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Sarajevo. Détonateur ?
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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 17:03 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

L'attentat de Sarajevo, fut-il vraiment le détonateur de la Grande Guerre ? Donnez nous votre avis !
_________________
"Je hais ces mensonges qui vous ont fait tant de mal"


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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 17:03 (2007)    Sujet du message: Publicité

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JULES


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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 22:18 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

  1ère PARTIE:       QUI A VOULU LA GUERRE ? ( La thèse officielle)
                   

Il est vrai que la thèse de la responsabilité entière austro-allemande semblait bien établie.
En France,elle avait été répétée,martelée même,pendant toute la durée du conflit.Des politiciens,
des universitaires,des hommes de lettres,des religieux mème avaient contribué à la répandre.
Simple exemple parmi tant d'autres:en 1915,la Librairie Armand Colin avait publié une petite
brochure d'une soixantaine de pages intitulée:Qui a voulu la guerre? Les origines de la guerre
d'après les documents diplomatiques.D'un prix modique ( 50 centimes),elle avait été rédigée
par deux professeurs à l'Université de Paris,E.Durkheim et E.Denis,ce qui lui donnait un aspect de
sérieux et d'impartialité.

 Les arguments développés par les propagateurs de cette thèse étaient très nombreux,qui
accusaient l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie:à la base,disait-on,se trouvait le désir-fou-de constituer
un Grand Empire Allemand qui irait de Dantzig à Bagdad et,ainsi,de dominer le monde.("La guerre
de 1914-1918,déchaînée par l'Allemagne en vue de dominer le monde..." pouvait-on lire
en 1928 dans un manuel scolaire de géographie à l'usage des élèves français de classe de 3ème
(Voy.Géographie de l'Europe,manuel pour classe de troisième(Librairie Hachette,1928,p.216)

 Mais pour cela,l'Allemagne devait affaiblir durablement ses deux rivales,la France et la Russie,
et l'Autriche devait atteindre Salonique afin de règner sur tous les Balkans;or,elle ne pouvait
l'atteindre qu'en écrasant la Serbie," le seul obstacle sérieux à ce grand dessein";alors:
    d'un bond,on sera à Salonique, en face de Suez, le grand débouché de l'Asie: de Hambourg à
Bagdad,par les Balkans soumis à l'hégémonie allemande et austro-allemande,par la Turquie,
où l'influence allemande était prépondérante,le grand tronc impérial allemand traverserait une
succession ininterrompue de pays allemands ou vassaux de la colossale Allemagne.
(Voy.Gustave Hervé,Nouvelle Histoire d'Europe( éd.de "La Victoire",Paris,1931,p.378)...    

A suivre.....


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JULES


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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 23:17 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

 .....Telle était, disait-on ,le dessein de base.La preuve en était apportée par les initiatives 
prises depuis vingt ans du coté du bloc austro-allemand:l'Allemagne ne s'était-elle pas lancée
dans l'armement naval en 1898 avec le premier projet von Tirpitz qui prévoyait la construction
de 25 cuirassés et 47 croiseurs avant 1904, puis en 1900, avec le deuxième projet von Tirpitz
encore plus audacieux ? N'avait-elle pas:
   
      - laissé se développer,à partir de 1891, la très active "ligue pangermaniste" qui rêvait de
domination mondiale?
       - cru pouvoir déclarer la guerre à la France avec le "coup de Tanger" en mars 1905?
       - organisé,en novembre 1909, des manoeuvres militaires durant lesquelles des dirigeables
avaient simulé l'attaque d'une forteresse, démontrant ainsi des projets agressifs?
       - provoqué une deuxième fois la France en envoyant une canonnière mouiller devant
le port d'Agadir le 1er juillet 1909?
       - organisé des manoeuvres navales impressionnantes devant l'île d'Héligoland
en septembre 1912?
       - promulgué une loi accélérant le réarmement le 3 juillet 1913?
       - signé un accord militaire avec la Turquie le 28 octobre 1913?

    De son coté, son alliée l'Autriche n'avait-elle pas démontré sa volonté expansionniste
aux dépens des Slaves en durcissant sa politique de germanisation de la Bohème et de la
Moravie à partir de 1899?
N'avait-elle pas tenté d'axphyxier économiquement la Serbie en 1906 en rompant l'accord
commercial qui la liait à Belgrade et en fermant ses frontières?
N'avait-elle pas annexé la Bosnie-Herzégovine en octobre 1908?

                 La chronologie officielle établissant les responsabilités  

     Mais surtout, la chronologie officielle de la crise de juin-aout 1914 semblait confirmer
la préméditation austro-allemande:

     - 28 juin:assassinat de l'archiduc François-Ferdinand,
     - 5 juillet: Guillaume II dmande au général von Falkenhayn,ministre de la guerre,
de prendre les mesures préparatoires à un conflit,
      -23 juillet: ultimatum "inacceptable" de l'Autriche à la Serbie.
      -25 juillet: la Russie se déclare solidaire de l'indépendance serbe menacée par 
l'Autriche-Hongrie;l'Angleterre propose en vain à l'Allemagne sa médiation;
       -28 juillet:l'Autriche déclare la guerre à la Serbie;
       -29 juillet: des navires de guerre autrichiens descendant le Danube et la Save
bombardent Belgrade,la Russie,en mème temps soucieuse de protéger son alliée
serbe et de ne pas jeter de l'huile sur le feu,mobilise partiellement;
        -29-30 juillet:l'Angleterre tente une ultime médiation.
 l'Allemagne rejette ces propositions.
 la Russie exige,avant toute négociation,l'arrèt des hostilités austro-serbes;
        -30 juillet: la Russie mobilise...
        -31 juillet: .....ce qui provoque de la part de Berlin l'envoi d'un ultimatum
à la Russie la sommant de démobiliser.
         -1er aout:l'Allemagne déclare la guerre à la Russie et procède à la mobilisation
générale.
         -2 aout:en réponse,la France mobilise à son tour.
         -3 aout :l'Allemagne déclare la guerre à la France et à la Belgique.
         -4 au 13 aout: la mécanique des alliances entraîne la généralisation de la guerre.   
----------------------------------------------------------------------------------------
    -23 juillet: l'Autriche lance un ultimatum à la Serbie.
    -25 juillet: la Russie apporte son soutien à la Serbie.
    -28 juillet: l'Autriche déclare la guerre à la Serbie.
    -30 juillet: la Russie mobilise.
    -31 juillet: l'Allemagne lance un ultimatum à la Russie.A Paris,Jean Jaurès est assassiné. 
    -1er aout: l'Allemagne déclare la guerre à la Russie.
    -2 aout:    la France mobilise.
    - 3 aout  : l'Allemagne envahit la Belgique et le Luxembourg, et déclare la guerre
 à la France.
     - 4 aout : le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne.

( Chronologie extraite d'un manuel scolaire français pour classes de 3ème paru en 1989
(histoire/géographie,3è,par JM Lambin, J.Martin et P.Desplanques,Hachette,P.12)....

 Tout,dans cette chronologie, accuse l'Autriche et l'Allemagne:l'ultimatum inacceptable
du 23 juillet, la déclaration de guerre du 28 et le refus allemand de négocier...
                                   -------------------------------------------


           1919/ Le vainqueur charge le vaincu de la responsabilité du conflit 

   Voilà pourquoi prenant la parole à l'ouverture de la Conférence des préliminaires de paix,
le 19 janvier 1919, le Président de la République française Raymond Poincaré lança:

  "Besoin n'est pas d'informations complémentaires ou d'enquètes exceptionnelles pour
connaitre les origines du drame qui vient d'agiter le monde.La vérité,toute couverte de sang,
s'est déjà évadée des archives impériales.La préméditation du guet-apens est aujourd'hui
clairement démontrée.Dans l'espoir de conquérir d'abord l'hégémonie européenne,et bientot
la maitrise du globe,les Empires du centre,rivés l'un à l'autre par une secrète complicité,ont
inventé les prétextes les plus odieux pour tacher de passer sur le corps de la Serbie et se
frayer un chemin vers l'Orient.En mème temps,ils ont renié les engagements les plus
solannels pour pouvoir passer sur le corps de la Belgique et se frayer un chemin vers le coeur
de la France.Voilà les deux inoubliables forfaits qui ont ouvert la voie à l'agression.Les efforts
combinés de l'Angleterre,de la France et de la Russie, se sont brisés contre cette folie d'orgueil.
Si,après de longues vicissitudes,ceux qui voulaient régner par le fer ont péri par le fer,ils n'ont
à s'en prendre qu'à eux.C'est leur aveuglement qui les a perdus."

( Voy.la documentation catholique,t.I,1919,p.6,col.B.Aucune occasion ne fut perdue pour
rappeler la thèse officielle.Voy.par exemple le Memorandum économique que les alliés publièrent
début 1920.Alors qu'il n'était plus question de la guerre en elle-même,le document commençait ainsi:
 "La guerre que les démocraties de l'Europe occidentale ont été forcées d'entreprendre pour
défendre leur liberté et qu'elles ont conduite jusqu'à une conclusion triomphante"...(Voy.la
documentation Catholique,t.III,1920,p.837,col.A)

A suivre.....
     
    


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MessagePosté le: Mar 9 Oct - 07:22 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

...Parenthèse... Tu n'oublieras pas de citer tes sources, STP, Merci !
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MessagePosté le: Mar 9 Oct - 08:15 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

Admin a écrit:
...Parenthèse... Tu n'oublieras pas de citer tes sources, STP, Merci !


 Référencé et  (crocheté) après chaque citation ou texte.


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MessagePosté le: Mar 9 Oct - 10:54 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

 ......Suite:                             L'impudence du vainqueur

        Ce discours pouvait toutefois surprendre,au moins sur un point:

   R.Poincaré qualifiait de "prétextes les plus odieux pour tâcher de passer sur le corps
  de la Serbie" l'assassinat,par un terroriste serbe,de l'archiduc François-Ferdinant,neveu
et héritier présomptif de l'empereur François-Joseph.C'était faire preuve d'impudence.
        Depuis longtemps,d'ailleurs, les Allemands condamnaient cette façon de minimiser
le geste des terroristes serbes.Dans une réponse à des catholiques français publiée en
1915, on lisait:

    (...) comme dans presque toutes les publications de nos adversaires,nous retrouvons
le mème phénomène,assez singulier d'ailleurs: le crime de Sarajevo et la culpabilité de
la Serbie passent pour ainsi dire inaperçus.L'héritier d'un grand Empire,caractère chevaleresque,
catholique fervent et fidèle,tombe avec son épouse sous les coups d'assassins serbes,victime
sur son propre territoire d'une conjuration dont les membres sont des fonctionnaires serbes
également en plein exercice.On serait tenté de supposer que,justement dans un ouvrage rédigé
par des catholiques,la plus vive réprobation devrait éclater contre ce crime monstrueux et contre
l'Etat complice.Il n'en est rien!
(Voy.Georg Pfeilschifter,La culture allemande,le catholicisme et la guerre( éd.CL.van 
Langenhuysen,Pays-Bas,1916),p.42.Dans son édition du 2 octobre 1920,le quotidien La Croix
 prétendit réfuter l'ensemble de l'ouvrage en une....vingtaine de lignes.On a l'impression de lire
une "réfutation" du révisionnisme dans une revue juive...:Voy.la Revue Universelle,15 avril 1921,
article intitulé:"Les origines de la Grande Guerre et la préméditation austro-allemande"

                                     ---------------------------------------

                                      Un mensonge en forme d'aveu

     Il est d'ailleurs intéressant de noter que, par la suite, les accusateurs de l'Allemagne et de
l'Autriche allèrent plus loin.Reprenant un vieux mensonge serbe de 1916( voy.plus loin l'exposé
d'Henri Pozzi),ils prétendirent que, selon toute probabilité, l'attentat du 28 juin 1914 avait été
commandité par....les autorités austro-hongroises.

    Dans un article du prince Wladimir Chika publié en avril 1921,on lisait:

    "Tout était préparé de longue main pour susciter les événements dont l'assassinat de
l'archiduc fut l'occasion ou le prétexte.Rien de sérieux n'a été fait pour prévenir un tel drame,
tout, au contraire,semble avoir été disposé pour qu'il se produisit.Des attentats truqués l'ont
précédé où se reconnaissent les procédés ordinaires des dirigeants politiques d'un pays où
l'on n'hésite pas à se servir d'agents provocateurs et de faux témoins( voir le procès d'Agram)."

    Plus loin,cependant,l'auteur avouait qu'il ne disposait d'aucune preuve tangible pour
étayer ses accusations:

    "Cet incident, si bien fait pour le but qu'on voulait atteindre,a-t-il été voulu,directement
organisé,selon une version que l'on pourrait qualifier de romantique?On ne saurait encore
l'affirmer,et il faut nous en tenir aux propositions que nous indiquames au début de cet article,
jusqu'à ce qu'une preuve plus positive de culpabilité nous soit fournie."

   Bref,il n'y avait rien que des constructions mentales.Mais la manoeuvre était révélatrice:elle démontrait que l'affirmation selon laquelle l'attentat aurait été un" odieux prétexte"pour
l'Autriche était irrecevable,car l'assassinat d'un héritier au trone d'un gigantesque empire n'est
pas un vol à l'étalage.
  Dès lors, les chantres de la préméditation austro-allemande n'avaient plus le choix:
   puisqu'il était impossible de nier qu'un terroriste serbe avait le coup,il fallait démontrer-
et les Serbes l'avaient compris dès 1916-que l'assassin avait été manipulé....

                                              Graves incohérences

     Cela dit, revenons au discours de R.Poincaré.Outre la légèreté avec laquelle il traitait
l'assassinat de l'archiduc,le Président français éludait deux questions:
       - si, vraiment,l'Allemagne et l'Autriche avaient voulu la guerre;si elles avaient comploté
pour la faire éclater,attendant le premier prétexte pour prendre les armes:
       - Pourquoi l'Allemagne n'avait-elle pas mobilisé dès le 23 juillet(lorsque l'Autriche avait
déclaré la guerre à la Serbie) et attaqué deux jours plus tard(quand la Russie avait manifestée
sa volonté de protéger l'indépendance serbe)?
        -Pourquoi avait-elle ainsi perdu six précieux jours,laissant à ses adversaires le temps
de se concerter et de s'organiser? eT SURTOUT/
        -Pourquoi l'Autriche n'avait-elle pas,de son coté,préparé la guerre,à tel point qu'en
aout 1914,avec une population comparable à celle de la France,elle n'avait pu mobiliser que
2,3 millions d'hommes,pendant que la France,elle,allait en mobiliser 3,8 millions?  

                                    L'Allemagne était isolée en 1914

    De plus,à supposer que l'Allemagne ait voulu dominer l'Europe puis le monde,elle aurait
du travailler depuis des années à s'entourer d'alliés surs;au moins pour, dans un premier
temps,rassurer l'étranger,voire l'endormir.Or,elle vit l'Italie s'éloigner irrémédiablement d'elle
en 1900 et,en 1901,elle ne donna pas suite à l'offre anglaise de défense commune.
    La France,elle,en profita,elle conclut un accord secret avec l'Italie(1902) et,six ans après Fachoda,elle signa avec Londres l'Entente cordiale(8 avril 1904).
    Les tentatives de rattrapage effectuées en 1906,1907 et 1911 par Guillaume II lorsqu'il
rencontra le roi d'Angleterre Edouard VII puis son successeur George V se soldèrent par un
échec.Comme l'a rappelé Pierre Benaerts en 1939:

    "L'Allemagne de Guillaume II avait manqué tous ses buts diplomatiques et provoqué,
au contraire,une coalition d'autres puissances"(Voy.P.Benaerts,L'unité allemande.1806-1938(éd.
Armand Collin,1948/première édition de 1939,pp.123-4:

      Si bien qu'à la veille de la guerre:

  "l'Allemagne était systématiquement et complètement encerclée,isolée.Il ne lui restait plus
que l'Autriche,considérée par( ses) adversaires comme un corps agonisant,dénué de toute
force sérieuse."
(Voy.Georg Pfeilschifter,op.cit,p.41)

A suivre....




     


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JULES


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MessagePosté le: Mar 9 Oct - 14:02 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

 ....Suite:                       L'Allemagne ne cherchait pas la guerre avant 1914 



     A cette époque,il n'y avait plus que le cardinal Rampolla pour parler d'une Allemagne
qui aurait eu "la supériorité diplomatique"( " L'heure est grave pour la France,je vous le répète.
L'Allemagne a la supériorité militaire:elle a également la supériorité diplomatique",propos tenus
le 20 septembre 1913 par le cardinal Rampolla au vicaire général de Paris,Mgr Odelin(Voy.la
Documentation catholique,tI,1919,p.29,col.A)Dans ces conditions,vouloir conquérir l'Europe et
le monde par les armes aurait été une folie pure.  
     Voilà d'ailleurs pourquoi,contrairement à ce qui a été dit(et à ce que l'on répète encore),
l'Allemagne ne réarmait pas en vue d'une guerre agressive.
      Les plans von Tirpitz démontraient uniquement que,pour pallier sa faiblesse coloniale,
l'Allemagne désirait devenir une puissance maritime.Quant aux grandes manoeuvres des années
1909-13,elles constituaient des mesures normales à une époque où tout le monde réarmait et
où le progrès technique entrainait des réorganisations au sein des armées.
       Dans ses mémoires,Franz von Papen,qui avait travaillé au Grand Etat-Major allemand à
partir de 1911,écrit:

     " Je n'étais alors qu'un petit rouage dans une immense machine,mais je dois dire qu'à mon
échelon d'obsservation,je ne voyais,dans l'activité du Grand Etat-Major,rien qui eut pu hater la
grande conflagration.Au contraire,notre connaissance des effets des armes modernes et de l'envergure des préparatifs militaires dans la plupart des pays d'Europe nous rendaient bien plus
anxieux de sauvegarder la paix que ne l'étaient certains hommes politiques."
( Voy.F.von Papen,Mémoires(éd.Flammarion,1953,p.13)


                                 En 1916,l'Allemagne voulait la paix


       Ajoutons enfin qu'en 1920,lors du procès de Joseph Caillaux devant la Haute-Cour,
la France leva le masque en accusant l'ancien président du Conseil d'avoir(involontairement)
aidé l'Allemagne dans ses tentatives de....conclure la paix.
       Les accusateurs produisirent notamment un témoin à charge, l'abbé Delsor,qui, au
printemps 1916,siègeait au Reichstag comme député de l'Alsace annexé.
       Il rapportait qu'à cette époque,le représentant du gouvernement allemand avait déclaré
lors d'une séance secrète de la Commission du budget:

        "D'ici à l'automne,il y aura en France un changement de gouvernement.M.Caillaux reviendra
au pouvoir et ce sera la paix.M.Caillaux est notre homme"
(Voy.l'acte d'accusation de J.Caillaux devant la Haute-Cour.Reproduit in extenso dans la
 Documentation Catholique,t.III,1920,p.293)

         Preuve que, plongée dans une guerre qu'elle n'avait pas voulue,l'Allemagne aspirait
à la paix sans vainqueur ni vaincu....tout comme le Pape d'ailleurs(En 1915,Benoit XV avait
lancé aux belligérants un appel dans lequel il affirmait:" Chacun devrait consentir de bon grès
à des concessions,mème au prix de certains sacrifices,pour ne pas assumer devant Dieu et
devant les hommes l'énorme responsabilité de la continuation de ce carnage sans exemple
et tel que,s'il se prolonge encore,il pourrait bien marquer pour l'Europe le signal de la déchéance"
(Voy.la Documentation Catholique,t,III,1920,p.720,col.A) Un an plus tard il écrivit :"Il ne nous est
pas possible de nous abstenir d'élever encore une fois la voix contre la guerre,qui nous apparait
comme un suicide de l'Europe civilisée"

          Or, rappelons qu'au moment d'entrer en guerre du coté des alliés,le 26 avril 1915,  
l'Italie dut signer un traité secret dont l'article 15 était le suivant:

           " La France,la Grande-Bretagne et la Russie s'engagent à soutenir l'Italie en vue de ne
pas permettre aux représentants du Saint-Siège d'entreprendre aucune démarche diplomatique
tendant à la conclusion de la paix ou au règlement de questions se rattachant à la présente guerre."
( Voy.la Documentation Catholique,t.III,1920,p.720,col.A-Notons que, là encore, cette information
a été divulguée pour des raisons d'intérèts.Dans le cas présent,des catholiques répondaient à
des anticatholiques qui reprochaient au Pape de n'avoir eu aucune pitié pour l'humanité sanglante
pendant la guerre.) 

                                  Une thèse échafaudée sur l'omission


           En vérité, les chantres de la thèse de la préméditation austro-allemande avaient,comme
d'habitude,bâti leur démonstration en éclairant la moitié de la scène et en laissant dans l'ombre
 des évènements importants voire capitaux.Eux qui, à l'aide de cartes inquiétantes,ne cessaient
de brandir la menace "pangermaniste",ils oubliaient de dire qu'en Allemagne,cette ligue 
regroupait 20 000 personnes environ,sur une population de plusieurs dizaines de millions
de personnes(Voy.Serge Cosseron et Philippe Faverjon,L'Europe de 1815 à nos jours(éd.La
Manufacture,Besançon,1991,p.214)
             Dès 1915,d'ailleurs,des Allemands avaient tenu à rappeler que le pangermanisme
n'avait jamais pénétré les milieux gouvernementaux:
     
        " De temps à autre,il est vrai,quelque pangermaniste à l'esprit peu lucide, baptisé du nom
 d'impérialiste,a pu manifester le désir d'une plus grande Allemagne;mais jamais pareilles
utopies n'ont trouvés accès dans les milieux dirigeants de notre époque."
( Voy.Georg Pfeilschifter,op.cit.,p.27 )

           Mais surtout, les chantres de la thèse de la préméditation austro-allemande oubliaient
 d'évoquer une menace bien plus réelle, qu'ils avaient soutenue volontairement ou non,
le "pangermanisme".
           Ainsi véhiculaient-ils une histoire d'Europe mensongère à cause des omissions dont
elle était truffée.Et aujourd'hui encore, la plupart des manuels d'Histoire passent sous silence 
l'action pangerslaviste dans les années 1850-1914.....

PS:Le procès de Joseph Caillaux devant la Haut-Cour en 1920 confirma
     que l'Allemagne voulait la paix et qu'elle espérait son retour en 1916. 

A suivre.....


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MessagePosté le: Mar 9 Oct - 18:14 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

  2ème PARTIE: Comment les panslaves ont déchaîné la guerre en juillet 1914
                       
                             -Les révélations d'Henri Pozzi en 1937 

     Sur le travail d'Henri Pozzi:

     En 1933,Henri Pozzi fit paraitre aux éditions Paul Berger un ouvrage intitulé:

       "La guerre revient"( introuvable aujourd'hui,cet ouvrage est consultable à la
Bibliothèque de Documentation Internationale Contempraine(BDIC,Nanterre)sous
la cote:S 17208.
       Il le dédiait à ses deux fils, Paul et Nevill ainsi qu'" à tous les jeunes hommes
de France leurs camarades,qui,demain,si notre pays ne veut pas voir la vérité et
laisse agir ceux par qui revient la guerre,mourront...."Dans son introduction,l'auteur
prévenait:
              " La guerre,de toutes parts,irrésistiblement,revient....
               Elle revient parce que les traités de paix,là même où il y avait le plus
               d'opprimés à libérer--dans la vallée du Danube et dans la péninsule 
               balkanique--ont créé plus d'injustice,de désordre,d'arbitraire qu'ils n'en
               détruisaient;parce que leurs hautes et nobles formules ont servi de masque
               aux appétits les plus vils,aux plus abominables combinaisons de conquête
               et d'affaires..."(p.IX) 

       Pour mener son enquête,cet ancien membre de l'Agence des Balkans avait effectué 
cinq voyages sur place,voyages durant lesquels il avait observé,rencontré des gens,
parlé avec eux,etc...
       Sans surprise,la parution de son ouvrage provoqua une polémiqueCertains l'accusèrent 
de provoquer à la guerre sous prétexte de la prévenir,et de colporter pour cela de graves
mensonges.
       Afin de répondre à ses accusateurs,H.Pozzi fit paraître en 1937 un deuxième ouvrage,
capital celui-ci,intitulé:Les coupables.Documents officiels inédits sur la responsabilité
de la guerre et les dessous de la paix(aux Editions Européennes).L'auteur dévoilait une
partie des documents serbes confidentiels et inédits qui lui avaient permis de rédiger
son premier livre.Ces documents lui étaient tombés entre les mains notamment grâce
à des personnes qui avaient travaillés dans les ambassades ou des légations.Parmi eux
figurait un ancien deuxième secrétaire de la légation serbe à Londres,Pétrovitch.
        A la veille de la Grande Guerre,il était chargé de traduire les télégrammes secrets
venus de Belgrade.Il garda la copie d'un certain nombre d'entre eux,ainsi que d'autres
pièces officielles.
        Lorsque,plus tard,les autorités yougoslaves(comprenez:serbes)l'apprirent,elles
firent tout leur possible pour les enlever.Traqué et harcelé par des agents de la police
secrète,Pétovitch se suicida le 24 novembre 1934 à Londres.
        Mais auparavant,il avait pris soin de confier ses papiers à des amis anglais sûrs.   

        Le lecteur découvrira ci-dessous deux chapitres très importants du 2ème livre
d'Henri Pozzi:  "Le guet-apens"( pp.20-39 ) et "Les télégrammes serbes"( pp.53-71). 
        Ils prouvent l'écrasante culpabilité russo-serbe dans le déclenchement de la première
        guerre mondiale.....

                                              +LE GUET-APENS+


 La situation en 1914:


                Il y a vingt ans, si les masses françaises, si notre Parlement avaient su pourquoi
la guerre menaçait en Europe,il n'y aurait pas eu de guerre...
               Rien n'obligeait, en effet, la Russie à se mêler de la querelle austro-serbe.
               Elle était notre alliée.Elle était, grâce à nous, l'amie,presque l'alliée de l'Angleterre.
               Elle avait depuis 1908 des accords formels avec l'Italie...("La Russie,liée à l'Italie
par les accords de Racconigi...( VOY.R.Poincaré,Les Balkans...,op.cit.,p.6).
               Avec la Serbie, elle n'avait rien, aucune entente,aucune convention d'assistance
ou de solidarité.Tout au moins officiellement,publiquement....
              En fait,on va le voir,il y avait secrètement partie liée sur tous les points,en toutes
choses,une collaboration,une complicité continues depuis dix ans entre Saint-Pétersbourg
et Belgrade.
              Le geste décisif de Sarajevo lui-mème,il avait été conçu,préparé,réalisé par les
organisations militaires panserbes,non seulement avec l'approbation,mais avec la 
collaboration effective du représentant russe auprès du gouvernement serbe(:" M.de Hartwig 
avait mis à la disposition du colonel Dimitrievitch ses collaborateurs militaires,le colonel
Atamanov et le capitaine Werchowsky"(D. Stéfanovitch:Souvenirs et documents d'un
diplomate serbe,p.146 du manuscrit à paraitre en 1937). 
               Mais si cela explique pourquoi la Russie a fait sien tout de suite,comme elle l'a
fait,le conflit austro-serbe,cela lui conférait-il le droit, vis-à-vis de nous,ses alliés,d'exiger
que nous exécutions nos engagements d'appui militaire?L'alliance nous y obligeait-elle?
             
              En aucune façon....
          
              Lorsque la Russie tsariste,en effet,s'était officiellement,irrévocablement placée
aux côtés de la Serbie,elle ne nous avait ni consultés ni même avertis.
              Or,nos gouvernements,depuis cinq ans--l'avaient continuellement prévenue que
nous ne la soutiendrions pas si elle rentrait en guerre contre l'Autriche pour une question
non prévue par l'alliance et non discutée avec nous.*
               Son intervention brusquée risquait donc de laisser la Russie isolée...
 *"Vous n'avez pas le droit d'agir isolément et de nous engager sans vous être concertés
avec nous"(R.Poincaré,déclaration à Iswolsky,janvier 1912:Voy.Les Balkans...,p.2-7 ).



Le plan russe pour précipiter la France dans la guerre:

               La Russie se rendait parfaitement compte du danger.Elle savait que si elle jouait   
  cartes sur table,si elle nous avouait que la Serbie n'était qu'un prétexte et qu'elle ne la
défendait que pour défendre le slavisme et ses visées dans les Balkans,nous nous refuserions
à la suivre.
               Mais à ce péril la Russie connaissait le remède.M.Poincaré lui-même le lui avait
indiqué.
               Le 9 août 1912,lorsque Sazonov lui avait communiqué,avec 6 mois de retard,
la stupéfiante"Convention de guerre contre l'Autriche"* que constituaient les stipulations
secrètes du pacte d'alliance serbo-bulgare du 13 mars précédent,notre ministre des
Affaires étrangères avait nettement spécifié à Sazonov qu'il ne fallait pas que la Russie
comptat sur notre concours s'il lui prenait fantaisie de se lancer dans une aventure
balkanique. 
 *( Voy.R.Poincaré,Les Balkans...p.11(6).Voici ce qu'écrit R.Poincaré:" Je fais remarquer
à M.Sazonoff(ou Sazonov)que cette convention ne répond aucunement à la définition
qui m'en avait été donnée,qu'elle est,à vrai dire,une convention de guerre..."(pp.115-116) 

               L'alliance ne jouerait--avait alors déclaré notre ministre des Affaires étrangères--
l'appui français ne serait acquis à la Russie que si l'Allemagne intervenait militairement
contre elle.*
               Dans ce cas,immédiatement,nous interviendrions nous aussi avec toutes nos
forces--mais nous n'interviendrions que dans ce seul cas.
              Cette intervention allemande,sans laquelle il n'y aurait pas d'intervention française
et,par conséquent aussi,en vertu de nos accords militaires et navals avec Londres,pas
d'intervention anglaise--les dirigeants russes,en juillet 1914,n'ont eu qu'une préoccupation,
qu'un but: la provoquer.

              Un seul seul moyen,mais infaillible,s'offrait à eux pour cela:pousser l'Allemagne
à les attaquer en mobilisant et en le faisant dans des conditions telles que cette mobilisation
constituat une menace intolérable pour l'Allemagne.
     
             C'est exactement ce qu'ils ont fait... 

              Mais il était nécessaire aussi,pour éviter que nous ne nous opposions--comme
nous nous y étions opposés en février 1909--à une mesure qui devait inévitablement déchainer
la guerre générale que cette mobilisation provocatrice restat ignorée de nous jusqu'à ce qu'elle
ait déterminé le résultat escompté.
              Nous ne l'avons,effectivement,connue que lorsqu'il a été trop tard et aujourd'hui
encore(1935,date de rédaction du livre),21 ans après le crime inexpiable commis par les
dirigeants russes,notre opinion continue à n'en rien savoir...On trouvera à cet égard,dans les
pages qui suivent,d'irréfutables précisions.

 *Dans sa note,H.Pozzi cite un passage d'un rapport de M.Sazonov au Tzar en date du 9 aout
1902,rapport qu'il dit avoir extrait du Livre Noir,t,II,p.342.Mais le texte qu'il cite ne se trouve
ni à la page 342,ni ailleurs dans le document.En revanche,on trouve ceci,qui dit la mème chose
(rapport de M.Sazonov au Tzar en date du 4 aout 1912):" M.Poincaré considéra comme son
devoir de souligner sur ce point que l'opinion publique en France ne permettrait pas au
gouvernement de la République de se décider à une action militaire pour des questions
purement balkaniques,si l'Allemagne n'y prenait point part et si elle ne provoquait pas de sa
propre initiative l'application du casus foederis.Dans ce cas nous pourrions certainement
compter sur la France pour l'accomplissement exact et entier de ses obligations envers nous."
(Voy.Un Livre Noir( éd.La Librairie du Travail,Paris,s.d.),p.342;voyR.Poincaré,Les Balkans..p.117)   

 A suivre...

               

             


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JULES


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MessagePosté le: Mar 9 Oct - 18:18 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

...Suite
                     La Russie a mobilisé(en secret) dès le 24 juillet 1914

 La thèse officielle mensongère:

                     Cette mobilisation provocatrice,à qui nous devons l'intervention allemande
et la guerre,elle a été violemment,obstinément niée.
                     Elle l'est encore....
                     A en croire nos historiographes officiels et officieux,la Russie n'aurait
mobilisé qu'à partir du 30 juillet,et uniquement pour répondre à la mobilisation 
austro-hongroise.*
                     --"C'est non point la mobilisation russe(elle n'est que du 30 juillet),mais
la déclaration de guerre autrichienne à la Serbie( elle est du  vingt-huit ) qui, dans la suite des
événements aboutissant à la conflagration générale,marque le fait important,capital.(...)
lorsque la nouvelle de cette mobilisation russe fut connue,le jour suivant,à Vienne et à
Berlin,le gouvernement autrichien avait déjà décidé la mobilisation générale de son armée."**

                      Autant d'affirmations,autant d'inexactitudes...

                      La mobilisation officielle rusee n'est pas du 30 juillet.Elle est du vingt-huit.***
                      Mais la mobilisation réelle de l'armée russe--comme l'établissent des documents
déjà publiés et qu'on se garde bien de signaler à l'intention de notre opinion....

* Le fait caractéristique,capital de cette mobilisation secrète du 24 juillet,faite en vue de
provoquer une riposte allemande qui ferait jouer l'alliance française,c'est,à coup sûr,la
mobilisation des deux flottes de guerre:celle de la Baltique et celle de la Mer Noire.
L'argument que la Russie n'a mobilisé que par "mesure de précaution"et pour parer une
éventuelle attaque autrichienne ne peut,en effet,s'appliquer aux "deux flottes"dont il parait
improbable que l'état-major russe ait envisagé l'emploi dans les Carpathes...En revanche,
la mobilisation de la flotte de la Baltique constituait pour l'Allemagne une menace directe.

** :R.Recouly,Histoire de la Grande Guerre,pp.11 et 12

***:Voy.R.Poincaré,  L'union sacrée( éd.Plon,Paris,1927,p.391
 R.Poincaré s'appuie notamment sur Un Livre Noir,p.283.Et en effet,on y apprend que  
le vingt-huit juillet 1914,M.Sazonov télégraphia à Vienne,Paris,Londres et Rome:
     "Par suite de la déclaration de guerre de l'Autriche à la Serbie,nous proclamerons
     demain la mobilisation dans les districts d'Odessa,de Kiev,de Moscou et de Kazan."

 Dès le 25 juillet,l'Allemagne était informée de la mobilisation russe.

                 Cette mobilisation russe a été connue à Vienne et à Berlin,non point le
31 juillet,comme l'écrit M.Recouly,qui a oublié à cet égard de se mettre d'accord avec
M.R.Poincaré,mais le 25 juillet dans la soirée.*
                  Dès le lendemain,26 juillet,l'Allemagne,sans mobiliser,se mit en devoir
de prendre des mesures de précaution massives.**

* : Voy.le télégramme du Livre blanc allemand

** :Voy.le télégramme de Jules Cambon,ambassadeur à Berlin,27 juillet.

L'Allemagne et l'Autriche n'ont fait que réagir aux préparatifs russes.

                   C'est la connaissance par l'Allemagne,le 25 juillet,de la mobilisation
russe--et non pas sa préméditation de guerre-- qui, en lui donnant la certitude que
la Russie était résolue à la guerre,lui a fait prendre les dispositions qui ont été invoquées
contre elle,depuis,comme preuves de sa préméditation :

          --"....le matin suivant(31 juillet),avant d'ètre informé de la mobilisation russe,
le gouvernement germanique expédiait à son représentant à Bruxelles un document
cacheté exigeant de la Belgique le libre passage des armées allemandes à travers
son territoire.Ce document avait été rédigé par le chef d'état-major de Moltke,trois
jours avant( c'est-à-dire le vingt-huit juillet).Rien ne prouve davantage que les chefs
militaires et les chefs civils considéraient la guerre comme certaine."  *

                 Ils la considéraient comme certaine et ils prenaient toutes ces mesures
encore une fois non pas parce qu'ils avaient prémédité la guerre,mais parce qu'ils
connaissaient depuis le 25 juillet la mobilisation russe et que celle-ci les obligeait
à une riposte immédiate..En fait--on le sait aujourd'hui et on trouvera plus loin
des documents officiels,irréfutables,qui l'établissent--la mobilisation russe était
secrètement commencée depuis le 8 juillet....**
                 Dès le 14 juillet,au matin,le gouvernement austro-hongrois avait été
averti par ses services d'espionnage du rappel en Europe des troupes russes d'Asie,
ainsi que des mouvements de troupes dans la région de Kiev.***
                L'argument décisif qui amena le comte Etienne Tisza,au conseil tenu à
Vienne le 14 juillet,à cesser son opposition aux propositions de Berchtold,fut
précisément la connaissance des renseignements parvenus à Vienne,le matin
mème,sur l'étendue des préparatifs militaires russes.****

*: R.Recouly,Histoire de la Grande Guerre,pp.13-14.

**: Télégrammes secrets de Spalaikovitch,ministre serbe à Saint-Pétersbourg,à
Pachitch,22,23 et 24 juillet 1914( télégrammes reproduits plus loin).

*** Il ne connut que le 16,par le déchiffrage d'un télégramme de Spalaikovitch,à
Pachitch,communiqué à l'attaché militaire austro-hongrois à Belgrade par l'agent
secret Arsa Popovitch,les préparatifs analogues faits à Moscou,Odessa et Kazan.

****:Voy.(H.Pozzi),La guerre revient....,p.315(Dans cet ouvrage ,H.Pozzi expliquait
pourquoi,après avoir refusé l'envoi d'un ultimatum à la Serbie,le comte Tisza,premier
ministre de Hongrie,fit soudainement volte-face le 14 juillet 1914:
       "Deux motifs ont amené Tisza à modifier son atitude:la nouvelle que la
mobilisation russe était commencée( et l'on sait aujourd'hui qu'elle l'était effectivement

 A suivre....
   
        


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JULES


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MessagePosté le: Mar 9 Oct - 18:19 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

Suite....
                  Les incohérences chronologiques de la thèse officielle.

           Au reste,si l'Allemagne n'a connu la mobilisation russe que le 31 juillet,comment
M.Raymond Recouly,qui l'affirme, * explique-t-il alors qu'elle ait pu envoyer à la Russie,
dès le 30 juillet au soir,un ultimatum la sommant de "démobiliser"...?
           En vérité,dès le 29 juillet,l'Allemagne a sommé la Russie de cesser ses préparatifs 
 militaires.On le sait grâce au télégramme que .Sazonov a envoyé 29 juillet à l'ambassadeur
russe à Paris et qui commençait ainsi:

        " L'Ambassadeur d'Allemagne m'a déclaré aujourd'hui la décision de son gouvernement
de mobiliser ses forces si la Russie n'arrêtait pas ses préparatifs militaires." *

 Nouvelle preuve que la Russie avait bien commencé à mobiliser avant le 29....

          S'il est vrai,comme l'écrit aussi(après tant d'autres!) M.Recouly,que la Russie n'a
commencé à mobiliser que le 30 juillet, comment expliquer, surtout, le télégramme
où Sazonov , le 29, informait notre gouvernement que la Russie"était obligée de poursuivre
ses préparatifs militaires."? **

          Si la Russie les "poursuivait",c'est donc qu'elle les avait "commenés"....

          Ce qui achèverait de démontrer, s'il le fallait,l'intérèt capital,dans l'étude des
responsabilités de guerre, de la mobilisation générale russe ordonnée à notre insu le 24
juillet 1914,c'est le soin avec lequel,depuis vingt ans,on s'est efforcé de la cacher à notre 
opinion.
         Parachevant le geste serbe de Sarajevo, la mobilisation hative et secrète de la  
Russie--poursuivie parallèlement à la mobilisation serbe,ordonnée à Belgrade par le
gouvernement russe ***--  écrase,en effet, le slavisme sous la plus effroyable 
  des responsabilités....

           Ce n'est pas la PREMEDITATION allemande,dont le monde entier,et ceux-la
mêmes qui,chez nous, l'affirment encore,savent aujourd'hui qu'elle n'est qu'une
légende imaginée pour les "besoins de la cause"--
   
C'EST LE GESTE RUSSE DU 24 JUILLET 1914 QUI A ETE LA RAISON DIRECTE,UNIQUE
 DE LA GUERRE....  

* :(Voy.Un Livre Noir,déjà cité,p.289, télégramme no1551)

**   Voy.R.Recouly,Histoire de la Grande Guerre,p.16:On lit:" Dans la nuit du 29 au 30,
Viviani,venant réveiller Poincaré à l'Elysée,lui apporte un télégramme urgent de
Saint- Pétersbourg(...) Le gouvernement russe informe le gouvernement français qu'il
est obligé(...) de poursuivre les préparatifs militaires."

***  Voy.plus loin,les télégrammes secrets de  Spalaikovitch à Pachitch.)



     En juillet 1914, personne--SAUF les conjurés--ne pensait qu'une guerre
     mondiale éclaterait:

             Pas une chancellerie européenne n'avait eu le sentiment, au lendemain de Sarajevo,
que la guerre générale était désormais inévitable et n'était plus qu'une question de jours.
             Toutes ont eu la pensée,partagée par leurs opinions *,que l'évènement était gros
de complications facheuses, mais aucune--pas plus celle de Berlin que la notre**--n'a
discerné sur le moment que l'irréparable venait de s'accomplir.

            Un seul homme, chez nous--parmi ceux qui ne travaillaient pas d'accord avec
Saint-Pétersbourg et Belgrade--a eu la prescience de la catastrophe,et encore ne l'a-t-il
eue que lorsque a été connue la volonté autrichienne de chatier les culpabilités serbes....
   " Il est à craindre,télégraphiait le 24 juillet notre ambassadeur à Londres,Paul Cambon,
 que la Russie,exaspérée par les exigences de Vienne,prenne parti militairement pour les
Serbes,qu'elle n'ait ainsi l'initiative d'une agression contre l'Autriche et que l'Allemagne
ne soit amenée à soutenir son alliée.Ce sera la guerre générale..."( Télégramme No132,133).

           Personne en Europe--en dehors des dirigeants russes et serbes et des rares
personnalités françaises en relations intimes avec eux--ne se doutait,en effet,que le coup
de révolver de Gavrilo Princip avait eu pour but de provoquer,en Russie et en Autriche,
les réactions mème qui s'y produisaient...

 *(Dans sa brochure célèbre:Détruisez l'Autriche-Hongrie,publiée à Paris en 1916,
 Edouard Bénès avait accusé le premier ministre hongrois,Etienne Tisza,d'avoir poussé
l'Autriche à la guerre.Pour appuyer son mensonge,aujourd'hui universellement reconnu,
de leur allié tchèque,les Serbes avaient été plus loin et affirmé avoir en mains les preuves
que Tisza avait connu et favorisé les projets des assassins.L'honneur de cette invention
revient au ministre serbe à Paris,Vesnitch,qui l'exposa pour la première fois dans les
bureaux du Temps.

** ( Petit Larousse Illustré:Historique de laGrande Guerre,p.1665,col.1.)

            La légende selon laquelle l'Autriche aurait saisi l'occasion rèvée

    On a soutenu le contraire.
    Ne pouvant tout de même pas aller jusqu'à dire--comme avaient osé le faire les Serbes
en 1916 *--que l'Autriche avait organisé elle-même l'attentat du 28 juin 1914,on a affirmé
que l'Allemagne,dès le lendemain de Sarajevo,avait été d'accord avec son alliée pour
envenimer et pousser les choses à l'extrème.
     Elle aurait vu dans l'assassinat du 28 juin une occasion inespérée de réaliser ses projets
 d'agression.
        --"Toutes les concessions serbes,a-t-on écrit,eussent été inutiles,comme ont été
inutiles tous les efforts de conciliation des puissances pacifiques.L'Allemagne,sure de son
écrasante supériorité militaire,voulait la guerre.Elle la voulait tout de suite.Tous ses actes,
dès le premier jour,n'ont tendu qu'à l'aggravation à la généralisation du conflit.
          " Mais lorsque l'Autriche sembla disposée à transiger,l'Allemagne,résolue à la guerre,
brusqua le dénouement.Après avoir rejeté la proposition anglaise de soumettre le différend
à une conférence,et la proposition française de constituer une commission internationale,
elle n'accueillit pas davantage la demande d'arbitrage adressée personnellement au Kaiser
par le Tzar Nicolas."*

          Aucune discussion,ajoute-t-on,n'est possible sur ce point,devant la précision des
documents et des faits...Aucune discussion,en effet, n'est possible,en présence de toutes
les révélations et précisions qui établissent aujourd'hui la réalité...

*( Petit Larousse Illustré:Historique de la Grande Guerre,p.1665)

 Pourquoi l'Allemagne n'a pas pris en compte la proposition russe de conciliation

   
          Ce n'est pas l'Allemagne-- les déclarations du ministre de Roumanie à Paris,Lahovary,
  fixent à cet égard la vérité--irréfutablement--c'est Philippe Berthelot,secrétaire général
du quai d'Orsay,qui a fait échouer les offres autrichiennes,et cela de sa propre autorité....
          C'est la Russie qui a repoussé la proposition britannique de conférence internationale,acceptée par l'Allemagne sous la seule réserve que la Serbie,puissance de
troisième ordre, n'y serait pas traitée en égale de l'Autriche...
           L'Allemagne n'a pas accueilli la demande faite à Guillaume II par le Tzar,le 29
juillet,de soumettre le conflit austro-serbe à la cour de La Haye?Mais, en premier lieu,et
contrairement à tout ce qui a été écrit et enseigné chez nous depuis vingt ans,il n'y a jamais
eu de demande formelle,impliquant une réponse affirmative ou négative également formelle...
          Il y a eu de la part du Tzar une simple expression d'opinion,placée en post-scriptum,
pour ainsi dire,d'un message sans rapport avec ce post-scriptum.

         " Merci pour votre télégramme conciliant et amical.Attendu que le message officiel
présenté aujourd'hui par votre ambassadeur à mon ministre était conçu en termes très
différents,je vous prie de m'expliquer cette différence.Il serait juste de remettre le problème
austro-serbe à la Cour de La Haye.J'ai confiance en Votre sagesse et en votre amitié." *

           En second lieu, au moment mème ou il expédiait ce télégramme, Nicolas II signait
l'ordre officiel de mobilisation générale--de cette mobilisation générale qu'il avait,en réalité,
secrètement ordonnée et qui s'effectuait à plein depuis le 24 juillet....
         
           Comment l'Allemagne,qui le savait, pouvait-elle prendre la"suggestion"de Nicolas II
autrement que comme une ruse destinée à gagner du temps.? **

 * (Texte publié le 31 janvier 1915 par le Messager Officiel de Pétrograd,et transmis le
mème jour par l'Agence Havas)

**( Dans Un Livre Noir,on trouve une "lettre autographe" du Tzar à M.Sazonov en date
du 27 juillet 1914--14 juillet selon le calendrier russe--et dans laquelle il proposait
l'arbitrage de La Haye.Nicolas II terminait ainsi:"Peut-ètre la minute n'est-elle pas encore
perdue avant qu'interviennent des événements déjà irréparables.Essayez de faire ce pas
aujourd'hui,avant votre rapport,afin de gagner du temps.En moi l'espoir de paix n'est
toujours pas éteint."
 Quand on connait l'action russe,tout porte à croire que cette lettre était soit un piège destiné
à tromper la France ou les services secrets allemands sur les réelles motivations de la
Russie,soit une pièce rédigée après coup pour faire croire que le Tzar avait lutté pour la paix.


L'Allemagne savait l'Autriche gravement menacée par les convoitises des panslaves.

              Depuis 1909,et surtout depuis les victoires serbes de 1911 et de 1913,l'Allemagne
sentait monter de toutes parts autour de son alliée autrichienne l'assaut de plus en plus 
menaçant,de plus en plus violent du slavisme.
             Comme tous les autres gouvernements, elle connaissait les convoitises de la Serbie,
l'intense propagande menée par les organisations nationalistes,avec l'appui de la Russie,dans
les provinces méridionales de l'Autriche,les vastes et rapides préparatifs militaires de l'Etat-
major serbe.Elle savait--comme toutes les chancelleries européennes--que le jour ne pouvait
plus tarder où l'Autriche serait acculée à une lutte à mort. 

              Dans cette lutte,qui déciderait non seulement du sort de l'Autriche,mais aussi de
celui du germanisme tout entier,l'intérèt personnel de l'Allemagne,comme ses devoirs d'alliée,
l'obligeraient à intervenir-- exactement comme notre intérèt personnel et les obligations
de notre alliance nous obligeraient,le jour où la Russie aurait à faire face à une attaque
austro-allemande,à aller à son secours.


                                        Un ultimatum inacceptable?    

          Il n'est douteux que l'Allemagne a vu dans l'assassinat de Sarajevo,où la complicité
évidente du gouvernement serbe plaçait celui-ci dans une situation difficile,une occasion
inespérée pour son alliée de se débarrasser tout de suite,et dans des conditions 
exceptionnellement favorables,d'un adversaire que chaque jour écoulé rendait plus puissant
et plus dangereux.
          Incontestablement elle a poussé l'Autriche à profiter de cette occasion,à exiger de
Belgrade des satisfactions décisives...
          Exigences inacceptables,excessives, a-t-on dit...*
          Il y a un an,en mai 1934, le gouvernement yougoslave a formulé exactement les 
mèmes à Sofia.Il a mis le gouvernement bulgare en demeure de détruire les organisations
révolutionnaires macédoniennes d'Ivan Mihailov comme Berchtold,le 23 juillet 1914,
avait mis Pachitch en demeure de détruire les organisations panserbes du colonel
Dimitrievitch-Apis...
           Il a imposé à Sofia,sous menace d'intervention armée,le désaveu public des
revendications bulgaro-macédonniennes sur la Serbie du Sud comme Vienne avait
réclamé en 1914, sous menace de guerre, le désaveu des revendications panserbes sur
la Bosnie,la Dalmatie,la Croatie...

           Il a tout obtenu.Personne n'a protesté.**

           Ce qui était inacceptable,intolérable,il y a vingt ans, lorsqu'il s'agissait de la
Serbie et de l'Autriche,avait-il donc cessé de l'ètre, il y a un an, lorsqu'il s'agissait de la
Yougoslavie et de la Bulgarie ?

* ( On le dit encore.Dans un article publié par Le Monde en 1992,l'auteur écrivait:
    " après que le 23 juillet le gouvernement austro-hongrois eut adressé un
ultimatum "inacceptable" à la Serbie."( Voy.Le Monde, 22 août 1992,p.2,col.A)

**( Le coup d'Etat du 19 mai 1934 a été un coup de force payé par Belgrade,exécuté
par ses agents.) 
          

                          Si l'Allemagne avait voulu la guerre générale. 


             Mais,dit-on aussi, en poussant ainsi l'Autriche à se montrer intraitable,l'Allemagne
escomptait provoquer cette guerre générale qu'elle préparait depuis 1911...
             Si telle avait été réellement l'intention de l'Allemagne, comment se fait-il alors
qu'elle ait attendu,pour agir, jusqu'aux derniers jours de juillet ?
             Qu'elle ait ainsi donné à ses adversaires le temps de se concerter? 
              De toute évidence--si l'Allemagne était décidée à attaquer--son intérêt était 
d'intervenir dès les premières mesures de mobilisation russe.
               Elle évitait de perdre ainsi, pour sa propre mobilisation,les six jours qu'elle a laissé
gagner à la Russie--et qui eussent assuré sa défaite rapide si les Russes avaient eu d'autres chefs....   
               En réalité--et cela n'est plus discutable aujourd'hui--l'Allemagne,jusqu'au dernier
moment,a cru que la Russie reculerait devant l'énormité des conséquences qu'entrainerait
son intervention armée contre l'Autriche,elle a été persuadée que le conflit austro-serbe
demeurerait localisé.
               Elle souhaitait d'ailleurs que le conflit restat localisé.Dans un télégramme secret
du 24 juillet 1914, le chargé d'Affaire russe à Paris,Sévastopoulo, qui venait d'avoir des
informations concernant la visite de l'ambassadeur allemand au ministère français de la
Justice,écrivit:
                      " La conclusion était que l'Allemagne considérait que l'intérèt des Puissances
 était de localiser l'affaire en l'abandonnant aux parties intéressés.L'Allemagne désire
chaleureusement la liquidation du conflit, car l'intervention d'une tierce puissance doit,
en raison des traités existants," avoir des conséquences incalculables."  *

* ( Voy.Un Livre Noir,déjà cité,p.276)

 A suivre....   
             







  

  
              


Dernière édition par JULES le Ven 12 Oct - 16:14 (2007); édité 19 fois
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JULES


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MessagePosté le: Mar 9 Oct - 18:23 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

....Suite
                            

                                L'Allemagne n'avait plus le choix.


               " L'Autriche,écrivait le 18 juillet,le secrétaire d'Etat von Jagow,à l'ambassadeur
d'Allemagne à Londres, prince Lichnowsky," l'Autriche veut maintenant régler ses comptes
avec la Serbie et elle nous fait part de ses intentions.Nous ne devons et ne pouvons arrêter
son bras..Si l'on ne parvenait pas à la localisation de ce règlement de comptes,alors ce serait
la guerre.Nous ne pouvons sacrifier l'Autriche.."

              Toute la politique de l'Allemagne en 1914,tous les mobiles qui l'ont fait agir,sont
exposés,résumés dans ces lignes.
               
              L'Allemagne,en effet,sous peine de se perdre elle-même--il ne faut jamais oublier
lorsqu'on veut juger ses actes de 1914--ne pouvait abandonner l'Autriche,sa seule alliée.

               Elle ne pouvait, non plus,sachant ce qu'elle savait, et ce que toute l'Europe savait
avec elle,la blamer de vouloir casser les reins,tant qu'il était encore faible, à l'adversaire qui
ne cachait pas son intention de la détruire dès qu'il en aurait la force.

               L'Autriche engagée dans une lutte inégale avec la Russie, accourue au secours
de la Serbie,force était à l'Allemagne de la soutenir... 


                 L'Allemagne a frappé la première parce qu'elle était menacée.

         La faute impardonnable de l'Allemagne,celle qui justifie,aux yeux des masses qui
s'en tiennent aux apparences,toutes les accusations portées contre elle,c'est
d'ètre intervenue "sans attendre" l'attaque russe contre l'Autriche,d'avoir
commencé la guerre...

          On le sait aujourd'hui: elle l'a fait sous la pression du terrible péril que constituait
pour elle la mobilisation qui se poursuivait secrètement en Russie depuis le 24 juillet; elle
a attaqué parce qu'elle estimait que frapper la première constituait sa seule chance de salut ...

 --Napoléon n'a jamais agi autrement...

           Mais elle s'est chargée ainsi de toutes les "responsabilités" d'une
catastrophe qu'elle n'avait, en réalité, pas plus voulue que nous mèmes...

 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

                La mobilisation française a précédé la mobilisation allemande. 

        Notre mobilisation--contrairement à ce que croit aujourd'hui encore notre opinion
--a, d'ailleurs,précédé la mobilisation allemande.

               C'est, en effet, à 9 heures du matin, le samedi 1er aout 1914, que M. Messimy,
ministre de la guerre,fit signer par Raymond Poincaré le décret de mobilisation et reçut
du Conseil des Ministres la mission de la mettre immédiatement à exécution...
           
              M.Messimy prit sur lui--il l'a dit lui-mème à M.Raymond Recouly--de garder le décret
par devers lui jusqu'à 15 heures.
              Il ne le remit au général Ebener,envoyé du général Joffre, qu'à 15h30...
              L'ordre de mobilisation fut télégraphié à partir de 15h45.
              A 16 heures, lorsque M. Viviani accourut au Ministère de la Guerre,dans l'espoir
qu'il était encore temps de tout arrèter,il était trop tard...

              Or, l'ordre de mobilisation n'a été lancé en Allemagne qu'à 17heures *lorsque
le grand état-major a connu le notre par un télégramme de M.de Schoen...

 *(Voy. Le Livre Blanc...,déjà cité,p.18:" Sa Majesté l'Empereur et Roi ordonna le 1er août
à 5 heures du soir,la mobilisation générale de l'armée et de la marine allemande.)

           Juillet 1914: Le gouvernement français ne pouvait s'imaginer
                                que la guerre allait éclater.

              Quand à nous, le fait que le président de la République et le président du Conseil
sont partis pour Saint-Pétersbourg,le 15 juillet, en ne laissant pour gérer les affaires de la
France que des sous-ordres,démontre irréfutablement que notre gouvernement, à
15 jours de la guerre, n'était au courant de rien, ne prévoyait RIEN....

             Jusqu'après leur arrivée en Russie,ni M.Poincaré, ni .Viviani n'ont rien su,
n'ont rien pressenti.Ils ont vécu dans une euphorie tellement extraordinaire
qu'elle en apparait invraisemblable!

     --" Que se passe-t-il à Vienne et à Berlin,note le 17 juillet, au large des cotes du
Danemark, le Président de la République.Nous nous le demandons tous les deux,avec
plus de curiosité que d'inquiétude" *         


   
        L'inquiétude, hélas! n'allait pas tarder, chez eux, à remplacer la curiosité.

        Nos représentants ne se sont pas embarqués pour la Russie,comme on les en a
accusés, malgré la gravité de la situation européenne.
        A bien plus forte raison, ne sont-ils pas partis à cause de sa gravité.
        S'ils ont quitté la France au moment mème où leur présence y eut été le plus
nécessaire, c'est qu'ils ont jugé, et tous les membres du gouvernement avec eux, cette
situation beaucoup moins périlleuse qu'elle ne l'était effectivement...

         On a prétendu--et pas seulement chez nos anciens adversaires..--que M.Poincaré
et M.Viviani étaient parfaitement renseignés, au moment de leur départ, et qu'ils ont été
en Russie pour s'y entendre de vive voix avec nos alliés, y arrèter avec eux les dernières
dispositions de guerre. **

          L'accusation est d'une absurdité proprement stupide.

          Pour ceux qui ont personnellement connu l'autoritarisme, la confiance en soi, le
besoin quasiment physique de se mèler de tout, de tout connaitre, de tout diriger qu'avait
 Raymond Poincaré,l'idée mème qu'il ait consenti, à une heure de notre histoire qui pouvait
ètre suprème, à céder son poste de commandement à d'autres, est d'une naiveté risible...     

  *( Voy.R.Poincaré,L'Union sacrée,déjà cité,p.225)

 ** ( " Après l'attentat de Sarajevo,Poincaré se rendit à Saint-Pétersbourg et là, il réussit
en collaborant avec les partisans de la guerre,dont le grand duc Nicolas,à dissiper chez
le Tzar les dernières préventions contre l'idée de répandre le sang."; voy.Suddeutsche
Monatshefte,octobre 1922,p.17) 




   
           


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MessagePosté le: Mer 10 Oct - 09:22 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

Léon a écrit:
....Suite                                        LES TELEGRAMMES SERBES 

        (  La France n'a ni voulu la guerre,ni su pourquoi elle a été déclarée )




On s'arrêtera là si tu le permets, vu que la suite fait partie des origines de la seconde guerre...
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Morpion


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MessagePosté le: Jeu 11 Oct - 14:59 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

  Rien à voir avec ce que l'on raconte à l'école!
  Si la la 2ème est du même cru,çà promet....


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MessagePosté le: Jeu 11 Oct - 15:15 (2007)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

Ce qu'on te raconte à l'école ? C'est selon... mais en général, les auteurs de manuels scolaires ne se cassent pas trop la tête et ne vont pas fouiller dans les archives qui commencent à s'ouvrir... ils suivent l'ordre du "politiquement correct" en attendant la retraite. Alors oui, ici tu peux apprendre des choses !
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Lepoiludu90


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MessagePosté le: Ven 10 Fév - 16:39 (2012)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ? Répondre en citant

Moi qui suit encore un peu a l'école quand j’entends ma prof raconter sa il faut dire que je réagis très vite.
Pour ma pare il y a toujours une une rivalité dans toute l’Europe.
Les gens le savait que la guerre de 1870-1871 n'allait pas être la dernière. 
_________________
« Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir... » Foch


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:59 (2016)    Sujet du message: Sarajevo. Détonateur ?

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