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France en Guerres
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Pierre PUCHEU
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MessagePosté le: Jeu 10 Juil - 22:54 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

Il a son protrait dans "les acteurs", Roro... On a déjà évoqué ce malheureux exécuté sur ordre des communistes à De Gaulle qui ne poiuvait rien leur refuser.
Mais le grand coupable ce fut surtout Giraud qui laissa faire alors qu'il s'était engagé à l'intégrer dans l'Armée d'Afrique
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MessagePosté le: Jeu 10 Juil - 22:54 (2008)    Sujet du message: Publicité

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lebel


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MessagePosté le: Jeu 10 Juil - 23:51 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

Les communistes avaient de bonnes raisons d' en vouloir à Pucheu , il avait communiqué aux allemands une liste de 61 noms d'internés de Chateaubriand , tous communistes ;27 de ceux ci furent fusillés 
             Cette preuve n'a été apportée qu'à la Liberation , elle avait été retirée de l'acte d'accusation , lors du procés


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MessagePosté le: Ven 11 Juil - 08:56 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

Mais Pucheu avait de bonnes raisons de "livrer" cette liste ! S'il ne l'avait d'ailleurs pas fait, les Allemands se seraient servis eux-mêmes... Mais dis moi, qui les avait mis en taule ? Ce n'était pas un certain Daladier ? Tu sais que le camarade Thorez était porté "déserteur en temps de guerre" et qu'il aurait mérité le peloton... Les communistes n'étaient que des traitres et n'obéissaient qu'aux ordres de Staline. Pucheu lui, se battait pour la France, peut-être dans ce qui fut en septembre 44 le "mauvais camp"... Mais nous sommes là en 42/43...
Pucheu était venu en Algérie pour se battre contre les Allemands ! On pouvait le mettre dans une unité "risquée", où il avait 9 chances sur 10 de se faire trouer la peau ! Mais encore une fois la vengeance des cocos passait pour "Raison d'Etat" !
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MessagePosté le: Sam 12 Juil - 19:31 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

Giraud n'avait, malheureusement plus l'autorité nécessaire ! De Gaulle était arrivé, avec ses ambitions et surtout "ses amis" communistes qui commençaient à lui dicter leurs ordres...

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MessagePosté le: Dim 13 Juil - 10:13 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

Et parmi ces ordres, celui d'assassiner Giraud ! On n'en parle pas souvent de cette tentative de meurtre qui échoua par miracle ! Pourtant un pauvre type de Tirailleur algérien en paya le prix en étant fusillé dans les 48 heures...
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Maréchal


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MessagePosté le: Lun 14 Juil - 10:14 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

Giraud a failli y laisser la peau, mais tout de même, il aurait pu avoir l'autorité nécessaire pour sauver la vie de Pucheu ! Là il a vraiment baissé le froc devant un "général" de grade infèrieur. Et le pire c'est que c'était pas fini !
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Notre vie est- un voyage
Dans l'hiver et dans la nuit,
Nous cherchons notre passage
Dans le Ciel où rien ne luit.

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Briard
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MessagePosté le: Sam 25 Oct - 14:56 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

lebel a écrit:
Les communistes avaient de bonnes raisons d' en vouloir à Pucheu , il avait communiqué aux allemands une liste de 61 noms d'internés de Chateaubriand , tous communistes ;27 de ceux ci furent fusillés               Cette preuve n'a été apportée qu'à la Libération , elle avait été retirée de l'acte d'accusation , lors du procès




Faux et ça aussi tu le sais pertinemment !!

Que disait l'un des plus proches collaborateurs londoniens de  De Gaulle,  le chef de ses "services secrets" le colonel Passy :

<<  Il m'a été donné d'assister personnellement à une séance du procés Pucheu.... J'en suis sortie écoeuré... Je réalisai  pleinement d'un seul coup, comme par une gifle étourdissante, que ce monde meilleur, rénové, par la souffrance et le combat en commun, auquel nous avions rêvé etait mort avant que d'éclore. >>

Et les juges, deux magistrats et cinq généraux, ne devaient pas être loin de penser la même chose. Ils avaient condamner à mort, mais parfaitement au courant d'une tradition de la Justice militaire qui avait toujours été respectée, ils avaient émis le voeu que leur sentence ne soit pas exécutée.


Aux avocats de Pierre Pucheu venus lui demandait sa grâce, De Gaulle répondait :

<< Je garde mon estime à Pucheu; faites lui savoir que je suis persuadé que ses intentions étaient bonnes; qu'il était sincére. >>
Il décide tout de même de le faire fusiller, non en raison de la sentence prononcée contre lui dont les juges avaient demandé qu'elle ne soit pas exécutée,, mais comme il l'avoue lui même :  Pour raison d'Etat

Essayer 63 ans aprés de vouloir justifier cet assassinat politique par des mensonges ne vous grandit vraiment pas !!

 Vous avez dit "révisionisme" !!
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Fuis les éloges, mais essaie de les mériter.
F Fenelon


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Roro


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MessagePosté le: Sam 25 Oct - 17:47 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

Que veux-tu,certains c'est leur nature!

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le droit d'écrire tout ce qu'il pense...
à condition,toutefois,de ne penser que ce qu'il
a le droit d'écrire!"


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lebel


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MessagePosté le: Dim 26 Oct - 01:37 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

    Mon pauvre Briard ,tu nies l'evidence même 
       Il a été prouvé que Pucheu ,ministre de l'interieur , farouchement hostile par ailleurs  aux Resistants  sera l'instigateur de Sections Speciales et il usera de toute son autorité pour designer , exclusivement , les otages communistes aux represailles allemandes   ......il arguera de son souci d'epargner les vrais français !
   Aprés l'assassinat de Moser , les allemands menaçant d'executer 100 otages , ils commence à leur designer six communistes ( emprisonnés pour de simples infractions ) , il mettra tout en oeuvre pour bloquer leur demande de grace , ils seront guillotinés 
   C'est lui meme qui selectionnera les otages communistes fusillés à Chateaubriand , mais son implication , qu'il niera , ne sera pas retenu à charge ...........la preuve sera fourni dés la Liberation , le 19 octobre 44 , par François de Menthon , alors ministre de la Justice :

De plus ces otages furent désignés par des officiers de la Wehrmacht, qui en été indigné par le nombre d'opérations de cette nature qu'ils avaient  alors à assumer, et ils avaient mis un point d'honneur à en prendre seuls la responsabilité. Et c'est pour l'assassinat du Colonel Holz chef de la Kommandantur de Nantes par un commando  de communistes télécommandé par le komminter.

Ces documents, adressés par le sous-préfet de Châteaubriant, Le Cornu, à la Kommandantur, disent que le ministre de l’Intérieur, Pucheu, désigne à l’occupant allemand les internés communistes à fusiller comme otages.]  .


« Il est certain, écrit le général Giraud dans Un seul but : la victoire, que si j’avais connu ces terribles documents plus tôt (ceux qui attribuent à Pucheu la désignation des otages), je n’aurais pas autorisé Pierre Pucheu à venir en Afrique du Nord. » 


Giraud , dont la constance n'etait pas la qualité première , lachera son protégé , des  son arrivée au Maroc ,  et s'entendra avec les communistes , qui avaient de bonnes raisons d' en vouloir à Pucheu :


 Le colonel Paillole, alors chef du contre-espionnage des services spéciaux dépendant de Giraud, rapporte une étrange démarche qui eut lieu la veille de la déposition du général Giraud au procès Pucheu :
            « La veille de la déposition du général Giraud, trois députés communistes, membres de la commission de la Défense nationale, dont M. Pourtalet, se sont rendus au palais d’Été pour tenter d’exercer une pression sur le commandant en chef. Avec le colonel Rivet, je sortais de chez le général Giraud, auquel nous étions venus rendre compte de l’état des pourparlers sur la fusion des services spéciaux (dépendant de Giraud) avec la BCRA (SoustellePassyPélabon) ; c’est alors que nous avons rencontré cette délégation communiste dans la cour de marbre du palais d’Été.
            » Les députés communistes nous disent bonjour. Quelques propos sont échangés à propos de cette fusion (car les élus communistes sont membres de la commission de la Défense nationale, laquelle a voulu arbitrer le différend entre les services deGiraud et ceux de de Gaulle dans cette affaire de fusion). Puis nos interlocuteurs annoncent qu’ils sont prêts à soutenir le point de vue du général Giraud dans cette affaire, mais que leur attitude sera déterminée par celle même du commandant en chef lors du prochain procès Pucheu. S’il accable Pucheu, comme ils le souhaitent, alors Giraud pourra compter sur eux.
            » Le député Pourtalet conclut ces propos en disant : « Nous attendons du général Giraud un acte de républicanisme éclatant et décisif pour que nous puissions dire aux Français : c’est un vrai républicain. Nous attendons cette attitude de sa part pour pouvoir le soutenir à fond dans cette affaire des services spéciaux comme dans toutes les autres… »


Plein d'amertume envers Giraud , Pucheu lui ecrira de sa prison :


« Quoi qu’il en soit, c’est vous qui m’avez fait revenir en Afrique dans des conditions auxquelles vous avez dérogé, après les avoir vous-même fixées. Devant moi, devant ma famille, devant mes amis, c’est vous qui êtes responsable de mon sort et de mon honneur… Je ne vous demande aucune pitié, je ne vous demande aucune faveur, je vous demande justice et le respect de la parole que vous m’avez donnée. 




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Roro


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MessagePosté le: Dim 26 Oct - 08:33 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

La vérité sur les Sections spéciales:

1) Balayer devant sa porte.

Tout d'abord,je resterai sur la défensive en soulignant que, dans cette affaire,
vous êtes un lointain écho de la voix de Bénazet qui, sur les ondes de la radio
gaulliste de Brazzaville,s'époumonait contre les juridictions d'exception créées
par Vichy et accusées de rendre une justice expéditive.
P.Henriot lui répondit le 6 mars 1944.
Dans son éditorial rédigé après la découverte non loin de Bonneville(Hte Savoie),
d'une fosse commune contenant les corps de huit policiers abattus d'une balle
dans la nuque,il lança:" Benazet sait bien qu'après arrestation par la police ou
la Milice,d'individus ayant participé à un attentat,seuls sont soumis aux cours
martiales ceux pour lesquels le flagrant délit est constaté.
Les autres sont renvoyés devant des juridictions normales.
Bénazet voudrait faire croire qu'il n'y a plus en France de tribunaux réguliers
et il proteste avec véhémence contre cette manière de procéder à un rapide
interrogatoire,de juger séance tenante et d'exécuté aussitôt.
Dommage que Bénazet ne demande pas à ses assassins du maquis de procéder
eux aussi,à un jugement en règle,avec avocats,plaidoiries et paperasse,au lieu
d'abattre des gens par derrière,de les surprendre au milieu de leurs familles,
de les enlever et de les tuer.
Bénazet ne songe pas au sort des policiers de Bonneville.
Quelle garantie de justice ont-ils trouvé,ceux-là?
Quels tribunaux régulièrement constitués les ont jugés?
"Aucun membre de l'ordre judiciaire,aucun officier de l'armée règulière ne figure
dans ces cours martiales",s'écrie Bénazet.
Et dans les cours martiales illégales que vous avez instituées,où sont-ils
les membres de l'ordre judiciaire,les officiers de l'armée règulière dont vous
réclamez la présence pour les vôtres?
Comment ont-ils pu se défendre,ces malheureux qui étaient en service
commandé,dont certains venaient des villes bombardées?
Ils étaient plusieurs de Nantes,où ils avaient peut-être tout perdu et qui
n'avaient pris aucune part à aucune action contre vos amis.
Vous les avez enlevés,jugés et tués à huit-clos,sans débats,sans avocats,
sans juges.N'étaient-ils pas des Français,eux aussi"
?

(Voy."Un Katyn français",l'éditorial de P.Henriot prononcé le 6 mars 1944 à 12h40;publié
dans Editoriaux prononcés à la radio par Philippe Henriot,n°4,28 février au 6 mars 1944,pp.56-7)


Le 10 décembre 1943,déjà,après l'assassinat de Maurice Sarraut
(rédacteur en chef du Cri du Peuple), Gringoire avait lancé:

" Sa mort,entend-on dire,est un avertissement.Un avertissement à quoi,
donné par qui? Où est-il écrit que certains ont le droit de s'ériger en
juges et en justiciers? Et que peuvent penser les honnêtes gens de
toutes les opinions,si leur sort est lié à l'on ne sait quel verdict
anonyme,confié à d'obscurs et sanglants exécuteurs"
?

(Voy.Gringoire,10 décembre 1943,p.1).

Plus tard,P.Henriot dénonça une nouvelle fois ces exécutions
sommaires en expliquant:

" On n'a,bien entendu,ni recours,ni loisir de se justifier,puisque
c'est par traîtrise qu'on est abattu et qu'on ne voit jamais
son ennemi en face."


( Voy."Quand Bénazet réclame des listes.",publié dans Editoriaux prononcés à la radio par
Philippe Henriot
,n°7,p.16).


2) Appliquer les principes que l'on prône

A cela,j'ajouterai que durant l'été 1944,les gaullistes revinrent dans les
fourgons anglo-américains et prirent le pouvoir pour,dirent-ils,garantir
la dignité humaine,les Droits de l'Homme,la Justice,que sais-je encore...
Or,quand on prétend défendre de tels principes,on les applique en premier
lieu à ses adversaires,sans quoi on ne vaut finalement pas mieux qu'eux
( ou,plus exactement,que l'image dont on se fait d'eux.).
Cette vérité,P.Laval la rappela lorsque,le 4 octobre 1945,il lança aux membres
de la Haute Cour:

" Je vous demande de donner à la France et à la Justice son vrai
visage.Si vous me traitez comme on traitait les Français sous
l'occupation,alors qu'auriez-vous à me reprocher"
?
(Voy.Le procès Laval...,p.95).

C'était le bon sens même.Or,il est indéniable qu'après les assassinats
commandés depuis Londres,Alger ou Brazzaville,la plupart des "procès"
de l'Epuration furent des sinistres comédies dictées principalement par la
volonté de vengeance.
Par conséquent,les gaullistes et leurs amis sont donc mal placés pour juger
la justice de Vichy,quelle qu'elle ait été.

Vous "oubliez" l'Occupation...

Voilà pour l'argument défensif.Maintenant,je passe à l'offensive.
Peut-être serez-vous tenté de voir dans la dernière déclaration de P.Laval,
un aveu de culpabilité au sujet des événements survenus sous l'Occupation.
Vous auriez tort,car avant de lâcher ces mots,l'accusé avait rappelé:

" Hier,il y avait en France des gens que je n'avais pas appelés et que
d'autres,par leur folie et leur maladresse,par leur inexpérience,avaient
attirés:ce sont les Allemands."
(Ibid.,p.95).

Eh oui,cher Bel-Aimé: en invoquant les "Sections Spéciales" pour tenter
de justifier le crime judiciaire commis après la "Libération" contre
P.Laval (et,de façon plus générale,contre bon nombre de collaborateurs),
vous comparez ce qui n'est pas comparable.
Vous oubliez en effet qu'entre 1940 et 1944,il y avait,en France,un
Occupant engagé dans une lutte à mort contre une formidable coalition.
Comme l'a écrit l'ancien Ministre de la Justice sous Vichy,
Joseph Barthelémy :

" La plupart de ceux qui critiquent le gouvernement de Vichy
oublient toujours ce fait qui a une singulière importance:
la France était occupée par une autorité sans ménagements"


( Voy.J.Barthélemy,Ministre de la Justice,Vichy 1941-1943.Mémoires(éd.Pygmalion,Paris,1989,
p.249).


....et la guerre civile

Et,surtout,vous "oubliez" que sur le territoire français des individus
menaient la pire des guerres qui soient:une guérilla contre l'Occupant
associée à une guerre civile contre une partie des citoyens.

Juin 1941: le retournement des communistes

Les véritables ennuis commencèrent après l'invasion préventive de l'URSS,
le 21 juin 1941.
De "super-collabos",les communistes devinrent de "super-Résistants",
c'est-à-dire " super-hors-la-loi".
Suite aux premiers attentats,l'amiral Darlan demanda à M.Chavin,alors
Secrétaire général à la Police au ministère de l'Intérieur,l'élaboration d'une loi
spéciale contre les "menées anarchistes et communistes".
Destiné à "soulager les Conseils de Guerre", ce texte devait prévoir:

-l'"aggravation très sévère des peines prévues pour la répression des menées
antinationales,pouvant aller,dans certains cas,jusqu'à la peine capitale"

- l'"institution d'une juridiction d'exception" *
Différentes réunions suivirent qui aboutirent,le 11 août 1941,à la rédaction
d'un projet de loi pour la création de "Sections spéciales" chargées de
réprimer des menées communistes. **
On le voit,les autorités ne conféraient pas à cette affaire un caractère de
première urgence.
Mais les événements des jours suivants allaient tout précipiter.

*(Voy.J.Bartélhemy,op.cit.,p.457.Voy.également les sténotypies du "procès de Georges Dayras
devant la Haute Cour les 14 & 15 mars 1946.Consultables à la BDIC sous la cote:F Res 334/40/1-2
Audience du 14 mars 1946,pp.29-30)

**(Voy.Le "procès Dayras,déjà cité,p.7)

Premiers heurts graves,premières exécutions

Le 16 août 1941,lors d'une manifestation communiste organisée à Paris
gare Saint-Lazare puis sur les grands boulevards,porte de Saint-Denis,
des coups de feu furent échangés avec la Police.
On releva six morts,dont deux Allemands. *
En guise de réponse,l'Occupant annonça le 19 août qu'il avait fait fusiller
deux manifestants arrêtés lors des échauffourés.(Ibid.,p.310).

L'assassinat de l'aspirant Moser,la réaction allemande

Deux jours plus tard,l'aspirant de marine Moser fut abattu dans le dos à la
station de métro Barbès-Rochechouart.
Cet assassinat mis le feu aux proudres...
Le lendemain,un officier allemand convoqua Jean-Pierre Ingrand,le chef de
l'échelon administratif du ministère de l'Intérieur à Paris.
En juin 1945,celui-ci raconta:

" Cet officier me reçut avec beaucoup de violence et de vivacité et me
déclara qu'il m'avait convoqué pour me charger d'une communication
extrêmement urgente au ministère de l'Intérieur,à Vichy.
Il m'indiqua qu'à la suite de l'attentat commis contre l'officier allemand,
la réaction allemande était extrêmement vive.
Il précisa qu'une centaine d'otages seraient prélevés dans les différentes
prisons de Paris et que la majorité d'entre-eux,au moins cinquante,
a-t-il ajouté,seraient exécutés,ajoutant ce détail abominable que,
pour frapper davantage la population française,leurs corps seraient
exposés sur la place de la Concorde.Il indiqua que ces mesures seraient
prises,à moins que le gouvernement français ne manifeste lui-même sa
volonté de réprimer dès le début ces attentats en prenant lui-même des
mesures de répression comportant des exécutions capitales,une douzaine,
a-t-il dit."

(Voy:les sténotypies du procès des Sections spéciales,15 juin 1945,consultables à la BDIC sous
la cote F Res 334/70,fasc.2,p.82.J-P Ingrand rendit ensuite compte de son entrevue à
Georges Dayras,alors secrétaire gén"ral au ministère de la Justice à Vichy.A son procès ce dernier
raconta: "J-P Ingrand me déclara que le commandant allemand avait eu une réaction
extrêmement violente à l'annonce de cet attentat,que le Grand Quartier Général avait
été saisi de la question et qu'Hitler lui-même avait pris en mains la question,que les
autorités allemandes avaient décidé de procéder à des mesures de représailles
extrêmement sévères:100 otages seraient désignés immédiatement,dont une première
serie de 50 seraient exécutés.Et il ajoute ce détail abominable,c'est que leurs corps
seraient exposés sur la place de la Concorde,pour frapper les populations.
Il ajoute que ces mesures seraient prises,à moins que le Gouvernement français ne
prenne lui-même l'initiative de mesures de répression,comportant les exécutions
capitales au nombre d'une douzaine environ.
Il ajouta que la réponse du Gouvernement français devait être donnée dans un délai
extrêmement bref,le lendemain,dans la journée,et que les exécutions devaient avoir
lieu dans un délai très rapide,qui expirait,il me semble me le rappeler,le 28"

( Voy.les sténotypies du procès de Georges Dayras,déjà citées,p.94)
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à condition,toutefois,de ne penser que ce qu'il
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Roro


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MessagePosté le: Dim 26 Oct - 08:38 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

Dilemme tragique à Vichy

L'ancien Garde des Sceaux Maurice Gabolde souligne qu'à Vichy,cette situation
fut vécue comme un " dilemme tragique":

"Du point de vue des autorités françaises,il aurait mieux valu laisser l'Occupant
exercer des représailles,mais que de familles en deuil et quel drame de
conscience!"

( Voy.le témoignage de l'ancien Garde des Sceaux Maurice Gabolde,publié dans
La vie de la France sous l'occupation,1940-1944,document recueillis par le Hoover Institute,
tome II (éd.Plon,1957,p.625).

La situation était d'autant plus terrible qu'il fallait se décider vite.
L'Occupant avait laissé aux autorités françaises un délai de 24 heures.
Le 23 août,d'ailleurs,afin probablement d'exercer une pression sur Vichy,il annonça
qu'il considérait désormais comme otages tous les prisonniers français entre ses mains
et qu'en cas de nouvel attentat,il en exécuterait autant que nécessaire.

( :" Le 23 août,l'autorité allemande annonce qu'on va considérer comme otages tous les
prisonniers français qui sont aux mains des Allemands et qu'on exécutera,si un nouvel
attentat se produit,autant d'otages que le voudra l'importance de l'attentat")

( Voy.les sténotypies du procès de Georges Dayras,déjà citées,pp.31-2).

Vichy obtempère

Finalement,les autorités françaises choisirent d'obtempérer.
A Paris,J-L Ingrand reçut un appel téléphonique du ministre de l'Intérieur lui
ordonnant ce qui suit:

"avertir l'officier allemand que le Gouvernement,après s'être réuni en conseil
des ministres restreint sous la présidence de l'amiral Darlan,avait décidé,pour
éviter des représailles allemandes massives,d'accepter cet ultimatum et de
procéder à des exécutions capitales,à la condition expresse que les autorités
allemandes renoncent à toutes représailles collectives contre la population."


Un texte hâtivement ressorti

Rue de Grenelle,des magistrats se réunirent pour porter la dernière main au texte de
loi sur la création des "Sections spéciales".
Le projet fut ensuite transmis à l'avocat général Victor Dupuich,qui assurait l'intérim
au Parquet général,et à M.Gabolde.Celui-ci raconte:

" On nous communiqua un texte de loi dactylographié sur papier pelure,en nous
informant qu'il était définitif et serai publié au Journal Officiel.
On nous le soumettait afin d'examiner s'il ne contenait pas d'hérésies juridiques,
en vue de modifications de détail.
Je signalai des dispositions peu conformes en ce qui concernait la procédure de
contumace et les notaient sur un papier au crayon.
L'économie de ce projet de loi était la suivante:il était créé dans chaque cour
d'Appel une "Section" dite spéciale composée de magistrats de ladite cour,qui
jugerait en dernier ressort et sans recours en Cassation les crimes d'inspiration
terroriste.
Les juges pourraient prononcer toutes les peines prévues par la loi,y compris la
peine de mort.
Les circonstances atténuantes étaient inapplicables.
La loi était rétroactive.
C'était un texte inspiré manifestement de la tradition de la période de la
Grande Révolution."


( Voy.les sténotypies du procès de Georges Dayras,déjà citées,p.125.Dans ses mémoires et dans
les réponses qu'il fit aux enqêteurs en 1944,peu avant sa mort, J.Barthélemy fut très sévère avec
l'amiral Bard et déclara:" J'ai la conviction que Bard a fait tout ce qu'il pouvait faire pour établir
une juridiction aussi répressive que possible."
)
( Voy.J.Barthélemy,op.cit.,pp.459-60).


Une loi rétroactive

Le 24 août 1941, la loi parut avec la clause rétroactive comme
"loi du 14 août 1941"
Mais il fallait à présent constituer cette première "Section spéciale" qui
devait sièger pour condamner à mort six communistes.

A la recherche d'un Président

Sans surprise,aucun magistrat ne souhait être désigné pour cette tache ingrate.
Le 25,une réunion eut lieu au Ministère de la Justice à Paris,présidée par
Joseph Barthélemy ( alors Garde des Sceaux) qui était venu spécialement de
Vichy à cet effet.
"On pressentit le Président Jean Cournet,qui se déroba" , se souvient
M.Gabolde.
En 1945, J.Cournet raconta:

"Le Garde des Sceaux s'est animé en me disant:qu'il comprenait mon
refus,dans des circonstances normales,mais qu'actuellement la
situation était très grave,que cette situation avait amené le
gouvernement à promulguer des dispositions exceptionnelles et que le
le Ministre de l'Intérieur lui avait dit que s'il n'y avait pas d'exécutions
immédiates,il y aurait un certain nombre d'otages pris dans tous les
milieux qui seraient arrêtés et conduit à la mort."


(Voy.le procès des Sections spéciales,déjà cité,fasc.2,pp.54-55).

A la "Libération", J.Cournet fut considéré comme un homme
courageux,héroïque...J.Barthélemy répondit:

" Il ne faudrait pas trop exagérer le mérite d'un pareil refus:
le vrai courage aurait consisté à accepter et ensuite à juger
suivant sa conscience."

(Voy.J.Barthélemy,op.cit.,p.


Michel Benon accepte par devoir

Le choix se porta alors sur le Président Benon,un " glorieux ancien combattant
de la 1ère guerre mondiale,qui se sacrifia à ce devoir patriotique"
*
La mort dans l'âme,il dit à M.Barthélemy:

" C'est entendu,Monsieur le Garde des Sceaux,vous pouvez compter
sur mon dévouement,et j'accepte."
**

Le 26, les noms des magistrats composant cette "Section spéciale" furent
publiés au JO.
Il s'agissait de Michel Benon,Président,Robert Baffos,
Paul Larricq,Maurice Cottin et M.Linais assesseurs,Léon
Guyenot,représentant le Ministère public.

*( Voy.le témoignage de M.Gabolde publié dans La vie de la France sous l'occupation,déjà
cité,p.626).

**( Voy.les sténotypies du procès de Georges Dayras,déjà citées,p.130).


Le choix des futurs condamnés

Restait à désigner les accusés,c'est-à-dire les futurs condamnés à mort.
Témoignant au procès Dayras en 1946,V.Dupuich souligna que les magistrats
de la "Section spéciale" n'avaient pas agi arbitrairement,mais avaient
au contraire:
" décidé du choix des personnes qui leur paraissaient
particulièrement compromises dans les dossiers dont
ils avaient eu connaissance."


(Voy.les sténotypies du procès Georges Dayras,déjà citées,p.130).


Des peines disproportionnées

La "Section spéciale" siègea le 27 août,veille de l'expiration de l'ultimatum fixé
par les Allemands.
A son procès,en juin 1945,M.Benon déclara:
"Jamais les magistrats ne se sont trouvés devant un cas
de conscience aussi tragique"
*
Car les hommes qu'ils devaient condamner à mort ne méritaient évidemment
pas un tel châtiment.
Aucun d'eux n'avait de sang sur les mains;tous étaient poursuivis (ou déjà
condamnés) pour des délits mineurs qui,même dans le climat de l'époque,
méritaient au plus quelques années d'emprisonnement.
La preuve:en première instance,devant un tribunal correctionnel,Jean Bastard
et André Trysbicki avaient été condamnés à respectivement deux et cinq ans
de prison,le premier pour activités pro-communistes et distribution
" de tracts de tendance communiste", **
le deuxième " pour infraction à un arrêté d'expulsion,fausse déclaration
d'état civil pour dissimuler sa véritable identité en faisant usage de fausses
pièces d'identité.Trysbicki avait été expulsé de France quelques mois
auparavant.Il avait cru bon d'y revenir."

( Voy.Ibid.,fasc.1,pp.61-2 et "exposé des faits",p.6.Un juif expulsé de zone occupée et qui y
revient en fraude!).

*:Ibd.,fasc.1,p.62.Certes,J.Bastard était connu de la Justice.Au procès des Sections spéciales,
le Président déclara: " Ses antécédents,il faut le reconnaître,n'étaient pas très bons"(Id.).
Et pour cause:il "était titulaire de huit condamnations anciennes dont une pour exercice du
métier de souteneur,une pour vols qualifiés,et six pour infraction à interdiction de séjour"

(Ibid.," exposé des faits",p.6)
_________________

"La France est un pays de liberté où chacun a
le droit d'écrire tout ce qu'il pense...
à condition,toutefois,de ne penser que ce qu'il
a le droit d'écrire!"


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Roro


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MessagePosté le: Dim 26 Oct - 08:42 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

"Seulement" trois condamnations à mort...

La Section spéciale siègea à partir de 9 heures.
Les trois premiers accusés,J.Bastard,André Brechet et A.Trysbicki furent
condamnés à la peine capitale.
Mais par la suite,les juges,qui n'en pouvaient plus,refusèrent d'envoyer
d'autres inculpés à la mort.
Lucien Sampaix,qui diffusait l'Humanité clandestine à des milliers
d'exemplaires,fut condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Trois autres prévenus se firent infliger des peines d'emprisonnement beaucoup
plus légères. *
Quant aux deux derniers accusés,MM.Guyot et Vogt,leurs cas furent
renvoyés Sine die. **
Lors d'un entretien qu'il eut peu après avec le Garde des Sceaux,M.Benon
obtint que plus aucune condamnation à mort ne soit prononcée.
A son procès,il raconta:

" J'ai signalé au Garde des Sceaux dans quelle atmosphère tragique
nous avions dû sièger.Je lui ai signalé nos scrupules.
Je lui ai indiqué qu'il était impossible de sièger dans des conditions
semblables.
C'est à la suite de cela que le Garde des Sceaux m'a déclaré que,
dorénavant,il ne serait plus requis de condamnation à la peine
capitale devant la "Section spéciale".

(Voy.les sténotypies du procès des Sections spéciales,déjà citées,fasc.1,p.77).

*(:Neuf affaires furent jugées le premier jour,donnant des condamnations allant d'un à deux ans
de prison à la peine capitale(Ibid.,fasc.1,p.76),Voy. également les sténotypies du procès de
Georges Dayras,déjà citées,p.9,46 et 131).

**( :invité en juin 1945 à s'expliquer sur ce renvoi,M.Benon déclara:"Nous avions siégé de
9 heures à 19h30.Il était impossible de sièger davantage."
(Ibid.,fasc.1,p.79).


L'Occupant réclame trois autres victimes...

L'ultimatum allemand expirant le lendemain à 10 h,au moment des funérailles
de l'aspirant Moser,les recours en grâce présentés par les trois condamnés
à mort furent rejetés télégraphiquement de Vichy et les trois exécutions
eurent lieu le 28 à l'aube,à la prison de la Santé.
Mais l'Occupant n'était pas satisfait:Vichy avait promis six condamnations
à mort et la Section spéciale" n'en avait prononcé que trois.
Le 3 septembre,les autorités allemandes protestèrent et exigèrent trois
nouvelles victimes. *
Ne voyant rien venir,le 12,Stulpnagel donna jusqu'au 23 septembre pour
arriver à six exécutions.(Id).
Dans l'incapacité de se dérober,un Tribunal d'Etat formé à Paris prononça
trois nouvelles condamnations à la peine capitale,celles de MM.Guyot,Vogt
et du député communiste Catelas. **
Les exécutions eurent lieu le 24 septembre.

*(Voy.les sténotypies du procès de Georges Dayras,déjà citées,p.62).

** (Voy.les sténotypies du procès des Sections spéciales,"exposé des faits",p.7 et fasc.1,p.136).


Vichy a voulu limiter le mal...

Je me suis attardé sur le sujet pour bien montrer qu'en 1941,les autorités
de Vichy ont créé puis fait fonctionner les "Sections spéciales" la mort dans
l'âme,dans une situation tragique dont elles n'étaient nullement responsables
tentant l'impossible pour dimunier les souffrances du peuple Français.
M.Gabolde précise d'ailleurs:

" La loi fut ultérieurement appliquée en zone libre,les condamnations à mort,
rarement prononcées,concernèrent des assassins qui,en temps normal,
auraient encouru la même peine devant le Jury,en Cour d'Assises."

(Voy.le témoignage de M.Gabolde publié dans La vie de la France sous l'occupation,déjà cité,
pp.626-7).

Citons également:
-Raoul Cavarroc,conseiller de la Cour de Cassation,qui témoignant au procès
des "Sections spéciales",déclara:

" Je dois dire qu'après,lorsque M.Larricq prit la présidence,de la section,
les condamnations furent de plus en plus légères,et que le Ministère
public avait pris l'habitude et la décision de ne requérir que l'application
des peines prévues par le décret Daladier du 16 septembre 1939,au
point que les autorités allemandes adressaient sans cesse des critiques
à ce qu'elles appelaient la faiblesse de la "Section spéciale".

(Voy.le procès des Sections spéciales,fasc.2,pp.47-49).

- J.Barthélemy qui,en 1944,écrivit:

" Au bout de très peu de temps,les choses se sont tassées.
Les Sections spéciales se sont montées parfois plus faibles
que les tribunaux correctionnels;elles ont prononcé huit mois
de prison là où un tribunal aurait prononcé cinq ans"

(Voy.J.Barthélemy,op.cit.,p.246).

Ainsi,dans l'affaire de "scandale de la Croix-Rouge"(large détournement
de colis de prisonniers pour les revendre au marché noir),les complices jugés
devant des tribunaux correctionnels furent lourdement condamnés alors que
l'accusé principal,livré au tribunal d'Etat ( un cousin des "Sections spéciales"),
fut....acquitté (ce qui fit scandale;Ibid.,p.250).

Pourquoi des peines parfois très lourdes ?

J'ajoute ceci:certaines personnes dénoncent la disproportion entre l'acte
et la peine,exemple:"une simple distribution de tracts était punie de plusieurs
années de prison"
. C'est exact.
Mais savez-vous ce qui,parfois,conduisait les magistrats à agir ainsi?
Au procès des Sections spéciales,un accusé qui avait présidé une de ces
juridictions d'exception expliqua:

M.LARRICQ: "...ça peut paraître surprenant,(mais parfois) les inculpés
avaient intérêt à être condamnés,parce que les prévenus qui étaient
condamnés ou qui étaient acquittés,ou bien qui n'avaient qu'une peine
infime,dès qu'ils avaient purgé leur peine étaient mis à la disposition
des Allemands.
Quelques fois,je m'entendais avec les inculpés.Je me souviens d'un nommé
Marcel Cordon,je savais qu'il serait très menacé par les Allemands et je
m'entendis avec ses avocats pour lui donner 4 ans d'emprisonnement.Pourquoi?
Parce que pendant ces 4 ans,en principe,on devait le laisser en exécution de
peine sans y toucher."

(Voy.le procès des Sections spéciales,fasc.1,pp.112-3).

Par conséquent,évitez,Messieurs,de porter des jugements généraux sans
connaître tous les aspects de l'affaire.

Moralement,Vichy a eu tort.

Alors certes,au regard d'un des principes fondamentaux de la morale,selon
lequel on ne saurait commettre le mal pour éviter un mal plus grand,en août
1941,Vichy a eu tort.
En particulier,on ne commet pas six assassinats pour en éviter d'autres possibles,
même en nombre supérieur.
De plus,on ne masque pas ces assassinats en les parant d'une forme illusoire de
légalité.Comme l'a écrit J.Barthélemy:"Dans tous les cas,qu'on ne mêle pas
la justice à de pareilles horreurs"
*
Personnellement,je préfère l'exécution sommaire d'une balle dans la nuque plutôt
que le poteau ou la potence au terme d'un simulacre de procès.
Dans les deux cas, il s'agit d'un assassinat,mais le premier a au moins le
mérite de la franchise.
J'ajoute en passant que si ce principe fondamental de la morale avait été
respecté,Vichy n'aurait pas eu à répondre,en 1945,de la création des Sections
spéciales et la terrible répression allemande aurait certainement découragé de
nombreuses personnes qui,par la suite,ont activement ou passivement soutenu
les maquisards.
Car si la terreur ne décourage jamais les "ultras",elle refroidit bien des tièdes
sans lesquels les "ultras" manquent d'appuis pour réaliser leurs actions.
Preuve qu'il faut toujours privilégier les principes aux sentiments, c'est-à-dire
la raison à la passion...

* (Voy. J.Barthélemy,op.cit.,p.245).

PUCHEU a bien été une victime!
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Briard
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MessagePosté le: Dim 26 Oct - 12:56 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

<<  C'est lui meme qui selectionnera les otages communistes fusillés à Chateaubriand , mais son implication , qu'il niera , ne sera pas retenu à charge ...........la preuve sera fourni dés la Liberation , le 19 octobre 44 , par François de Menthon , alors ministre de la Justice : >>

C'est à peine une piste ces documents mais en aucune maniére une "preuve de la responsabilité de P Pucheu.

A tel point que :

 n'ayant pu faire valoir ces accusations à Alger, de Menthon recommençait à Paris, seulement sur les 5 chefs d'accusations le juge d'instruction pour deux allait abandonner tout grief pour la désignation des otages de Chateaubriand !!. Pour la 3ème il allait rendre une ordonnance de non-lieu. Enfin les deux dernières devaient faire l'objet d'un jugement de relaxes devant un tribunal militaire. Aucune de ces procédures ne permettait, en effet d'établir une quelconque responsabilité à la charge de Pierre Pucheu, ni à celle de quelque membre que ce soit de son ministère.


lebel, répéter ad nauseam un mensonge n'en fait pas et n'en fera jamais une vérité !!
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Fuis les éloges, mais essaie de les mériter.
F Fenelon


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Roro


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Messages: 216
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MessagePosté le: Dim 26 Oct - 13:28 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

Oh! d'ici peu ce genre de vérité sera entourée de barbelés
juridiques,telle la muselière:Sirat-fabius-gayssot !

Mr. Green
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lebel


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MessagePosté le: Dim 26 Oct - 23:42 (2008)    Sujet du message: Pierre PUCHEU Répondre en citant

"n'ayant pu faire valoir ces accusations à Alger, de Menthon recommençait à Paris, seulement sur les 5 chefs d'accusations le juge d'instruction pour deux allait abandonner tout grief pour la désignation des otages de Chateaubriand !!. Pour la 3ème il allait rendre une ordonnance de non-lieu. Enfin les deux dernières devaient faire l'objet d'un jugement de relaxes devant un tribunal militaire. Aucune de ces procédures ne permettait, en effet d'établir une quelconque responsabilité à la charge de Pierre Pucheu, ni à celle de quelque membre que ce soit de son ministère. "

                Ton  message est confus et incomprehensible !
 -de Menthon n'a eu connaissance de la lettre en question , qui aurait encore plus enfoncé l'accusé , que 6 mois aprés le jugement ! et il recommençait quoi à Paris ?
- tu parles de chefs d'accusation , de non lieu , de relaxes......explique toi 


Je me contenterai de citer Robert Aron , Histoire de l'Epuration , Fayard , T1 , p 202 à 236
     Ce livre fait reference  , mème si l'auteur est assez bienveillant à l'egard de Vichy 


je le cite :
  "Les charges principales contre Pucheu , telles que les énumère le General Schmitt sont au nombre de trois :
  1) d'avoir provoqué des enrôlements pour une puissance étrangère en guerre avec la France
  2) d'avoir été l'instigateur de textes aux repercussions sanglantes concernant la repression de menées communistes et d'actes de resistance 
  3) d'avoir mis la force publique française  au service de l'occupant  


      Parmi les quatorze questions , sur lesquelles le tribunal a eu à se prononcer , correspondant aux quatorze chefs d'accusation qu'a proposés le president à la deliberation des juges, ceux ci repondent negativement aux cinq premiers , qui posent des problèmes politiques : ils ecartent donc toute condamnation ressortant explicitement de la participation de Pucheu au gouvernement de Vichy 
      
    En revanche , les neuf questions suivantes , qui portent sur des actes précis d'intelligence avec l'ennemi justiciables de l'article 75, sur des crimes réputés de droit commun commis par l'ancien ministre ( provocations de militaires à passer au service d'une puissance étrangère - intelligence avec l'ennemi - contribution à son effort de guerre par la mise à sa disposition de sa police et de l'industrie française ...) , celles la sont reconnues comme valable par le tribunal qui , à la majorité , repond affirmativement 
        
    En consequence , le tribunal condamne le nommé Pucheu , Pierre , Firmin , à la peine de mort 


      Les charges des temoins communistes sur la responsabilité de Pucheu dans les massacres de Chateaubriand , pour précises qu'elles soient , n'etaient pas étayées par des documents , et les juges decidant en droit strict, d'aprés l'article 75 ,considererent qu'elles etaient insuffisament fondées
     ( Le tribunal siegeait à Alger , en Mars 44, et ne pouvait avoir accés à des documents officiels de France occupée )  sans doute en eut il jugé autrement , aprés le retour en France ; alors que les archives des administrations publiques s'ouvraient pour les magistrats , il fut trouvé à la sous prefecture de Chateaubriand une lettre du sous prefet Cornu  , datée du 20 octobre 41 , et adressée au Kreiskommandant de la ville 


   " Comme suite à notre entretien de ce jour , j'ai l'honneur de vous confirmer que M le Ministre de l'Interieur  a pris contact aujourd'hui avec le Général von Stülpnagel  , afin de lui designer les internés communistes les plus dangereux parmi ceux qui sont actuellement concentrés à Chateaubriand .
         Vous voudrez bien trouver ci dessous la liste des 60 individus fournis ce jour 


                              Pièce accablante pour Pucheu !
  C'est cette lettre dont fera etat le ministre de Menthon , à l'Assemblée , le 19 octobre 44 .......et si ce n'est pas la  une preuve de responsabilité !


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