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Claudie de GASQUET et Jacqueline RICARD

 
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Morpion


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MessagePosté le: Dim 23 Déc - 20:41 (2007)    Sujet du message: Claudie de GASQUET et Jacqueline RICARD Répondre en citant

En 1943, à vingt et un ans, Jacqueline travaillait comme télégraphiste dactylo à la Poste Colbert. Souhaitant, peut-être par défi envers des parents qui appartenaient à la bonne bourgeoisie marseillaise, s’impliquer dans une action utile à la patrie, elle s’engagea dans la Croix Rouge, aux « Amitiés africaines » et travailla plusieurs mois comme assistante sociale auprès des Malgaches et Indochinois de l’ex-armée française, bloqués là par l'armistice de 1940, et employés dans les collines à la fabrication de charbon de bois.

Au passage de l’armée de Lattre, elle s’engagea dans la 1re Armée française et après trois jours de formation, et un test de conduite réussi, on lui confia un camion-foyer, qu’elle allait conduire de la Méditerranée à l’Autriche. Sa mission était précise et vitale. Elle devait suivre les compagnies du régiment, s’avancer jusqu’aux premières lignes et ravitailler les soldats en café, en cigarettes et en divers produits destinés à soutenir le moral des sapeurs, employés essentiellement au déminage. Elle allait faire preuve, dans cette fonction, du plus grand dévouement, ce qui lui avait valu d’obtenir la précieuse Croix de Guerre . (« Assistante sociale pleine d’entrain et d’allant, conductrice du camion-foyer, a fait preuve d’un courage remarquable pour approvisionner les chantiers exposés aux feux ennemis, durant la campagne des Vosges et d’Alsace, se montrant riche d’initiative et de hardiesse")

Son amie Claudie de Gasquet avait suivi à peu près le même parcours. Elles s’étaient engagées ensemble à Marseille. Diane, la sœur de Claudie, était quant à elle devenue ambulancière au sein du 1er Bataillon de Choc et avait fait preuve d’un courage très remarqué lors de la libération de Toulon, relevant des blessés à quelques mètres des rafales de la Wehrmacht.

Claudie et Jacotte étaient les deux seules femmes d’action du régiment. Il y avait bien quelques secrétaires mais aucune d’entre elles n’avait bien sûr approché le feu ennemi comme avaient pu le faire nos deux assistantes sociales que nous admirions tous. Elles avaient connu la peur, le froid, la fatigue, dans les forêts des Vosges et d’Alsace, elles avaient vécu mille périls, mais elles n’avaient jamais perdu ni leur bravoure ni la bonne humeur communicative qui les caractérisaient. Elles avaient conduit leur camion-foyer partout où le moral des hommes l’exigeait. Comme tous les autres soldats, elles avaient roulé par tous les temps, dans la boue, sous la pluie, dans la neige et dans un brouillard qui les contraignait parfois à conduire la portière ouverte, l’une guidant l’autre, pour ne pas tomber dans les ravins. Claudie avait d’ailleurs été assez gravement blessée dans les Vosges, mais après un mois de soins et de convalescence, elle avait rejoint son amie à Villers-le-Lac car elles étaient depuis longtemps devenues inséparables.
Jacotte avait eu la lourde tâche de descendre à Nice, en février 1945, pour annoncer à la mère du lieutenant-colonel Basset le décès de son fils, dans des circonstances héroïques. C’était l’usage. Les parents des simples soldats recevaient une lettre compassée, mais les familles des gradés étaient prévenues personnellement, par la visite d’un officier. Jacotte se souvient encore aujourd’hui de ce terrible voyage, au cours duquel, épuisée par un si long trajet, elle avait eu, au retour, un accident près de Lyon. Le lieutenant qui l’accompagnait l’avait alors contrainte à réquisitionner une nouvelle voiture. Mais le mot réquisitionner avait alors un sens tout particulier. Il fallait tout bonnement voler un véhicule, que l’on faisait démarrer en manipulant les fils du tableau de bord. Jacotte avait refusé de devenir une pillarde, comme elle le dit encore aujourd’hui et le lieutenant avait accompli son forfait sans elle.
Elles n’étaient que deux femmes pour canaliser l’énergie dévastatrice de centaines d’hommes mais elles s’en sortaient très bien, gardant toujours une énergique retenue, vouvoyant les soldats, qui, en retour, les respectaient et les appelaient « Maman » pour plaisanter.
A vingt-deux ans, Claudie et Jacotte en avaient tant vu qu’elles ne craignaient plus rien. Ni les pannes, ni les imprévus, ni les plaisanteries des soldats, ni les coupantes réflexions des sous-officiers, ni les épreuves que la vie leur réservait encore. Elles menaient leur foyer du sapeur de quatre mains fermes et bienveillantes et allaient donner à ces quelques mois passés ensemble des accents de fantaisie et de bonheur partagés. Il n’y avait qu’une chose qu’elles redoutaient toujours : les foudres du général de Lattre !"

Texte Extrait du livre "Ma dernière Vie".


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MessagePosté le: Dim 23 Déc - 20:41 (2007)    Sujet du message: Publicité

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