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L’abbé Bergey et la « collaboration »

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    France en Guerres Index du Forum -> France en Guerres -> 39/45. La seconde Guerre Mondiale
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Frère Jacques


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Messages: 309
Localisation: Marseille

MessagePosté le: Mer 2 Jan - 18:22 (2013)    Sujet du message: L’abbé Bergey et la « collaboration » Répondre en citant

 
 
Le 3 avril 1943, l’abbé Bergey  rappela :

 
« […] dès que la guerre a éclaté, nous avons “marché” a fond.
 Ici même, j’ai attaqué violemment l’Allemagne parce que je l’avais visitée
à plusieurs reprises. […] j’ai estimé qu’il fallait se dresser à bloc,non pour la coucher
de nouveau de force dans le lit de Procuste, mais pour l’empêcher de pénétrer
 chez nous et pour tenter l’organisation équitable de l’Europe,que nous avions
entrevue depuis 1918 avec beaucoup d’excellents esprit “mauvais patriotes”… déjà !

En attaquant l’Allemagne,j’ai rempli mon devoir de français.

Mais quand j’ai vu l’attitude anglaise,en 1940,quand j’ai connu la réponse américaine
 à Paul Raynaud ;
Quand j’ai su la proposition Churchill d’incorporation de la France à l’Empire britannique ;
Quand j’ai connu les lettres,qu’on nous avait cachées,de M. Hitler à M. Chamberlain
et à M. Daladier ;
Quand j’ai su les propositions acceptables,faites à la Pologne et refusée
par cette dernière sur l’ordre de l’Angleterre ;
Quand j’ai su par les témoins et les documents les manœuvres abominables
de la dernière heure,devant les possibilités d’entente et devant l’offre d’intervention italienne,la déclaration illégale de guerre ;
Et d’autre part,quand j’ai vu l’Allemand à Angoulême,se dominant lui-même
dans sa victoire foudroyante,au milieu d’un peuple et d’une armée en effroyable déroute ;
Quand j’ai vu les coupables de nos malheurs fuir ou tenter de fuir comme des rats ;
Quand j’ai vu l’adversaire accorder un armistice inespéré au maréchal Pétain,
couvert d’injures dès le lendemain par les Iscariotes ;
Et quand j’ai vu que nos vainqueurs prenaient à leur compte le rêve de 1918,
et permettaient à la France désemparée de ne pas fermer son cœur à l’espoir ;
Quand j’ai vu les gros et égoïstes capitalistes de Washington et de Londres,
 pour sauver leurs sous et leur peau,mettre la main dans la main sanglante de Staline
 et abandonner l’Europe aux Bolcheviks ;
Quand j’ai vu plus récemment la politique du « Massilia » achever froidement
 la ruine de la France, élever la trahison à la hauteur d’une vertu patriotique ;
Quand j’ai vu beaucoup d’autres choses qui me dégoûtent profondément […] ;
J’ai compris que le devoir changeait totalement de cours comme les événements changeaient profondément d’aspect.
Je ne me suis pas dit que désormais j’aimais nos vainqueurs.
Je les ai combattus. Ils m’ont blessé quatre fois. « L’occupation » m’est dure.
Si je disais le contraire,ils me mépriseraient,avec raison,et je me mépriserais moi-même.
Je n’ai pas eu le triste courage,comme beaucoup que je connais bien,d’aller ramper
à leurs pieds pour obtenir des faveurs ou de lucratives commandes commerciales,
tout en me livrant à de clandestines propagandes contre eux, pour paraître
« super-patriote ».
En tant que citoyen français,sous les conseils du Chef légitime de l’État français,
j’ai compris que je devais loyalement travailler à faire obtenir de mon Pays malheureux,
la place qu’on lui permet de prendre dans l’organisation européenne de demain,
sous la conduite du Chef constitutionnel ;
En tant que prêtre,je ne me reconnais le droit de prêcher la violence contre ceux
qui me laissent des libertés,que ne respectèrent pas toujours,quand ils étaient
au pouvoir,les néo-païens de chez nous,aujourd’hui conseilleurs lointains
et irresponsables de révolte, de sabotage et de terrorisme.
Et pour obtenir de moi cette attitude,les Allemands n’ont eu besoin,ni de m’offrir
 du Mark,ni de me menacer du poteau […].
Je n’ai eu besoin ni des Allemands,ni de la radio,ni de titres officiels,ni de sinécure administrative,pour connaître et remplir mon devoir.
J’ai écouté mes chefs ecclésiastiques et civils.
J’ai compris.
J’ai suivi.
C’est tout.
[…]"

_________________

Une autre version,
qui n'entend qu'un son,n'entend qu'une cloche.


http://phdnm.org/


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MessagePosté le: Mer 2 Jan - 18:22 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Inscrit le: 08 Oct 2007
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MessagePosté le: Mer 2 Jan - 19:49 (2013)    Sujet du message: L’abbé Bergey et la « collaboration » Répondre en citant

C'était en avril 1943 ! Qu'est devenu l'abbé Bergey ?
Je rappelle, pour mémoire, que personne en avril 1943 ne savait quel était le sort des déportés raciaux ou politiques dans les camps.
_________________
"Je hais ces mensonges qui vous ont fait tant de mal"


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boisbouvier


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Messages: 2 691
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MessagePosté le: Jeu 3 Jan - 00:56 (2013)    Sujet du message: L’abbé Bergey et la « collaboration » Répondre en citant

C'est un discours "collaborationniste" typique qui colle avec l'antibolchevisme d'une part importante de l'opinion.
Or, ce discours ne fut jamais majoritaire bien que cet antibolchevisme le fût.
Pourquoi ?
Je pense que la cause démocratique  et la cause nationaliste antiboche traditionnelle l'emportaient. Ma grand'mère par exemple disait : on a pu avoir des sympathies transitoires pour Mussolini mais Hitler nous a toujours fait peur.
Soumise aux influences opposées des deux frénésies bolchevique et fasciste l'opinion publique a été fortement malmenée.
Fallait-il exécuter Brasillach ?
Galtier-Boissière et Marcel Aymé dirent non.
_________________
Je me fais une spécialité de défendre la mémoire du Maréchal injustement attaquée.
J'ai "commis" un ouvrage à cet effet:
Pétain, trahison ou sacrifice ?" aux éditions Godefroy de Bouillon.
Je défends aussi Laval.


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Briard
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Messages: 3 331

MessagePosté le: Dim 6 Jan - 11:41 (2013)    Sujet du message: L’abbé Bergey et la « collaboration » Répondre en citant

boisbouvier a écrit:

C'est un discours "collaborationniste" typique qui colle avec l'antibolchevisme d'une part importante de l'opinion.
Or, ce discours ne fut jamais majoritaire bien que cet antibolchevisme le fût.
Pourquoi ?
Je pense que la cause démocratique  et la cause nationaliste antiboche traditionnelle l'emportaient. Ma grand'mère par exemple disait : on a pu avoir des sympathies transitoires pour Mussolini mais Hitler nous a toujours fait peur.
Soumise aux influences opposées des deux frénésies bolchevique et fasciste l'opinion publique a été fortement malmenée.
Fallait-il exécuter Brasillach ?
Galtier-Boissière et Marcel Aymé dirent non.

Et ils ne furent pas les seuls.

Le Général micro resta sourds et confirma l'execution "politique" de Brasillach


En janvier 1945, parmi les soixante-trois signataires mentionnés dans les différentes versions de la pétition, vingt-sept étaient soit académiciens, soit membres de l'lnstitut. Huit autres étaient de futurs membres de l'Académie.
Nombre de ces hommes étaient liés à Brasillach ; il avait pu être leur étudiant à la Sorbonne, ou bien il avait dit du bien de leurs livres. L'un des signataires, par exemple, Marcel Bouteron, spécialiste de Balzac, était bibliothécaire à l'Académie et il avait aidé Maurice Bardèche (beau-frère de Brasillach) lorsque ce dernier rédigeait sa thèse.
Le monde du théâtre était lui aussi bien représenté, grâce à Anouilh : six auteurs dramatiques, des décorateurs et des metteurs en scène, y compris Jean-Louis Barrault de la Comédie-Française, Jacques Copeau et Charles Dullin. Ces derniers avaient été célébrés par Brasillach dans son ouvrage Animateurs du théâtre.
Pendant l'Occupation, Dullin avait dirigé l'ancien théâtre Sarah-Bernhardt, qui avait été aryanisé par les nazis. Il avait échappé à l'épuration par miracle.
Cette pétition devint un événement en soi, et eut des conséquences qui dépassaient le cas Brasillach lui-même. Au CNE (Comité national des écrivains) et aux Lettres Françaises, de plus en plus nettement associés au Parti communiste, c'est Louis Aragon et Paul Eluard, partisans inflexibles de l'épuration, qui donnaient le ton : nulle compassion pour les traîtres !
Pourtant Camus, Mauriac, Paulhan, ScWumberger, Gabriel Marcel, Georges Duhamel et les frères Tharaud, qui avaient signé avec eux le manifeste du CNE dès le départ, en septembre 1944, signèrent tous la pétition en faveur de Brasillach. Ils représentaient dès lors un mouvement dissident au sein du CNE. Tous démissionnèrent l'année suivante, sauf Mauriac, qui fut exclu du groupe en 1948.
Pour tous ces hommes, la pétition Brasillach représenta un tournant. Prendre la décision de signer c'était déjà reconnaître ce que Paulhan définirait comme le «droit à l'erreur de l'écrivain », position qu'il allait amplement développer dans deux essais importants, De la paille et du grain (1947) et Lettres aux directeurs de la Résistance (1952), tous deux très critiques à l'égard de l'épuration légale.





source :  http://denistouret.fr/textes/Kaplan.html
_________________
Fuis les éloges, mais essaie de les mériter.
F Fenelon


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lebel


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MessagePosté le: Dim 6 Jan - 15:36 (2013)    Sujet du message: L’abbé Bergey et la « collaboration » Répondre en citant

[quote="boisbouvier
Fallait-il exécuter Brasillach ?
Galtier-Boissière et Marcel Aymé dirent non.[/quote]
Non qu'ils aient voulu defendre Brasillach , indefendable s'il en fût , mais parcequ'ils etaient , comme Camus et d'autres signataires , adversaires de la peine de mort ...nuance Smile


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boisbouvier


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Messages: 2 691
Localisation: 75

MessagePosté le: Dim 6 Jan - 23:57 (2013)    Sujet du message: L’abbé Bergey et la « collaboration » Répondre en citant

Sûr que Brasillach a pas mal déconné.
Sûr aussi qu'il fallait un bouc émissaire.
Il y avait eu Pucheu pour servir à conjurer la vindicte contre les politiques. Il y eut Brasillach pour conjurer celle contre les journalistes- écrivains.
Il y eut aussi Louis Renault pour l'industrie, Dentz pour l'armée, Sacha Guitry pour le théâtre...
René Girard a raison : le bouc émissaire !
_________________
Je me fais une spécialité de défendre la mémoire du Maréchal injustement attaquée.
J'ai "commis" un ouvrage à cet effet:
Pétain, trahison ou sacrifice ?" aux éditions Godefroy de Bouillon.
Je défends aussi Laval.


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