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En France, la Police allemande (abusivement appelée Gestapo).

 
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Roro II


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Localisation: Sainte Victoire

MessagePosté le: Dim 6 Jan - 16:19 (2013)    Sujet du message: En France, la Police allemande (abusivement appelée Gestapo). Répondre en citant


En France, la Police allemande (abusivement appelée Gestapo).
......n’a quasiment jamais frappé au hasard.

Pour une étude sur l’action de la « gestapo » en France, cliquez ici.




http://forumfrance-en-guerres.xooit.fr/t2085-Gestapo-la-v-rit-sur-une-polic…




Le lecteur trouvera ci-dessous la liste des affaires retenues contre les accusés
lors des procès dits de la bande « Bonny-Lafon » (« gestapo française »),
 de la « gestapo de Neuilly » (bande Martin-Van Houten),
des « auxiliaire français de la gestapo » et de la « gestapo géorgienne »[[b]1[/b]].
A chaque fois,j’ai tenu à les résumer le plus objectivement possible.
Cette liste explicative démontre que,sauf exception,la Police allemande
et ses agents étrangers ne frappaient pas arbitrairement,loin de là.



- Table des matières -




Cas de l’équipe Bonny-Lafon. 2


I) Arrestation de M. Lambrecht (durant l’été 1940) 2


II) Arrestation de Jacques Paul Kellner (2 novembre 1941) 3


III) Affaire de Tournus (Saône-et-Loire, 71700) 3


IV) Filatures isolées (4 affaires) 3


IV.1) L’arrestation, en 1943, de Mme May, 3


IV.2) L’arrestation, à la même époque, d’un inconnu. 3


IV.3) L’arrestation, durant l’hiver 42-43, d’ « un certain nombre de personnes ». 3


IV.4) Affaire de Giverny (Eure, 27620) 4


V) Actions de contre-parachutage (3 affaires) 4


V.1) Arrestation d’un groupe de parachutistes (anglais) 4


V.2) Opération d’Amboise (Indre-et-Loire, 37400) 4


V.3) Quatrième opération d’Angers. 4


VI) Affaire de l’organisation « Défense de la France ». 4


VII) Expéditions à Montbard (Côte d’Or, 21500) et à Bort-les-Orgues (Corrèze, 19110)
 durant l’été 1943. 5


VII.1) Expédition à Montbard. 5


VII.2) Expédition à Bort-les-Orgues. 6


VIII) Affaire des brigades nord-africaines. 7


VIII.1) Affaires de Corrèze. 7


VIII.2) Affaire des viols dans le Doubs. 8


VIII.3) Affaires de Dordogne (sauvetage d’Eymet) 8


VIII.4) Arrestations à Tarbes. 9


IX) Arrestation de MM. Crassuski et Chevot (mars 1943) 9


Cas de la « gestapo de Neuilly ». 9


I) Arrestation de la femme Cottel. 9


II) Arrestation de Nicolaï Raineroff 10


III) Arrestation de MM. Carrère et Rodian. 10


IV) Arrestation de M. Ouizman. 10


V) Arrestation de M. Charles Caron. 11


VI) Affaire des enfants Lahaye. 11


VII) Arrestation de Henri Phegnon et des demoiselles Phegnon et Roux. 12


VIII) Arrestation de M. Pasteau. 13


IX) Découverte d’un cadavre dans le jardin du 78,Bd Maurice Barrès,à Neuilly. 13


X) Meurtre de d’un dénommé Rubentel 13


Cas des « auxiliaires français de la gestapo ». 14


I) Affaires dites « économiques » (en rapport avec marché noir) 14


II) Affaire d’un état-major de la Résistance (p. 6), vers Pâques 44 : 14


III) Affaire des parachutages de Montlhéry (Essonne, 91310) 14


IV) Affaire des parachutages de Meaux (Seine-et-Marne, 77100) 14


V) Affaires sans nom.. 14


V.1°) Arrestation Etcheberry-Billet-Soyer 14


V.2°) Arrestation de Colangelo-Rocca-Vitti 15


VI) Affaire de la rue Halévy (Paris) 15


VII) Affaire du château du général Le long (à Montgeron, Essonne, 91230) 15


VIII) Affaire Siot (poste de TSF) 15


IX) Arrestation et exécution d’agents de renseignements (carrefour Richelieu-Drouot à Paris) 16


X) Expéditions contre les maquis du Loir-et-Cher 16


X.1°) Affaire de Santenay (41190), le 16 juillet 1944. 16


X.2°) Arrestation du maire de la commune d’Herbault (41190), le 17 juillet 1944. 16


X.3°) Affaire de Cours-Cheverny (Cheverny, 41700), le 30 juillet 1944. 16


X.4°) Expédition en force contre le maquis dans la région de Romorantin (41200). 17


X.5°) Affaire des exécutions au bois de Pontijou, le 13 juin 1944. 17


XI) Affaire du boulevard Suchet à Paris (parachutistes américains) 17


XII) Affaire de la rue de la Harpe, à Paris, le 7 août 1944. 18


XIII) Exécution de maquisards au Fort de Vincennes en août 1944. 18


XIV) Affaire des patriotes exécutés au Bois du Boulogne, le 15 août 1944. 18


XV) Affaire de Sainte-Menehould (51800) le 24 août 1944. 18


XVI) Affaire des faux policiers. 18


Cas de la gestapo géorgienne. 18


I) Affaires de la région parisienne : 19


I.1) Affaire Frépin en février 1944. 19


I.2) Affaire de Saint-Rémy-les-Chevreuse (Yvelines, 78470) en mai 1944. 19


I.3) Affaire du 15ème arrondissement, à Paris, en juillet 1944. 19


I.4) Affaire Pillard en mars 44. 19


I.5) Affaire de Peroy-les-Gombries (Oise, 60440) en mars 44. 19


I.6) Affaire des parachutistes de Montmorency (Val d’Oise, 95160). 19


I.7) Affaire des « cinq jeunes gens » appréhendés en gare d’Austerlitz (Paris). 19
I. 8) Affaire Gabriel Laaban de janvier à avril 1944. 19


I.9) Affaire du Petit-Clamart (Hauts-de-Seine) à l’automne 1943. 20


I.10) Affaire du réseau des PTT, en juin 1944. 20


II) Affaires de Lyon (février 1944) 22


II.1) Perquisition au garage de Jean-Marie Buffet 22


II.2) Interrogatoires au dépôt des machines de Vaize. 22


II.3) Perquisition au Garage Bertret 22


III) Affaire de Pau. 22



Cas de l’équipe Bonny-Lafon.


Il s’agit de l’équipe qui fut à l’origine de la « gestapo française » de la rue Lauriston.
Son procès eut lieu en décembre 1944, soit que deux mois seulement après
 la « libération » complète du territoire.
Après les graves excès d’août-octobre 1944, l’objectif de ce premier procès
 d’une bande de le « gestapo » était de montrer au pays que la Justice (légale)
 allait s’occuper de condamner tous les « traîtres » et les « collabos »,
rendant dès lors inutile les règlements de compte sauvages ou n’aillant
qu’une simple apparence de légalité.
Dans ce climat,l’instruction fut menée de façon à établir suffisamment de faits
 justifiant la condamnation des accusés.Mais elle n’alla plus loin.
D’où son caractère très rapide et très lacunaire,que le Tribunal ne songea même pas
 à nier :

M. LE COMMISSAIRE DU GOUVERNEMENT:
 Nous sommes obligés de reconnaître que l’instruction a été particulièrement rapide […].
M. LE PRESIDENT: Je le reconnais étant donné les circonstances…
Me DELAUNEY:  […] Il faut reconnaître qu’il y a des lacunes dans ce dossier.
M. LE PRESIDENT: Ce n’est pas douteux. [PBL, 3, pp. 10-11].

I) Arrestation de M. Lambrecht (durant l’été 1940).

M. Lambrecht était « le chef des services secrets de la Belgique Combattante »[[b]2[/b]].
Il se cachait à Toulouse.D’après l’accusé Pierre Bonny,l’arrestation de M. Lambrecht aurait
 ensuite permis d’appréhender « 600 personnes »[[b]3[/b]].

II) Arrestation de Jacques Paul Kellner (2 novembre 1941).

J. P. Kellner « était membre d’une organisation de Résistance » à Boulogne-Billancourt[[b]4[/b]].
 Il fut découvert « à la suite d’une interruption de correspondance et d’une longue enquête »[[b]5[/b]]
menée par les services de l’Hôtel Lutetia sous la responsabilité du capitaine Scheffer[[b]6[/b]].
 Le 2 novembre 1941,des agents au service de l’occupant perquisitionnèrent les bureaux
de l’usine de M. Kellner et y découvrirent « un émetteur morse américain »[[b]7[/b]].
Quelques heures plus tard,M. Kellner fut arrêté chez lui,à Paris.
Furent également arrêtés un employé d’usine nommé Paulin et un certaine dame Skoff,
« chez qui un important fichier de noms fut saisi »[[b]8[/b]].

III) Affaire de Tournus (Saône-et-Loire, 71700).

Arrestation d’un commissaire,qui, d’après H. Chamberlain (dit Lafon),
 « faisait passer en zone libre des israélites pour les dépouiller »[[b]9[/b]].
Il aurait notamment dépouillé et fait disparaître toute une famille de juifs hollandais
afin de s’approprier les diamants qu’elle emportait avec elle.
Mais,de l’aveu même du Tribunal,l’instruction fut très incomplète concernant
cette affaire et aucune vérification ne fut faite.
On ignore ce qu’est devenu le commissaire.

IV) Filatures isolées (4 affaires).

Beaucoup ont échoué. Ces opérations eurent comme conséquence :
IV.1) L’arrestation, en 1943, de Mme May,épouse d’un chansonnier,
« désignée par les Allemands comme se livrant à l’espionnage à leur détriment »[[b]10[/b]].
 On ignore ce qu’elle est devenue.
IV.2) L’arrestation, à la même époque, d’un inconnu pour des raisons inconnues
et dont le destin reste inconnu (PBL, 1, p. 45).
IV.3) L’arrestation, durant l’hiver 42-43, d’ « un certain nombre de personnes »
soupçonnées d’appartenir à « une organisation [de Résistance] tenant ses assises
 à Paris et à Gentilly,dont le chef aurait été M. Paul Appel,ancien député de la Manche ».
Toutefois,d’après P. Bonny,les renseignements à l’origine de cette opération furent
 « reconnus inexacts et les arrestations ne furent pas maintenues »[[b]11[/b]].
IV.4) Affaire de Giverny (Eure, 27620).

Un indicateur anonyme informa la police allemande qu’un dépôt d’arme clandestin
 avait été aménagé dans la région de Giverny :

Escorté d’un sous-officier et de quatre soldats allemands,Lafon a mené
une première enquête qui n’aurait pas abouti, plusieurs personnes répondant
 au signalement fourni pour le détenteur [des armes].
Kieffer [commandant allemand travaillant avenue Foch],alerté à Paris,est venu
 l’identifier en personne et lui aurait promis de ne pas l’inquiéter s’il livrait les armes.
La personne interpellée a alors livré 36 cylindres de parachutage contenant 5 tonnes
d’armes et n’aurait, toujours selon Lafon, pas eu d’autre mal [PBL, 1, p. 47.].
V) Actions de contre-parachutage (3 affaires)

V.1) Arrestation d’un groupe de parachutistes (anglais)
découverts grâce au décodage des messages radiodiffusés en chiffres.
 Ils furent « pris en filature par les services allemands qui les arrêtaient au bout
 de quelques jours, après les avoir laissés entrer en contact avec les Résistants français »
[[b]12[/b]].
Avec eux furent appréhendés « six agents alliés, dont cinq [furent] livrés à Kieffer »
[[b]13[/b]].

V.2) Opération d’Amboise (Indre-et-Loire, 37400).

Elle aboutit à la filature d’Angers à Paris puis à Paris même de deux français.
Après avoir été arrêté,l’un d’entre eux fut trouvé porteur de faux papiers,
de documents militaires émanant d’Alger,d’adresses de correspondance
et d’une somme de 4 millions de francs.
 Il déclara se nommer le lieutenant-colonel Bonotaux.
Conduit tout d’abord rue Lauriston,Lafon le livra à Kieffer avec l’argent et les papiers
qui avaient été trouvés sur lui (PBL, 1, p. 49).

V.3) Quatrième opération d’Angers.
Elle amena « l’arrestation de deux Anglais et de deux Français.
Lafon les arrête et les livre à Kieffer »
(PBL, 1, p. 50).

VI) Affaire de l’organisation « Défense de la France ».

A l’origine se trouvaient deux indicateurs.L’un d’eux s’appelait Serge Marongin.
Agé de 25 ans et d’origine italienne,il était étudiant dans le domaine de la médecine.
[[b]14[/b]]
En janvier 1943,S. Marongin apporta des premiers renseignements sur une organisation
« qui aurait, selon lui,commis plusieurs attentats dans le métro et attaqué
une escorte de prisonniers se dirigeant sur Fresnes »[[b]15[/b]].
Il donna l’adresse du lieu de réunion, boulevard du Maréchal Lyautey à Paris :

Lafon accepta de se charger de l’enquête et à la tête d’une douzaine d’hommes
 de la rue Lauriston […] et de quelques sous-officiers allemands,il procéda,
après diverses surveillances de nuit,à l’arrestation de cinq hommes pour
son compte,cependant que les Allemands qui lui avaient été adjoints,arrêtaient
 de leur côté trois hommes et une femme.

Ces personnes furent livrées à Kieffer […] [PBL, 1, p. 51.].

Peu après,Marongin « apporta des renseignements sur l’organisation clandestine
 Défense de la France.
Il s’agissait d’un groupement disposant d’une imprimerie et diffusant des tracts clandestins »
[[b]16[/b]] :

Marongin aida à l’enquête préliminaire qui dura trois mois […].

Les renseignements apportés tant par lui que par les enquêteurs étaient centralisés
par Bonny qui établissait les fiches et les rapports dont Lafon remettait un double à Hess.
Au bout de trois mois,vingt noms de Résistants étaient révélés et le lieu de réunion
et ses annexes connus […].
L’enquête terminée, le Conseil criminel Boemelburg qui, avec Kieffer,s’occupait
 de l’affaire a donné l’ordre de passer à l’action qui eut lieu le 26 juillet 1943.
 [PBL, 1, p. 51-2.].

144 arrestations furent opérées en deux jours, dont 15 furent définitives,
les autres personnes ayant finalement été relâchées après avoir été mises hors
 de cause[[b]17[/b]].
Parmi les appréhendés figurait Geneviève De Gaulle, qui fut finalement déportée
 à Ravensbrück[[b]18[/b]].
VII) Expéditions à Montbard (Côte d’Or, 21500) et à Bort-les-Orgues (Corrèze,19110)
durant l’été 1943.

VII.1) Expédition à Montbard.

Sur ordre allemand,une « opération d’envergure » fut organisée
 « contre les maquisards de la région de Montbard »[[b]19[/b]].
Des boulangers et des commerçants soupçonnés de ravitailler le maquis furent arrêtés,
ainsi qu’une doctoresse et un médecin (avec son épouse et son fils) au motif
qu’ils auraient soigné des maquisards.[[b]20[/b]].
La doctoresse,Françoise Thierry, « fut interrogée par Bonny à la Feldgendarmerie
 de Montbar et relâchée quelques heures après »[[b]21[/b]].
 L’épouse du médecin,Mme Plait,fut également relâchée,mais son mari et son fils
 furent transférés à Paris et finalement déportés en Allemagne (PBL, 1, pp. 57-8.
En tout,il y eut « douze à quinze » arrestations suivies d’un transfert sur Paris[[b]22[/b]].

Ces gens étaient-ils coupables ?
 En décembre 1944,un appréhendé qui avait été relâché faute de preuve déclara :
 « Dire qu’ils ont travaillé pour la Résistance, je n’en sais rien. Ils sont tous,
à l’heure actuelle, déportés en Allemagne et ils ne m’ont fait aucune confidence »
[[b]23[/b]].
Mais peu après,il précisa qu’une première opération avait été menée à Montbard
« contre des instituteurs et des prêtres qui étaient arrivés avec des enfants
de la région parisienne et qu’on supposait ravitailler le maquis, ce qui, d’ailleurs,
 est parfaitement exact » (Ibid., p. 156).

Alors que la famille Plait était interrogée,une perquisition eut lieu à leur domicile.
 Par la suite,il apparut que des « bijoux de grande valeur » avaient disparu :

Mme Plait ayant protesté, Bonny la convoqua à Paris et en restitua une partie.

Lafon expliqua que ces vols avaient été commis par la bande des Corses[[b]24[/b]]
à qui il était finalement arrivé à faire rendre gorge en partie [PBL, 1, p. 58].

A l’audience, P. Bonny confirma :

BONNY:
 Le vol a été commis.Nous avons su presque immédiatement que ce vol avait
 été commis, chez Mme Plait.
Lafon a rassemblé tous les hommes du service dans son bureau. J’étais présent.
Il a dit :
« je suis saisi d’un télégramme de la Feldgendarmerie de Montbar,
un vol a été commis, je veux connaître le voleur. Personne ne sortira d’ici
 avant qu’il soit connu ».
Après quelques instants, le voleur s’est présenté. C’était un nommé Ferrando.





M. LE PRESIDENT:  Il était de la bande des Corses ?
BONNY:
Pas exactement.Il en faisait partie tout de même. Il n’était pas Corse ;
voilà pourquoi j’ai dit « pas exactement ».

Lafon lui a demandé où étaient les bijoux.Il a donné une adresse.
Une partie des bijoux a été retrouvée.
 Lafon m’a demandé d’adresser une lettre à Mme Plait,je l’ai fait immédiatement.
Mme Plait est venue,un certain temps après, prendre possession des bijoux retrouvés



.

M. LE PRESIDENT: Elle est venue rue Lauriston ?
BONNY:
Oui, prendre possession des bijoux qui lui avaient été volés.
Chaque fois qu’il y avait un vol et hélas !
 il y en a eu quelques-uns,Lafon n’hésitait pas à châtier durement le coupable.
 Seulement, évidemment dans ce milieu, c’était un peu difficile



(PBL, 3, pp.102-3).

VII.2) Expédition à Bort-les-Orgues.

A la même époque,plusieurs personnes furent arrêtées dans le cadre d’une opération
similaire non loin de Bort-les-Orgues :

Les prisonniers furent emmenés à Auxerres,puis à Fresne,mais selon les confidences
 de Bonny, et Lafon à Pagnon,relâchés peu après [PBL, 1, p. 58].

A l’audience, l’inculpé Pagnon confirma :

M. LE PRESIDENT:
 […] Vous avez déclaré, [Louis] Pagnon, que les prisonniers avaient été emmenés
 à Auxerre, puis à Fresnes, vous avez dit qu’ils ont été relâchés après
.

PAGNON: Oui, Monsieur le Président.
M. LE PRESIDENT: Je veux bien croire qu’ils aient été relâchés ; asseyez-vous.
[PBL, 3, 103.].

VIII) Affaire des brigades nord-africaines.

En 1943,le créateur, en France,du Comité Musulman de l’Afrique du Nord
et du Cercle d’Etudes Nord-Africain, Mohamed El Maadi,eut besoin de papier
 pour le journal qu’il éditait, Er Rachid (le messager).
 Il se rendit à la « gestapo française » rue Lauriston pour demander à Lafon d’intervenir
en sa faveur[[b]25[/b]].
 Lafon intervint auprès de trois grands journaux de l’époque et M. El Maadi reçut
 son papier[[b]26[/b]].
 Er Rachid parut jusqu’en août 1944.

Peu à peu l’idée vint de recruter des Nord-africains.
 D’après Lafon,l’idée première vint des services allemands de l’avenue Foch
dont le chef à l’époque,M. Boemelburg, «connaissait El Maadi et son secrétaire »
[[b]27[/b]].
 « Boemelburg, dit-il, voulait recruter des Nord-africains comme il avait recruté
des Georgiens » (Id.).
 Il souhaitait les utiliser uniquement « pour la garde » des locaux allemands[[b]28[/b]].
 Finalement,après plusieurs entrevues, « 300 Arabes environ » furent recrutés et groupés
dans une maison de Neuilly, au 21 avenue de Madrid[[b]29[/b]].

Après le renvoi d’une centaine d’éléments qui n’avaient pas donné satisfaction,
cinq sections d’une trentaine d’hommes furent mises sur pied[[b]30[/b]].
 Les Arabes enrôlés furent « dotés de tenues spéciales » (fournies par… Joinovici)
et armés par les services allemands de l’avenue Foch[[b]31[/b]].
Leur solde s’élevait à 5 000 F par mois, « payée par les Allemands de même
que les dépenses d’équipement »[[b]32[/b]].

En février 1944,les sections furent ventilées à Limoges, Périgueux,Tulle
et Montbéliard[[b]33[/b]].

VIII.1) Affaires de Corrèze.

La section envoyée à Tulle (Corrèze, 19000) participa à un combat contre le maquis
 à proximité du village corrézien de Cornil (PBL, 1, p. 61).
Par la suite, d’autres opérations furent menées,toujours en Corrèze,parmi lesquelles
 celle du Saillant d’Allassac et celle d’Objat (PBL, 1, p. 61).
Des maquisards furent arrêtés,dont un certain Victor «membre influent de la Résistance»
locale[[b]34[/b]].
Celui-ci aurait subi « les pires tortures au cours de son interrogatoire par les chefs
 de la brigade arabe »[[b]35[/b]].

VIII.2) Affaire des viols dans le Doubs.

La section de Montbéliard (Doubs, 25200) surveilla les usines Peugeot où
 « des sabotages avaient été commis par des ouvriers »[[b]36[/b]] ;
 « une trentaine de personnes furent arrêtées et livrées aux Allemands »[[b]37[/b]].
Toutefois, les Arabes se rendirent coupables d’exactions, notamment du
« viol de plusieurs femmes », ce qui amena « des mesures de répression
 des Allemands contre cette brigade »[[b]38[/b]].

A l’audience,cette histoire de viols fut confirmée par un accusé,
qui parlait toutefois par ouï-dire :

M. LE PRESIDENT:
 Il résulte des confidences qui ont été faites par Maillebuau à Deleheye qui
 en a parlé au cours du dossier,que ces excès commis par les gardiens arabes
et notamment le viol de plusieurs femmes, avaient amené des mesures
de répression des Allemands contre la brigade. Deleheye, c’est exact ?



[Edmond] DELEHEYE:  C’est exact [PBL, 3, p. 137].

VIII.3) Affaires de Dordogne (sauvetage d’Eymet).

La section de Périgueux combattit le maquis de mars à juin 1944[[b]39[/b]],
arrêta un chef local de la Résistance (un certain « Vincent ») et saisit des armes.
[[b]40[/b]].
L’opération la plus important eut lieu à Eymet (Dordogne, 24500).
Certains habitants avaient été dénoncés comme portant de l’aide aux parachutistes
 anglais.[[b]41[/b]]
 Dans sa lettre,le délateur anonyme avait en outre donné plusieurs noms,
dont ceux de MM. Reynaud et Lormand.

Le chef allemand procéda à l’arrestation de ces personnes,puis il donna
à M. Raynaud cinq minutes pour parler,faute de quoi il serait fusillé avec d’autres
 habitants et le village brûlé[[b]42[/b]].
Alexandre Villaplana intervint alors et interrogea M. Reynaud. Celui-ci déclara
 avoir été victime d’une machination. L’agent parvint à obtenir du chef allemand
 un sursis de quelques heures à l’exécution[[b]43[/b]].
Ayant continué son interrogatoire,il apprit d’un habitant du village,M. Morganti,
que la dénonciation anonyme pouvait provenir de la belle-fille de M. Lormand,
 fâchée avec ce dernier parce qu’elle était en instance de divorce avec le fils Lormand.
Cette femme avait déjà envoyé une première lettre de dénonciation
 (mais apparemment sans résultat)[[b]44[/b]].

A. Villaplana fit immédiatement rechercher la suspecte :

Je me suis informé et j’ai cherché à savoir où était la belle fille de M. Lormand ;
 on l’a trouvée à 500 mètres de la mairie,cachée derrière un arbre :
elle attendait ce qui allait se passer. On l’a emmenée à la mairie […].
Au bout de trois quart d’heure d’interrogatoire, elle a fini par reconnaître
que c’était elle qui avait envoyé les deux lettres anonymes contre son mari



 [PBL, 3, p. 142].

Les membres des familles Reynaud et Lormand (ainsi que les autres victimes désignées)
 furent donc sauvés.
Quelques jours plus tard,ils vinrent à Périgueux remercier A. Villaplana[[b]45[/b]].

Au procès l’avocat de Lafon demanda au commissaire Clot,qui avait instruit l’affaire,
 si Lafon n’avait pas « profité du crédit incontestable qu’il avait auprès des Allemands
pour obtenir la libération d’un très grand nombre de Français ».
Le commissaire répondit :

M. LE COMMISSAIRE CLOT:
Cela ne fait pas de doute. Je dois à la vérité le dire,car Lafon, qui a trahi son pays,
 a fait beaucoup de mal à la France,a fait du bien à des particuliers,incontestablement

[[b]46[/b]].

VIII.4) Arrestations à Tarbes.

Sous la conduite d’un certain Paul Clavié et d’un officier allemand,une des sections
(comptant une quarantaine d’Arabes), pris part à une expédition d’envergure
de Châteauroux à Tarbes. Dans cette dernière ville,un pâté de maison fut cerné
et trente arrestation opérées[[b]47[/b]].
Mais par la suite, la section « subit à Angoulême un accrochage sévère avec le maquis
 et rentra décimée »[[b]48[/b]].

IX) Arrestation de MM. Crassuski et Chevot (mars 1943).

C’étaient deux personnes qui faisaient partie,dans la clandestinité,d’organismes
 de Résistance,et notamment qui fournissaient des cartes d’identité et diverses
 autres pièces pour faciliter le retour de prisonniers en Allemagne [PBL, 2, p. 107].

Cas de la « gestapo de Neuilly ».

Procès dit de la « gestapo de Neuilly » (PGN), audience du 12 novembre 1945.
 Exposé des faits,deuxième partie :
 « Les différentes affaires retenues à la charge des inculpés ».

I) Arrestation de la femme Cottel.

En juillet 1940, Raymonde Fonfrède, épouse Cottel,habitant rue du Cherche-Midi
à Paris, fut arrêtée.Chez elle, on trouva « la correspondance échangée avec
des militaires anglais alors qu’elle faisait partie du service de Santé au Touquet »
[[b]49[/b]].
 Suspectée d’appartenir à l’Intelligence Service,elle fut emmenée dans les locaux
de la « gestapo de Neuilly »,rue Pétrarque :

Martin [Il s’agit de François Martin, dit « Rudy ».
Dans la suite,il apparaîtra indifféremment sous son nom ou sous son pseudonyme.
en présence de [Gédéon] Van Houten procéda à l’interrogatoire,accusant la femme
Cottel d’appartenir à l’Intelligence Service.Elle resta enfermée pendant quatre jours,
Martin et Van Houten lui apportant à tour de rôle de la nourriture.
Relâchée elle devint la maîtresse de Van Houten [Ibid., pp. 15-16].

II) Arrestation de Nicolaï Raineroff.

Au printemps 1941,N. Raineroff fut arrêté « sur des renseignements qui l’accusaient
 d’avoir des relations avec des agents de la Résistance et des agents alliés »[[b][/b]
Le passeur en question était Rudy"
[[b]51].[/b]
Arrêté et emmené rue Maurice Barrès,il fut détenu huit jours,puis relâché 
 en échange de travailler pour F.Martin comme traducteur. [[b]52
].

III) Arrestation de MM. Carrère et Rodian.

M. Carrère, de Paris, « faisait partie d’un groupe de résistance qui avait un dépôt
 d’armes chez le sieur Rodian à Joinville »[[b]53[/b]].
Tous deux furent arrêtés fin août 1941 par Frédéric Martin qui exhiba
 « une carte de police allemande » (p. 17).

Carrère était emmené à Neuilly et interrogé par Martin en présence de deux
officiers allemands.
 Bien que Martin lui ait donné 25 minutes pour indiquer où était le dépôt
 d’armes de son groupe,Carrère gardait le silence.
Il fut enfermé, menottes aux mains,dans une chambre et au cours de sa détention
qui dura quatorze jours, interrogé plusieurs fois jour et nuit.
Malgré de nombreuses menaces et même malgré l’annonce qu’il était condamné
à mort sans jugement Carrère n’a pas parlé [PGN, 1, p. 17].

[…] le sieur Rodian,chez lequel était entreposées les armes, était arrêté le même jour
que Carrère, emmené chez Martin, interrogé et frappé sauvagement par ce dernier.
Il devait par la suite être emmené à Fresnes [PGN, 1, p. 17]

IV) Arrestation de M. Ouizman

M. Ouizman était un juif d’origine marocaine en situation irrégulière :
 sous l’occupation, il « se cachait à Paris avec de faux papiers »[[b]54[/b]].
Il fut arrêté dans le cadre d’une petite affaire de marché noir :
 vente de quelques chronomètres à un certain « Francis » qui était en vérité
 un agent provocateur au service des Allemands :

[Francis] amena les « policiers » chez Ouizam. Par malheur, au même moment,
 la maîtresse de Ouizam arrivait chez son ami ayant dans son sac une lettre
établissant que celui-ci avait de faux papiers.
Le couple fut arrêté et emmené Bd Victor Hugo.
Martin interrogea Ouizam et voulut lui faire avouer qu’il était juif,espion et trafiquant d’or.
 Ouizam fut interrogé pendant 48 heures et frappé […].
Faute de preuves contre lui, il fut libéré ainsi que sa maîtresse,non sans avoir
 reçu des offres de « travailler » avec Martin,offres auxquelles il ne donna jamais
suite [PGN, 1, p. 18].

V) Arrestation de M. Charles Caron.

« Communiste ou sympathisant au parti communiste »[[b]55[/b]],
 M. Caron fut arrêté le 12 novembre 1942 parce que « suspecté d’avoir, dans l’Oise,
 fait des sabotages sur la ligne de chemin de fer,coupé des fils téléphoniques
et brûlé des meules de blé dans une ferme »[[b]56[/b]].
L’auteur de l’arrestation était Lucien Jouanneteau, inspecteur de Police judiciaire
à Paris travaillant en plus pour la « gestapo de Neuilly ».
 Qu’arriva-t-il à M. Caron ? Dans l’exposé des faits, on lit :
"Il était immédiatement emmené Bd Victor Hugo et mis en présence de Martin
qui lui exhibait sa carte de la Gestapo [comprenez, du SR].
Sur la réponse de Caron que cela lui était indifférent,Martin lui donnait un violent
coup de matraque.
A la suite de cette première comparution,Caron était enfermé dans la cave
 dans une cellule après avoir été démuni de ses chaussures.
Pendant cinq jour Caron était interrogé par Martin et ses agents sous l’accusation
 d’être communiste,et,comme il refusait de répondre,il était à chaque fois violemment frappé"




 [[b]57[/b]].
"Au bout d’une douzaine de jours,Caron fut libéré,aucune preuve n’ayant été
 relevée contre lui […]"

 [PGN, 1, p. 19][58].

Les supérieurs de L.Jouanneteau furent très mécontents d’avoir perdu leur temps
avec un innocent. Ils lancèrent à son encontre : « Voyez-moi ce ballot !...
 Un vrai policier ? Il nous apporte une affaire qui ne tient pas. »[[b]59[/b]]

A l’audience, l’inspecteur der Police E. Nouzeilles dira :

"Heureusement que Caron ne faisait pas partie de la Résistance ; sans quoi,
 sous les coups qu’il a reçus,il aurait pu dénoncer des camarades et cela pouvait
entraîner l’arrestation d’une dizaine, peut-être plus, de bons patriotes "


[PGN, 3, p. 99].
VI) Affaire des enfants Lahaye

Il s’agit d’une lamentable affaire dans laquelle un membre de l’équipe de F. Martin,
 Pierre Lahaye,dont la femme avait obtenu le divorce et la garde des enfants,
reprit ces derniers par la force avec l’aide de ses collègues.
Il parvint à faire arrêter et retenir comme otages un commissaire de Police
et un huissier qui avaient fait exécuter l’ordonnance concernant la garde des enfants.
 Puis il se rendit chez son ancienne épouse « avec un agent de la Gestapo
et un officier allemand » (PGN, 1, p. 20).
 Là, il déclara que les deux otages ne seraient pas relâchés avant que sa progéniture
 ne lui soit rendue :

Mme Lahaye dut s’exécuter mais elle déposa plainte contre son mari.

Celui-ci fit alors prévenir l’avocat de son épouse que si elle persistait dans sa demande
 elle serait déportée en Allemagne.
L’enquête a effectivement établi que M. Chain,commissaire de Police à Neuilly-sur-Seine,
avait été détenu comme otage dans les services de Bonny-Lafon jusqu’à la remise
des enfants Lahaye à leur père [PGN, 1, pp. 20-1].
[[b]1[/b]] Note :
Cet article est principalement fondé sur quatre procès qui ont été intentés
entre 1944 et 1947 au « auxiliaires de la gestapo » en France.
Les sténotypies de ces procès sont intégralement consultables à la
 Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine (BDIC),
 sise à Nanterre (fonds de réserve côte générale :F Res 334/…).
 Pour plus de commodité,nous les appellerons ainsi :

- Procès de la « bande Bonny-Lafon » : PBL.
- Procès de la « gestapo de Neuilly » : PGN.
- Procès des « auxiliaires français de la gestapo » : PAFG.
- Procès de la « gestapo géorgienne » : PGG.

[[b]2[/b]] PBL, 1, 13.

[[b]3[/b]]

 « 600 personnes,selon Bonny,auraient été arrêtées par les Allemands comme
conséquence de l’appréhension de Lambrecht » (PBL, 1, 13).
 A l’audience l’intéressé confirma :
« M. LE PRESIDENT:
Vous avez même précisé le chiffre de 600 personnes.

BONNY:  600, c’est le chiffre que j’ai entendu dire » (PBL, 2, 25).

[[b]4[/b]] PBL, 2, 53.

[[b]5[/b]] PBL, 1, 24.

[[b]6[/b]] PBL, 2, 55.

[[b]7[/b]] PBL, 1, 23-4.

[[b]8[/b]] PBL, 2, 53.

[[b]9[/b]] PBL, 1, 44.

[[b]10[/b]] PBL, 1, 45.

[[b]11[/b]] PBL, 1, 46. Pour la confirmation de P. Bonny à l’audience, voy. PBL, 3, 22-23.

[[b]12[/b]] PBL, 1, 48.

[[b]13[/b]] PBL, 1, 49.

[[b]14[/b]] PBL, 1, 51.

[[b]15[/b]] PBL, 1, 51.

[[b]16[/b]] PBL, 1, 51.

[[b]17[/b]] PBL, 1, 53.

[[b]18[/b]] PBL, 1, 54.

[[b]19[/b]] PBL, 1, 56-7.

[[b]20[/b]]
« La doctoresse Thierry avait été désigne par un des rapports comme ayant
 recueilli deux hommes qui avaient attaqué un habitant de Montbard
et lui avaient dérobé ses tickets d’alimentation »


(PBL, 3, p. 100, interrogatoire de P. Bonny).

[[b]21[/b]]
 PBL, 1, p. 57. A l’audience, P. Bonny parla d’un laps de temps encore plus court :
 « cela a duré deux minutes. Lorsqu’elle a dit sa profession de doctoresse,
nous avons dit :
 “Vous pouvez vous retirer, vous êtes libre” »
(PBL, 3, p. 100, interrogatoire de P. Bonny).
 F. Thierry confirma :
« LE TEMOIN:
 Il ma demandé des explications sur des récépissés de lettre recommandées,
des expéditions de colis, des choses absolument sans importance.
Il m’a demandé de réfléchir.Je suis retournée dans la grande salle de
 la Feld Kommandantur. Puis ils m’ont rappelée. Ils m’ont relâchée en disant :
 Ne recommencez pas, vous pouvez partir. »



(PLB, 6, p. 159, déposition de Françoise Thierry).

[[b]22[/b]] PBL,3, 87, interrogatoire de l’accusé Paul Clavié.

[[b]23[/b]] PBL, 6, p. 152, déposition de Léon Théobalt.

[[b]24[/b]]
Il s’agissait d’une bande dont le chef s’appelait Suzzoni et qui était la rivale
de la bande à Lafon.
 Malgré cette rivalité, les deux travaillèrent parfois, ensemble (PBL, 1, p. 75).

[[b]25[/b]] « LAFON:
 Il m’avait demandé si c’était possible de lui demander du papier pour son journal »
 (PBL, 3, 104) ;
[[b]26[/b]]
« Vers le milieu de 1943, un Arabe,El Maadi,chef du groupement musulman de France,
 vint trouver Lafon à la rue Lauriston pour intéresser ce dernier à la publication
 d’un journal en langue arabe qu’il rédigeait et qui se nommait Er Rachid.
« Grâce à une intervention de Lafon auprès des journaux Paris-Soir, L’Echo de la France
 et les Nouveaux Temps […], El Maadi reçut une aide substantielle.
Er Rachid reçut le contingent de papier et fut tiré sur les presses de Paris-Soir. »
(PBL, 1, p. 58-9).

[[b]27[/b]] PBL, 3, p. 105, déclaration de Lafon ;

[[b]28[/b]] « LAFON:
 Pour la garde, pour soulager le service. Par exemple avenue Foch…

M. LE PRESIDENT: Il avait l’intention d’utiliser ces Nord-africains pour la lutte
contre le maquis.
LAFON: Non : pour la garde. » (PBL, 3, p. 105).

[[b]29[/b]] PBL, 3, 107 ;

[[b]30[/b]] PBL, 1, p. 59-60 ;

[[b]31[/b]] PBL, 1, p. 60 ;

[[b]32[/b]] PBL, 1, p. 60 et 3, p. 110.

[[b]33[/b]]
 [« Les Allemands […] furent d’abord assez évasifs et n’autorisèrent en fin de compte,
après différentes entrevues,que le recrutement de 300 Arabes qui, encadrés par des Français,
 devraient être répartis en groupes à Toulouse, Limoges, Périgueux etc. »
(PBL, 1, p. 59).
[[b]34[/b]] PBL, 1, p. 64.

[[b]35[/b]] PBL, 1, p. 64.

[[b]36[/b]] PBL, 3, 137, propos du Président.

[[b]37[/b]] PBL, 1, p. 65.

[[b]38[/b]] PBL, 1, p. 65.

[[b]39[/b]] PBL, 3, p. 138.

[[b]40[/b]] PBL,1, p.65 et 66. Sur l’arrestation de Vincent,
 voy. PBL, 3, pp. 159-60, les déclarations de l’accusé Alexandre Villaplana.

[[b]41[/b]] PBL, 3, p. 139.

[[b]42[/b]] PBL, 3, pp. 140-1, déclaration d’Alexandre Villaplana.

[[b]43[/b]]
« J’ai pu alors à ce moment, faire surseoir à l’exécution en priant l’adjudant chef
de m’accorder quelques heures pour savoir si je pourrais arriver à trouver les armes.
 Il m’a dit, après quelques réticences : je veux bien, mais ce soir à 7 heures… »
(PBL, 3, p. 141).

[[b]44[/b]]
« J’ai repris l’interrogatoire de toute la famille Lormand.
C’était un véritable drame de famille qui se passait dans ce village où les esprits
sont très mesquins
[…].
 A six heures, M. Morganti m’a donné un indice et m’a fait comprendre que cela pouvait
 venir de la belle fille de M. Lormand. Je lui ai demandé pourquoi. Il m’a dit :
 parce qu’elle est en instance de divorce avec le fils Lormand ;elle a déjà envoyé
une première lettre et je lui ai vu prendre dans la caisse de son beau-père 50 000 F :
 c’est par vengeance quelle a du faire cela » (PBL, 3, pp. 141-2).

[[b]45[/b]] PBL, 3, pp. 141-2.

[[b]46[/b]] PBL, 6, p. 22.

[[b]47[/b]] PBL, 1, p. 63.

[[b]48[/b]] PBL, 1, p. 62.

[[b]49[/b]] PGN, 1, p. 15.

[[b]50[/b]] PGN, 3, p. 48, déposition de l’officier Roger Sirjean.

[[b]51[/b]] PGN, 4, p. 32, déposition de Nicolaï Raineroff.

[[b]52[/b]]
« [Martin] m’a proposé alors ou de travailler comme traducteur ou bien d’être
déporté avec mon père.
 J’ai accepté de travailler » (Id.) Dans l’exposé des faits, on lit :
« Il a été interrogé par Van Houten à plusieurs reprises fin de savoir s’il n’appartenait
pas à un groupe de résistance et il a été libéré par Van Houten » (PGN, 1, p. 16).
Mais l’intéressé niera lui-même à l’audience :
 « M. RAINEROFF:
[…] Il m’a demandé ce que je faisais-là.
M. LE PRESIDENT:
Afin de savoir si vous n’apparteniez pas à un groupe de Résistance.

M. RAINEROFF:Absolument pas. » (PGN, 4, p. 34).

[[b]53[/b]] PGN, 1, p. 16.

[[b]54[/b]] PGN, 1, p. 17.

[[b]55[/b]] PGN, 3, p. 66, déposition de l’officier Roger Sirjean.

[[b]56[/b]] PGN, 3, p. 95, déposition de l’inspecteur de Police Emile Nouzeilles.

[[b]57[/b]]
 Confirmation à l’audience par le témoin lui-même :
« M. Le PRESIDENT:
 Est-ce qu’ils n’ont pas obtenu de votre part des renseignements qu’ils désiraient ?

 LE TEMOIN: Pas du tout : je n’ai pas parlé ». (PGN, 4, p. 75).
[[b]58[/b]]
Confirmation à l’audience lorsque le Président lit la déclaration du témoin à l’instruction :
« Cinq ou six jours après [mon arrestation], comme je n’avais toujours rien dit
et qu’on n’avait aucune preuve contre moi,j’ai été transféré au troisième étage
 de l’immeuble,dans une petite chambre, et cinq ou six jours après, j’ai été libéré »
 (PGN, 4, p. 78).

[[b][/b]59




[/b]
] PGN, 3, p. 99 déposition de l’inspecteur de Police Emile Nouzeilles.

 .../.....
_________________
L'autre Histoire :

"qui n'entend qu'un son,n'entend qu'une cloche."


http://www.phdnm.org/uploads/3/0/0/1/3001973/seize_pages-1.htm


Dernière édition par Roro II le Dim 6 Jan - 16:51 (2013); édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 6 Jan - 16:19 (2013)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 6 Jan - 16:50 (2013)    Sujet du message: En France, la Police allemande (abusivement appelée Gestapo). Répondre en citant

VII) 
Arrestation de Henri Phegnon et des demoiselles Phegnon et Roux.

 
 
M. Phegnon, assureur à Vernouillet (S. & O.) faisait partie du groupement
de résistance de cette localité[[b]60[/b]].
Le 1er décembre 1943, M. Phegnon et sa secrétaire Mlle Roux
 (qui était au courant de l’activité de son patron) furent arrêtés par Rudy Martin
 à leur bureau, rue Saint-Lazare à Paris.
Ils furent amenés 5, avenue du Général Dubail, et immédiatement interrogés.
 M. Phegnon fut frappé violemment à plusieurs reprises et, en une nuit,
 il subit quatre fois le supplice de la baignoire[[b]61[/b]].
 
Le même jour, Mlle Collette Phegnon, fille du précédent, fut appréhendée
au bureau de son père et conduite rue du Général Dubail.
 Là, elle fut interrogée et, prétend-elle, frappée par Rudy Martin parce qu’elle
ne voulait pas répondre [[b]62[/b]].
 
Quant à la secrétaire, Mlle Roux fut conduite à Fresnes avec son patron.
Tous les deux y restèrent 5 mois ½.
 
Pendant son séjour à Fresnes, M. Phegnon fut interrogé de manière correcte
par des juges allemands :
« ceux qui, réellement, m’ont interrogé, rue des Saussaies, ont été corrects.
J’ai été pressé de questions, toujours pour le même motif : on aurait voulu
connaître le nom de l’organisation de laquelle je dépendais, quels étaient ceux
qui étaient avec moi. Mais je n’ai pas subi de sévices du tout »
 (PGN, 5, p. 91).
Finalement, on le libéra. Le juge allemand qui avait été chargé de son dossier
 lui déclara :
 « j’ai plaidé votre cause. Je n’ai pas voulu vous envoyer en Allemagne.
 Et puis, enfin, je n’ai pas eu de preuves contre vous.
J’ai demandé votre libération qui vous a été accordée. » (PGN, 5, p. 92).
 
Mlle Phegnon, quant à elle, avait été libérée au bout de quelques jours[[b]63[/b]].

VIII) Arrestation de M. Pasteau.
 

 
M. Pasteau « faisait partie d’un mouvement de Résistance (groupe OCM) »[[b]64[/b]].
Le 17 décembre 1943, il tomba dans une souricière organisée par l’occupant.
 Arrêté, il fut interrogé une première fois par F. Martin.
 La nuit, toutefois, il parvint à s’enfuir :
 
A la suite de l’évasion de Pasteau, sa femme et sa belle-sœur, Mlle France Porés,
 furent arrêtées le 18 décembre 1943. Elles furent amenés av. du Général Dubail
et en attendant l’arrivée de Martin interrogées par [Ernest] Lupescu […].
Elles furent ensuite interrogées par Martin et relâchées[[b]65[/b]].
Au cours de leur interrogatoire, Lupescu proféra [lire :
[i]« aurait proféré »] des injures à l’égard de M. Pasteau, déclarant que celui-ci
 trompait sa femme, qu’il ne méritait pas sa confiance… que c’était un salaud"[/i]
 [PGN, 1, pp. 22-3][66].

IX)
Découverte d’un cadavre dans le jardin du 78, Bd Maurice Barrès, à Neuilly.

 
Le 19 mars 1945, dans le cadre de l’enquête sur les agissements de la bande
à F. Martin, un cadavre fut exhumé dans le jardin du 78, boulevard M. Barrès,
à Neuilly :
 
"[…] il n’a pas été possible d’identifier ce cadavre en état de décomposition
 tel que M. le Docteur Paul n’a même pas pu déterminer les causes de la mort"

 [PGN, 1, p. 23].
 
A ces affaires, il faut en ajouter une dixième, révélée lors de la troisième audience
 par l’officier de Police judiciaire Roger Sirjean :

X) Meurtre de d’un dénommé Rubentel.

 
L’affaire est liée au marché noir. F. Martin et G. Van Houten avaient tendu
un piège à deux trafiquants, MM. Abrabanel et Rubentel, feignant vouloir
 réaliser une transaction avec eux. Le jour du rendez-vous :
 
[…] les devises or et les devises papier sont mises sur la table en vue
de la transaction.
 A ce moment-là, Van Houten et Rudy sortent leurs cartes de Gestapo,
 sortent les leurs armes : « Police allemande. Gestapo. » L’or est saisi.
Réaction de la part de M. Rubentel ; réaction malheureuse pour lui et Rudy tire,
 blessant mortellement d’une balle dans la région du cœur M. Rubentel"

 [PGN, 3, p. 50.].

Cas des « auxiliaires français de la gestapo ».
 
Procès dit « des auxiliaires français de la Gestapo » (PAFG),
audience du 24 février 1947. Exposé des faits, chapitre II :
 « Les différentes affaires retenues à la charge des inculpés ».
 
I) Affaires dites « économiques » (en rapport avec marché noir)


II) Affaire d’un état-major de la Résistance (p. 6), vers Pâques 44 :
 

 
« Violette Moriss avait signalé au service de la rue des Saussaies des officiers
français faisant partie de l’état-major d’un groupe spécialisé dans les parachutages
 et sabotages » (p. 6).
Une première action permit l’arrestation d’un colonel, de sa femme et d’un capitaine
 ainsi que la découverte de la boîte aux lettres du groupe.
Cette trouvaille permit d’arrêter trois autres personnes, soit un total de six.
 Les prisonniers furent « conduits au fort de Vincennes et passés par les armes »
 peu avant la retraite allemande (p. 7).

III) Affaire des parachutages de Montlhéry (Essonne, 91310)

 
L’affaire fit également suite à une dénonciation de V. Moriss.
 « Une quantité d’armes importante avait été parachutée à la sortie de Montléry
peu avant l’aérodrome et des Résistants assuraient la garde des armes parachutées »
 (p. 8.
 Des soldats allemands se rendirent à l’endroit indiqué.
« La troupe a encerclé les lieux et une fusillade a éclaté entre Résistants et Allemands.
 Au bout d’une demi-heure de lutte, les Allemands restaient maîtres des lieux.
 Sept Résistants avaient été tués ou grièvement blessés, le reste,une dizaine environ,
 amenés rue des Saussaies et fortement malmenés, fut pris en charge par la Wehrmacht
 et vraisemblablement exécuté » (p. 8.

IV) Affaire des parachutages de Meaux (Seine-et-Marne, 77100)

 
Renseignés par la Gestapo, des Allemands se rendirent près de Meaux où
un parachutage allait avoir lieu :
 « Vers 23 heures, deux avions ont lâché des containers.
 Dès qu’ils eurent disparu, l’encerclement se resserra et une courte fusillade éclata ;
deux Résistants furent blessés, trois autres prisonniers et l’équipe procéda
à la saisie de cinq tonnes d’armes et de munitions qui avaient été parachutées.
 Prisonniers et matériel furent amenés rue des Saussaies et pris en charge
 par la Wehrmacht » (p. 8.

V) Affaires sans nom


V.1°) Arrestation Etcheberry-Billet-Soyer.
 

 
Ces trois Français s’adonnaient au trafic d’armes.
Ils furent arrêtés pour avoir fourni illégalement à des membres de la Gestapo ,
 qui leur avaient tendu un piège, un fusil de chasse et deux revolvers (pp. 8-9).
 Ils furent déportés et « ne sont pas revenus » (p. 9).

V.2°) Arrestation de Colangelo-Rocca-Vitti.
 

 
Benoît Colangelo était un prisonnier évadé fin 1943 (p. 9).
Alors qu’il était au café avec deux autres camarades (MM. Rocca et Vitti),
dans la banlieue de Paris, le groupe fut appréhendé par des auxiliaires français
qui passaient par là. Les trois camarades furent emmenés à Fresnes puis déportés
 à Buchenwald. Deux revinrent en 1945, mais Tino Vitti mourut en déportation.
Dans cette affaire, tout porte à croire qu’il s’agit d’innocents arrêtés au hasard
 (« M. COLONGELO:
 Mon arrestation et celle de mes camarades n’a pas été préméditée.
Cela a été une aventure »[[b]67[/b]]).

VI) Affaire de la rue Halévy (Paris).

 
M. Zuber, résistant, « faisait partie du réseau Mithridate depuis 1943 » (p. 10).
« Il avait organisé, dans les locaux de la Société dont il était le directeur,
 une organisation destinée à venir en aide aux réfractaires du STO » (p. 10).
 Avec quatre complices, MM.  Willemetz, Bernardin, Joguet et Picard,
ils « établissaient des fausses cartes d’identité et de faux certificats de travail et,
 avec l’assistance de M. Scheigoffer, placé par le réseau dans l’organisation Todt,
 ils évitaient à ces réfractaires le départ en Allemagne sous couvert d’un faux
engagement dans cette organisation » (p. 10).
Après que la Gestapo eut infiltré le réseau, elle arrêta Zuber, Bernardin, Picard
et Willmetz.
Peu après, Joguet fut arrêté chez lui (p. 11). M. Scheigoffer put leur échapper.
Tous, sauf Picard, furent déportés. Bernardin mourut en déportation, les deux
 autres revinrent en 1945 (p. 11).

VII)
Affaire du château du général Le long (à Montgeron, Essonne, 91230).

 
Le général Lelong avait rejoint Charles De gaulle en 1941. Son épouse et sa fille
 étaient restées dans leur château à Montgeron. Mais « dès 1942 »,
 elles avaient « travaillé pour la Résistance » (p. 12).
 La châtelaine « recevait dans son château les membres des États-Majors de l’OCM
 et du CNR » (p. 12).
Mme Lelong fut arrêtée le 9 mai 1944. Le 22 juin, la Gestapo organisa une expédition
à Montgeron. Elle arrêta Mlle Lelong, le capitaine Massiet ainsi que MM. Vernazobres, Morestin,
 Arnaud, Emonnet et Hurlin (p. 13).
Le capitaine Massiet put s’échapper. Mme Lelong et sa fille furent déportées
à Ravensbrück d’où elles revinrent. Les hommes furent également déportés ;
MM. Hurlin et Vernazobres revinrent (soit quatre revenus sur six déportés).

VIII) Affaire Siot (poste de TSF).

 
M. Siot produisait clandestinement des appareils de TSF.
 Il fut dénoncé par un employé qui travaillait dans une fabrique de TSF ayant pignon
 sur rue, mais dont le patron avait des ennuis avec la Gestapo pour marché noir. Finalement,
M. Siot s’en tira en payant deux fois 30 000 FF et en donnant cinq postes
 de TSF (pp. 14-15).

IX) Arrestation et exécution d’agents de renseignements;
 (carrefour Richelieu-Drouot à Paris).
 
Au départ, la Gestapo apprit « que deux agents de renseignements
 avaient l’habitude de se rendre dans un café du carrefour [Richelieu-Drouot] »
 (p. 15).
 Une expédition permit d’arrêter les deux individus.
 « Leur interrogatoire fut extrêmement violent [...].
 Le lendemain, leur exécution fut décidée » (p. 15).
Conduits au Fort de Vincennes « ils [y] furent abattus par deux militaires allemands
 d’une rafale de mitraillette » (p. 16).

X) Expéditions contre les maquis du Loir-et-Cher.


X.1°) Affaire de Santenay (41190), le 16 juillet 1944.

 
Le soir du 16 juillet 1944, à Santenay, les auxiliaires français se rendirent
 dans un débit de tabac qui appartenait à un certain M. Vonnet.
 Cet établissement servait de point de rencontre aux maquisards de la région.
 Les arrivants furent accueillis avec des coups de feu.
Ayant riposté et pris le contrôle de la situation, ils arrêtèrent M. Vonnet
 et un maquisard. Le premier fut battu pour qu’il parle. Un peu plus tard,
son épouse fut également appréhendée,mais elle n’eut à subir aucun mauvais traitement.

Envoyé à Blois en prison, le couple fut libéré le 10 août 1944 suite
à une attaque de la Résistance (pp. 17-8.
 
Le maquisard arrêté était muni d’une fausse carte d’identité. Il déclara l’avoir
 obtenue de M. Jules Armand, maire d’une commune voisine, Herbault.

X.2°) Arrestation du maire de la commune d’Herbault (41190),
 le 17 juillet 1944.

 
Le 17 juillet 1944, les auxiliaires français se rendirent donc chez Jules Armand.
 C’était un homme âgé de 70 ans qui vivait avec son épouse.
 Seul le mari fut arrêté et interrogé ; la femme ne fut pas inquiétée.
 
« Pendant son interrogatoire, il fut odieusement molesté par [les auxiliaires] ;
 Combier notamment lui appuyant le canon de son revolver sur la tempe.
 Après plusieurs heures d’interrogatoire, il fut incarcéré à la prison de Blois
où il fut libéré par la Résistance le 10 août 1944.
« Pour essayer d’obtenir des aveux de ce vieillard, Combier l’avait menacé de brûler
 sa maison et d’arrêter sa femme âgée de 70 ans » (p. 18.

X.3°)
Affaire de Cours-Cheverny (Cheverny, 41700), le 30 juillet 1944.

 
Le 29 juillet 1944, les auxiliaires français montèrent une expédition dans un débit
 de boisson de Cours-Cheverny où, selon des renseignements (qui se révélèrent exacts),
des maquisards étaient hébergés (p. 18).
Après avoir encerclé la maison, ils pénétrèrent à l’intérieur.
Les clients furent sortis dans la cour pour y subir une vérification des pièces d’identité.
 Le patron, M. Pointard, qui revenait chez lui, fut appréhendé à son tour.
 Pendant deux heures une perquisition fut menée.
Alors que l’opération se déroulait, un certain Armand Crahes, qui passait dans la rue,
 fut arrêté et interrogé.
Après la perquisition, M. Pointard (qui n’avait pas été emmené) constata la disparition
 de bijoux et de 15 000 F (p. 19). Que fit-il ? Il porta plainte (p. 21).
 Le 30, les auxiliaires revinrent pour perquisitionner à nouveau et vérifier l’identité
 des clients qui se trouvaient là.
 « Cependant, la conversation se déroula sur un ton plus calme que la veille
et tous vidèrent ensemble quelques bouteilles de vin » (pp. 20-21).
Le 31, les auxiliaires exigèrent, sons la menace, que M. Pointard retire sa plainte ;
 le patron du débit de boisson accepta finalement (p. 21).
 
Les auxiliaires voulurent également perquisitionner un autre débit de boissons
du village, tenu par M. Rouillard. « Fort heureusement, [l’auxiliaire Combier]
se contenta d’un interrogatoire de celui-ci, car Rouillard avait dans sa maison
 un dépôt d’armes. Combier se borna à des menaces et le laissa tranquille » (p. 19).
 
Le 30 juillet, les auxiliaires se rendirent chez M. Lecour, dénoncé comme résistant.
 Celui-ci étant absent, ils trouvèrent son épouse alors enceinte de sept mois.
« Mme Lecour, enceinte de sept mois et seule avec un bébé d’un an,
 était chez elle lorsque Combier et son équipe s’y présentèrent.
 Ces individus se livrèrent à une perquisition en règle de la maison et tentèrent
 par la menace de leurs armes, d’obtenir des renseignements sur le refuge de Lecour.
Combier poussa la goujaterie au point de porter des gifles à Mme Lecour,
 malgré son état » (p. 20).

X.4°) Expédition en force contre le maquis dans la région de Romorantin (41200).
 

 
Une première échauffourée survint dans un village à une vingtaine de kilomètres
 de Romorantin. Des maquisards tirèrent d’un café sur la troupe qui arrivait :
« En arrivant dans le village, des maquisards tiraient sur la troupe, d’un café.
 Immédiatement, la maison fut encerclée et une fusillade nourrie échangée de part
et d’autre. Après la cessation du feu, trois patriotes furent arrêtés et durent sous
 la menace, indiquer les emplacements du maquis » (p. 22).
 Un maquisard qui fut « roué de coups » indiqua un bois.
Les Allemands s’y rendirent mais ne parviennent pas à l’encercler totalement,
 « ce qui permit aux patriotes de s’éparpiller et de mettre un marais entre eux
et les Allemands » (p. 22).

X.5°)
Affaire des exécutions au bois de Pontijou, le 13 juin 1944.

 
Le 11 juin 1944, les Allemands attaquèrent le château de Souches
 (commune de St-Julien-sur-Cher, 41320) où résidaient des Résistants.
Quatre arrestations furent opérées.
 Les prisonniers furent conduits à la Gestapo de Blois et joints à six autres
prisonniers arrêtés dans les mêmes conditions.
Tous furent exécutés un par un d’une rafale de mitrailleuse dans un bois
non loin du village de Pontijou. Deux survécurent car n’ayant été que blessés
 (p. 23-4).
XI)
Affaire du boulevard Suchet à Paris (parachutistes américains)

 
Six parachutistes américains furent arrêtés boulevard Suchet à Paris.
L’un d’entre eux révéla la présence, sur ce boulevard, d’un poste de TSF clandestin :
 « les tortures ont été extrêmement violentes et sous leur effet l’un des Américain
 indiqua l’emplacement d’un poste émetteur boulevard Suchet » (p. 25).
Les six hommes furent exécutés sommairement dans le bois de Torfou (p. 25).

XII) Affaire de la rue de la Harpe, à Paris, le 7 août 1944.

 
Trois Résistants (dont un juif) avaient tendu en piège à la Gestapo.
 Se faisant passer pour des trafiquants de marchandise, ils avaient fait en sorte
d’être repérés.
 L’objectif était de tuer les agents de la Gestapo qui viendraient les arrêter.
 Mais l’opération échoua et les trois complices furent véritablement arrêtés :
« Il s’agissait, en réalité, […] d’agents de la résistance qui avaient démasqué
Combier et ses acolytes et leur avaient tendu un piège.
 Effectivement, un des “vendeurs” tirait dès son arrivée sur les agents [de la Gestapo].
 Immédiatement, une fusillade éclatait de part et d’autre.
 Combier arrêtait l’israélite pendant que ses compagnons arrêtèrent
 les deux autres individus » (p. 26).
 
Transportés rue des Saussaies, ils subirent un interrogatoire dur.
Le juif parvint à sauter par la fenêtre du 4ème étage et se tua net en s’écrasant
 dans la cour. Les deux autres furent fusillés le lendemain au Fort de Vincennnes (p. 26).

XIII)
Exécution de maquisards au Fort de Vincennes en août 1944.

 
Exécution sommaire au Fort de Vincennes, vers le 10 août 1944,
de « neuf patriotes détenus à Fresnes » (p. 27).

XIV)
Affaire des patriotes exécutés au Bois du Boulogne, le 15 août 1944.

 
Le 15 août 1944, trente Résistants arrêtés peu avant « à la suite d’une attaque
rue des Ternes » furent regroupés dans la cour de la rue des Saussaies (p. 27).
 Quelques-uns furent abattus sur place, les autres furent emmenés
 au Bois de Boulogne « où ils furent exécutés » (p. 28).

XV)
Affaire de Sainte-Menehould (51800) le 24 août 1944.

 
Le 24 août 1944, un dépôt d’armes fut découvert dans la région de Sainte-Menehould.
 « 25 Français, parmi lesquels M. de Bigault du Granhupt, membre de l’Armée secrète,
 son père et son frère furent arrêtés dans cette opération » (p. 28).
 Ils furent interrogés. Un médecin fut fusillé sur place ; le château de M. du Granhupt
fut pillé puis incendié ; treize Résistants furent déportés en Allemagne.
« Si M. de Granhupt a pu revenir des camps d’extermination nazis, son père,
 son frère et quatre autres déportés y ont trouvé la mort » (p. 28).

XVI)
Affaire des faux policiers.

[Affaires relatives à du marché noir]

Cas de la gestapo géorgienne.

 
Procès dit de la « gestapo géorgienne ».
 Exposé des faits (Edf) et compte rendu sténographique des audiences
 (le premier numéro est celui de la chemise dans laquelle le compte rendu a été classé).

I) Affaires de la région parisienne
:
I.1) Affaire Frépin en février 1944.

 
Concernait un groupe de Résistance qui aurait existé au Quartier Latin à Paris.
Classée sans suite (Edf, pp. 33-4).

I.2)
Affaire de Saint-Rémy-les-Chevreuse (Yvelines, 78470) en mai 1944.
 

 
L’un des accusés,Georges Collignon avait fait état de signaux effectués à partir
 du sol à des avions alliés qui survolaient le pays en lançant des tracts.
Classée sans suite.

I.3) Affaire du 15ème arrondissement, à Paris, en juillet 1944.

 
Arrestation d’une dizaine de personnes, dont un jeune homme
 (un certain Novoborowsky) appréhendé en pleine rue avec une serviette
qui contenait des exemplaires d’un journal clandestin, Le Patriote Russe (9, p. 123),
 hostile aux Allemands.
 L’individu tenta de fuir. Les agents chargés de l’appréhender lui tirèrent dessus
et le blessèrent. Il fut emmené à l’hôpital de la Pitié (12, p. 45ter).

I.4) Affaire Pillard en mars 44.
 

 
Une dame fut dénoncée parce qu’elle aurait hébergé des parachutistes.
Les suites données à cette affaire sont inconnues (Edf, pp. 35-6).

I.5) Affaire de Peroy-les-Gombries (Oise, 60440) en mars 44.

 
Un réseau de résistance fut démantelé, les résistants arrêtés et livrés
à la Feldgendarmerie de Creil (Edf, p. 36).

I.6) Affaire des parachutistes de Montmorency (Val d’Oise, 95160)

 
Deux parachutistes anglais furent arrêtés après un parachutage en forêt
 de Montmorency (pp. 36-7).

I.7)
Affaire des « cinq jeunes gens » appréhendés en gare d’Austerlitz (Paris)
 

 
Des jeunes gens furent appréhendés à la gare d’Austerlitz
 (Edf, p. 37 et 2, pp. 48 et ss.). Ils voulaient passer en Angleterre pour rejoindre
 les forces gaullistes. Le 21 juillet 1945, l’un d’entre eux, qui revenait de déportation,
 Roger Foucher, déclara : « je partais pour combattre avec le général de Gaulle »
 (10, p. 17).

I.8  Affaire Gabriel Laaban de janvier à avril 1944.

 
Le juif Gabriel Laaban était un résistant dont un ami, M. Vogel, fournissait
des faux papiers (au prix de 10 000 FF la carte d’identité [2, p. 73]).
 G. Laaban n’était pas très discret : à Toulouse, il avait connu jeune fille légère,
Hélène De Tranze.
Il la revit à Paris alors qu’elle travaillait comme secrétaire pour la « gestapo géorgienne ».
 Malgré cela, il ne lui cacha pas ses activités illégales
 (« HÉLÈNE De TRANZE:
" Le premier jour que je l’ai revu, il m’a dit qu’il faisait
 partie de la résistance, qu’il pouvait faire avoir des cartes d’identité »
[2, p. 73]).
Afin de piéger ce petit monde, des agents au service des Allemands se firent passer
pour des Résistants qui voulaient rejoindre Toulouse. G. Laaban leur fournit le plan
 de la maison qui avait été réquisitionnée par la Gestapo de Toulouse
(c’était celle de son père) ainsi que les adresses de deux membres de la Gestapo,
 Katz et Wolff, qui avaient arrêté son père et son frère.
 Le 5 avril, lors d’un rendez-vous pris pour effectuer la remise de faux papiers,
 G. Laaban fut arrêté, « emmené à la Gestapo,accusé d’un attentat
contre le capitaine Schweitzer, cravaché, passé à la baignoire, envoyé à Fresnes,
 puis à Drancy, enfin, déporté sur Weimar.
Il put s’évader au cours du voyage dans les régions de St-Quentin » (p. 40).
M. Vogel fut également arrêté puis déporté. A la date du procès, il n’avait pas
 encore donné signe de vie.

I.9) Affaire du Petit-Clamart (Hauts-de-Seine) à l’automne 1943.

 
Grâce à communiste devenu un agent double, Bernard Hubert (1 p. 155),
 la Gestapo infiltra un groupe de Résistants qui fournissait des faux papiers émis
 par la mairie de Luc-en-Dordogne (p. 42).
 L’affaire s’acheva par l’arrestation de plusieurs résistants à Périgueux.

I.10) Affaire du réseau des PTT, en juin 1944.

 
Un réseau de résistance organisé au sein d’un poste de PTT local fut démantelé.
 « Le groupement était très actif, avait un budget et des armes en quantité
 relativement considérables » (p. 44).
Les premières arrestations eurent lieu en juin 1944 au cimetière de Thiais
 lors d’un piège tendu sous forme d’un rendez-vous avec des Résistants.
 Grâce aux interrogatoires, l’occupant vint à savoir que les membres
 de l’organisation des PTT possédait une « boite aux lettres »
 dans la loge de la concierge d’un immeuble sis au 4, rue Margueritte, à Paris.
 La concierge s’appelait Mme Memain, épouse de René Memain.
Cette « boite aux lettres » leur permettait de correspondre avec d’autres
groupement locaux (commandés par M. Rio, dit M. Lenoir). M. et Mme Memain
ainsi que leur fils Marcel et la fiancée de ce dernier, Mlle Genet, étaient de mèche.
 « La fiancée, Mlle Genet, faisait également partie du groupement, et aidait
son futur mari, qui avait été appelé à un poste important de la Résistance,
 en dactylographiant, dans la loge même, des tracts gaullistes » (Edf, p. 51).
Le 13 juin 1944, les auxiliaires des Allemands opéra une perquisition dans la loge
où se trouvaient Mme Memain et Mlle Genet :
« Des tracts, des listes d’adresses, des documents, 2 machines à écrire sont saisis
et emportés.—- Une somme de 50 000 F est découverte dans une enveloppe [...] »
(Edf, p. 52). Au 6ème étage, les agents « mirent la main, dans une chambre de bonne,
 sur une assez grosse quantité d’armes (grenades, mitraillettes, bombes incendiaires etc.)
qui avaient été entreposées là par Marcel Memain, et qui était le dépôt d’armes
 de son groupe de Résistance » (Edf, p. 57).
Arrêté non loin, Marcel Memain fut ramené menotté à la loge ; une fouille permit
de découvrir sur lui un revolver.
Les agents de la Gestapo reçurent alors la mission suivante :
« monter la garde dans la loge [...], arrêter toute personne se présentant
pour motif intéressant cette affaire ou demandant à parler aux résistants de la loge » (Edf, p. 52).
Les autres résistants arrêtés ne subirent aucun dommage corporel, sauf trois :
- « Vers 15 h. 30, un agent de liaison de M. Rio, le Dr. Bireau [aussi orthographié : Biro],
se présente en demandant « M. Lenoir ».
« Il comprend qu’il est tombé dans un piège et tente de fuir.
C’est à cet instant que Blanchet se précipite sur lui et entame une lutte sévère.
 Le Dr Bireau est plus fort. Il terrasse Blanchet et frappe sévèrement Collignon,
 qui malheureusement parvient à se dégager, et, tirant son arme, fait feu
 sur le Dr Bireau ».
« La balle frappe la victime au ventre et va se loger dans la colonne vertébrale »
(Edf, pp. 53-4).
Un médecin appelé sur les lieux constata une hémorragie interne.
Le docteur Bireau fut évacué vers l’hôpital de la Pitié.
 Opéré le 6 juillet, il resta paralysé d’une jambe.On le transféra à l’infirmerie de Fresnes.
Il fut libéré le 17 août par l’arrivée des Alliés.
- M. Rio arriva le lendemain vers 10 h. « Il est aussitôt identifié par Collignon,
 qui possède sa photographie. Il lui demande s’il est M. Lenoir. L’autre nie.
Collignon lui porte une série de gifles et de coups de poings, ces derniers
à l’estomac, après lui avoir passé les menottes sous la menace de son revolver »
(Edf, pp. 55-6).
A l’audience, R. Collignon contesta avoir donné des coups de poing :
 « COLLIGNON: Je lui ai donné une ou deux gifles […].

 M. LE COMMISSAIRE DU GOUVERNEMENT:
 Et également des coups de poing dans l’estomac.

COLLIGNON:
Je lui ai donné une ou deux gifles » ; « Je n’ai donné uniquement que des gifles »
(3, p. 17). M. Rio fut déporté en Allemagne.
- Vers 16 heures, le 16 juin, deux résistants, M. Boulet et l’infirmière Muller,
se présentèrent à la loge. Leurs papiers leur furent demandés.
M. Boulet sortit son revolver. Mais deux agents, Solins et Fontini, avaient
 le leur au poing. Ils tirèrent et vidèrent leur arme sur les deux arrivants.
La fusillade fut telle que les balles partirent dans tous les sens et criblèrent la loge
 (Edf, pp. 57-8). M. Boulet fut touché par quatre balles, sans trop de gravité.
Mais Mlle Muller fut blessée mortellement par une ou deux balles (2, p. 23)
et mourut deux jours plus tard.
 
Par la suite, l’enquête orienta la Gestapo vers le central téléphonique Danton.
 Deux Résistants furent arrêtés. Puis une femme fut appréhendée chez elle.
 Son ami, M. Cléret, employait Marcel Memain comme secrétaire et
 « était, comme eux, membre de l’organisation des PTT » (Edf, p. 71).
 Après l’affaire de la rue Margueritte, il était allé se réfugier en Seine-et-Oise
 (aujourd’hui, les Yvelines) pour « éviter une arrestation qu’il présageait
comme imminente » (Edf, p. 66).
 Les agents au service des Allemands se rendirent chez les Cléret et perquisitionnèrent
 (« il y avait un désordre absolument indescriptible » dira Collignon à son procès
 [3, p. 28]).
Mme Cléret fut mise en état d’arrestation et interrogée sur place ;
« Collignon et Terrile se montrèrent très durs » (Edf, p. 66).
 Emmenée rue des Saussies,
 « elle se trouva avec plusieurs personnes, arrêtées dans l’affaire des PTT
qui avaient été torturées avec violence » (Edf, p. 66).
Informé de la situation, M. Cléret « mettait tout en oeuvre pour la faire libérer.
 Par l’intermédiaire d’amis, il parvint à toucher un des lieutenants d’Odicharia [...]
qui demanda à M. Cléret 150 000 Frs pour l’élargissement.
Cleret en passa par là et le 7 août 1944, Mme Cléret était remise en liberté »
 (Edf, p. 67).
La Police allemande voulut également saisir M. Meley, chef du réseau des PTT.
Mais après les événements de la rue Margueritte, il avait prit la fuite,
 laissant sa femme seule chez lui. Les agents tentèrent de savoir où il se cachait.
 Le 20 juin, R. Collignon se fit passer pour un membre de la Résistance (3, p. 51)
qui voulait voir M. Meley. Mme Meley se contenta de répondre :
« Mon mari n’est pas là ». R. Collignon se retira (Edf, p. 67).
2°) Le 28 juin, des agents de la Gestapo vinrent dans l’appartement à minuit,
« le mirent à sac, et perquisitionnèrent partout »[[b]68[/b]].
 Il y restèrent pendant un certain temps, y organisant la surveillance par roulement.
 Mais personne ne vint. Mme Meley ne fut même pas arrêtée (Edf, p. 68) ;
 tout juste R. Collignon lui aurait dit :
« Je ne suis pas un policier, mais un chasseur qui, quand il voit un gibier, l’abat »,
 ce que Collignon nia (3, p. 53).
 
L’occupant chercha à saisir M. Viard, affilié au réseau des PTT.
 Mais lui aussi avait fui, ne laissant que sa femme.
 Le 28 juin, deux agents vinrent chez lui et se firent passer pour des Résistants
 qui voulaient connaître son lieu de retraite. Mme Viard garda un silence prudent.
 « Ils lui donnèrent alors un numéro de téléphone [...] et la prièrent de les avertir
si son mari rentrait. Mme Viard promit, ne fit rien, et ne revit jamais ces individus ».
 Plus tard, elle reconnut l’un d’eux comme étant Sébastien Solina,
agent de la « gestapo géorgienne » (Edf, p. 69).
A l’audience, Mme Viard confirma cette version des faits (8, p. 103).
 L’accusé Solina fit de même : « Mme Viard a simplement dit que son mari était absent.
Nous avons dit :
 “Voulez-vous dire à votre mari qu’il téléphone à M. Totor”.
On n’a même pas cherché dans la maison, alors qu’on pouvait aller dans toutes
 les pièces et procéder à toutes les vérifications qu’on aurait voulues »
 (3, p. 59-60.).
II) Affaires de Lyon (février 1944)

II.1) Perquisition au garage de Jean-Marie Buffet
 
La gestapo perquisitionne dans le garage d’un certain M. Buffet.
 Ce dernier abritait dans son garage des véhicules de la résistance
(Edf, p. 82...). Au procès, il déclara :
« j’appartenais à la Résistance depuis 1942. Je travaillais pour le compte des MURL,
 Mouvements unifiés de la région lyonnaise .Mon garage était un point de chute
 pour les MURL de la Haute-Savoie, tout ce qui était Résistance en Haute-Savoie.
 En plus, j’avais à assurer la liaison entre le colonel Roussard et ses agents
 de la région lyonnaise. le colonel Roussard était à Genève.
J’avais le courrier au garage.
« En 1943, j’ai fait la connaissance du commandant Georges qui m’a demandé
 de mettre mon garage à sa disposition pour un dépôt de transports »
(8, p. 60).

II.2) Interrogatoires au dépôt des machines de Vaize.
 

 
Lors du procès, le principal accusé, Oberchmuckler, fut chargé d’avoir
 « interrogé très durement le personnel du dépôt » (p. 84).
Mais il agit ainsi parce qu’il y avait eu un attentat[[b]69[/b]],
attentat qui, malgré les fuites, n’avait pu être prévenu, et qu’une nouvelle tentative
 de sabotage avait eu lieu.

II.3) Perquisition au Garage Bertret.

 
C’était un garage qui « s’occupait à Lyon du maquillage des voitures des résistants »
 (p. 85). Dix arrestations furent opérées.

III) Affaire de Pau.

 
La gestapo s’y rendit fin 1943 pour démanteler les réseaux de résistance :
 
« Main avait déjà préparé le terrain et sondé les membres de la Résistance à arrêter,
 à qui il devait présenter ses acolytes comme des résistants désireux
de se “camoufler“ dans la résistance locale. Le rendez-vous était fixé au 3 octobre
au soir au café du Trèfle à Pau.
Toute l’équipe, sauf Odicharia, y lièrent connaissance avec les 6 ou 7 Résistants présents.
« A 21 heures, Odicharia arriva avec les SD en criant “Police allemande”...
Ses acolytes, dont Collignon, mirent le revolver au poing et il fut procédé
aux arrestations. Les prisonniers furent amenés au siège des SD, à Pau,
interrogés et brutalisés, et Collignon fut commis à leur garde, le lendemain,
cependant que ses camarades continuaient l’enquête » (p. 96). 
A l’audience, Collignon contesta qu’il y ait eu des « brutalités » :
 « Mais “brutalités”, c’est excessif.
 C’est-à-dire que j’ai vu [revenir] des gens qui étaient un peu ébouriffés, quoi. »
 (4, p. 103).
 

 ------------------------------------------------------------------------
 
[[b]60[/b]] Il en était le chef :
 « comme j’étais le chef de la Résistance à Vernouillet » (PGN, 5, p. 90).

[[b]61[/b]] L’objectif était de lui soutirer des informations :
« LE TEMOIN:
[…] On voulait savoir, comme j’étais le chef de la Résistance à Vernouillet,
 le nom de mes camarades. Comme je ne répondais pas, on me frappait à coups
de nerfs de bœuf sur la tête, et on me retrempait dedans, cinq à six fois de suite »

 (PGN, 5, p. 90.).
[[b]62[/b]] « LE PRESIDENT:
Vous avez été battue ? Il vous a frappée avec une matraque peut-être ?
LE TEMOIN :
 Non, à coups de poings. Il m’a relevée par les cheveux.
M. LE PRESIDENT:
Même une jeune fille, il n’hésitait pas à vous frapper !... Il vous a frappée […]
 LE TEMOIN :
 […] Ensuite, il m’a confrontée avec mon père
[Là, elle a dit d’après son père : « Non, papa, ce n’est pas nous, on n’a rien fait,
 tu sais papa : rien » (PGN, 5, p. 89, déposition de Henri Phegnon).].
 Il m’a menacée de la baignoire. Mais cela s’est arrêté là. »

(PGN, 5, 96, déposition de Colette Phegnon).

[[b]63[/b]] PGN, 1, p. 21.

[[b]64[/b]] PGN, 1, p. 22.

[[b]65[/b]]
Confirmation lorsqu’on lit la déclaration de Mme Pasteau à l’audience :
 « Vers midi, Rudy est venu enfin et nous a interrogées, ma sœur et moi.
Puis, vers une heure de l’après-midi, nous avons été relâchées après
qu’une perquisition avait été faire chez ma sœur »
(PGN, 2, p. 89).

[6[b]6[/b]]
A l’audience Mme Pasteau confirma :
« Je me souviens, en tout cas, que Lupescu m’avait dit que mon mari me trompait,
qu’il couchait avec une autre, que c’était un salaud etc…. »
(PGN, 2, p. 90).
Mais Lupescu démentit :

 « M. LUPESCU: […] je ne l’ai pas dit. […]
Pour quel motif aurais-je dit cela à cette dame ? Je ne connais pas M. Pasteau,
 je ne savais pas qu’il avait été arrêté, je ne l’ai jamais vu qu’en photographie.
Que quelqu’un d’autre, dans le bureau, l’ait dit, je ne dis pas le contraire,
 mais moi personnellement, non. Je n’ai d’ailleurs pas ce mot dans ma bouche »

 (PGN, 2, p. 60).

[[b]67[/b]] PAFG, audience du 1er mars 1947, p. 45.

[[b]68[/b]] Edf, p. 68. A l’audience, R. Collignon contesta le fait :
 « COLLIGNON:
 […] je ferai remarquer que nous n’avons absolument rien renversé,
contrairement à ce que dit Mme Meley. »
[3, p. 52].

[[b]69[/b]]
« la Résistance est venue faire sauter des machines, dans le courant
de l’année 1943 », déposition de Marcel RENNI, [8, p. 147] ;
« dix-huit locomotives avaient sauté », déposition d’Oberchmuckler, [3, p. 78]
_________________
L'autre Histoire :

"qui n'entend qu'un son,n'entend qu'une cloche."


http://www.phdnm.org/uploads/3/0/0/1/3001973/seize_pages-1.htm


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