France en Guerres Index du Forum

France en Guerres
Les guerres de la France au XX° Siècle. Parlons en !

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

La manipulation continue

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    France en Guerres Index du Forum -> France en Guerres -> L'Algérie
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Briard
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 09 Oct 2007
Messages: 3 331

MessagePosté le: Mer 8 Déc - 14:57 (2010)    Sujet du message: La manipulation continue Répondre en citant

Citation:
Arnaud Montebourg :
> « La France n’a aucune raison de ne pas regarder en face ce qu’elle a été »
> Arnaud Montebourg, député à l’Assemblée nationale française et président du
> Conseil général de Saône-et-Loire, est l’un des principaux dirigeants du Parti
> Socialiste (PS).
> Dans cet entretien à TSA, il évoque notamment les relations algéro-françaises, la
> mémoire, l’immigration, le Sahara occidental et ses origines algériennes.
> Interview.
> ********************
> Q : Des députés du FLN ont déposé un projet de loi criminalisant le
> colonialisme français. Quelle est votre réaction ?

R : C’est une sorte de retour en boomerang de la loi française du 23 février 2005. Le
> Parlement français avait adopté une loi qui obligeait les manuels d’histoire à
> célébrer les bienfaits de la présence de la France outre-mer, notamment en Afrique
> du Nord. Le mot « bienfaits » avait provoqué des réactions vives et justifiées.
> D’ailleurs à l’époque, la gauche française s’était violemment émue de cette loi qui
> avait été approuvée avec l'appui de la passivité du gouvernement. Cette loi
> constituait une manière de rouvrir, sur le plan symbolique, la guerre d’Algérie.
> Aujourd’hui, nos homologues parlementaires algériens à travers ce projet de loi ont
> décidé eux aussi de réouvrir à leur tour, la guerre d’Algérie. Finalement, nous nous
> retrouvons installés dans un conflit mémoriel sur le sens de la colonisation. Je me
> souviens que, dans les débats sur la loi du 23 février, certains députés de l’UMP
> refusaient même le terme de colonisation, considérant que c’était un abus de
> langage, alors qu’en réalité tout a été dit et constaté sur ce sujet. La France n’a
> aucune raison de ne pas regarder en face ce qu’elle a été et notamment les
> souffrances que la colonisation a représentées pour des millions d’hommes et de
> femmes.
> Aimé Césaire, grand poète martiniquais, dans son célèbre discours sur le
> colonialisme en 1955, avait écrit que la colonisation relevait "de l'appétit et de la
> force". Louis-Philippe, Roi de France sous le règne duquel l'Algérie fut conquise,
> avait nommé une commission d’enquête sur la présence française en Algérie dès
> 1933, trois ans après le début de la colonisation. Voilà ce que le rapport de la
> commission révélait : « La manière dont l’occupation a traité les indigènes est en
> contradiction non seulement avec la justice mais avec la raison. ». Et encore : «
> Nous avons commencé l'exercice de notre puissance par une exaction. Nous avons
> débordé la barbarie des barbares que nous venions civiliser et nous nous plaignons
> de ne pas avoir réussi avec eux.»
> La République ne peut pas ignorer cela. Et nous pourrions continuer à nous faire la
> guerre mémorielle pendant encore un siècle. Mais j’ai, au contraire, envie de dire,
> moi qui ai à la fois une famille en Algérie qui fut en partie engagée dans l’ALN et qui
> suis également fils d’appelé du contingent français qui fit la guerre en Algérie, estce
> que nous allons nous faire la guerre encore longtemps ? Et à quoi cela sert ? Je
> pense que l’erreur de la loi de 2005, qui a d’ailleurs été réparée par le Parlement
> français, ne devrait pas nous conduire à cette escalade franco-algérienne qui,
> finalement, nous empêcherait de faire les grandes choses que notre destin nous
> commande de faire ensemble. Maintenant, il faut que nous assumions l’idée d’une
> explication définitive. On se dira tout, on ouvrira les archives. Nos historiens
> pourront travailler ensemble pour une construction commune de ce qu’est l’histoire
> de la colonisation. Parce que chacun peut aujourd'hui reconnaître que c’est par la
> force qu’est intervenue la France en Algérie et non par le consentement.
>
Q : La France doit-elle se repentir ou s'excuser comme le demandent les
> Algériens ?

R :La France doit commencer par reconnaître sa responsabilité historique. C’est le
> minimum. Comme cela a été fait par d’autres ex-empires à l’égard d’autres
> territoires. Mais je n’emploierai pas le mot « repentance ». D’abord, parce qu’il y a
> une connotation quasi-religieuse qui n’appartient pas un acte d’Etat. En revanche,
> je pense qu’il est nécessaire d’assumer la part de responsabilité que la France a
> dans cette période comme elle l’a assumée pour la période de l’occupation
> lorsqu’elle a prêté main forte à l’occupant nazi. Comme J.F. Kennedy, j'ai envie de
> dire « mon pays a eu tort, mais c'est mon pays ».
>
Q : *Comment voyez-vous cette démarche de réconciliation entre les deux
> pays ?*

R : Je pense qu’il serait temps d'ouvrir, pour pouvoir ensuite et enfin le refermer, le
> volet historique de la relation. Il faut commencer par cela. Il serait nécessaire que
> les deux pays mandatent deux collèges d’historiens pour travailler ensemble. Pour
> se mettre d’accord et écrire les choses pour clore la question mémorielle et
> historique. Personnellement, je n’accepte pas que dans une partie de l’opinion
> française se poursuive l’hommage à « l’Algérie française ». L’Histoire a tranché.
> Donc, ouvrons le grand livre de l’histoire et refermons-le ensemble. Cela prendrait
> un an, deux ans, voire plus. Peu importe. Mais au lieu de gaspiller 50 ans dans la
> conflictualité permanente comme nous venons de le faire, nous pourrions faire ce
> travail constructif pour l'avenir.
>
Q : Entre l’Algérie et la France, la mémoire n’est pas le seul sujet de
> désaccord. D’autres dossiers empoisonnent la relation bilatérale.
> Comment jugez-vous la gestion du dossier algérien par le pouvoir actuel
> en France ?

R : Il est vrai que l’ouverture par le gouvernement français du débat sur l’identité
> nationale qui a ouvert les vannes d’une sorte de racisme quasi-officiel, presque
> ministériel, a provoqué beaucoup de réactions justifiées de crispation. Ce débat, qui
> a provoqué au sein de la gauche et d’une partie grande de l’opinion française des
> réactions de répugnance et de condamnation profonde, s'est transformé en débat
> sur l’islam en France alors que nous vivons pacifiquement les uns avec les autres
> depuis si longtemps dans le respect de nos cultes, de nos croyances et de nos
> identités qui ne font qu’une dans une République comme la nôtre. Pour le reste, il y
> a des questions qui sont posées par l’Algérie et par la France : la liste noire, le
> protectionnisme économique du côté algérien, les affaires judiciaires en cours, les
> essais nucléaires dans le Sahara algérien? Dans n’importe quelle relation d’Etat à
> Etat, il y a longtemps que ces dossiers auraient été soldés. C’est parce que nous
> transportons avec nous un passif sentimental qui n’a pas été réglé que ces dossiers
> ne trouvent pas de solution. Et puis, il y a aussi quelques maladresses. Le fait que
> le ministre des Affaires étrangères, M. Kouchner, ait presque exigé le départ des
> dirigeants actuels d’Algérie qui ont été élus au suffrage universel est un élément
> supplémentaire d’éloignement entre nos deux pays. Ce que je regrette et déplore.
> L’autre sujet de conflit concerne la libre circulation des personnes : restriction sur
> les visas, réduction de l’accès des Algériens aux titres de séjour? Pourquoi le
> gouvernement français cherche-t-il à modifier les accords de 1968 ?
> Nous avons un pouvoir qui court après les symboles et les choix de l’extrêmedroite.
> Les choix de l’extrême-droite sont connus : la question de l’Algérie française
> et la violence à l'égard de l’immigration. Le fait que Nicolas Sarkozy ait toujours
> marqué sa préférence pour l’immigration choisie, qui matérialise le tri sélectif des
> hommes en fonction de leur savoir-faire et encourage la fuite des cerveaux, est
> aussi une marque de mépris à l’égard de nos engagements internationaux en
> matière des droits de l’homme, accordant le droit à une vie familiale normale à tout
> être humain.
>
Q : La France donne l’impression de s’aligner systématiquement sur la
> position marocaine concernant le Sahara occidental?

R : Il est vrai qu’en la matière, la position de la France paraît alignée. Pourtant les
> socialistes français défendent le principe d'autodétermination, ont des contacts
> avec le Mouvement Polisario et souhaitent une solution de compromis. Ce dossier
> ne devrait pas entrer en ligne de compte dans la nature déjà complexe de nos
> relations avec l’Algérie. C’est un dossier qui devrait être traité sur le plan
> multilatéral et onusien.
> Sur la politique étrangère, la France donne l’impression de céder aux pressions des
> différents lobbies parfois au détriment de ses propres intérêts? Les manifestations
> de soutien du Président Sarkozy à George W. Bush, la fraîcheur des relations de
> notre même président avec Barack Obama, l'entrée sans condition dans le
> commandement intégré de l'OTAN, l'amitié personnelle qu'entretient Nicolas
> Sarkozy avec Benjamin Netanyahou nous a déportés des fondamentaux de la
> politique arabe de la France. Je crois profondément que la restauration d’une
> relation franco-algérienne saine et équilibrée, porteuse d’avenir peut construire
> l’axe majeur d’une réinstallation de la France dans une relation amicale avec le
> monde arabe, qui s’est aussi dégradée ces derniers temps. J’aurais souhaité
> qu’Abdelaziz Bouteflika et Jacques Chirac, deux présidents eux-mêmes acteurs de
> la guerre d’Algérie, scellent le Traité d’Amitié entre nos deux pays en 2005.Cette
> occasion manquée est douloureuse pour toute la nouvelle génération de dirigeants
> français dont je fais partie, qui vont avoir à faire le travail de leurs aînés. Mais nous
> le ferons parce que l’histoire de la France est intimement liée à l’amitié du monde
> arabe et particulièrement à l'histoire de l'Algérie.
>
Q : Vous avez des origines algériennes. Au-delà de la politique, quel est
> votre lien avec l’Algérie ?

R : Mon grand père est Algérien. Il s’appelait Khermiche Ould Cadi. Il est issu d’une
> famille de la plaine de Mascara, de Dombasle, exactement. Mon grand père s’est
> engagé dans sa jeunesse dans l’armée française avant de retourner travailler la
> terre de sa famille à Mascara pendant la guerre d’Algérie. Il a eu quatre enfants :
> Yamina, Leïla, Ali, et Nebia. Et ma mère est Leïla, née à Oran. Pendant la guerre
> d’Algérie, ses quatre enfants se sont installés en Saône-et-Loire, et ont tous épousé
> des morvandiaux. Je suis aujourd'hui député de ce beau département et président
> du Conseil général de Saône et Loire. Nous avons conservé des liens très forts avec
> l’Algérie.
>
Q : Un projet de visite politique en Algérie?

R : Je souhaiterais d’abord m’y rendre à titre personnel et privé pour voir ma famille
> sur place. Mais je souhaiterais aussi, si je le peux, oeuvrer avec la modestie de mes
> moyens au dépassement des difficultés. L’Algérie a besoin de la France et la France
> a besoin de l’Algérie. Nous avons beaucoup de choses et de grandes choses à faire
> ensemble dans l'avenir.

_________________
Fuis les éloges, mais essaie de les mériter.
F Fenelon


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mer 8 Déc - 14:57 (2010)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Admin
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 08 Oct 2007
Messages: 7 506
Localisation: Avignon

MessagePosté le: Mer 8 Déc - 15:05 (2010)    Sujet du message: La manipulation continue Répondre en citant

Et bien que cet "Algérien" aille donc retrouver ses "racines" algériennes... C'est curieux mais il parle bien "des terres" de sa famille algérienne... Des colons ?
_________________
"Je hais ces mensonges qui vous ont fait tant de mal"


Revenir en haut
Avricourt


Hors ligne

Inscrit le: 11 Aoû 2010
Messages: 261
Localisation: Var

MessagePosté le: Mer 8 Déc - 15:52 (2010)    Sujet du message: La manipulation continue Répondre en citant

Khermiche Ould Cadi doit se retourner dans sa tombe ! Quelle honte d'avoir un tel petit-fils !
_________________
Res, non verba.


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:39 (2016)    Sujet du message: La manipulation continue

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    France en Guerres Index du Forum -> France en Guerres -> L'Algérie Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | creer un forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com