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Le 6 juin 44

 
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Briard
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MessagePosté le: Mar 26 Jan - 14:49 (2010)    Sujet du message: Le 6 juin 44 Répondre en citant

La nouvelle est tombée ! Le 6 juin 1944… Basta l’Occupation ! 
 
 
 
Sainte-Croix ferme ses portes et nos pensionnaires rejoignent leurs familles. Notre Ami Bernard est tout à sa joie : Basta l’occupation… mais le prix à payer est lourd. Très lourd…




Le 6 Juin 1944, la formidable nouvelle tant attendue, de celle qui marque une vie: ILS ONT DEBARQUE ! En Normandie, autant dire au voisinage de la Sarthe. Quelle joie d'abord, quelle inquiétude ensuite...Tiendront-ils? Dans les airs les alliés sont les maîtres.





Sur terre, de quelles forces disposent encore 1es allemands? De divisions d'obèses, seulement?
C'est peu vraisemblable.
Le collège ferme. Les pensionnaires rejoignent leurs familles. Afin de nous mettre à l'abri? C'est raté. Le 17 Juin mon village est détruit par un bombardement américain. Soixante quinze tués, dont mon père, cent vingt blessés. Cinq cents bombes pour deux mille habitants, et pas un allemand.
Une bombe pour quatre. A cet instant où j'écris, j'entends le silence inouï quand, au bout d'une demi-heure, ça s'est arrêté de tomber. L'assistance psychologique, pour une piqûre d'abeille d'un enfant à l'école, n'existait pas et mieux valait, pour éviter d'être étiqueté collabo, ne pas se plaindre. Ce n'était de toutes façons pas le genre de la maison.
Le bonheur de la Libération écrasé, restait le soulagement d'être débarrassé des allemands. Ils s'étaient incroyablement battus. Ils faut avoir vu monter au front une panzer-division...vous êtes paralysés de stupeur, c'est la Guerre  en marche!




   
Saint-Lô. Juin 1944- 1er SS Panzer Division 

Mais sans répit, matraqués par l'aviation, gênés par les sabotages, harcelés par les résistants, les guerriers avaient enfin décampé.
Et la revoilà! La revoilà! L’indigne, la fouteuse de débâcle, funeste, fuyarde, la chieuse sous elle que je m'en voudrais d'appeler "la gueuse", par respect pour les gueux et parce que, gueuse, la République ne le fut jamais, mais « bourge ».
Et la voilà qui se ramène, l'air faraude, glorioleuse, vengeresse sans vergogne! Les français, heureux de son retour? Oui, puisqu'il s'accompagnait d'un retour à une vie respirable. Un autre régime se fut présenté, il eut été aussi bien accepté. Le Maréchal commit l'erreur de vouloir instaurer de nouvelles institutions en présence de l'ennemi, sans attendre le rétablissement de la paix et d'une pleine souveraineté. Ce faisant, il compromit des réformes fondamentales. Les partis n'eurent qu'à revenir à leurs salades défraîchies.
Je ne me souviens plus précisément de leurs mics et macs constitutionnels, mais me souvient de mon effarement à la voir de retour, la République, comme si elle n'était pour rien dans l'avalanche de drames, de douleurs, de déportations, de terreurs, de misères. . . . Si elle était venue repentante, en nous demandant pardon, qui sait, peut-être lui aurais-je pardonné?
Tout au contraire, bonjour, me revoilà, c'est moi, vierge et pure, martyr, violée par un vieux salopard. Je n'y suis pour rien de rien, rien ne sera plus comme avant, que la fête recommence!
Le Grand Charles, en effet, ramenait les partis, tels qu'en eux-mêmes, aussitôt prêt à se débarrasser de l'escogriffe assez naïf pour les avoir ramassés, toilettés, rendus présentables.







Avec le Grand Charles je retrouvais la satisfaction du besoin d'un pouvoir incarné. Hélas, il parût assez vite empêtré, harcelé, dépassé par la meute des politiciens. Ils lui mordaient les mollets, lui arrachaient des mains par lambeaux ses projets de Constitution d'un régime solide, doté d'un exécutif fort et indépendant des partis. Tu parles Charles, pour obtenir ça tu n'aurais pas dû étendre sur eux le manteau de ta légitimité!
Je ne comprenais pas qu'il se fit mettre en échec par des gens qui, bien que certains fussent d'authentiques résistants, rappelaient les marioles de la III ème R.F. Confirmation d'ailleurs, les partis la rétablirent  en changeant son numéro. Ils remercièrent le Grand Charles et se remirent à leurs petits jeux de chaises musicalement monotones.
Tout ceci était tellement flagrant qu'il n'y a pas lieu de se flatter d'avoir pigé le scénario au fur et à mesure qu'il s'écrivait.
Qu'aurait pu faire Le Grand ? Une seule manœuvre, mais impossible. Se réconcilier avec le peuple des « maréchalistes » anti-boches. En gros, n'avaient-ils pas une conception semblable  d'un Etat au pouvoir exécutif fort et indépendant des partis ? Ne cultivaient-ils pas un patriotisme prioritaire, France d'abord, assurément compatible avec une "certaine idée de la France "? Le  mythe d'une entente secrète entre Pétain et De Gaulle subsistait encore à la Libération. Il est facile de s'en moquer. Pourtant il s'inspirait d'un certain bon sens et d'un sens certain de la paix civile.
Bon, mais c'était impossible. Lorsque je lis ces temps-ci que l'épuration fut sévère et incomplète, en quelque sorte laxiste, parce que le général De Gaulle privilégia la réconciliation nationale, je me demande si la guerre de 39-45 a bien eu lieu?



Non l'épuration ne fut pas légère. Non De Gaulle ne pratiqua pas une réconciliation nationale. Oui, l'épuration fut incomplète.
L'épuration ne fut pas légère ainsi que le prouvent les chiffres ci-après.



Inévitable, nécessaire, elle obéit à la non-loi du genre, avec ses justices et ses injustices, ses règlements de compte expéditifs et ses procédures lentes avec des innocents condamnés et des fripouilles oubliées.
Non, De Gaulle ne s'adonna pas à une politique de réconciliation nationale durant son gouvernement provisoire. S'il l'avait effectivement pratiquée il eut gagné contre les partis. En fait, il était loin d'avoir tout pouvoir. Ses associés, communistes en tête, n’auraient pas toléré la moindre rémission de l'épuration. En outre et surtout, ayant établi sa légitimité sur le refus absolu de l'armistice et sur la diabolisation systématique et globale de Vichy, il lui était quasi impossible de revenir là-dessus sans risquer de compromettre cette légitimité, d'essence  royale, donc dans la mire des républicains. Enfin l'épuration continua après son départ.
Ce qui ne l'empêcha pas en effet d'être incomplète...
D'une part la persécution subie par les juifs fut relativement peu prise en compte dans les chefs d'accusations. D'autre part la principale coupable  la III ème R.F échappa à la Justice. Non seulement aucun président du conseil aucun   ministre important – à part ceux qui servirent l'Etat français – ne fut poursuivi , mais certains vinrent, toute honte bue, en accusateur à la barre des tribunaux! ! !
Il eut été juste, équitable et salutaire que tous les présidents du conseil de l’entre-deux guerre encore vivants fussent l'objet de poursuites pour cause de participation à la défaite.
 Rendre des comptes eut été la moindre des choses au lieu de quoi, par un tour de passe-passe insane tous les torts furent reportés sur Vichy,non pas cause mais conséquence de leurs impérities catastrophiques.
Incomplète l'épuration? Oui, très incomplète. Nul n’ignore les noms de Papon, de Bousquet, mais qui connait le nom du général en chef des armées de 1935 à Mai 1940? Période déterminante quant à la préparation du combat...
Pourtant, bien que sa responsabilité fût mille fois plus importante que  celle de ces tristes individus Il ne fut pas jugé! Et les gardiens de la Mémoire se gardent de s'en souvenir.


Aristide Briand 
 
 
 
De même, aux oubliettes les erreurs commises ou couvertes par les Aristide Briand,  Chautemps, Herriot, Daladier, Reynaud, etc. 
 
 
 
Le nom du général en chef ? Gamelin. Cet homme diminué par une syphilis avancée qui le figeait, semi-paralysé, des heures durant, le plongeait dans des états de somnolence  et de confusion mentale délirante, commandait en chef les armées de la République!C’est lui qui, cédant aux pressions de Paul Reynaud, lui-même soumis à celles de Londres, accepta de changer de stratégie en pleine bataille, changement qui entraîna le désastre.
Pourquoi est-il si rare que ce fait historique essentiel soit évoqué?
Parce qu'il contredit la théorie d’un complot pour renverser le régime au prix d'une défaite. Pourquoi un homme affaibli promu à une telle fonction?
Parce qu'un régime faible, de faibles évite de confier le commandement de l'armée à une forte personnalité. En somme Gamelin était à l’image du régime qu'il servait.
Puisque les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles, il est toujours temps, ne serait-ce qu'à titre posthume, d’instruire  le procès de ces criminels par incapacités.
Je résume. A la suite de son retour injuste mon rejet de la République  ne pouvait qu'être renforcé par le spectacle de son irresponsabilité institutionnalisée. Mais qu'on ne s'y trompe pas: Ce régime, qu'embarrasse la mission d'assumer le destin national et qui le défend mal sait par contre très bien se défendre, lui.
Tous ces évènements, vécus depuis l'âge de dix ans m’ont apporté deux clefs qui, par la suite, m'ouvrirent les portes du royaume.
La première clef: la nécessité vitale d'un pouvoir responsable et donc indépendant.
La deuxième clef: la nécessité de l'incarnation du pouvoir sans laquelle il n'est pas de responsabilisation. Ni pour moi de bien- être  en politique. Je me sens mieux d'avoir affaire à un chef d'Etat en chair et en os, repérable, palpable, admirable ou condamnable, mais au moins qui ne soit pas une sorte de « fantombre » inconsistant.
Du constat sur le tas -pas dans les livres – de la bienfaisance de la monarchie, me restait à entrer en royauté.
A suivre...
Bernard Lhôte 
 
 
nota bene: L'épuration, c'est selon des chiffres quasi officiels, 31O.OOO plaintes déposées, 125.000 dossiers instruits, 7.000 condamnations, 1.500 exécutions répertoriées.
Source :

http://www.lesmanantsduroi.com/articles2/article71824.php
_________________
Fuis les éloges, mais essaie de les mériter.
F Fenelon


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MessagePosté le: Mar 26 Jan - 14:49 (2010)    Sujet du message: Publicité

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