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Archives secrètes de Bretagne(1940-1944)

 
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JULES


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MessagePosté le: Dim 23 Déc - 18:05 (2007)    Sujet du message: Archives secrètes de Bretagne(1940-1944) Répondre en citant


Archives secrètes de Bretagne 1940-1944 par Henri Fréville, éditions Ouest France, 2004
La réédition des Archives secrètes de Bretagne 1940-1944 permet à tout un chacun de disposer des références et preuves des compromissions du "mouvement breton" rassemblées par l'historien Henri Fréville.


 


Publiées en 1985, les Archives secrètes de Bretagne 1940-1944 étaient depuis longtemps épuisées. Les Editions Ouest-France viennent de rééditer l'œuvre d'Henri Fréville. Henri Fréville, historien, doyen de la Faculté des Lettres de Rennes, ancien maire de la ville, ancien député et sénateur d'Ille-et-Vilaine, n'ambitionnait sans doute pas de « s'en tenir à une analyse de l'autonomisme breton et de son idéologie pendant la guerre », ainsi que le souligne dans un court avertissement, son fils, le sénateur Yves Fréville. Il n'empêche que les découvertes du chercheur sur les compromissions des autonomistes bretons avec l'occupant nazi, ont permis d'élargir le champ des connaissances dans ce domaine, et ce n'est pas le moindre mérite de l'ouvrage.

H. Fréville note ainsi, concernant Roparz Hemon, l'idéologue du Mouvement breton et des écoles Diwan, ses propos publiés dans le journal Arvor du 26 juillet 1942 : « …les petits Bretons doivent apprendre que les Celtes ont subi plusieurs siècles de honte et d'esclavage, depuis le temps où les légions romaines débarquaient dans l'île de Bretagne jusqu'au temps où feue Marianne livrait notre pays à ses juifs. » (p. 146).

L'historien établit que les renseignements fournis aux autorités d'occupation sur le préfet Ripert « émanent des cercles autonomistes bretons » (p. 193. Parmi les nationalistes bretons collaborateurs, Roparz Hemon occupe une place prépondérante : « …dès le premier semestre 1942, Roparz Hemon lui [le Dr Weisgerber]
prêtait un concours actif dans la constitution d'un dossier manifestement destiné à accabler le préfet régional » (p. 178).

Bref, on retiendra donc que les positions idéologiques et l'activité collaborationniste de Roparz Hemon ont été établies très tôt. Ce qui lui valut, à la Libération, une condamnation à dix ans d'indignité nationale.

La réédition des Archives secrètes de Bretagne permet donc à tout un chacun de disposer des références et preuves de ces compromissions rassemblées par l'historien.

Mais le mérite de cette réédition est décuplé par la richesse de la postface ainsi que des notes et rectificatifs adjoints à l'ouvrage. Non signés, -- et l'on ne pourra que s'étonner de cet anonymat --, elles émanent manifestement d'un très bon connaisseur de l'histoire de la période et des recherches universitaires effectuées depuis la fin de la guerre (1).

On y relève ainsi l'appréciation portée par l'historien Michel Nicolas : « On doit à la vérité de dire que la quasi-totalité du Mouvement breton organisé politiquement a collaboré d'une manière ou d'une autre pendant la guerre. » (p. 342).

A lire les notes et rectificatifs, on découvre que, non seulement la quasi-totalité du « mouvement breton » a collaboré avec les nazis mais que pratiquement tous ses dirigeants, et non pas Roparz Hemon seul, mais Yann Fouéré, Morvan Marchal, l'inventeur du drapeau national breton dit « gwenn ha du » et tant d'autres, figurent sur la liste des agents de la Gestapo en Bretagne.

Concernant l'abbé Perrot, exécuté par la Résistance en 1943, il était établi dans les milieux autonomistes que le curé de Scrignac était largement innocent des faits de collaboration qu'on lui imputait. Pourtant la note 11 p. 343 est sur ce point révélatrice puisqu'elle mentionne, en forme de démenti irréfutable : « On trouve notamment dans Feiz ha Breiz, en novembre 1940 un article de l'abbé Perrot se félicitant que le duc Jean Le Roux ait chassé les Juifs de Bretagne en 1240 et incitant à suivre son exemple dans l'Europe entière… ». C'est dans « une cabane, dans son jardin qu'étaient cachées des armes débarquées sur la côte du Trégor ». La note précise que ces armes, en provenance de l'Allemagne nazie avaient été débarquées en 1939 à Loquirec. L'abbé Perrot était bel et bien un militant politique engagé aux côtés des nazis.

Pour en revenir à Roparz Hemon, les notes et rectificatifs font état d'un courrier adressé par Olier Mordrel à Henri Fréville au lendemain de la parution de son livre, en 1985. Olier Mordrel était un des responsables du Parti National Breton pro-nazi. Il reproche à Henri Fréville une connaissance insuffisante des orientations tactiques de Roparz Hemon et apporte les précisons suivantes : « Son idéologie, ses fantasmes, ne posent aucun problème. Il les avait exposés en long et en large dès 1925, dans son premier livre, « An Aoutrou Bimbochet e Breizh », nouvelle d'anticipation historique, où la France et la culture française sont baffouées (sic) avec un humour féroce dans le cadre d'une Bretagne redevenue indépendante. Son attitude avait une raison tactique. Il était aussi séparatiste que nous, mais il trouvait habile de placer la défense et illustration de la langue sur un terrain neutre, pour obtenir un rassemblement plus large… » (p. 347).

Les autonomistes bretons actuels, malgré la connaissance exacte qu'ils avaient de la personnalité de Roparz Hemon, ont placé celui-ci en exemple aux jeunes générations notamment par la dénomination éponymique du Collège Diwan du Relecq-Kerhuon, près de Brest, ou encore celle du Centre Culturel breton de Guingamp. Certes, le collège Diwan a été « débaptisé », suite à une campagne de protestation, mais la façade du Centre Culturel breton de Guingamp arbore toujours le portrait de l'idéologue et collabo breton.

Jack Lang, quand il était ministre, avait donné son accord ( rejeté par le Conseil constitutionnel) pour l'intégration de Diwan au sein de l'école républicaine (2)). Aujourd'hui l'école communautariste à fondement ethno-linguistique annonce l'ouverture de classes à Paris en cette rentrée scolaire 2004.

A l'heure où, pour stigmatiser l'antisémitisme, responsables et élus de tous bords se réfèrent au « devoir de mémoire » , il est curieux que cette mémoire devienne si sélective lorsqu'il s'agit du nationalisme breton. On trouvera dans les Archives secrètes de Bretagne matière à réflexion sur cette question toujours d'actualité.

Source : http://www.communautarisme.net/Archives-secretes-de-Bretagne-1940-1944_a284…
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MessagePosté le: Dim 23 Déc - 18:05 (2007)    Sujet du message: Publicité

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