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Editoriaux de Philippe Henriot 1944

 
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Raspoutine


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MessagePosté le: Mer 7 Nov - 12:10 (2007)    Sujet du message: Editoriaux de Philippe Henriot 1944 Répondre en citant


                
                                                                                  ( 1889-1944 )   


            Orateur et homme politique né à Reims le 7 janvier 1889 dans une famille catholique.
 Son père était officier.Après une licence ès lettres, il enseigne de 1909 à 1926 au collège
 libre de Sainte-Foy-La-Grande.Il est marié et père de trois enfants.
             Au lendemain de la victoire du Cartel des Gauches, il prend part à la défense des
 libertés religieuses, adhère en 1925 à la Fédération Nationale Catholique fondée par le général
 de Castelnau.A l'égal de l'abbé Bergey, il devient l'un des principaux orateurs de cette
 influente association.
             En 1932, il est élu député de Bordeaux en remplacement de l'abbé Bergey.
             Il sera réélu en 1936 et siège sur les rangs de la Fédération Républicaine de 
             Louis Marin.
             A la Chambre, ses réparties et son talent oratoire sont célèbres.Partisan dès 1938
d'une entente franco-allemande, il s'oppose au courant belliciste, mais il soutient cependant
l'effort de guerre dès l'ouverture du conflit, au cours duquel l'un de ses fils, aviateur est tué.
            Après l'armistice de 1940, il apporte son soutien au Maréchal Pétain.Tout en collaborant 
à l'hebdomadaire Gringoire,il présente chaque semaine un éditorial à la radio d'Etat de Vichy
et fait des tournées de conférences dans les deux zones pour soutenir la Révolution Nationale. 
             L'attaque de la Russie par les Allemands fait de lui un partisan de la collaboration.
             Il adhère même à la Milice en mars 1943 à titre honoraire et devient secrétaire d'état 
             à l'information le 6 janvier 1944.
             Tout en dirigeant ce ministère, il rédige et prononce chaque jour deux éditoriaux  
à la radio de Vichy, révélant un talent de propagandiste passionné, sincère et pugnace,
maitrisant parfaitement sa langue, ripostant avec une ironie destabilisante à la propagande
adverse.Grand, mince, séduisant bien que mal fagoté, il a selon Robert Aron, un don   
d'enchanteur.
             Mais l'emprise qu'il exerce sur l'opinion le comdamne à mort....
             A l'aube du 28 juin 1944, il est assassiné dans son logement de fonction,rue de
Solférino à Paris, par un groupe armé.
              Il avait refusé la présence d'un garde du corps et il est mort pauvre.
              Ses obsèques à Notre-Dame-de-Paris sont suivies par une foule immense....

                                ---------------------------------------------------------------------------  
     
                           




 Le 7 février 1944 à 12h40 : Philippe Henriot à la radio nous dit: 

 "Bientôt les forces de la résistance pourront s'épargner la peine d'éditer elles-mèmes
leurs journaux et de publier leurs informationsIl leur suffira de certaines feuilles suisses
pour remplir le mème office, avec l'avantage d'une clientèle accrue.Je ne dis pas qu'on
sera assuré d'avoir des nouvelles toutes fraiches.Du moins sera-t-on certain de les avoir
orthodoxes avec tous les visas requis du préfet des bois ou du général du maquis.

 Dans mon éditorial du 28 novembre, j'avais cité quelques passages d'un journal gaullo-
communiste Bir-Hakeim et donné un certain nombre de noms figurant dans une liste
assez pittoresquement bariolée de condamnés à mort.Cette liste portait le numéro deux.
J'avais trouvé édifiant d'indiquer à de braves gens gens de chez nous, qui croyaient encore
qu'on peut échapper au terrorisme si l'on n'est pas milicien ou si l'on ne s'occupe pas de
politique, que ce palmarès contenait au contraire aussi bien des acteurs que des journalistes,
que des stars de cinéma, que des généraux.Or, voici que la Gazette de Lausanne du 27
janvier reprend cette histoire déjà vieilli, non pas comme un écho, sur les funèbres
extravagances du maquis, mais au titre d'une information intitulée: "Les hommes condamnés
à mort par la résistance!" Le sérieux et la gravité avec lesquels la Gazette de Lausanne
reproduit les renseignements déjà anciens de son confrère présentent un intérêt,puiqu'ils
confirment les précisions que j'avais données en indiquant que Maurice Sarraut figurait
bien sur la liste.Londres, gêné par mes révélations, m'avait accusé de mentir et d'avoir
inventé la liste.Merci à la Gazette de Lausanne d'arbitrer le débat en ma faveur.

Aujourd'hui, la Tribune de Genève du 26 janvier, elle affirme audacieusement, de son   
coté, que l'enquête a établi que Maurice Sarraut avait été assassiné par les miliciens.

En somme, si nous comprenons bien, les miliciens ont exécuté les ordres donnés par
le maquis.Personne ne va plus s'y reconnaitre.Mais la palme, en matière d'informations
sur le maquis, revient sans doute au Journal de Genève du 27 janvier, qui a publié la
nouvelle suivante:" Nous apprenons de source compétente qu'un chef valeureux,
et fort aimé dans les milieux de la résistance de la Haute-Savoie, vient de
disparaitre traquiquement.Il s'agit d'un chef de la première heure connu sous le
nom de Simon.Il s'occupait tout particulièrement de la région de Thones."
  Suit le récit de la mort de celui que le journal helvétique appelle avec considération le
lieutenant Simon...Or le lieutenant Simon, qui n'avait jamais, en réalité, dépassé le grade
de soldat de 2ème classe, réserve faite des promotions qu'il pouvait devoir à ses chefs
 du maquis, et que le journal proclame un chef valeureux et très aimé,était un
redoutable aventurier qui avait sur la conscience un nombre considérable
d'attentats et d'assassinats.Il s'occupait, nous dit-on de la région de Thones.

L'euphémisme est de choix.En réalité, pour Simon, s'occuper de la région,c'était
y désigner les hommes à abattre, y choisir les victimes, y organiser le pillage
et la terreur.On aurait cru qu'il était possible aux rédacteurs du " Journal de Genève"
de trouver d'autres " héros".A moins que ledit journal ne songe à changer son titre
pour s'appeler désormais le " Journal Officiel du Maquis... 
 Mais ce titre lui serait sans doute disputé par la " Gazette de Lausanne", déjà citée,
 et qui semble décidément s'inspirer beaucoup de Bir-Hakeim,non seuleument pour
reprendre ses informations, mais pour approuver sa politique.

Lorsque j'avais, ici mème, parlé de ce numéro de la feuille clandestine où figure la fameuse
deuxième liste, j'avais, en mème, analysé un article violent qui démontrait que le maquis
est en train de grignoter de Gaulle et où il était solennellement affirmé que le Comité
d'Alger ne doit pas espérer gouverner la France, ce role étant réservé à ceux des 
représentants " qui sont restés en France" . Du moins Bir-Hakeim exceptait-il
des gens d'Alger à " éliminer" le président de Gaulle.

Or, la Gazette de Lausanne du 5 février semble aller plus loin et lâcher de Gaulle lui-mème.

Voici le passage de l'article qui lui est consacré: "Nous admirons les talents militaires
de de Gaulle, son activité et son zèle pour conserver l'Empire colonial français
( on voit qu'on a le sens de l'humour à Lausanne...), mais sur le plan politique,
il parait inexpérimenté et susceptible d'ètre influencé.Il ne possède pas ces
connaissances solides, cette mesure que doit posséder un homme d'Etat...."

  " Pas reconnu par les Anglo-Américains,combattu par la résistance, méconnu
 par la Suisse, sur qui va-t-il pouvoir s'appuyer? 

A  propos du maquis, ce mème journal écrit ces lignes assez désabusées:" Les jeunes du
maquis ont de déshonorants compétiteurs, anciens coupables de tout ordre,voleurs 
 qui multiplient les actes terroristes, qui tuent, qui volent, créant ainsi une confusion
qui permet à la presse obéissante de grouper tous les délinquants sous le nom de
terroristes."

Mon cher confrère,nous n'aimons pas beaucoup cette insinuation sur la " presse obéissante".
Nous n'avons jamais confondu les simples réfractaires avec les bandits dont vous
reconnaissez aujourd'hui un peu tardivement qu'ils jouent un rôle que vous n'appelez plus
patriotique.Mais le malheur est que ces bandits ont peu à peu contaminé les jeunes gens qu'ils 
ont pris en main dans le maquis ou,en tout cas,les ont réduits à une obéissance( ici le mot est
de circonstance) garantie par la menace du révolver.
Vous sentez que vous vous êtes aventurés sur un terrain mouvant en vous faisant les défenseurs
de la résistance.
Maintenant que vous constatez à vos frontières l'existence de ces bandes, vous voudriez bien
que les indésirables fussent mis hors d'état de nuire, non seulement pour que les jeunes
réfractaires ne soient plus confondus avec les bandits, mais parce que vous vous sentiriez
vous-mêmes plus en sécurité.
Mais quel esprit de dénigrement systématique vous a donc fait écrire ensuite ceci:" Ce qui est 
 le plus triste, c'est que la répression porte moins contre les bandits que contre les
jeunes qui, en refusant d'obéir à l'envahisseur, luttent pour la liberté."

Votre mauvaise foi est ici éclatante.Le Gouvernement français a chargé ses forces de maintien
de l'ordre de réprimer le banditisme et de chatier exemplairement ceux qui sont pris, les
armes à la main, en flagrant délit de tentative de meutre.
De quel droit prétentez-vous donc que ce sont les jeunes gens que l'on traque et non les
criminels? Quelle arrière-pensée diffamatoire vous a dicté un pareil jugement?
On écrit bien curieusement l'histoire de l'autre coté de la frontière suisse.
La vérité est au contraire que les jeunes réfractaires, tombés dans un guèpier d'où ils ont
hate de pouvoir sortir, se rendent en nombre aux forces françaises dès qu'ils peuvent
échapper à la surveillance des adjudants rouges qui les commandent.
Le Gouvernement français fait, soyez-en sûr,toute la distinction qu'il faut entre les égarés et
les meneurs, et cela sans avoir besoin de prendre l'avis et les conseils de la presse helvétique. 

 Vous trouvez le Maréchal trop vieux.Vous trouvez de Gaulle trop inexpérimenté et trop
influençable.Qui est votre candidat au Gouvernement de la France? Dites-le nous à l'occasion.
On verra si on peut vous faire plaisir.
Mais en attendant, n'appelez plus patriotes les gens qui font dérailler les trains avec des
innocents à l'intérieur( femmes,enfants et vieillards..), et réservez parfois aux Français
assassinés par vos amis, et aux gardes et aux agents qui tombent sous leurs coups un peu de
compassion que vous accordez si généreusement à un chef de bande qui n'a jamais connu
tant d'avancement que depuis que vous lui avez donné du galon."


         
       
   -
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Philippe HENRIOTMUSSOLINICollection : Les Grandes Conférences des AmbassadeursEditions des Ambassadeurs 1934 - Edition Originale

PHILIPPE HENRIOT - MUSSOLINIPHILIPPE HENRIOT : Reims 1889 - Paris Juin 1944

Philippe Henriot vous parleAu radio-journal de FranceDu 28 Mars au 3 Avril 1944Editoriaux nº157-130 au 168-141Radio-Vichy - Allocutions quotidiennes : 12h40 et 19h40 - 6 jours sur -------------------------------------------------------------------------- 


Dernière édition par Raspoutine le Ven 21 Déc - 23:19 (2007); édité 52 fois
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MessagePosté le: Mer 7 Nov - 12:10 (2007)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 7 Nov - 12:40 (2007)    Sujet du message: Editoriaux de Philippe Henriot 1944 Répondre en citant

Interessant, sachant que ces paroles ont été prononcées en février 1944 si je ne m'abuse. Il serait cependant interessant de nous dire qui était Philippe Henriot. Si tu peux nous brosser un portrait de celui qui fut surtout la bête noire de la radio de Londres, toi qui a l'air de bien le connaître Raspoutine. Merci !
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Popaul


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MessagePosté le: Mer 7 Nov - 17:13 (2007)    Sujet du message: Editoriaux de Philippe Henriot 1944 Répondre en citant

Mon père nous disait que ce type était un nazi et que les FTP ont bien fait de le descendre. De toutes les façons, comme il nous disait et il avait raison le vieux, il aurait été condamné à mort et fusillé à la Libé ! Un peu plus tôt un peu plus tard... Mr. Green
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