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Ou comment raconter l'Histoire partiellement

 
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Briard
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MessagePosté le: Lun 14 Juin - 19:45 (2010)    Sujet du message: Ou comment raconter l'Histoire partiellement Répondre en citant

J'ai sous les yeux le magazine "Les dossiers de la 2ème guerre mondiale" La France en guerre qui a pour sujet principal "La campagne de Rhin et Danube".
L'auteur, Dominique Lormier, réussit l'exploit de ne pas dire un mot du RMLE en 48 pages !!
Hormis un dessin de Rosenberg dans le bas de la page 5 qui doit faire à peu prés 3 X 5 avec une légende de 20 mots.
Il faudra qu'il m'explique comment on peut parler de Rhin et Danube sans parler de ce Régiment de Marche de la Légion Etrangère qui s'est, comme son Grand prédécesseur de la Grande Guerre, couvert de gloire lors de cette Campagne, recevant du Président des USA la Distinguished Unit Citation et  dont voici le texte :

Texte de la citation décernée au Régiment de Marche de la Légion Etrangère par le Président TRUMAN au nom des Etats-Unis.
 

 

………………………………………..DU CHAMP DE BATAILLE
……………………………………………………… Washington le 06 Mai 1946.
….Ordre Général N° 41-Section VIII- CITATIONS D’UNITES.
 

      Conformément  à l’ordre N° 9396 (Sec, I WD Bul. 22-43) modifiant l’ordre N° 9075 (Sec, II WD Bul.11-42) et par application de la circulaire 333 (Sec, IV WD -1943) le Ministère de la Guerre, au nom du Président des ETATS-UNIS, cite à l’ordre l’Unité ci-après en témoignage public d’Honneur et de Mérite exceptionnels.
 

  Le texte de la citation est le suivant :
 

  LE REGIMENT DE MARCHE DE LA LEGION ETRANGERE de l’Armée Française, est cité pour avoir accompli magnifiquement son devoir contre l’ennemi, de Novembre 1944 à Mai 1945. Des les premiers jours de l’engagement  du Régiment dans la Bataille, tous ses commandants de Bataillon furent blessés au cours de l’exécution de la mission de protection des chars et de neutralisation des poches de résistance qui leur était dévolue comme Infanterie Divisionnaire de la 5e DB Française.
  Dans l’accompagnement des blindés, à pieds, en half-track ou parfois portés sur les chars, le Personnel de cette unité fut exposé, en permanence au plus fort du danger.
  Chacun de ses Bataillons ayant été détaché  dans un « Combat Command », le Régiment  fut engagés sur de vastes régions de France, d’Allemagne, et jusqu’en Autriche.
  Le 1er Bataillon, au cours de Combats incessants, se fraya un chemin depuis Montreux-Château, en France, jusqu’au col de l’Arlberg, et au cours de ses opérations, eut ses deux chefs blessés l’un après l’autre.
  Le 2e Bataillon commandé successivement par trois officiers, dont l’un fut tué au combat et les deux autres blessés, fut presque continuellement engagé de Descendans, en France, jusqu’à Wangen et Lindau en Allemagne.
  Le 3e Bataillon, commandé successivement par deux officiers, dont le premier fut blessé au combat, fut engagé de Chagey, (France) jusqu’à Hohenweiler (Autriche).
  Le 07 Février 1945, le Colonel Commandant le Régiment mourut. Accablé de fatigue, épuisé par les dures épreuves de la Campagne, il refusa de quitter ses troupes, jusqu'à ce qu’il en reçut l’ordre formel de ses supérieurs, mais lorsque finalement il s’y résigna, il était trop tard.
  Le Régiment tout entier conserva le même esprit d’Héroïsme et d’Abnégation poussé jusqu’au sacrifice.
  Du 1er Novembre 1944 à la fin de la Campagne d’Europe, le 8 Mai 1945, 27 officiers, 81 sous-officiers et 300 Légionnaires donnèrent leurs vie, il y eut 1278 blessés, parmi lesquels 36 officiers, soit un total de pertes de 63 officiers et 1713 légionnaires sur moins de 2000 combattants.
  Dans leur marche âpre et sanglante, vers la Victoire Alliée, les Chefs comme les Hommes se sont montrés unis dans le même mépris du danger, n’ayant d’autre but que la satisfaction de la Mission bien remplie.
  Le REGIMENT DE MARCHE DE LA LEGION ETRANGERE de l’Armée Française a pleinement justifié la réputation traditionnelle de courage infaillible de la Légion Etrangère et donné tout son sens à la Devise inscrite sur son Drapeau :
 

………………………………..« HONNEUR ET FIDELITE »…………………………………



Et voici des textes prouvants son formidable travail au sein de la 1ère Armée, la fameuse "Rhin & Danube"

   La paix était encore neuve et gênait aux entournures que déjà l’Equipe de la guerre s’en allait. Le dragon était terrassé, mais d’autres terrés jusque là, levaient la tête.
  L’Empire conscient de son dépouillement généreux demandait à son tour une présence.
  Le Régiment Etranger de Cavalerie partit le premier.
  L’Equipe fut amputée du premier de ses membres.
 Puis vint le tour du Régiment.
  Qu’il est dur de quitter un présent fait des mémoires du passé !
  Et le Colonel OLIE de dire à ses Légionnaires :
  « Fidèles à notre destin, nous quittons la vieille terre d’EUROPE pour reprendre la garde des marches françaises de la Méditerranée ou pour reconquérir au-delà des mers lointaines l’intégrité de l’Empire.
  Vous venez de vous séparer douloureusement du matériel de fer auquel votre ardente passion avait donné une âme de feu.
  Vous allez vous séparer de vos camarades de la 5e D.B. auxquels vous unissent les liens sacrés du combat.
  En saluant une dernière fois les Chefs qui nous ont mené à la Bataille et conduit à la Victoire, en saluant les Etendards des Régiments Frères qu’une même gloire auréole, que nos pensées s’élèvent vers tous les Morts de la 5e Division Blindée, confondus avec les Nôtres dans le commun sacrifice.
  Et demain, conquérants vainqueurs, fiers d’avoir appartenu à la 1ère Armée Française, conscients de la grandeur de notre passé récent, nous reprendrons allégrement et virilement notre route sévère et dure avec
----------------------------- HONNEUR ET FIDELITE. »----------------------
 

Le 06 Juin sur les bords du Lac, à Friedrischhafen, une dernière fois l’Equipe, moins le R.E.C. lointain, s’unit autour de ses Chefs, le Général SCHLESSER, le Général DEVINCK, les Généraux DE LAVILLEON et MOZAT, le Colonel LECOCQ. Les Etendards : du 1er Régiment de Cuirassiers, des 1er 6e et 11e Régiments de Chasseurs d’Afrique, et du 63e d’Artillerie, ainsi que le Fanion du 96e Bataillon de Génie entourent le glorieux Drapeau du Régiment de Marche.
  Heure d’adieux.
  Sous un grand Christ, au bout de la digue,le R.P. Raphaël CARPENTIER Aumônier divisionnaire exprime l’émotion des cœurs :
 

  «  Une fois de plus, il faudra tourner une page de gloire. La vie est ainsi faite. Cette journée est donc une journée de départ. Votre défilé impeccable est le dernier de la campagne qui nous a mené de la forêt de la Mamora aux montagnes du Tyrol.
   5e Division Blindée, vous voyez partir successivement les meilleurs de vos fils ; hier le Régiment de Cavalerie, aujourd’hui le Régiment de Marche de la Légion Etrangère. La famille se dissocie. Des liens de fraternité d’armes vont cruellement souffrir qui s’étaient noués à l’épreuve du combat, avec toutes les armes, bien entendu, mais plus spécialement, lorsque bondissant de vos half-tracks, vous accompagniez ou devanciez les Chars, protégés et protecteurs en même temps, formant avec vos frères d’armes, Chasseurs et Cuirassiers, l’Equipage complet « ceux du dehors » et « ceux du dedans », dans un coude à coude avec les monstres d’acier, réalisant ainsi, pour reprendre l’expression de BOSSUET « cette redoutable infanterie », l’Infanterie Blindée.
  Ces Victoires sont inscrites sur vos Drapeau, déjà si lourds de Gloire, en attendant que demain, s’il le faut fidèles à votre Devise
-----------------------------------------HONNEUR ET FIFELITE--------------------------------------------
vous repreniez sous d’autres cieux, comme jadis, la lutte au service de l’Empire.
  C’est qu’en effet, la caractéristique du Légionnaire réside sans doute en ceci de bien particulier, qu’il réalise par excellence le type de soldat et qu’il incarne probablement mieux que d’autres la Noblesse et la Grandeur de Servir.
  Pour celui qui est curieux de psychologie militaire, pour celui qui veut aborder, pénétrer, comprendre l’âme d’un Soldat de carrière, la Légion offre un champ d’investigation riche, mais difficile d’accès. Car la Légion est pour le profane indiscret un monde mystérieux et fermé, une sorte d’étrange communauté monastique, mais ou les Moines seraient Soldats. On peut assister à ses démonstrations extérieures, on peut visiter ses casernes et en admirer la magnifique ordonnance, on peut voir défiler ses soldats, jeunes et vétérans et admirer leur tenue impeccable, o, n’a pas pour autant pénétré l’âme de la Légion, cette âme fière et ombrageuse qui ne se livre pas facilement, cette âme réservée et impénétrable qui cache ses richesses humaines.
  Et cependant, malgré ce mystère qui l’entoure, on a vite la conviction que la Légion est un Monde ou la Médiocrité n’entre pas. Vous avez la pudeur de vos sentiments, et la simplicité vous plaît, car elle est sœur de la Grandeur.
  Mes Amis, il y a chez vous un incontestable caractère de Grandeur, de grandeur humaine, mais si proche de la grandeur chrétienne ; il y a chez vous un ensemble  de vertus naturelles qui constituent votre patrimoine moral.
  Vous avez l’orgueil de votre nom et de votre drapeau
  Vous avez la Religion du Service parfait et du travail bien fait.
  Vous savez pratiquer l’ascétisme d’une vie rude par tous les temps et sous tous les climats.
  Vous avez le sens de l’universalisme humain.
  Enfin vous n’avez pas peur du Sacrifice Suprême.
  Comme cela est proche du Christianisme et peu facilement s’y intégrer, dans un climat d’amitié et de grande camaraderie humaine et chrétienne !
  Et maintenant, mes chers Amis, vous allez reprendre votre tâche jamais interrompue, vous allez reprendre la route Héroïque.
  Vous allez quitter la 1ère Armée Française, et vous emporterez le souvenir de son épopée légendaire et des Chefs prestigieux qui vous ont conduits à la Victoire.
  Vous allez quitter vos frères d’armes de la 5e Division Blindée, votre Général, vos Chefs, vos Camarades de la Division « France d’Abord », heureuse et fière de vous avoir compté dans ses rangs.
  Vous allez quitter cette terre étrangère que vous avez foulée en conquérants, mais qui garde l’empreinte sanglante et le signe du sacrifice de ceux qui reposent à l’ombre de la Croix Rédemptrice.
  Allez à votre Devoir, nous ne vous oublierons pas.
  Notre fervente amitié vous accompagne et aussi notre prière :
------------------------------------------A  DIEU  VAT !------------------------------------------------------
  Que Dieu vous bénisse et vous protége. »
 

  Que pensent ces hommes qu’attend une épreuve, celle de sauver l’esprit menacé ? L’Equipe fut grande par l’esprit qui l’animait : la confiance et l’estime mutuelles, la foi que chacun agissait pour le bien des autres, sans qu’aucun ne mérite dédain ou préséance, l’expérience d’une solidarité sans discussion, la pratique quotidienne d’un coude à coude solidaire, l’un pour tous et tous pour un.
  La dislocation menace cet esprit créateur d’une ère nouvelle : c’est à tous, restants et partants de le sauvegarder, de l’enseigner et de le transmettre.
  Le Régiment quitte l’Allemagne saluait par le Général SCHLESSER :
 

  « Officiers, Sous-Officiers, Caporaux et Légionnaires.
  Au moment  où votre Régiment, fidèle à sa mission traditinnelle, quitte la Division, je tiens à vous répéter notre fervente et affectueuse admiration. Vous avez été magnifiques, mes Amis.
  L’ennemi avait cru briser la France sur le sol de la Métropole, mais la Légion veillait.
  Avec les autres Régiments nés sous le ciel d’AFRIQUE, vous avez préparé l’heure de la revanche.
   Elle à sonné en TUNISIE, puis en France, enfin ici : partout votre valeur en a fait un triomphe ; ensemble nous avons retrouvé des chemins perdus depuis cent cinquante ans.
  L’orgueilleuse Allemagne a vu vos képis blancs défiler sur le Rhin, sur le Danube, au cœur même de l’AUTRICHE.
  Profondément affecté par votre départ, moi votre Chef, nous tous, vos camarades, nous sommes fiers de vous.
 -------------------------------------------Vous étiez nos compagnons d’armes-------------------------------------------------------------------------Vous restez « notre » Régiment Blindé.--------------------------
  Notre pensée vous suit, votre devise nous guide.
  Je salue votre prestigieux Drapeau, constellé des éclatants témoignages de votre Honneur et de votre Fidélité. »
 

  A Marseille, - ou le Général DE VERNEJOUL vint saluer le Régiment – une courte halte fait renouer dans une atmosphère de gentillesse et d’affection les liens d’antan.
  Mais ceux qui reviennent ne sont plus les mêmes : ils étaient partis à la conquête de la Gloire, Légionnaires enfermés dans leur monde monacal. Ils reviennent, Légionnaires chargés de lauriers, lourd du secret d’une étonnante réussite : Les Victoires se gagnent en Equipe.
  A bord des croiseurs Duguay-Trouin et Jeanne-d’Arc, les Légionnaires quittent la vieille terre d’EUROPE : Notre Dame-de-la-Garde, le Château d’If, le phare du Planier disparaissent engloutis par la distance.
  En exécution de la note Ministérielle N° 8940/EMA/1 en date du 22 Juin 1945, le Régiment de Marche de la Légion Etrangère devient le 3e Régiment Etranger d’Infanterie, pour compter du 1er Juillet 1945.
  Jour par jour, le Régiment de Marche de la Légion Etrangère a vécu deux ans.
  Dépouillant sa prestigieuse appellation de guerre pour un état civil plus modeste, il entrait dans le dur chemin de l’humble effort quotidien.
 

-----------------------------------------ORDRE GENERAL N°1----------------------------------------------
 

  Officiers, Sous-Officiers, Caporaux et Légionnaires du Régiment de Marche de la Légion Etrangère 1943-1945.
  Suivant l’exemple de notre aîné de 1914-1918, nous devenons 3e Régiment Etranger d’Infanterie, à partir du 1er Juillet 1945.
  A la suite de tant de noms brodés sur le Drapeau – qui fut le sien est demeure le nôtre – vous avez inscrit ceux de Héricourt, Montbéliard, Belfort, Dannemarie, Colmar, Karlsruhe, Pforzheim, Stuttgart, le Danube et l’Arlberg, jalons de votre marche triomphale ou chaque combat fut une victoire.
  A côté de tant de palmes qui le parent d’un incontestable prestige, votre valeur inégalable a ajouté sa moisson de gloire.
  A tant de sacrifices offerts, sous tous les cieux, depuis cent quinze ans par la Légion Etrangère au service de la France, vous avez apporté votre tribu de souffrance et de sang.
  Soyez fiers de vous-mêmes.
  Et quand à Sidi-Bel-Abbès, vous vous recueillerez au Musée du Souvenir, vous aurez le droit de penser que vous avez été dignes de vos Anciens, et que vos Morts sont tombés en Héros.
  Officiers, Sous-Officiers, Caporaux et Légionnaires du 3e Régiment Etranger d’Infanterie, Héritiers des Légionnaires de la pacification du MAROC et de la Grande Guerre, de la reconquête de TUNISIE, de la Libération de la France, des campagnes d’Allemagne et d’Autriche, votre histoire est entrée dans la légende.
  Vous la continuerez dans le culte jaloux de nos Traditions et avec la volonté de toujours mieux servir, avec Honneur et Fidélité, pour la grandeur immortelle de la Légion Etrangère. »
 

  A Sidi-Bel-Abbès, point de départ et aboutissement de toutes les épopées légionnaires, les Anciens des Campagnes des Vosges, de l’Alsace, de l’Allemagne et de l’Autriche s’en allèrent à tous les vents.
  D’aucuns sont restés au 3e Etranger et partirent à Fès, au MAROC. D’autres, jaloux déjà de gloire nouvelle, partirent au Régiment de Marche d’Extrême-Orient.
  D’autres, ayant fait tout leur devoir, quittèrent l’habit militaire.
  Mais tous, partout, emportèrent le souvenir d’avoir appartenu à une fière Equipe.
  Les mots d’adieux du Général DE VERNEJOUL quittant la Division à Stuttgart restaient leur viatique :
 

  « Demain, partout, en toutes circonstances, sur le Champ de Bataille comme au cantonnement ou en occupation, dans la vie civile aussi bien que dans la vie militaire, vous aurez à cœur, chacun, de toujours donner l’exemple. »


.
_________________
Fuis les éloges, mais essaie de les mériter.
F Fenelon


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MessagePosté le: Lun 14 Juin - 19:45 (2010)    Sujet du message: Publicité

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