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France en Guerres
Les guerres de la France au XX° Siècle. Parlons en !

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Anniversaire...

 
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PostPosted: Tue 23 Jul - 11:37 (2019)    Post subject: Anniversaire... Reply with quote

23 juillet 1945 : ouverture du procès du maréchal Pétain.

Trois mois se sont écoulés depuis son retour en France. Le vieil homme, qui a bientôt 90 ans, est accusé « d'attentat contre la sûreté intérieure de l'État et d'intelligence avec l'ennemi, en vue de favoriser ses entreprises en corrélation avec les siennes. »

L'ancien président du conseil Reynaud sans aucune honte ose l'accuser : «d'avoir fomenté un complot en 1940 pour "trahir la France". » Lui qui avec tous ces comparses ont désarmé le pays et l'ont livré à l'ennemi, fuyant lâchement devant l'avancée des troupes allemandes !

L'accusé est introduit vers 13 h 30, il porte l'uniforme avec pour seule décoration la médaille militaire. Contrairement aux usages, il n'est pas précédé d'un officier, mais seulement d'un sous-officier de la garde républicaine. La salle pleine à craquer. Les jurés, les témoins, les journalistes, l'assistance entassée sur des bancs et des gradins forment une masse compacte qui d'un seul homme se lève à la vue du Maréchal.

Alors que la parole lui est enfin donnée, Philippe Pétain se lève, «aucun tic du visage, aucun tremblement des mains, son impassibilité garde de l'allure» note l'écrivain Jean Schlumberger, il commence la lecture d'une déclaration rédigée. D'une voix ferme, le vainqueur de Verdun commence par s'en prendre au tribunal et à la légitimité de la Cour :

«C'est le peuple français qui, par ses représentants réunis en Assemblée nationale le 10 juillet 1940, m'a confié le pouvoir, c'est à lui que je suis venu rendre des comptes.

La Haute Cour, telle qu'elle est constituée, ne représente pas le peuple français, et c'est à lui seul que s'adresse le Maréchal de France, chef de l'État »

Je ne ferai pas d'autre déclaration. Je ne répondrai à aucune question.» Mes défenseurs ont reçu de moi la mission de répondre à des accusations qui veulent me salir et n'atteignent que ceux qui les profèrent.

J'ai passé ma vie au service de la France. Aujourd'hui, âgé de près 90 ans, jeté en prison, je veux continuer à la servir, en m'adressant à elle une fois encore. Qu'elle se souvienne ! J'ai mené ses armées à la victoire en 1918. Puis, alors que j'avais mérité le repos, je n'ai cessé de me consacrer à elle.

J'ai répondu à tous ses appels, quels que fussent mon âge et ma fatigue. Le jour le plus tragique de son Histoire, c'est encore vers moi qu'elle s'est tournée.

Je ne demandais rien, je ne désirais rien. On m'a supplié de venir : je suis venu. Je devenais ainsi l'héritier d'une catastrophe dont je n'étais pas l'auteur. Les vrais responsables s'abritaient derrière moi pour écarter la colère du peuple.

Lorsque j'ai demandé l'armistice, d'accord avec nos chefs militaires, j'ai rempli un acte nécessaire et sauveur.

Oui, l'armistice a sauvé la France et contribué à la victoire des Alliés en assurant une Méditerranée libre et l'intégrité de l'Empire.

Le pouvoir m'a été confié et légitimement reconnu par tous les pays du monde, du Saint-Siège à l'U.R.S.S. De ce pouvoir, j'ai usé comme d'un bouclier pour protéger le peuple français. Pour lui, je suis allé jusqu'à sacrifier à mon prestige. Je suis demeuré à la tête d'un pays sous l'occupation.

Voudra-t-on comprendre la difficulté de gouverner dans de telles conditions ? Chaque jour, un poignard sur la gorge, j'ai lutté contre les exigences de l'ennemi. L'Histoire dira tout ce que je vous ai évité, quand mes adversaires ne pensent qu'à me reprocher l'inévitable.

L'occupation m'obligeait à ménager l'ennemi, mais je ne le ménageais que pour vous ménager vous-mêmes, en attendant que le territoire soit libéré.

L'occupation m'obligeait aussi, contre mon gré et contre mon cœur, à tenir des propos, à accomplir certains actes dont j'ai souffert plus que vous, mais devant les exigences de l'ennemi, je n'ai rien abandonné d'essentiel à l'existence de la patrie.

Au contraire, pendant quatre années, par mon action, j'ai maintenu la France, j'ai assuré aux Français la vie et le pain, j'ai assuré à nos prisonniers le soutien de la Nation.

Que ceux qui m'accusent et prétendent me juger s'interrogent du fond de leur conscience pour savoir ce que, sans moi, ils seraient peut-être devenus. *

Pendant que le Général De Gaulle, hors de nos frontières, poursuivait la lutte, j'ai préparé les voies de la libération, en conservant une France douloureuse mais vivante.

A quoi, en effet, eût-il servi de libérer des ruines et des cimetières ?

C'est l'ennemi seul qui, par sa présence sur notre sol envahi, a porté atteinte à nos libertés et s'opposait à notre volonté de relèvement.

J'ai réalisé, pourtant, des institutions nouvelles ; la Constitution que j'avais reçu mandat de présenter était prête, mais je ne pouvais la promulguer.

Malgré d'immenses difficultés, aucun pouvoir n'a, plus que le mien, honoré la famille et, pour empêcher la lutte des classes, cherché à garantir les conditions du travail à l'usine et à la terre.

La France libérée peut changer les mots et les vocables. Elle construit, mais elle ne pourra construire utilement que sur les bases que j'ai jetées.

C'est à de tels exemples que se reconnaît, en dépit des haines partisanes, la continuité de la Patrie. Nul n'a le droit de l'interrompre.

Pour ma part, je n'ai pensé qu'à l'union et à la réconciliation des Français. Je vous l'ai dit encore le jour où les Allemands m'emmenaient prisonnier parce qu'ils me reprochaient de n'avoir cessé de les combattre et de ruiner leurs efforts.

Je sais qu'en ce moment, si certains ont oublié, depuis que je n'exerce plus le pouvoir, ce qu'ils ont dit, écrit ou fait.

Des millions de Français pensent à moi, qui m'ont accordé leur confiance et me gardent leur fidélité.

Ce n'est point à ma personne que vont l'une et l'autre, mais pour eux comme pour bien d'autres, à travers le monde, je représente une tradition qui est celle de la civilisation française et chrétienne, face aux excès de toutes les tyrannies.

En me condamnant, ce sont des millions d'hommes que vous condamnerez dans leur espérance et leur foi. Ainsi, vous aggraverez ou vous prolongerez la discorde de la France, alors qu'elle a besoin de se retrouver et de s'aimer pour reprendre la place qu'elle tenait autrefois parmi les nations.

Mais ma vie m'importe peu. J'ai fait à la France le don de ma personne. C'est à cette minute suprême que mon sacrifice ne doit plus être mis en doute.

Si vous deviez me condamner, que ma condamnation soit la dernière et qu'aucun Français ne soit plus jamais détenu pour avoir obéi aux ordres de son chef légitime.

Mais, je vous le dis à la face du monde, vous condamneriez un innocent en croyant parler au nom de la justice et c'est un innocent qui en porterait le poids, car un Maréchal de France ne demande de grâce à personne.

A votre jugement répondront celui de Dieu et celui de la postérité. Ils suffiront à ma conscience et à ma mémoire.

Je m'en remets à la France ! »


Tiré du livre Message d'outre-tombe du Maréchal Pétain : Textes officiels, ignorés ou méconnus, consignes secrètes (Aux Nouvelles Editions Latines. Pages 272, 273, 274,275.) rédigé par Philippe Pétain, Monique Paillard, Jean Paillard.


 

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PostPosted: Tue 23 Jul - 11:37 (2019)    Post subject: Publicité

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Avricourt


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PostPosted: Mon 29 Jul - 10:05 (2019)    Post subject: Anniversaire... Reply with quote

Tout est dit ! Quelle dignité ! Et quel mépris pour des Juges qui n'ont surtout rien à dire !
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Res, non verba.


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Joined: 08 Oct 2007
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Localisation: Avignon

PostPosted: Fri 16 Aug - 09:02 (2019)    Post subject: Anniversaire... Reply with quote

Anniversaire du débarquement de l'Armée d'Afrique en Provence. Macron ignore superbement le rôle majeur de l'Armée d'Afrique, construite par le général Weygand sous inspiration et directives de… Vichy ! Et conduite par le général De Lattre de Tassigny et le général Juin qui venait de libérer l'Italie et la Corse !
Il y avait des Africains dans cette armée certes, mais c'était une armée française, pas "africaine" comme le laisse entendre Macron dans son discours !
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Maréchal


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Joined: 19 Dec 2007
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PostPosted: Thu 22 Aug - 11:26 (2019)    Post subject: Anniversaire... Reply with quote

Et il faut également parler des Européens engagés dans cette armée d'Afrique. Particulièrement en Algérie où les Pieds Noirs, proportionnellement furent plus nombreux que les Indigènes (vivants et morts).
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Notre vie est- un voyage
Dans l'hiver et dans la nuit,
Nous cherchons notre passage
Dans le Ciel où rien ne luit.

Chanson des Gardes Suisses. 1793


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