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Le 3ème régiment de parachutistes coloniaux à Timimoun.

 
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1er rcp


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MessagePosté le: Sam 2 Avr - 21:05 (2011)    Sujet du message: Le 3ème régiment de parachutistes coloniaux à Timimoun. Répondre en citant

Circonstances
Salan a convoqué Bigeard pour lui confier une nouvelle mission.
Cette fois ci il doit se rendre avec son 3ème RPC à Colomb-Béchar pour y prendre le commandement d’un secteur autonome.
Le 20 Octobre 1957, une compagnie de méharistes à désertée avec 70 armes et 70 chameaux en tuant tout leurs cadres européens.
Bigeard renifle tout de suite la mission a double tranchant. Derrière la mission ou la gloire sera au rendez vous si il gagne, il y a le danger de se faire casser les reins, en effet, Bigeard énerve quelques personnes avec sa manie de la publicité et son envie de gloire pour lui et son 3. On lui donne la une forme de combat à conduire qu’il ne connaît pas, la guerre du désert.
Salan se veut rassurant pour « Bruno » (Surnom de Bigeard).
- Faites le point la bas et demandez moi les moyens qu’il vous faut, je vous le donnerez, mais il faut réussir.

Le 22 octobre 1957, le régiment est aérotransporté à Colomb-Béchar, à l’exception de l’escadron de reconnaissance et de la 2ème compagnie qui rejoignent par la route

Le 3ème RPC découvre un autre monde, une autre armée. On les observe d’un air narquois avec leur tenues léopard retaillés, les bottes de saut et la longue casquette caractéristique du 3 peu adaptée aux opérations sahariennes.
Ici on boit frais et beaucoup, on porte des chapeaux a larges bords, on s’habille en blanc, on se reçoit, on joue au bridge, on est bien loin des bombes d’Alger, des barbelés du barrage.
Bigeard ne dit rien, il écoute, observe et comme d’habitude passe par dessus la hiérarchie.

Du 25 octobre au 6 novembre ; avec le seul 3ème RPC, Bigeard lance des opérations de sondage autour de Bechar à la recherche de renseignements, mais… Rien, Absolument Rien. Il commence à croire que l’on l’a mené en bateau et qu’on l’a éloigné d’Alger volontairement.

Il poursuit tout de même ses recherches dans le djebel Grouz, au nord de Bechar ou ses paras surprennent une section FLN, les léopards en abattent 17et capturent 3 prisonniers qui sont immédiatement interrogés.

Le 8 novembre, ca se met sérieusement à bouger. Un convoi de la compagnie pétrolière tombe dans une embuscade au sud de Bechar, 2 européens sont tués ainsi que 5 légionnaires d’escorte.
Si la désertion des 70 méharistes était plus ou moins restée discrète, l’embuscade sur les pétroliers déchaîne la presse. Salan appelle Bigeard et lui donne carte blanche en le plaçant à la tête du secteur autonome de Timimoun. Il doit prendre sous son commandement toutes les troupes qui s’y trouvent et réclamer les moyens nécessaires qui lui seront envoyés dans les plus brefs délais.
Le général commandant la zone de Bechar paraît septique devant les paras aux longues casquettes s’attaquer à l’immensité du désert. Bigeard s’en moque et lui répond.
- Mon général ce désert nous allons le prendre à bras le corps et nous gagnerons !

Plan d’action
C’est par la piste que les compagnies du 3ème RPC se rendent à Timimoun. Bigeard et le commandant Brunet rejoignent en avion, suivent les hélicos, l’essence, les vivres et les munitions. Tout le monde fonce.
Bigeard laisse la logistique se mettre en place mais ne perd pas son temps, il interroge les ouvriers rescapés et demande des moyens aériens à Alger.
Il demande 3 Junkers 52 vétérans de la Luftwaffe, 2 patrouilles de T6 et 2 détachements d’intervention héliporté (DIH), plus les postes radio adéquats, les mécanos et l’essence nécessaire pour organiser sa mini base aéroterrestre.
Son plan tient en 4 points.
1) Assurer sa liberté de mouvement sur son axe logistique Bechar, Beni Abbes, Kersaz, et Timimoun dont il renforcera les postes.
2) Réunir au plus vite les moyens de commandement et de manœuvre dont il a besoin, notamment les moyens aériens
3) Rechercher du renseignement par des raids héliportés autour de Timimoun.
La 3ème compagnie de Llamby dans la palmeraie de Fatis au Nord Ouest.
La 1ère Cie de Subregis vers Ain Aissa.
La 2ème de Planet sur Charouine.
4) Garder en permanence une réserve aéroportée. Ce sera la 4ème Cie du Capitaine Douceur secondé par le lieutenant Grillot.
La compagnie d’appui du capitaine Chabanne est reconvertie sur Land Rover prêtées par les pétroliers.

Dans le cadre de ce plan, le capitaine Petot, l’officier de renseignement du 3ème RPC, procède le 16 novembre à un contrôle de toute la population de Timimoun et de la palmeraie de Fatis. 63 suspects sont arrêtés et interrogés.
Dés le 20 novembre, Bigeard sait qu’il y a ici comme partout une organisation politique du FLN et apprend sans s’en étonner que les ouvriers musulmans soi disant rescapés de l’embuscade du 8 novembre étaient en fait des complices. Une action devait être déclenchée a Timimoun avec l’assassinat de tout les européens et des musulmans fidèles, à l’occasion d’une désertion organisée de toute la garnison.

Le travail patient de Petot aboutit à un renseignement précis qui situe la bande au puit de Rhambou. Mais Hassi Rhambou est à 100 km au Nord Est de Timimoun et ne peut être atteint par véhicules. Bigeard saute sur l’occasion il monte son opération.

Combat à Hassi Rhambou
Le 21 novembre, alors que la CA de Chabanne investie la palmeraie de Fatis, la 3ème Cie est héliportée à Hassi Rhambou et la 4ème Cie de Douceur est dans les avions, équipée et prête à être larguée.
9h30, les paras de Llamby sont sur des traces, il les suivent, survolés par un Piper qui observe et assure les liaisons. C’est soudain le brutal accrochage, le capitaine Llamby appel Bigeard.
- Bruno de Llamby, je viens d’accrocher les fells dans les dunes au nord du puit, j’ai plusieurs blessés.
- Bruno à Llamby, je largue la 4
Quelques instants plus tard, la compagnie Douceur est larguée au plus prés du sol, aussitôt dégrafés, les paras s’élancent au combat.
Les Djounouds se sont éparpillés par petits groupes de 3 ou 4, ils se cachent dans le creux des dunes, sous les buissons, leurs tirs sont très précis et plusieurs paras tombent, touchés à mort.
Dans le désert, les Mat 49 s’enrayent rapidement, mais les grenades a fusil font des merveilles, peu à peu le capitaine Llamby resserre l’étau sur la bande qui va être exterminée après un combat de plusieurs heures
En fin d’après midi, il rend compte à Bigeard.
- Affaire terminée, 49 fells au tapis, 10 prisonniers dont des déserteurs méharistes. Avons récupérés FM, 37 fusils, 2 PM, 1 poste radio, des vivres et des munitions, j’ai plusieurs blessés graves
Bigeard envoi les hélicos récupérer les blessés tandis que les paras commencent à interroger les prisonniers.
Le combat a coûté 8 tués et 13 blessés aux 3ème et 4ème compagnie, parmi eux, le lieutenant Roher et l’adjudant Sentenac ( médaillé militaire à 20 ans et chevalier de la légion d’honneur, prisonnier à Dien Bien Phu, évadé.)

Dans les jours qui suivent, le combat de Hassi Rhambou va permettre l’arrestation de plusieurs membres de l’organisation politique FLN et la récupération de quelques armes dans des caches.
Dans ce coin perdu du grand sud saharien, ou l’on vivait encore comme au temps de la colonisation algérienne, Bigeard démontre que le FLN est partout et préparait le contournement du barrage par les pistes sahariennes pour renforcer les katibas internes.
Il reçoit un message de félicitation, mais avec le pif qui le caractérise et fait de lui un merveilleux chef de guerre, Bruno ne se laisse pas endormir par la gloire et pressent que la bataille de Timimoun n’est pas encore terminée, il reste à retrouver l’autre partie de la bande et le reste des déserteurs et à démanteler l’organisation politique du FLN.

Combat à Hassi Ali
Pour gagner le second round, Bigeard va comme toujours rechercher le renseignement, le 3ème RPC s’attaque aux filières logistiques de l’ennemi. Bruno lance ses paras mais aussi les unités du secteur, notamment la 4ème Compagnie Saharienne Portée de Légion étrangère (4ème CSPL) dans de multiples opérations de contrôles, coups de main, embuscades aux points d’eau et dans les palmeraies.

Peu à peu le capitaine Petot (officier de renseignement OR) tisse sa toile par une multitude de petits renseignements qui permettent l’arrestation de suspects et de là partent sur de nouveaux interrogatoires.
En dépit de cette activité intense, aucun renseignement n’est obtenu sur la bande recherchée. Les hélicos s’usent dans les vents de sable et cassent prématurément leurs moteurs, il faut en réclamer le remplacement à Oran. Le soucis d’approvisionnement en vivres, essence et munition est constant.

Bien que rien ne le confirme, Bigeard sent que la bande se trouve vers les puits de Hassi Slimane et Hassi Merhizine. Mais ces 2 points sont à 300 km de Timimoun et à 150 km de Beni Abbes. Il lui faut trouver une base avancée pour intervenir dans cette zone.
Ce sont les pétroliers qui vont résoudre sont problème, ils lui indiquent que Hassi Bou Khelala dispose d’une piste d’aviation pour ses Junkers 52 et que la piste partant du nord, vers Beni Ounif, est praticable par les camions.
Bigeard consulte son adjoint Aviation, le commandant Brunet, et se décide à tenter son grand coup.
Il va installer une base avancée à Hassi Bou Khelala et y faire acheminer sa logistique et son essence par un vaste mouvement en camions qui fera le grand tour, par Béchar et Beni Ounif, pour se rabattre plein sud. Dés que cette base sera installée, il lancera la 4ème CSPL sur Hassi Slimane.

Le 3 décembre, les compagnies Subregis et Douceur sautent sur Bou Khelala et a 11h les Junkers 52 suivis des hélicos se posent sur la piste. A 11h30 arrivent les 2 Pipers. Pendant ce temps les camions bourrés d’essence de vivre et de munitions font le grand tour prévu.

Le 4 décembre, la 4ème CSPL fonce sur Hassi Merhizine ou les légionnaires découvrent des stocks de vivres, abattent 2 rebelles et fait 5 prisonniers. Ils découvrent également le corps d’une des victimes de l’embuscade du 8 novembre. Mais rien comme indices sur la présence de la bande.

Le doute s’empare de l’état major du 3ème RPC, face au désert et aux conditions météo épouvantables pour les machines, les paras se demandent s’ils irons au bout de leur mission et craignent d’avoir étés présomptueux en se lançant ainsi à l’assaut du Sahara.

Mais Bigeard à confiance en son étoile, en son pif et en ses hommes, il sait que les rebelles éprouvent autant, voir plus, de difficultés. Il sent que tôt ou tard, les fellaghas feront une erreur.
Il maintient donc son dispositif original et attend en espérant que le matériel tienne. On lui apprend que 2 hélicos ont étés contraint d’atterrir de force pour panne de moteur, il fait héliporté la compagnie Subregis afin de garder les appareils.
En revanche, le 66 décembre son essence arrive à bon port.

Le 7 décembre à 11h30, un Piper de reconnaissance signale la présence d’un homme camouflé au sommet d’une dune au nord de Hassi Ali. Bruno réagit : Voilà l’erreur qu’il attendait.
Bigeard décolle avec son PC, c’est en l’air qu’il donnera ses ordres.
14h30, guidé par le Piper, l’escadron est héliporté à Hassi Ali, suivi du largage de la compagnie Planet qui est prise à partie par les tirs rebelles dés sont arrivée au sol.
16h Bigeard se pose au PC de Planet et apprend que toute ses sections sont au contact. Les paras encerclent les petits groupes de fellaghas qu’ils réduisent au PM et à la grenade dans une manœuvre parfaite.
17 h, le combat cesse faute de combattants. 35 Fellaghas gisent au sol, 3 sont faits prisonniers. 1 FM, 15 fusils, 1 PM ainsi que 2 tonnes de vivre.
Triomphants les paras ramènent les 70 chameaux de la compagnie méhariste.

Une fois de plus Marcel « Bruno » Bigeard à triomphé à la tête de son 3ème RPC, ca sera la dernière victoire. alors que tout le monde le voyait fini. Ses méthodes lui vaudront d’être reconnu par les plus farouches partisans de la guerre classique (et inefficace). On lui retire le commandement du 3ème RPC et on lui donne l’école de guerre subversive Jeanne d’Arc à commander pour apprendre ses méthodes aux autres.

Sources :
La saga des paras, Général Gaget
La guerre d’Algérie, vol 2, le temps des léopards, Yves Courrière


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MessagePosté le: Sam 2 Avr - 21:05 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Fréderic le Grand


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MessagePosté le: Dim 3 Avr - 09:01 (2011)    Sujet du message: Le 3ème régiment de parachutistes coloniaux à Timimoun. Répondre en citant

Sacré Bruno !
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"En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire"
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