux côtés des troupes de l’Axe. Les jours suivants, par la voie radiophonique, par des messages à l’amiral Esteva, résident général et à l’amiral Derrien, commandant la place de Bizerte, enfin par l’envoi à Tunis même et sur le front – où les troupes du général Barré cantonnaient – de son ministre d’Etat l’amiral Platon, il réitérait formellement cette consigne.
Barré desobeit donc à Esteva et à Pétain ........Admin nous parlera du double jeu de Pétain , à se demander, quand ce virtuose de la pirouette ( Pétain ) a été sincère , en actes ou en paroles !
Maquis » algériens et marocains, et soldats et officiers dissidents malgré eux ne furent pas totalement oubliés par les maréchalistes de la Métropole puisque, une bonne centaine de volontaires : officiers de la L.V.F., militants du P.P.F., armés et équipés de matériel de combat, de radio et de propagande furent parachutés ou débarqués au Maroc et en Algérie,
S'ils ont debarqué , ils ont du etre vite " faits aux pattes " , et on n'entendra jamais parler de leurs exploits Very Happy

Dans la réalité , celebrée en paroles par Doriot et Vichy , avec la Légion Impèriale , on allait voir ce qu'on allait voir !
Des milliers de volontaires devaient se presser à l'enrôlement , en France , mais les allemands , pas trés convaincus et pretextant des difficultés de transport , ne permettront le départ en Tunisie que de six officiers dont le lieutenant Charbonneau
On est loin du compte , et sur place , malgré des chiffres contradictoires , on arrivera à environ 200 volontaires prêts à combattre
Au départ , compte tenu des circonstances, la sélection n’est pas très regardante et l’on trouve un peu de tout dans la Phalange : des jeunes, des vieux, des éclopés, des officiers, des sous-officiers, des instituteurs, des professeurs, . La plupart étaient des militants ou des sympathisants des partis collaborationnistes ou des membres des diverses organisations créées par Vichy. On y rajoute des supplétifs indigènes " cent cinquante va-nu-pieds, syphilitiques et avariés de toute espèce » dira cette mauvaise langue de Robert Aron., dans son "Histoire de Vichy"
Equipée de bric et de broc , l'unité constituée prêtera serment à Hitler et à Pétain et verra brièvement le combat dés avril ........suffisamment pour être citée par les allemands , avec croix de fer à la clé ...........Hélas , fin avril , la compagnie sera décimée et definitivement hors de combat : les chefs , dont Charbonneau , prendront le dernier Junker pour la France ou ils seront recités , recongratulés et redécorés , quant aux autres survivants , en Tunisie , ils se planqueront et connaitront des fortunes diverses , fusillés sommairement , emprisonnés , fondus dans la foule ou enrôlés dans l'armée d'afrique .......d'autres feront fortune en Argentine


Une recrue locale ?


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O.C.2


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MessagePosté le: Mar 15 Sep - 17:55 (2009)    Sujet du message: La Phalange africaine : la LVF en Tunisie 1942-1943 Répondre en citant

L'article est certes complaisant. Dommage que vous ne nous disiez pas ce qu'écrit Charbonneau.

S'agissant des "officiers de la L.V.F., militants du P.P.F., armés et équipés de matériel de combat, de radio et de propagande" qui "furent parachutés ou débarqués au Maroc et en Algérie", c'est exact. Paul Paillole, ex-chef de la Sécurité militaire en AFN, en parle assez longuement dans son livre, Services spéciaux. Ils ont en effet été arrêtés rapidement. Quelques sabotages ont tout de même eu lieu mais surtout certains agents "retournés" ont été employés pour intoxiquer les services allemands. Avec, semble-t-il, un certain succès...

L'afflux des volontaires en métropole n'est sans doute pas une légende, contrairement à ce que vous semblez penser. A propos de l'affaire de Syrie, j'ai trouvé des chiffres vraiment très étonnnants sur le nombre des prisonniers français en Allemagne volontaires pour partir au Levant combattre les Britanniques et les gaullistes. De mémoire, plusieurs centaines de sous-off. rien que dans un camp !

C'est vrai qu'en Tunisie, le recrutement fut difficile. Etrangement, il semble que le PPF ne fournit que très peu d'hommes, l'essentiel venant du SOL. En revanche, le chiffre de 150 Indigènes est fantaisiste, pas plus de quelques dizaines d'arabes dans la Phalange camouflés sous des noms bien de chez nous car l'unité ne devait comporter que des Européens. Aron dit n'importe quoi.

Même si Pellegrin en rajoute un peu, l'unité s'est tout de même bien battue, aussi bien que les compagnies du régiment allemand de panzer gren. au sein duquel la Phalange a combattu.


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lebel


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MessagePosté le: Mer 16 Sep - 00:02 (2009)    Sujet du message: La Phalange africaine : la LVF en Tunisie 1942-1943 Répondre en citant

O.C.2 a écrit:
L'article est certes complaisant. Dommage que vous ne nous disiez pas ce qu'écrit Charbonneau.
Son livre ( 2 tomes ) se lit comme un roman et couvre sa jeunesse jusqu'a sa libération dans les années 50 , on le trouve chez les bouquinistes d 'internet
il raconte , dans un style souvent picaresque , ses engagements de jeunesse , l' Action Française , la Cagoule , son séjour d'un an , comme prisonnier en Allemagne , son engagement dans la collaboration ( il avait épousé une niéce de Darnand , dont il était trés proche ) son départ et son séjour en Tunisie avec la Phalange ( plusieurs pages ) son activité dans la Milice contre les maquis ......son depart en Allemagne et la fin de la guerre avec les fascistes de la RSI et de retour en France , Fresnes , Clairvaux et Lambèse

S'agissant des "officiers de la L.V.F., militants du P.P.F., armés et équipés de matériel de combat, de radio et de propagande" qui "furent parachutés ou débarqués au Maroc et en Algérie", c'est exact. Paul Paillole, ex-chef de la Sécurité militaire en AFN, en parle assez longuement dans son livre, Services spéciaux. Ils ont en effet été arrêtés rapidement. Quelques sabotages ont tout de même eu lieu mais surtout certains agents "retournés" ont été employés pour intoxiquer les services allemands. Avec, semble-t-il, un certain succès...

L'afflux des volontaires en métropole n'est sans doute pas une légende, contrairement à ce que vous semblez penser. A propos de l'affaire de Syrie, j'ai trouvé des chiffres vraiment très étonnnants sur le nombre des prisonniers français en Allemagne volontaires pour partir au Levant combattre les Britanniques et les gaullistes. De mémoire, plusieurs centaines de sous-off. rien que dans un camp !
Je suis bien d'accord , il y eu pas mal de volontaires , 2000, 3000 ? ....Ce sont les Allemands qui traineront les pieds sous divers pretextes

C'est vrai qu'en Tunisie, le recrutement fut difficile. Etrangement, il semble que le PPF ne fournit que très peu d'hommes, l'essentiel venant du SOL. En revanche, le chiffre de 150 Indigènes est fantaisiste, pas plus de quelques dizaines d'arabes dans la Phalange camouflés sous des noms bien de chez nous car l'unité ne devait comporter que des Européens. Aron dit n'importe quoi.
Non , il y eut au moins une centaine d'indigènes impliqués , certains seront éxecutés sur place , d'autres prisonniers , seront jugés à Alger et condamnés à la prison ou au poteau !

Même si Pellegrin en rajoute un peu, l'unité s'est tout de même bien battue, aussi bien que les compagnies du régiment allemand de panzer gren. au sein duquel la Phalange a combattu.

Sans doute , suis d'accord !

PS envoyez moi un MP , si vous desirez un scan des pages qui vous interessent


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O.C.2


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MessagePosté le: Mer 16 Sep - 12:15 (2009)    Sujet du message: La Phalange africaine : la LVF en Tunisie 1942-1943 Répondre en citant

Merci, c'est bien aimable, je suis preneur. Je vous envoie un MP.

Quelques précisions :

C'est vrai, les Allemands n'étaient pas enthousiastes mais moins encore les Italiens qui comptaient bien s'approprier une bonne partie des territoires français d'AFN après la victoire de l'Axe.

"Non , il y eut au moins une centaine d'indigènes impliqués , certains seront éxecutés sur place , d'autres prisonniers , seront jugés à Alger et condamnés à la prison ou au poteau !"

En fait, les choses se déroulèrent en deux temps. Tout d'abord, un recrutement (local) ouvert aux indigènes qui connut un certain succès, de mémoire environ 200 volontaires. Mais le commandement allemand posa alors comme exigence que l'unité en voie de constitution soit 100% européenne (et locale). Il s'agissait sans doute de saboter l'entreprise qui faillit bien ne jamais se faire faute d'hommes en nombre suffisant. C'est le SOL qui sauva le projet en fournissant au dernier moment 60 à 80 hommes supplémentaires arrivés avec le capitaine Dupuis.

Les volontaires arabes furent donc versés dans des formations allemandes, les Freies arabien, et les gens de la Phalange priés de ne recruter que des Européens. Un officier raconte que les arabes qui continuaient de se présenter étaient renvoyés dans leurs foyers sans être aiguillés vers l'armée allemande.

La Phalange fut donc constituée avec des Européens mais quelques dizaines d'indigènes furent incorporés en fraude dans le train de combat sous de fausses identités.

Pour avoir consulté plusieurs centaines de documents d'archives de la Phalange dont la liste des engagés par section, je peux vous assurer que les choses se sont passées ainsi.


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MessagePosté le: Mer 16 Sep - 18:05 (2009)    Sujet du message: La Phalange africaine : la LVF en Tunisie 1942-1943 Répondre en citant

Sont-ce des anciens de cette Phallange qui créèrent plus tard la "Main Rouge" ?

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