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Vichy et les travailleurs
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Morpion


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MessagePosté le: Ven 28 Déc - 09:37 (2007)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

  Un coup d'oeil sur:  Vichy et les travailleurs    8)

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MessagePosté le: Ven 28 Déc - 09:37 (2007)    Sujet du message: Publicité

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Briard
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MessagePosté le: Ven 28 Déc - 12:24 (2007)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant



Autant donner un lien qui nous mene directement sur le site du PCF Mort de Rire

On ne peut pas dire que c'est l'honnêteté qui l'étouffe l'ami Daniel LAURENT, par contre il nous remet une couche de la propagandastaffel chére aux gaullistes.
Lamentable de contre vérités, de mensonges et de parti pris.

Tout juste bon à servir de papier hygiénique!!
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Fuis les éloges, mais essaie de les mériter.
F Fenelon


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MessagePosté le: Ven 28 Déc - 13:02 (2007)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Voilà une excellent exemple de la falsification de l'Histoire à laquelle se livrent depuis des années, les "éminents" historiens comme les Delpla, les Deloglu et leur complice Daniel Laurent !

On a un exemple de l'amalgame qui est fait entre une France de 1940 et celle de... 1981 ou même d'aujourd'hui. Non ? Mais alors pourquoi donner cette image d'un "Patronat" qui ressemble trait pour trait au MEDEF chiraquien et des "grandes entreprises" qui sont encore sous les ordres des syndicats du front populaire de 1936 ?
Et de quelles "grandes entreprises" s'agit-il ? Renault ? Les charbonnages ? La... SNCF ?
Bien sur que Pétain veut redresser la France ruinée ! Non seulement par la carastrophe de mai/juin 1940 mais par toutes ces années qui ont suivi ce Front Populaire qui est responsable de cette catastrophe nationale ! Bien sur qu'il parle de "retour à la terre", mais la France de 1940 est encore une France "paysanne" et la plupart de ses jeunes agriculteurs sont tombés au combat ou prisonniers en Allemange ( prés de 2 millions !)
Ses discours sont frappés au coin du bon sens. Et je suis sur que si les Français avaient été consultés par référendum à ce moment là, ils auraient plébiscité le Maréchal !

Et les "Républicains" espagnols ? C'est à cause de Pétain qu'ils sont en France ? Qu'est-ce que c'est encore que cette histoire tordue ? Daniel Laurent mélange tout et nous fait un patchwork de l'histoire qui l'arrange. Mais ça n'a rien à voir avec l'Histoire ! Qu'il essaie simplement de se mettre dans la peau des acteurs... en 1940 !
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Maréchal


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MessagePosté le: Ven 28 Déc - 20:13 (2007)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Histoire ? Vous avez dit Histoire ?
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Notre vie est- un voyage
Dans l'hiver et dans la nuit,
Nous cherchons notre passage
Dans le Ciel où rien ne luit.

Chanson des Gardes Suisses. 1793


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Daniel Laurent


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MessagePosté le: Sam 29 Déc - 06:54 (2007)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Bonjour,
C'est un peu vide et epidermique, vos critiques, mais j'ai l'habitude.
Cet article, paru a l'origine dans l'Histomag'44, a ete remarque et cite par la redaction du magazine "Axes & Allies".

Ceux qui l'ont lu jusqu'au bout ont pu voir ma liste de sources a la fin.
Il y a, entre autre, le site de l'association de defense de la memoire du Marechal, mais pas l'Humanite
Laughing

Allez, tachez de trouver des arguments clairs et des sources, qu'on en reparle.
D'ici la, je reste serein.

"Les chiens aboient, la caravane passe"
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MessagePosté le: Sam 29 Déc - 09:00 (2007)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Comme d'hab mon cher Daniel, tu bottes en touche ! Mais tu perds la balle ... Donc je te dis gentilment, que je t'ai répondu pour l'essentiel sur un document qui n'a pas été publié ici, puisque pour une fois, Morpion s'est contenté de donner le lien.
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Daniel Laurent


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MessagePosté le: Sam 29 Déc - 13:23 (2007)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Admin a écrit:
Comme d'hab mon cher Daniel, tu bottes en touche ! Mais tu perds la balle ... Donc je te dis gentilment, que je t'ai répondu pour l'essentiel sur un document qui n'a pas été publié ici, puisque pour une fois, Morpion s'est contenté de donner le lien.


Mais je ne bottes pas en touche !
Je regrette juste que les critiques qui me sont opposees, qui sont opposees a un article base sur des sources historiques citees en fin d'article, ne soient basees sur AUCUNE source contradictoire, sur AUCUN argument historique.
Faites moi donc un article contradictore elabore, base sur des sources, et on en reparle.

Je ne dis pas "Admin tu dis n'importe quoi comme d'habitude car tu as bien entendu tort comme d'habitude", mais je mets en ligne des articles et, l'esprit serein, attends des critiques basees sur quelque chose d'autre que des a priori politiques.

Des faits, des faits , que diable et des sources !
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MessagePosté le: Sam 29 Déc - 14:38 (2007)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Bon, alors je me vais me reprendre le doc dont on nous a gentilment donné le titre, je vais le retranscrire (si j'arrive) et je te réponds à la ligne près... promis !
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MessagePosté le: Sam 29 Déc - 14:41 (2007)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Bon j'y arrive pas ! Va falloir demander à Morback de nous le produire intégralement, ou toi si tu peux...
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Daniel Laurent


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MessagePosté le: Sam 29 Déc - 15:17 (2007)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Yaka demander
Laughing
Vichy et les travailleurs
Daniel Laurent

«Travail, Famille, Patrie »…
Qu’en fut-il du travail et des travailleurs français pendant l’occupation ?

De l’armistice, notre pays sort divisé géographiquement, meurtri moralement, en état de choc devant sa nouvelle condition de vaincu.

Le désarroi est tel que le nouveau régime, qui a l’habileté d’invoquer des valeurs profondes (le travail, la famille, la patrie) parvient à tromper sur sa nature véritable une grande partie des travailleurs.

Pour beaucoup le vieux maréchal de 84 ans, encore auréolé du prestige de «vainqueur de Verdun », a réellement «fait don de sa personne à la France » et incarne l’homme providentiel, capable de tenir tête aux exigences des Allemands. Le ralliement au régime de certains hommes de gauche et de quelques responsables syndicaux ne peut qu’alimenter la mystification.

Dans ce brouillard des consciences, représenteront des premières lueurs, l’appel lancé depuis Londres par le Général de Gaulle le 18 juin et ceux de certains dirigeants syndicaux qui invitent les Français à refuser l’asservissement.

Vichy est expert dans l’art du camouflage. Officiellement il affiche l’ambition de réaliser une «Révolution Nationale », anticapitaliste et antisocialiste, alors que dès le 16 août 1940 il organise l’ensemble des structures économiques du pays en faveur des grandes entreprises.

Chaque branche d’activité est structurée en «comité d’organisation. Parallèlement, le régime a le souci de son image sociale. Le nouvel Etat assiste les chômeurs, crée un salaire minimum et une allocation à la femme au foyer, encourage les œuvres de charité et verse à compter du 1er janvier 1941, une retraite aux vieux travailleurs. Décisions qui permettent à Pétain de déclarer : «je tiens mes promesses, même celles des autres, lorsque ces promesses sont fondées sur la justice ».

En réalité, derrière son masque paternel et outrancièrement «patriotique », ce régime appliquera avec détermination la politique que réclamait depuis 1936 la droite traditionaliste et se fixera comme ligne de conduite la collaboration avec les nazis.

De fait l’occupant aura l’avantage considérable de disposer de suite, en France, de toutes les structures économiques, administratives, judiciaires, policières et même idéologiques, dont il avait besoin pour continuer la guerre contre les anciens alliés de la France.

C’est ainsi que l’on verra les grandes firmes françaises conclure au plus vite des accords industriels et commerciaux avec les organismes économiques allemands. Une large partie du patronat met ses usines au service de la machine de guerre nazie. L’état de collaboration satisfait bien des appétits.

Discours du 11 octobre 1940 du Maréchal Pétain :

« Le désastre n’est, en réalité, que le reflet, sur le plan militaire, des faiblesses et des tares de l’ancien régime politique… Jamais, dans l’histoire de la France, l’état n’a été plus asservi qu’au cours des vingt dernières années… par des coalitions d’intérêts économiques et par des équipes politiques ou syndicales, prétendant fallacieusement représenter la classe ouvrière. Il faut aujourd’hui reconstruire la France… On ne saurait davantage y découvrir les traits… d’une revanche des événements de 1936 … L’ordre nouveau est une nécessité française. Nous devrons tragiquement réaliser, dans la défaite, la révolution que dans la victoire, dans la paix, dans l’entente volontaire de peuples égaux, nous n’avons même pas su concevoir. Le régime nouveau sera une hiérarchie sociale. Il ne reposera plus sur l’idée fausse de l’égalité naturelle des hommes, mais sur l’idée nécessaire de l’égalité des «chances » données à tous les Français de prouver leur aptitude à «servir ». Seuls le travail et le talent redeviendront le fondement de la hiérarchie française. Aucun préjugé défavorable n’atteindra un Français du fait de ses origines sociales, à la seule condition qu’il s’intègre dans la France nouvelle et qu’il lui apporte un concours sans réserve. On ne peut faire disparaître la lutte des classes, fatale à la nation, qu’en faisant disparaître les causes qui ont formé ces classes et les ont dressées les unes contre les autres. Ainsi renaîtront les élites véritables que le régime passé a mis des années à détruire et qui constitueront les cadres nécessaires au développement du bien-être et de la dignité de tous. ».

Le ton est donné.

Les bases de la «Révolution Nationale » sont établies et de multiples textes et campagnes de propagande vont tenter d’en faire le fondement de la vie quotidienne des Français. Mais, dans les faits, les résultats furent médiocres. La «Révolution nationale » a rarement débouché sur des transformations radicales, et elle rencontre surtout l’apathie, voire l’hostilité. Le retour à la terre ne concerne pas plus de 1500 personnes. La charte du travail met en place des structures qui tournent à vide, exception faite des comités sociaux d’entreprise, «Les comités patates ». La corporation paysanne sert surtout à réquisitionner et à contrôler. Enfin, les notables, la hiérarchie catholique passent de l’enthousiasme à un éloignement prudent. Cet échec de la «Révolution nationale » montre une capacité d’autonomie et de résistance de la société par rapport à l’Etat même de la part de ceux qui n’ont pas fait le pas de plus les emmenants a rejoindre la Résistance ou la France Libre.

"Il est vain de penser que des ouvriers puissent être heureux au sein d'une industrie en détresse ; la prospérité des entreprises conditionne le bien-être de leurs membres.

La pierre angulaire de la charte réside dans la création des comités mixtes sociaux, au sein desquels se trouveront réunis tous les membres d'une même profession.

Le comité social sera, pour la profession d'aujourd'hui - pour la corporation de demain -, le véritable animateur de la vie professionnelle. Lien de tous ceux qui concourent à une même production, il recevra, de surcroît, la mission d'assurer la gestion sociale de la profession (...).

L'expérience a montré que partout où les hommes de bonne foi se réunissent pour une explication loyale et franche, les oppositions s'atténuent, les malentendus se dissipent, l'accord s'établit, dans l'estime d'abord, dans l'amitié ensuite.

C'est en utilisant les bases de l'organisation professionnelle existante que sera réalisée, dans un esprit nouveau, la jonction de tous ceux que la vie sociale appelle à collaborer. Les syndicats ont donc leur place dans cet ordre nouveau. Ils auront la double mission de discipliner les libres réactions de leurs adhérents et de participer à la formation des comités sociaux.

Mais ces syndicats ne seront plus les syndicats de tendance du passé. S'ils demeurent voués dans chaque profession à la représentation d'une même catégorie sociale (patrons, ouvriers, cadres), ils seront désormais obligatoires pour être forts, uniques pour être francs. Leur activité sera désormais strictement limitée au domaine de leur profession. Ils vivront et fonctionneront sous l'autorité des comités sociaux et en s'inspirant de leurs doctrines qui ne sauraient être elles-mêmes que celles du Gouvernement."

Loi du 4 octobre 1941 relative à l'organisation sociale des professions. Rapport au maréchal de France, chef de l'État français, cité in Coll., "Le Gouvernement de Vichy", Paris Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1972, p.337.

Chronologie :

Après la signature de l’armistice par Pétain en juin 1940, on retrouve dans son cabinet, au poste de Ministre de la Production Industrielle et du Travail, René Belin, ex secrétaire confédéral de la CGT.

16 Août 1940 - Le gouvernement en place publie une loi interdisant les confédérations syndicales.

9 Novembre 1940 - Belin signe le décret de dissolution de la CGT, de la CFTC et de la Confédération Générale du Patronat Français.

15 Novembre 1940 - La résistance syndicale se met en place et 3 membres de la CFTC et 9 de la CGT signent un manifeste «Le Manifeste des 12 » qui rappelle l’indépendance syndicale, la mission purement économique et sociale du syndicalisme, la lutte contre l’antisémitisme et le pluralisme syndical.

4 octobre 1941 – Promulgation de la Charte du Travail de Vichy.
22 juin 1942 - Mise en place de la «Relève » par Laval.

16 février 1943 : instauration du Service du Travail Obligatoire (STO)

17 Avril 1943 - Accords du Perreux. La guerre et la lutte commune dans la résistance à l’occupation allemande permettent la réunification clandestine de la CGT sur un accord verbal au Perreux (banlieue parisienne).

La vérité sur le terrain :

Les grandes villes sont quasiment ruinées par la guerre, du fait même de l’asphyxie de leur économie. Elles sont contraintes de demander un effort fiscal considérable aux populations, au moment même où l’augmentation du coût de la vie effondre le pouvoir d’achat dès l’automne 1940 et rend la survie précaire :
- La livre de beurre passa de 12 f à 20 f 50
- Le kilo de pommes de terre de 1 f à 2 f 50,
- Le kilo de viande de 36 f à 56 f,
- L’œuf de 0 f 75 à 2 f 50,
- Le kilo de sucre de 5 f à 7 f,
- Le litre de lait de 1 f 40 à 2 f 50.

La population est confrontée à la pénurie : Farine, lait, beurre, pommes de terre. Les légumes secs, le sucre, le savon de Marseille, etc. disparaissent. Depuis juillet 1940, toutes les denrées sont contingentées, livrables contre la remise de tickets de rationnement : 350 grammes de pain par jour, 50 grammes de fromage, 10 grammes de matières grasses, 360 grammes de viande (dont 20% d’os par semaine. Vichy a fixé des catégories de rationnaires : E (moins de 3 ans), J1, J2, J3 (enfants et adolescents), A (21-70 ans), T (travailleurs de force), C (cultivateurs, V (vieillards). D’un mois à l’autre les rations fluctuent, souvent à la baisse. Le pain devient noir. Des jours sans viande sont institués. Le café pur, interdit, est remplacé par des mélanges, etc.

Roger Lenevette :
« En 1940, j'avais quinze ans et j'étais plus préoccupé ainsi que ma famille par les problèmes de survie que par les statuts de Vichy, puis par le besoin de renvoyer chez eux ceux qu'on n'avait pas invité. Nous avons vécu le problème des villes topographiquement dangereuses parce que stratégiques. Cela a été le cas de Brest. Habitant prés du fort du Guelmeur, c'était un point stratégique de bombardement. Nous avons eu la chance de quitter à temps puisque trois semaines plus tard le pavillon était pulvérisé par une bombe (revenu fin juin ou en juillet à Vieux Vy) et cela s'est passé en août 1940 Cette chance, tout le monde ne l'a pas eue et beaucoup en sont morts.

Il faut garder à l'esprit que cette génération était loin d'être aussi aveugle qu'on essaie de nous faire croire depuis longtemps. Cette époque est celle de mon enfance que j'ai passé dans ce monde du travail. D'abord l'école et ses instituteurs, où on faisait quelquefois plus de trois kilomètres à pied pour y aller, et même pour certains en sabots. L'usine (l'arsenal de Brest, la Mine de Brais), les champs avec l'aide pour les les moissons ou la récolte des pommes de terre et des betteraves, l'artisanat comme bûcheron à la tâche l'hiver 1940/1941 ou aide mécanicien sur Machines agricoles à Ernée dans la Mayenne en 1942. C'est cette génération de ces anciens qui a fait de moi le militant à vie que j'ai été et que je suis resté. J'ai gardé pour elle une grande admiration et je souhaite que nos jeunes générations soient aussi vigilantes.
Roger rejoindra les FTPF d’Ile et Vilaine en 1944.

Louis Jacquemart :

«Je n'ai pas d'expériences personnelles particulières, ayant toujours travaillé, par chance, +ou- seul, soit avec mon père artisan ciseleur sans employé ou chez un petit électricien paternel, chez qui j'ai appris des rudiments d'installations électriques.

Mis à part ma participation et soutien symbolique auprès des travailleurs revendiquant leurs droits, je ne peux me targuer d'avoir eu a me battre pour l'obtention de conditions de travail particulières.

Après avoir travaillé plusieurs mois chez un pâtissier réputé à Châteaulin, où en cours d'activité j'ai planté là, seul, mon patron qui m'accusait faussement d'avoir cassé un œuf ! Je me retrouve à Douarnenez, où avec un copain nous allons, sur un tandem et tirant une remorque, vendre du poisson aux habitants, sur un parcours de 30 Km. Cette vente illicite ("Illicite" pour les Allemands et le régime en place qui avaient réquisitionné le camion de mes tantes (mareyeuses à Douarnenez) qui de ce fait ne pouvaient plus exercer leur profession ! Idem pour les parents de mon camarade) ne peut pas durer longtemps, les Allemands occupant DZ depuis quelques mois, le Service du Contrôle Economique sévit et nous pourchasse. Nous devons cesser cette activité, mais avant nous nous vengeons en introduisant du sucre dans le réservoir d'essence de la moto du contrôleur.

Ma seule expérience de travail collectif, c'est lorsque pour éviter le STO je travaillais à faire du bois gazo dans l'attente de pouvoir entrer au maquis»

Louis rejoindra le maquis Bayard en Cote D’Or en 1944.

A les lire, il est clair que ces deux travailleurs n’ont strictement jamais beneficie d’aucune des promesses du gouvernement de Vichy ! L’un d’entre eux nous a même avoué avoir appris des choses à la lecture de cet article. Des limites de la propagande…

La collaboration économique :

La collaboration économique découle d'abord de la dette de guerre théoriquement fixée par l'armistice de juin 1940, mais pratiquement fixée au cours des ans de façon unilatérale par les Allemands qui établissaient arbitrairement le taux du franc par rapport au mark. Cette dette, censée correspondre à l'entretien des troupes d'occupation a été en moyenne de 400 millions de francs par jour, l'équivalent de 4 millions de salaire journalier d'ouvriers. L'emploi du terme de "collaboration économique" signifie que la politique prédatrice de l'Allemagne s'est effectuée sous administration française.

De même on peut également ajouter les prisonniers de guerre, qui sont 1,5 millions à travailler pour l'Allemagne en Allemagne pendant presque toute la durée de la guerre.

En octobre 1940, on comptait en France un million de chômeurs, conséquence de la désorganisation complète de l'économie due à la débâcle. Rapidement après l'armistice, le gouvernement de Vichy décida d'autoriser les entreprises françaises à accepter des contrats avec les Allemands. Les commandes allemandes seront le principal moteur du redémarrage de l'économie française.
Le nombre de chômeurs était descendu à 125 000 en 1942, et à la Libération, il était pratiquement nul. En gros, avec les indemnités d'occupation, l'Allemagne arrive à faire travailler l'agriculture et l'industrie française en grande partie pour son compte.

En 1943, d'après les statistiques de l'Office central de la production industrielle, 100% de l'industrie aéronautique, 100% de la grosse forge, 80% des BTP, 60% de l'industrie du caoutchouc travaille pour le compte de l'Allemagne.

Ces chiffres sont un peu contestes (Henri Rousso) mais ils donnent un ordre de grandeur correct. Selon l'historien allemand Jaekel, «Au printemps de 1942, 170 000 Français travaillaient sur place dans les services de la Wehrmacht et 275 000 à la construction d'aérodromes et de fortifications comme le mur de l'Atlantique, 400 000 enfin à la fabrication d'armements. »

Selon le général von Senger und Utterlin de la Commission d'armistice allemande, «L'industrie française des armements de guerre fut remise à plein tours pour les armements allemands... Sans le potentiel économique de la France, Hitler n'aurait pas pu faire durer la guerre aussi longtemps. C'est cela qui fut le grand profit qu'Hitler tira de la conquête de la France ».

Les émigrés Républicains Espagnols :

En janvier 1939, devant l’avancée des troupes franquistes, harcelés sous les bombardements incessants de l’aviation allemande et nationaliste, les Républicains espagnols, civils et militaires, affluent à la frontière pyrénéenne, alors fermée par les autorités françaises. Le 26 janvier, la chute de la Catalogne provoque un exode encore plus massif. C’est la retraite "LA RETIRADA", et le gouvernement français est contraint de revoir sa position.
Environ cinq cent mille espagnols passeront la frontière.

Les civils, femmes, enfants, vieillards sont pris en charge à leur arrivée, et répartis sur tout le territoire, en fonction des disponibilités et des bonnes volontés locales. Le département d’Ille-et-Vilaine ouvre six centres d’hébergement. Quant aux combattants, rien n’est prévu pour les accueillir. Escortés par les services d’ordre, ils sont acheminés vers les plages clôturées d’Argeles sur Mer et de Saint Cyprien. Ils restent là plusieurs mois dans des conditions épouvantables. A maintes reprises, les autorités françaises les incitent à un retour en Espagne.

Face à la menace de guerre contre l’Allemagne, d’indésirables, les réfugiés espagnols deviennent indispensables. Placés sous autorité militaire, des milliers sont enrôlés dans des Compagnies de Travailleurs Etrangers, réparties sur toute la France, afin d’y effectuer des travaux de fortification. Lors de l’invasion allemande, nombre d’entre eux sont faits prisonniers. Les Républicains espagnols sont les premiers déportés du territoire français : 7288 seront envoyés à Mauthausen, 4676 n’en reviendront pas.

Les Compagnies de Travailleurs, sous l’autorité de Vichy, sont livrées aux allemands pour construire le mur de l’Atlantique. Conduits vers la zone occupée, les Espagnols travaillent à la construction des bases sous-marines de La Pallice, Lorient, Brest. Beaucoup doivent embarquer à Saint-Malo ou Cherbourg, pour les îles anglo-normandes. L’une d’elles, Aurigny, rattachée administrativement au camp de Neuengamme, verra travailleurs forcés et déportés espagnols, mourir sous le joug nazi.

Les travailleurs français en Allemagne :

Le Commissaire général du Reich pour l'emploi et la main d'œuvre, Fritz Sauckel (Condamne à mort a Nuremberg), surnommé le "négrier de l'Europe", fut chargé le 21 mars 1942 d'amener la main-d'œuvre de toute l'Europe par tous les moyens. Il s'intéressa particulièrement à la France. Il trouva à la tête du régime de Vichy des interlocuteurs prêts à lui donner satisfaction en mobilisant la législation française et les forces de l'ordre au profit du recrutement forcé. Un total de 600.000 à 650.000 travailleurs français est acheminés vers l'Allemagne entre juin 1942 et juillet 1944. La France fut le troisième fournisseur de main-d'œuvre forcée du Reich après l'URSS et la Pologne, et le pays qui lui donna le plus d'ouvriers qualifiés.

Jusqu'en septembre 1943, le plénipotentiaire de Fritz Sauckel en France était le général Julius Ritter, exécuté par le groupe Manouchian le 23 septembre.

Automne 1940 : 80 000 volontaires choisissent de travailler en Allemagne. En tout, pendant la Seconde Guerre mondiale, 150 000 à 200 000 Français se seraient portés volontaires, dont 30 000 femmes. C'est aussi à l'automne 1940 que l'occupant procéda à des rafles arbitraires de main-d'œuvre dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, rattachés à Bruxelles.

Juin 1942 : l'Allemagne exige de la France 350 000 travailleurs. Vichy, obligé de maquiller cette sommation, annonce le 22 la création de la "Relève" qui consiste à échanger un prisonnier libéré contre trois travailleurs volontaires envoyés. Mais seuls les ouvriers spécialistes sont en fait pris en compte dans l'échange, tandis que les prisonniers relâchés doivent être des paysans ou des hommes déjà âgés et malades, donc improductifs et qui auraient probablement été rapatriés de toute façon.

De plus, la Relève n'est pas nominative : on ne peut pas s'enrôler pour faire libérer son frère, son mari, son voisin, etc. Le manque de succès de cette mesure (17 000 volontaires fin août) sonne le glas du volontariat.

On vit ainsi partir en Allemagne des travailleurs volontaires attirés par la rémunération ou voulant faire revenir un parent proche. Ces derniers ne furent ni mieux ni plus mal traités que les requis, mais contribuèrent dans l'opinion, après la guerre, à un amalgame fréquent et injustifié entre requis du STO et volontaires.

Pétain promulgue alors la loi de réquisition du 4 septembre 1942, malgré l'opposition de quatre ministres et une aggravation sensible de l'impopularité du régime. Moins connue que la loi du 16 février 1943, la loi du 4 septembre ne frappe de fait que des ouvriers. Elle fut surtout appliquée en zone occupée, la plus industrielle et la plus peuplée. Cette loi, récemment redécouverte par les historiens, est responsable du départ forcé de près de 250 000 travailleurs en six mois.

Le STO (Service du Travail Obligatoire) :

Avec la complicité active du gouvernement de Vichy (les travailleurs forcés français sont les seuls d'Europe à avoir été requis par les lois de leur propre Etat, et non pas par une ordonnance allemande), l'Allemagne nazie imposa la mise en place du STO pour compenser le manque de main-d'œuvre dû à l'envoi de ses soldats sur le front.

16 février 1943 : instauration du Service du Travail Obligatoire (STO) proprement dit. Le recrutement, de catégoriel, se fait désormais par classes d'âge entières. Les jeunes gens nés entre 1920 et 1922 sont obligés de travailler en Allemagne (ou en France) à titre de substitut de service militaire. La classe d'âge 1922 fut la plus touchée, et les exemptions ou sursis initialement promis aux agriculteurs ou aux étudiants disparurent dès juin. Les Chantiers de la Jeunesse contribuèrent aussi activement à l'envoi de leurs propres jeunes en Allemagne, par groupements entiers.


Selon la Fédération Nationale des Déportés du Travail, fondée en 1945 et devenue en 1979 Fédération Nationale des Victimes et Rescapés des Camps nazis du Travail Forcé, 60 000 moururent en Allemagne et 15 000 furent fusillés, pendus ou décapités pour "actes de résistance". Les historiens jugent aujourd'hui ces chiffres excessifs, et estiment qu'entre 25.000 et 35.000 STO ont néanmoins perdu la vie en Allemagne. Leur emploi dans des usines de guerre bombardées, souvent dans de mauvaises conditions et sous la surveillance fréquente de la Gestapo, rendait en tout cas leur taux de mortalité supérieur à celui des prisonniers de guerre.

250.000 prisonniers de guerre durent également travailler pour le Reich à partir de 1943 après avoir été "transformés" de gré ou de force en travailleurs civils.

Admise en Belgique et bien que le Parlement français ne se soit jamais prononcé définitivement sur la qualification à donner aux requis du STO, la dénomination officielle de "déporté du travail" a été interdite aux associations de victimes du STO par la justice française (1992), au nom du risque de confusion entre la déportation vers la mort des résistants et des Juifs, et l'envoi au travail obligatoire.

Certaines victimes furent prises dans des rafles de la Milice et de la Wehrmacht. Le PPF de Jacques Doriot mit quant à lui sur pied, en 1944, des Groupes d'Action pour la Justice Sociale (sic) chargés de traquer les réfractaires contre de l'argent, et d'enlever la main-d'œuvre jusqu'en pleine rue.

Dans l'ensemble, grâce à la collaboration indispensable du gouvernement de Vichy et de l'administration française, et en particulier d'une bonne part de l'inspection du travail, les Allemands obtinrent tous les hommes qu'ils voulaient. Les deux premières grosses demandes de Fritz Sauckel furent intégralement fournies en un temps assez bref. Seuls le développement des maquis et le tarissement des ressources humaines prélevables expliquent la chute des départs à partir de l'été 1943, et le demi-succès de la troisième "action Sauckel" (juin-décembre 1943) puis le fiasco de la quatrième (1944). Le département de la Gironde, grâce au préfet régional Sabatier et à son secrétaire général Maurice Papon (Encore lui…), fut félicité par Pierre Laval pour être l'un des seuls a avoir fourni plus que le quota fixé, aussi tard qu'à l'automne 1943.

Le STO provoqua le départ dans la clandestinité de près de 200 000 réfractaires, dont environ un quart gagnèrent les maquis en pleine formation. Le STO accentua la rupture de l'opinion avec le régime de Vichy, et constitua un apport considérable pour la Résistance.

Mails la plaça aussi dans l'immédiat devant une tâche inédite, d'une ampleur non moins considérable (Manque d'argent, de nourriture, d'armes, etc, pour des milliers de maquisards soudain engages).

Les réfractaires au STO forment également le premier groupe au sein des 35 000 évadés de France qui gagnèrent l'Espagne puis l'Afrique du Nord et s'engagèrent dans la France Libre. Faute de filière, de place dans le maquis ou de désir de se battre, de nombreux réfractaires se contentèrent toutefois de se cacher à domicile ou de s'embaucher dans des fermes isolées où ils servirent de main-d'œuvre à des paysans complices.

D'autres Français échappèrent au STO en Allemagne en s'embauchant dans la police et les pompiers, voire dans la Milice. Après l'automne 1943, ils furent nombreux à rejoindre un vaste secteur industriel protégé mis en place par l'occupant, et travaillant exclusivement pour son compte.

Une controverse interminable entoura le passé de Georges Marchais, dirigeant du Parti Communiste Français (1970-1994), accusé d'avoir été volontaire en Allemagne chez Messerschmitt et non pas au STO selon ses dires. Selon son biographe Thomas Hoffnung, Marchais ne fut en fait ni volontaire ni requis du STO, il fut muté en Allemagne par l'entreprise allemande d'aviation qui l'employait déjà en France depuis 1940. Son parcours pendant la guerre ne ferait dès lors que refléter le sort de centaines de milliers de Français, contraint pour survivre de travailler pour les Allemands, soit en France, soit en Allemagne, une très large majorité de l'économie nationale étant de toute façon déjà mise au service des occupants.

Pour conclure, citons Monsieur Jacques Floch, Secrétaire d’Etat à la Défense, chargé des ACVG, durant le Colloque International des 13-14-15 décembre 2001 au Mémorial de la paix à Caen, s’adressant à d’anciens déportés du travail :

« Cela veut dire aussi qu’au niveau de la France, du Gouvernement de la France mais aussi de la Nation Française toute entière, il doit y avoir cette reconnaissance de ce que vous avez vécu et comment vous l’avez vécu. Qu’il doit y avoir un moment donné une déclaration solennelle qui dira «oui, la France a participé à cette organisation de l’esclavage, oui la France a commis une faute, oui la France vous reconnaît et doit vous reconnaître comme victimes d’un système abominable ».

Sources :
Dominique Venner, Histoire de la Collaboration, Pygmalion, 2000.
G. Garcia et I. Matras, La mémoire retrouvée des Républicains espagnols, Editions Ouest-France, 2005.
La CGT dans la Résistance en Seine-Maritime, par Gilles Pichavant, avec le concours de Pierre Largesse, Albert Perrot, Robert Privat, Guy Décamps et Serge Laloyer.
Les souvenirs de Roger Lenevette et de Louis Jacquemart qui, tous deux, rejoindront la Résistance en 1944.
Jean Pasquiers, «Jeannot chez les nazis », Journal d'un Déporté du Travail 1943-45
http://jean-pasquiers.chez-alice.fr/journal-d-un-deporte-du-travail-1943-45…
Fédération Nationale des Rescapés et Victimes des Camps Nazis du Travail Forcé
http://www.requis-deportes-sto.com/
La Main-d'œuvre française exploitée par le IIIe Reich, actes du colloque international de Caen (Novembre 2001), Centre de Recherche d’Histoire quantitative, Caen, 2001, textes rassemblés par B. Garnier, J. Quellien et F. Passera.
http://www.requis-deportes-sto.com/colloque/index.html
Charte du travail de Vichy, 1941
http://www.marechal-petain.com/charte_travail.htm
Affiches de propagande : Les illustrations nous ont été fournies par un ami généralement bien informé mais qui ne cite pas ses sources. Si, d’aventure, certaines sont protégées par des droits d’auteur, merci de nous le faire savoir et elles seront immédiatement retirées.
(Affiches non reproduites sur ce forum, trop lourd)
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MessagePosté le: Mer 14 Mai - 15:15 (2008)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

y a trop a lire !! Il faut penser à résumer !
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MessagePosté le: Mer 14 Mai - 15:48 (2008)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Mais non, on ne peut pas résumer un tel article ! Il faut tout lire ! Je sais, DL demande qu'on lui réponde avec des documents. Les documents j'en ai, mais je ne vais pas me lancer dans leur reproduction in extenso ! La mémoire de mon ordinateur n'y suffirait pas !

Je retiens une chose, Daniel Laurent passe allègrement de 1940 à... 2001 avec la reconnaissance de l'esclavage par la France par Jacques Floch...
Bien sur il se donne bonne conscience en citant "Dominique Venner et son histoire de la collaboration", mais il n'a du en lire que la page de garde, tout le reste de ses sources étant constitué par des documents de propagande de la CGT et des associations crypto-communistes d'anciens combattants.
Mais, vas-y lis son article et pose les questions que tu jugeras utile de poser !
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MessagePosté le: Jeu 15 Mai - 09:00 (2008)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Vichy et les travailleurs
Daniel Laurent «Travail, Famille, Patrie »… Qu’en fut-il du travail et des travailleurs français pendant l’occupation ?

De l’armistice, notre pays sort divisé géographiquement, meurtri moralement, en état de choc devant sa nouvelle condition de vaincu.

Le désarroi est tel que le nouveau régime, qui a l’habileté d’invoquer des valeurs profondes (le travail, la famille, la patrie) parvient à tromper sur sa nature véritable une grande partie des travailleurs.

Pour beaucoup le vieux maréchal de 84 ans, encore auréolé du prestige de «vainqueur de Verdun », a réellement «fait don de sa personne à la France » et incarne l’homme providentiel, capable de tenir tête aux exigences des Allemands. Le ralliement au régime de certains hommes de gauche et de quelques responsables syndicaux ne peut qu’alimenter la mystification.   A retenir



Dans ce brouillard des consciences, représenteront des premières lueurs, l’appel lancé depuis Londres par le Général de Gaulle le 18 juin

(Combien furent ils à l’entendre ?? La majorité des français des zones industrielles du nord, est sur les routes dans l’exode !) et ceux de certains dirigeants syndicaux qui invitent les Français à refuser l’asservissement.

Vichy est expert dans l’art du camouflage. Officiellement il affiche l’ambition de réaliser une «Révolution Nationale », anticapitaliste et antisocialiste, alors que dès le 16 août 1940 il organise l’ensemble des structures économiques du pays en faveur des grandes entreprises. Chaque branche d’activité est structurée en «comité d’organisation. Parallèlement, le régime a le souci de son image sociale. Le nouvel Etat assiste les chômeurs, crée un salaire minimum et une allocation à la femme au foyer, encourage les œuvres de charité et verse à compter du 1er janvier 1941, une retraite aux vieux travailleurs. Décisions qui permettent à Pétain de déclarer : «je tiens mes promesses, même celles des autres, lorsque ces promesses sont fondées sur la justice ».


C’est pourtant la vérité, elles ont encore cours aujourd’hui ces allocations !

En réalité, derrière son masque paternel et outrancièrement «patriotique », ce régime appliquera avec détermination la politique que réclamait depuis 1936 la droite traditionaliste et se fixera comme ligne de conduite la collaboration avec les nazis. De fait l’occupant aura l’avantage considérable de disposer de suite, en France, de toutes les structures économiques, administratives, judiciaires, policières et même idéologiques, dont il avait besoin pour continuer la guerre contre les anciens alliés de la France. Quels alliés ? Ceux qui l’ont abandonnée en rembarquant leurs troupes à Dunkerque ? Les Polonais, sous le joug alleman ? La Belgique qui a capitulée avec l’Allemagne PUISQUE VAINCUE ? La HOLLANDE qui elle aussi a capitulée, vaincue elle aussi ?? Les Anglais qui ne fournirent jamais ce qu’ils s’étaient engagé à fournir en hommes et en matériel !! De quels « alliés » parles tu ?? La France était seule face à la débacle et à l’exode de ses populations et des populations belges jetées sur les routes par l’avancée des troupes allemandes !!


C’est ainsi que l’on verra les grandes firmes françaises conclure au plus vite des accords industriels et commerciaux avec les organismes économiques allemands. Une large partie du patronat met ses usines au service de la machine de guerre nazie. L’état de collaboration satisfait bien des appétits.

(Qu’eut il fallut faire ?? Fermer les usines et laisser les gens crever de faim ?? Comment aurait on payé les dommages de guerre réclamés par le vainqueur ?)

Discours du 11 octobre 1940 du Maréchal Pétain : « Le désastre n’est, en réalité, que le reflet, sur le plan militaire, des faiblesses et des tares de l’ancien régime politique… Jamais, dans l’histoire de la France, l’état n’a été plus asservi qu’au cours des vingt dernières années… par des coalitions d’intérêts économiques et par des équipes politiques ou syndicales, prétendant fallacieusement représenter la classe ouvrière.  (Ce qui est toujours le cas à présent et on voit dans quel état est le pays)  Il faut aujourd’hui reconstruire la France… On ne saurait davantage y découvrir les traits… d’une revanche des événements de 1936 … L’ordre nouveau est une nécessité française. Nous devrons tragiquement réaliser, dans la défaite, la révolution que dans la victoire, dans la paix, dans l’entente volontaire de peuples égaux, nous n’avons même pas su concevoir. Le régime nouveau sera une hiérarchie sociale. Il ne reposera plus sur l’idée fausse de l’égalité naturelle des hommes, mais sur l’idée nécessaire de l’égalité des «chances » données à tous les Français de prouver leur aptitude à «servir ». Seuls le travail et le talent redeviendront le fondement de la hiérarchie française. Aucun préjugé défavorable n’atteindra un Français du fait de ses origines sociales, à la seule condition qu’il s’intègre dans la France nouvelle et qu’il lui apporte un concours sans réserve. On ne peut faire disparaître la lutte des classes, fatale à la nation, qu’en faisant disparaître les causes qui ont formé ces classes et les ont dressées les unes contre les autres. Ainsi renaîtront les élites véritables que le régime passé a mis des années à détruire et qui constitueront les cadres nécessaires au développement du bien-être et de la dignité de tous. ». Le ton est donné.   ( Quel ton ? C’est frappé au coin du bon sens eu égard à l’état du pays !! )

Les bases de la «Révolution Nationale » sont établies et de multiples textes et campagnes de propagande vont tenter d’en faire le fondement de la vie quotidienne des Français. Mais, dans les faits, les résultats furent médiocres. La «Révolution nationale » a rarement débouché sur des transformations radicales, et elle rencontre surtout l’apathie, voire l’hostilité. Le retour à la terre ne concerne pas plus de 1500 personnes.


( Et là volontairement, tu fais abstraction du fait que la France de 1940 est à 80% rurale, alors dire que cela ne concerne QUE 1500 personnes c’est une façon détournée de dire qu’il ne font rien)

La charte du travail met en place des structures qui tournent à vide, exception faite des comités sociaux d’entreprise, «Les comités patates ». La corporation paysanne sert surtout à réquisitionner et à contrôler. Enfin, les notables, la hiérarchie catholique passent de l’enthousiasme à un éloignement prudent. Cet échec de la «Révolution nationale » montre une capacité d’autonomie et de résistance de la société par rapport à l’Etat même de la part de ceux qui n’ont pas fait le pas de plus les emmenant a rejoindre la Résistance ou la France Libre.

"Il est vain de penser que des ouvriers puissent être heureux au sein d'une industrie en détresse ; la prospérité des entreprises conditionne le bien-être de leurs membres.
( C’est une évidence toujours d’actualité aujourd’hui !!)

La pierre angulaire de la charte réside dans la création des comités mixtes sociaux, au sein desquels se trouveront réunis tous les membres d'une même profession. Le comité social sera, pour la profession d'aujourd'hui - pour la corporation de demain -, le véritable animateur de la vie professionnelle. Lien de tous ceux qui concourent à une même production, il recevra, de surcroît, la mission d'assurer la gestion sociale de la profession (...). L'expérience a montré que partout où les hommes de bonne foi se réunissent pour une explication loyale et franche, les oppositions s'atténuent, les malentendus se dissipent, l'accord s'établit, dans l'estime d'abord, dans l'amitié ensuite.

C'est en utilisant les bases de l'organisation professionnelle existante que sera réalisée, dans un esprit nouveau, la jonction de tous ceux que la vie sociale appelle à collaborer. Les syndicats ont donc leur place dans cet ordre nouveau. Ils auront la double mission de discipliner les libres réactions de leurs adhérents et de participer à la formation des comités sociaux.

Mais ces syndicats ne seront plus les syndicats de tendance du passé. S'ils demeurent voués dans chaque profession à la représentation d'une même catégorie sociale (patrons, ouvriers, cadres), ils seront désormais obligatoires pour être forts, uniques pour être francs. Leur activité sera désormais strictement limitée au domaine de leur profession. Ils vivront et fonctionneront sous l'autorité des comités sociaux et en s'inspirant de leurs doctrines qui ne sauraient être elles-mêmes que celles du Gouvernement."

Loi du 4 octobre 1941 relative à l'organisation sociale des professions. Rapport au maréchal de France, chef de l'État français, cité in Coll., "Le Gouvernement de Vichy", Paris Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1972, p.337.

Chronologie :

Après la signature de l’armistice par Pétain en juin 1940, on retrouve dans son cabinet, au poste de Ministre de la Production Industrielle et du Travail, René Belin, ex secrétaire confédéral de la CGT.




(Un fasciste, c’est évident !)

16 Août 1940 - Le gouvernement en place publie une loi interdisant les confédérations syndicales.


Rien que de plus normal, on a vu, depuis 36  (et on voit encore aujourd’hui) la nocivité de ceux ci encore aujourd’hui, (la CGT qualifiée par Coluche de « Cancer Généralisé du Travail »), là aussi c’est une évidence encore actuelle

9 Novembre 1940 - Belin signe le décret de dissolution de la CGT, de la CFTC et de la Confédération Générale du Patronat Français.

On constate ici, que le Gvt ne s’attaque pas seulement au syndicats ouvriers, il dissout également celui du patronat

15 Novembre 1940 - La résistance syndicale se met en place et 3 membres de la CFTC et 9 de la CGT signent un manifeste «Le Manifeste des 12 » qui rappelle l’indépendance syndicale, la mission purement économique et sociale du syndicalisme, la lutte contre l’antisémitisme et le pluralisme syndical.

L’indépendance syndicale ?? Mais de qui te moques tu ?? Alors qu’ils sont tous des émanations de partis politique telle la CGT émanation directe du PC dont les dirigeants sont tous (encore à l’heure actuelle) membres du Comité Directeur du PC

4 octobre 1941 – Promulgation de la Charte du Travail de Vichy. 22 juin 1942 - Mise en place de la «Relève » par Laval. 16 février 1943 : instauration du Service du Travail Obligatoire (STO)



A noter et à retenir

17 Avril 1943 - Accords du Perreux. La guerre et la lutte commune dans la résistance à l’occupation allemande permettent la réunification clandestine de la CGT sur un accord verbal au Perreux (banlieue parisienne). La vérité sur le terrain : Les grandes villes sont quasiment ruinées par la guerre, du fait même de l’asphyxie de leur économie. Elles sont contraintes de demander un effort fiscal considérable aux populations, au moment même où l’augmentation du coût de la vie effondre le pouvoir d’achat dès l’automne 1940 et rend la survie précaire :


- La livre de beurre passa de 12 f à 20 f 50 - Le kilo de pommes de terre de 1 f à 2 f 50, - Le kilo de viande de 36 f à 56 f,
- L’œuf de 0 f 75 à 2 f 50,
- Le kilo de sucre de 5 f à 7 f,
- Le litre de lait de 1 f 40 à 2 f 50.



Et tu critiques le fait que les usines se remettent à travailler, au bénéfice de l’Allemagne soit, mais qu’aurait il fallut faire ? Laisser les gens crever de faim ??

La population est confrontée à la pénurie : Farine, lait, beurre, pommes de terre. Les légumes secs, le sucre, le savon de Marseille, etc. disparaissent. Depuis juillet 1940, toutes les denrées sont contingentées, livrables contre la remise de tickets de rationnement : 350 grammes de pain par jour, 50 grammes de fromage, 10 grammes de matières grasses, 360 grammes de viande (dont 20% d’os par semaine. Vichy a fixé des catégories de rationnaires : E (moins de 3 ans), J1, J2, J3 (enfants et adolescents), A (21-70 ans), T (travailleurs de force), C (cultivateurs, V (vieillards). D’un mois à l’autre les rations fluctuent, souvent à la baisse. Le pain devient noir. Des jours sans viande sont institués. Le café pur, interdit, est remplacé par des mélanges, etc.

Que s’est il passé après 45 ? Le même phénoméne, puisque la France manque de tout !!

Roger Lenevette : « En 1940, j'avais quinze ans et j'étais plus préoccupé ainsi que ma famille par les problèmes de survie que par les statuts de Vichy, puis par le besoin de renvoyer chez eux ceux qu'on n'avait pas invité. Nous avons vécu le problème des villes topographiquement dangereuses parce que stratégiques. Cela a été le cas de Brest. Habitant prés du fort du Guelmeur, c'était un point stratégique de bombardement. Nous avons eu la chance de quitter à temps puisque trois semaines plus tard le pavillon était pulvérisé par une bombe (revenu fin juin ou en juillet à Vieux Vy) et cela s'est passé en août 1940 Cette chance, tout le monde ne l'a pas eue et beaucoup en sont morts. Il faut garder à l'esprit que cette génération était loin d'être aussi aveugle qu'on essaie de nous faire croire depuis longtemps. Cette époque est celle de mon enfance que j'ai passé dans ce monde du travail. D'abord l'école et ses instituteurs, où on faisait quelquefois plus de trois kilomètres à pied pour y aller, et même pour certains en sabots. L'usine (l'arsenal de Brest, la Mine de Brais), les champs avec l'aide pour les les moissons ou la récolte des pommes de terre et des betteraves, l'artisanat comme bûcheron à la tâche l'hiver 1940/1941 ou aide mécanicien sur Machines agricoles à Ernée dans la Mayenne en 1942. C'est cette génération de ces anciens qui a fait de moi le militant à vie que j'ai été et que je suis resté. J'ai gardé pour elle une grande admiration et je souhaite que nos jeunes générations soient aussi vigilantes.
Roger rejoindra les FTPF d’Ile et Vilaine en 1944.

Louis Jacquemart :

«Je n'ai pas d'expériences personnelles particulières, ayant toujours travaillé, par chance, +ou- seul, soit avec mon père artisan ciseleur sans employé ou chez un petit électricien paternel, chez qui j'ai appris des rudiments d'installations électriques.

Mis à part ma participation et soutien symbolique auprès des travailleurs revendiquant leurs droits, je ne peux me targuer d'avoir eu a me battre pour l'obtention de conditions de travail particulières.

Après avoir travaillé plusieurs mois chez un pâtissier réputé à Châteaulin, où en cours d'activité j'ai planté là, seul, mon patron qui m'accusait faussement d'avoir cassé un œuf ! Je me retrouve à Douarnenez, où avec un copain nous allons, sur un tandem et tirant une remorque, vendre du poisson aux habitants, sur un parcours de 30 Km. Cette vente illicite ("Illicite" pour les Allemands et le régime en place qui avaient réquisitionné le camion de mes tantes ( ce n’est pas le régime en place qui a réquisitionné le camion mais les Allemands, là c’est de la propagande à pas cher, et il ne se livrer qu’au « Marché Noir>>) (mareyeuses à Douarnenez) qui de ce fait ne pouvaient plus exercer leur profession ! Idem pour les parents de mon camarade) ne peut pas durer longtemps, les Allemands occupant DZ depuis quelques mois, le Service du Contrôle Economique sévit et nous pourchasse. Nous devons cesser cette activité, mais avant nous nous vengeons en introduisant du sucre dans le réservoir d'essence de la moto du contrôleur.

Ma seule expérience de travail collectif, c'est lorsque pour éviter le STO je travaillais à faire du bois gazo dans l'attente de pouvoir entrer au maquis»


4 ans d’attente il a murement réfléchis à son entrée dans la résistancen, c’est le moins qu’on puisse dire

Louis rejoindra le maquis Bayard en Cote D’Or en 1944. A les lire, il est clair que ces deux travailleurs n’ont strictement jamais beneficie d’aucune des promesses du gouvernement de Vichy ! L’un d’entre eux nous a même avoué avoir appris des choses à la lecture de cet article. Des limites de la propagande…



Laquelle ? Celle d’après 45 ?

La collaboration économique : La collaboration économique découle d'abord de la dette de guerre théoriquement fixée par l'armistice de juin 1940, (Rien de théorique là dedans, c’était un fait) mais pratiquement fixée au cours des ans de façon unilatérale par les Allemands qui établissaient arbitrairement le taux du franc par rapport au mark. Cette dette, censée correspondre à l'entretien des troupes d'occupation a été en moyenne de 400 millions de francs par jour, l'équivalent de 4 millions de salaire journalier d'ouvriers. L'emploi du terme de "collaboration économique" signifie que la politique prédatrice de l'Allemagne s'est effectuée sous administration française. De même on peut également ajouter les prisonniers de guerre, qui sont 1,5 millions à travailler pour l'Allemagne en Allemagne pendant presque toute la durée de la guerre. (bien que certains ont préféré travailler plutôt que de rester dans des camps ou l’évasion était plus qu’aléatoire, mais là, silence, ça fait tâche)

En octobre 1940, on comptait en France un million de chômeurs, conséquence de la désorganisation complète de l'économie due à la débâcle. Rapidement après l'armistice, le gouvernement de Vichy décida d'autoriser les entreprises françaises à accepter des contrats avec les Allemands. Les commandes allemandes seront le principal moteur du redémarrage de l'économie française. (Et la seule ressource pour que les gens puissent manger, mais là aussi, il vaut mieux présenter cela de façon négative)
Le nombre de chômeurs était descendu à 125 000 en 1942, et à la Libération, il était pratiquement nul. (on constate effectivement que le Gvt n’a rien fait pour les ouvriers, CQFD !! si aujourd’hui en 4 ans il «était capable de résoudre le chomage on applaudirait, quelque soit la destination de la production) En gros, avec les indemnités d'occupation, l'Allemagne arrive à faire travailler l'agriculture et l'industrie française en grande partie pour son compte.

En 1943, d'après les statistiques de l'Office central de la production industrielle, 100% de l'industrie aéronautique, 100% de la grosse forge, 80% des BTP, 60% de l'industrie du caoutchouc travaille pour le compte de l'Allemagne.

Ces chiffres sont un peu contestes (Henri Rousso) mais ils donnent un ordre de grandeur correct. Selon l'historien allemand Jaekel, «Au printemps de 1942, 170 000 Français travaillaient sur place dans les services de la Wehrmacht et 275 000 à la construction d'aérodromes et de fortifications comme le mur de l'Atlantique, 400 000 enfin à la fabrication d'armements. »


Tous des collabos, c’est sur !!

Selon le général von Senger und Utterlin de la Commission d'armistice allemande, «L'industrie française des armements de guerre fut remise à plein tours pour les armements allemands... Sans le potentiel économique de la France, Hitler n'aurait pas pu faire durer la guerre aussi longtemps. C'est cela qui fut le grand profit qu'Hitler tira de la conquête de la France ».

Ben ma foi !

Les émigrés Républicains Espagnols :

En janvier 1939, devant l’avancée des troupes franquistes, harcelés sous les bombardements incessants de l’aviation allemande et nationaliste, les Républicains espagnols, civils et militaires, affluent à la frontière pyrénéenne, alors fermée par les autorités françaises. Le 26 janvier, la chute de la Catalogne provoque un exode encore plus massif. C’est la retraite "LA RETIRADA", et le gouvernement français est contraint de revoir sa position.
Environ cinq cent mille espagnols passeront la frontière.

Les civils, femmes, enfants, vieillards sont pris en charge à leur arrivée, et répartis sur tout le territoire, en fonction des disponibilités et des bonnes volontés locales. Le département d’Ille-et-Vilaine ouvre six centres d’hébergement. Quant aux combattants (Communistes dont on connaît les ravages et les exactions qu’ils ont causés en Espagne), rien n’est prévu pour les accueillir. Escortés par les services d’ordre, ils sont acheminés vers les plages clôturées d’Argeles sur Mer et de Saint Cyprien. Ils restent là plusieurs mois dans des conditions épouvantables. A maintes reprises, les autorités françaises les incitent à un retour en Espagne.

Face à la menace de guerre contre l’Allemagne, d’indésirables, les réfugiés espagnols deviennent indispensables. Placés sous autorité militaire, des milliers sont enrôlés dans des Compagnies de Travailleurs Etrangers, réparties sur toute la France, afin d’y effectuer des travaux de fortification. Lors de l’invasion allemande, nombre d’entre eux sont faits prisonniers. Les Républicains espagnols sont les premiers déportés du territoire français : 7288 seront envoyés à Mauthausen, 4676 n’en reviendront pas.

Les Compagnies de Travailleurs, sous l’autorité de Vichy, sont livrées aux allemands pour construire le mur de l’Atlantique. Conduits vers la zone occupée, les Espagnols travaillent à la construction des bases sous-marines de La Pallice, Lorient, Brest. Beaucoup doivent embarquer à Saint-Malo ou Cherbourg, pour les îles anglo-normandes. L’une d’elles, Aurigny, rattachée administrativement au camp de Neuengamme, verra travailleurs forcés et déportés espagnols, mourir sous le joug nazi.

Les travailleurs français en Allemagne :

Le Commissaire général du Reich pour l'emploi et la main d'œuvre, Fritz Sauckel (Condamne à mort a Nuremberg), surnommé le "négrier de l'Europe", fut chargé le 21 mars 1942 d'amener la main-d'œuvre de toute l'Europe par tous les moyens. Il s'intéressa particulièrement à la France. Il trouva à la tête du régime de Vichy des interlocuteurs prêts à lui donner satisfaction en mobilisant la législation française et les forces de l'ordre au profit du recrutement forcé. Un total de 600.000 à 650.000 travailleurs français est acheminés vers l'Allemagne entre juin 1942 et juillet 1944. La France fut le troisième fournisseur de main-d'œuvre forcée du Reich après l'URSS et la Pologne, et le pays qui lui donna le plus d'ouvriers qualifiés.
Tout simplement parce que les ouvriers français étaient compétents en ce temps là, le Gvt de Vichy, ne les formait pas pour les envoyer en Allemagne !! Là aussi, c’est une façon de faire croire que la France de Vichy, a fait plus que ce qu’on lui imposé.

Jusqu'en septembre 1943, le plénipotentiaire de Fritz Sauckel en France était le général Julius Ritter, exécuté par le groupe Manouchian le 23 septembre. (Exécution inutile et stérile, puisqu’il fut remplacé, mais qui couta la vie à des otages)

Automne 1940 : 80 000 volontaires choisissent de travailler en Allemagne. En tout, pendant la Seconde Guerre mondiale, 150 000 à 200 000 Français se seraient portés volontaires, dont 30 000 femmes. C'est aussi à l'automne 1940 que l'occupant procéda à des rafles arbitraires de main-d'œuvre dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, rattachés à Bruxelles.

Juin 1942 : l'Allemagne exige de la France 350 000 travailleurs. (La FRANCE ne peut donc pas discuter ou refuser) Vichy, obligé de maquiller cette sommation, annonce le 22 la création de la "Relève" qui consiste à échanger un prisonnier libéré contre trois travailleurs volontaires envoyés. Mais seuls les ouvriers spécialistes sont en fait pris en compte dans l'échange, tandis que les prisonniers relâchés doivent être des paysans ou des hommes déjà âgés et malades, donc improductifs et qui auraient probablement été rapatriés de toute façon.  (Ben ma foi, pure spéculation ! )

De plus, la Relève n'est pas nominative : on ne peut pas s'enrôler pour faire libérer son frère, son mari, son voisin, etc. Le manque de succès de cette mesure (17 000 volontaires fin août) sonne le glas du volontariat.

On vit ainsi partir en Allemagne des travailleurs volontaires attirés par la rémunération (ce qui bien sur était compréhensible, MARCHAIS  l’a très bien compris lui) ou voulant faire revenir un parent proche. Ces derniers ne furent ni mieux ni plus mal traités que les requis, mais contribuèrent dans l'opinion, après la guerre, à un amalgame fréquent et injustifié entre requis du STO et volontaires.

Pétain promulgue alors la loi de réquisition du 4 septembre 1942, malgré l'opposition de quatre ministres et une aggravation sensible de l'impopularité du régime. Moins connue que la loi du 16 février 1943, la loi du 4 septembre ne frappe de fait que des ouvriers. Elle fut surtout appliquée en zone occupée, la plus industrielle et la plus peuplée. Cette loi, récemment redécouverte par les historiens, est responsable du départ forcé de près de 250 000 travailleurs en six mois.

Le STO (Service du Travail Obligatoire) :

Avec la complicité active du gouvernement de Vichy (les travailleurs forcés français sont les seuls d'Europe à avoir été requis par les lois de leur propre Etat, et non pas par une ordonnance allemande), l'Allemagne nazie imposa la mise en place du STO pour compenser le manque de main-d'œuvre dû à l'envoi de ses soldats sur le front. (Ou comment se contredire dans la même phrase, on ne discute pas ce qui est IMPOSE par son vainqueur et occupant)

16 février 1943 : instauration du Service du Travail Obligatoire (STO) proprement dit. Le recrutement, de catégoriel, se fait désormais par classes d'âge entières. Les jeunes gens nés entre 1920 et 1922 sont obligés de travailler en Allemagne (ou en France) à titre de substitut de service militaire. La classe d'âge 1922 fut la plus touchée, et les exemptions ou sursis initialement promis aux agriculteurs ou aux étudiants disparurent dès juin. Les Chantiers de la Jeunesse contribuèrent aussi activement à l'envoi de leurs propres jeunes en Allemagne, par groupements entiers. (Taisant le fait que ce fut un vivier de la résistance, là aussi ça fait tâche)

Selon la Fédération Nationale des Déportés du Travail, fondée en 1945 et devenue en 1979 Fédération Nationale des Victimes et Rescapés des Camps nazis du Travail Forcé, 60 000 moururent en Allemagne (combien sous les bombes alliées ? là encore silence) et 15 000 furent fusillés, pendus ou décapités pour "actes de résistance". Les historiens jugent aujourd'hui ces chiffres excessifs, et estiment qu'entre 25.000 et 35.000 STO ont néanmoins perdu la vie en Allemagne (et là aussi ceux ci sont silencieux sur le nombre de morts des suites des bombardements alliés, et pas toujours dans des usines). Leur emploi dans des usines de guerre bombardées, souvent dans de mauvaises conditions et sous la surveillance fréquente de la Gestapo, rendait en tout cas leur taux de mortalité supérieur à celui des prisonniers de guerre.(Pourtant tu nous dis un peu plus haut qu’ils travaillaient tous forcés dans ces usines, tu te mélanges les pinceaux là, il te faudrait te relire afin de ne pas te contredire)

250.000 prisonniers de guerre durent également travailler pour le Reich à partir de 1943 après avoir été "transformés" de gré ou de force en travailleurs civils. (La période ou les bombardements alliés furent les plus meurtriers, tiens donc, contradiction là encore)
Admise en Belgique et bien que le Parlement français ne se soit jamais prononcé définitivement sur la qualification à donner aux requis du STO, la dénomination officielle de "déporté du travail" a été interdite aux associations de victimes du STO par la justice française (1992), au nom du risque de confusion entre la déportation vers la mort des résistants et des Juifs, et l'envoi au travail obligatoire. Et cela t’étonnes ?? Pas moi !! Difficile de faire après coup la part des volontaires et des requis !! Ils étaient tous requis après 45, bien plus facile pour échapper à la vindicte meurtriére, et ça en a arrangé quelques uns pour leurs future carrière politique n’est ce pas !!

Certaines victimes furent prises dans des rafles de la Milice et de la Wehrmacht. Le PPF de Jacques Doriot mit quant à lui sur pied, en 1944, des Groupes d'Action pour la Justice Sociale (sic) chargés de traquer les réfractaires contre de l'argent, et d'enlever la main-d'œuvre jusqu'en pleine rue.

Dans l'ensemble, grâce à la collaboration indispensable du gouvernement de Vichy et de l'administration française, et en particulier d'une bonne part de l'inspection du travail, les Allemands obtinrent tous les hommes qu'ils voulaient. Les deux premières grosses demandes de Fritz Sauckel furent intégralement fournies en un temps assez bref. Seuls le développement des maquis et le tarissement des ressources humaines prélevables expliquent la chute des départs à partir de l'été 1943, et le demi-succès de la troisième "action Sauckel" (juin-décembre 1943) puis le fiasco de la quatrième (1944). Le département de la Gironde, grâce au préfet régional Sabatier et à son secrétaire général Maurice Papon (Encore lui…) (quel était vraiment le degré de responsabilité de ces deux hommes dans ces décisions qu’ils ne pouvaient qu’appliquées, Bordeaux étant à cette époque sous contrôle Allemand), fut félicité par Pierre Laval pour être l'un des seuls a avoir fourni plus que le quota fixé, aussi tard qu'à l'automne 1943.

Le STO provoqua le départ dans la clandestinité de près de 200 000 réfractaires, dont environ un quart gagnèrent les maquis en pleine formation. Le STO accentua la rupture de l'opinion avec le régime de Vichy, et constitua un apport considérable pour la Résistance. (La résistance ils sont cogné, c’était surtout pour ne pas partir qu’ils étaient venus au maquis)

Mails la plaça aussi dans l'immédiat devant une tâche inédite, d'une ampleur non moins considérable (Manque d'argent, de nourriture, d'armes, etc, pour des milliers de maquisards( réfractaires serait plus approprié en l’occurrence)soudain engages).

Les réfractaires au STO forment également le premier groupe au sein des 35 000 évadés de France qui gagnèrent l'Espagne puis l'Afrique du Nord et s'engagèrent dans la France Libre. Faute de filière, de place dans le maquis ou de désir de se battre, de nombreux réfractaires se contentèrent toutefois de se cacher à domicile ou de s'embaucher dans des fermes isolées où ils servirent de main-d'œuvre à des paysans complices.

D'autres Français échappèrent au STO en Allemagne en s'embauchant dans la police et les pompiers, voire dans la Milice. Après l'automne 1943, ils furent nombreux à rejoindre un vaste secteur industriel protégé mis en place par l'occupant, et travaillant exclusivement pour son compte.

Une controverse interminable entoura le passé de Georges Marchais, dirigeant du Parti Communiste Français (1970-1994), accusé d'avoir été volontaire en Allemagne chez Messerschmitt et non pas au STO selon ses dires. Selon son biographe Thomas Hoffnung, Marchais ne fut en fait ni volontaire ni requis du STO, il fut muté en Allemagne par l'entreprise allemande d'aviation qui l'employait déjà en France depuis 1940. Son parcours pendant la guerre ne ferait dès lors que refléter le sort de centaines de milliers de Français, contraint pour survivre de travailler pour les Allemands, soit en France, soit en Allemagne, une très large majorité de l'économie nationale étant de toute façon déjà mise au service des occupants. (Ha, nous y voilà, je me demandais à quel moment tu allais nous vendre la soupe du PC !! Le pôvre Georges, c’est contraint et forcé, voyons qu’il est parti, il existe des documents qui prouvent le contraire, et la « prime au départ volontaire » il l’a bel et bien empoché, alors,…. Tu peux nous vendre tes salades, on sait à quoi s’en tenir ! )

Pour conclure, citons Monsieur Jacques Floch, Secrétaire d’Etat à la Défense, chargé des ACVG, durant le Colloque International des 13-14-15 décembre 2001 au Mémorial de la paix à Caen, s’adressant à d’anciens déportés du travail :

« Cela veut dire aussi qu’au niveau de la France, du Gouvernement de la France mais aussi de la Nation Française toute entière, il doit y avoir cette reconnaissance de ce que vous avez vécu et comment vous l’avez vécu. Qu’il doit y avoir un moment donné une déclaration solennelle qui dira «oui, la France a participé à cette organisation de l’esclavage, oui la France a commis une faute, oui la France vous reconnaît et doit vous reconnaître comme victimes d’un système abominable ».

Sources :
Dominique Venner, Histoire de la Collaboration, Pygmalion, 2000.
G. Garcia et I. Matras, La mémoire retrouvée des Républicains espagnols, Editions Ouest-France, 2005.
La CGT dans la Résistance en Seine-Maritime, par Gilles Pichavant, avec le concours de Pierre Largesse, Albert Perrot, Robert Privat, Guy Décamps et Serge Laloyer.
Les souvenirs de Roger Lenevette et de Louis Jacquemart qui, tous deux, rejoindront la Résistance en 1944.
Jean Pasquiers, «Jeannot chez les nazis », Journal d'un Déporté du Travail 1943-45
http://jean-pasquiers.chez-alice.fr/journal-d-un-deporte-du-travail-1943-45…
Fédération Nationale des Rescapés et Victimes des Camps Nazis du Travail Forcé
http://www.requis-deportes-sto.com/
La Main-d'œuvre française exploitée par le IIIe Reich, actes du colloque international de Caen (Novembre 2001), Centre de Recherche d’Histoire quantitative, Caen, 2001, textes rassemblés par B. Garnier, J. Quellien et F. Passera.
http://www.requis-deportes-sto.com/colloque/index.html
Charte du travail de Vichy, 1941
http://www.marechal-petain.com/charte_travail.htm
Affiches de propagande : Les illustrations nous ont été fournies par un ami généralement bien informé mais qui ne cite pas ses sources. Si, d’aventure, certaines sont protégées par des droits d’auteur, merci de nous le faire savoir et elles seront immédiatement retirées.
(Affiches non reproduites sur ce forum, trop lourd)
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MessagePosté le: Jeu 15 Mai - 09:12 (2008)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Briard, je vais te demander de reprendre cet article de DL et de surligner en vert tes remarques. On ne sait pas trop en effet avec les nombreux changements de styles de caractères, qui parle ! Moi je comprends, ce sont mes réactions à peu de chose près... mais pour les autres participants, ça reste assez confu et il ne faudrait pas attribuer à Daniel Laurent des remarques qui ne sont pas de lui...


C'est fait cher ami, il me fallait juste le temps de reprendre ce texte que j'avais mis sous Word pour y répondre et dont les couleurs ne sont pas reprises lors de son dépot sur le forum
Briard
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MessagePosté le: Jeu 15 Mai - 11:34 (2008)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs Répondre en citant

Daniel Laurent a écrit:
Yaka demander Laughing Vichy et les travailleurs
Daniel Laurent

«Travail, Famille, Patrie »…
Qu’en fut-il du travail et des travailleurs français pendant l’occupation ?

Fête du 1er Mai, rétablie par... Vichy !

De l’armistice, notre pays sort divisé géographiquement, meurtri moralement, en état de choc devant sa nouvelle condition de vaincu.

Voilà, ça c'est important de le souligner !

Le désarroi est tel que le nouveau régime, qui a l’habileté d’invoquer des valeurs profondes (le travail, la famille, la patrie) parvient à tromper sur sa nature véritable une grande partie des travailleurs.

Mais non, il ne "trompe" personne ! Puisque tout le monde voit bien, à l'évidence, que le pays "en état de choc" aura beaucoup de mal à se relever de sa condition de vaincu !
D'ailleurs, c'est à ce moment là l'union sacrée autour du Maréchal !

Pour beaucoup le vieux maréchal de 84 ans, encore auréolé du prestige de «vainqueur de Verdun », a réellement «fait don de sa personne à la France » et incarne l’homme providentiel, capable de tenir tête aux exigences des Allemands. Le ralliement au régime de certains hommes de gauche et de quelques responsables syndicaux ne peut qu’alimenter la mystification.

Mais quelle "mystification" ? Il s'agit de la réalité des faits, en juin 40 ! Et pas de la mystification de l'histoire de 45...

Dans ce brouillard des consciences, représenteront des premières lueurs, l’appel lancé depuis Londres par le Général de Gaulle le 18 juin et ceux de certains dirigeants syndicaux qui invitent les Français à refuser l’asservissement.

Je te signale, hémiplégique de l'histoire, que le 18 juin 1940, l'armée française se bat encore et qu'il y a sur les routes des millions d'êtres désespérés, crevant de soif et de faim, et que le "transistor" n'existe pas encore...

Vichy est expert dans l’art du camouflage. Officiellement il affiche l’ambition de réaliser une «Révolution Nationale », anticapitaliste et antisocialiste, alors que dès le 16 août 1940 il organise l’ensemble des structures économiques du pays en faveur des grandes entreprises.

Des "grandes entreprises" ? Mais le Front Populaire les a déjà "organisées"... Et si Vichy est expert dans l'art du camouflage, c'est, tu as raison, dans celui qui consiste à camoufler aux yeux des Allemands le matériel de guerre et les entreprises "sensibles". En créant des administration fictives dont ce sera la mission avec le 2ème Bureau de l'armée.

Chaque branche d’activité est structurée en «comité d’organisation. Parallèlement, le régime a le souci de son image sociale. Le nouvel Etat assiste les chômeurs, crée un salaire minimum et une allocation à la femme au foyer, encourage les œuvres de charité et verse à compter du 1er janvier 1941, une retraite aux vieux travailleurs. Décisions qui permettent à Pétain de déclarer : «je tiens mes promesses, même celles des autres, lorsque ces promesses sont fondées sur la justice ».

Nous bénéficions encore en 2008 de certaines de ces mesure sociales. Tu t'en plains ?

En réalité, derrière son masque paternel et outrancièrement «patriotique », ce régime appliquera avec détermination la politique que réclamait depuis 1936 la droite traditionaliste et se fixera comme ligne de conduite la collaboration avec les nazis.

Et nous y voilà ! En fait, ce qui te fait râler, c'est que les mesures prises par le Front Populaire aient été réduites à néant. En oubliant que la situation en 1940 était pour une bonne part due à ce Front qui n'avait de populaire que le nom !

De fait l’occupant aura l’avantage considérable de disposer de suite, en France, de toutes les structures économiques, administratives, judiciaires, policières et même idéologiques, dont il avait besoin pour continuer la guerre contre les anciens alliés de la France.

Quelles "structures" ? On croirait entendre le discours d'un diplômé de l'ENA ! La France en juin 1940 est au trois quart détruite ! Elle déplore, outre 6 millions de réfugiés à recaser, 2 millions de prisonniers dans la fleur de l'âge ! Et ses anciens alliés ? De qui veux-tu parler ? Des USA ? Ils n'ont pas bougé le petit doigt et ne sont pas en guerre contre l'Allemangne. L'URSS ? Elle a signé un pacte de non-agression avec l'Allemagne nazie ! L'Angleterre ? Elle nous a laissé tomber et ne pense qu'à son salut. Et pour couronner le tout, elle massacre nos marins à Mers-El-Kébir ! Et Vichy, malgré cet acte odieux ne lui déclare pas la guerre, ce qui rend De Gaulle fou de rage !

C’est ainsi que l’on verra les grandes firmes françaises conclure au plus vite des accords industriels et commerciaux avec les organismes économiques allemands. Une large partie du patronat met ses usines au service de la machine de guerre nazie. L’état de collaboration satisfait bien des appétits.

Si nous citais ces grandes firmes françaises ! Alstom ? EADS ? PSA ? Razz

Discours du 11 octobre 1940 du Maréchal Pétain :

« Le désastre n’est, en réalité, que le reflet, sur le plan militaire, des faiblesses et des tares de l’ancien régime politique… Jamais, dans l’histoire de la France, l’état n’a été plus asservi qu’au cours des vingt dernières années… par des coalitions d’intérêts économiques et par des équipes politiques ou syndicales, prétendant fallacieusement représenter la classe ouvrière. Il faut aujourd’hui reconstruire la France… On ne saurait davantage y découvrir les traits… d’une revanche des événements de 1936 … L’ordre nouveau est une nécessité française. Nous devrons tragiquement réaliser, dans la défaite, la révolution que dans la victoire, dans la paix, dans l’entente volontaire de peuples égaux, nous n’avons même pas su concevoir. Le régime nouveau sera une hiérarchie sociale. Il ne reposera plus sur l’idée fausse de l’égalité naturelle des hommes, mais sur l’idée nécessaire de l’égalité des «chances » données à tous les Français de prouver leur aptitude à «servir ». Seuls le travail et le talent redeviendront le fondement de la hiérarchie française. Aucun préjugé défavorable n’atteindra un Français du fait de ses origines sociales, à la seule condition qu’il s’intègre dans la France nouvelle et qu’il lui apporte un concours sans réserve. On ne peut faire disparaître la lutte des classes, fatale à la nation, qu’en faisant disparaître les causes qui ont formé ces classes et les ont dressées les unes contre les autres. Ainsi renaîtront les élites véritables que le régime passé a mis des années à détruire et qui constitueront les cadres nécessaires au développement du bien-être et de la dignité de tous. ».

Le ton est donné.

Que reproches-tu à un tel discours ? Ah certes, c'est l'anti-thèse du régime des soviets ! Mais moi il me conviendrait tout à fait et encore aujourd'hui ! C'est bien ce que je disais plus haut: ce qui te fais râler, c'est bien ce qu'il reproche à la "société" du front popu ! Nous dirions aujourd'hui aux "soixante-huitards"...

Les bases de la «Révolution Nationale » sont établies et de multiples textes et campagnes de propagande vont tenter d’en faire le fondement de la vie quotidienne des Français. Mais, dans les faits, les résultats furent médiocres. La «Révolution nationale » a rarement débouché sur des transformations radicales, et elle rencontre surtout l’apathie, voire l’hostilité. Le retour à la terre ne concerne pas plus de 1500 personnes.

Non seulement c'est faux, mais tu sembles oublier que dans les 2 millions de prisonniers, prés des trois quart sont des agriculteurs qui manquent terriblement à leurs exploitations, et c'est pour celà que le régime de Vichy (et Mitterrand qui est chargé des prisonniers) va se faire un point d'honneur de hâter leur libération !


 La charte du travail met en place des structures qui tournent à vide, exception faite des comités sociaux d’entreprise, «Les comités patates ». La corporation paysanne sert surtout à réquisitionner et à contrôler. Enfin, les notables, la hiérarchie catholique passent de l’enthousiasme à un éloignement prudent. Cet échec de la «Révolution nationale » montre une capacité d’autonomie et de résistance de la société par rapport à l’Etat même de la part de ceux qui n’ont pas fait le pas de plus les emmenants a rejoindre la Résistance ou la France Libre.

Mais pauvre tarte ! Tu sembles encore oublier que ce projet ne va pas pouvoir arriver à terme, parcequ'en 1942, tout est remis en question par l'occupation totale du territoire français ! Qu'il y a les bombardements anglo-saxons qui vont détruire plus que les entreprises françaises qui essaient de donner du travail aux Français (et Renault en est un bel exemple). On voit aujourd'hui, alors que nous sommes en période de paix, combien il est difficile de mettre en route une politique de réformes salutaires et tu voudrais qu'en temps de guerre (nous sommes toujours en état de guerre, l'armistice n'étant pas la paix) le maréchal Pétain et son gouvernement aient pu faire des miracles ? Tu te fous du monde là !

"Il est vain de penser que des ouvriers puissent être heureux au sein d'une industrie en détresse ; la prospérité des entreprises conditionne le bien-être de leurs membres.

C'est évident, non ?

La pierre angulaire de la charte réside dans la création des comités mixtes sociaux, au sein desquels se trouveront réunis tous les membres d'une même profession.

Le comité social sera, pour la profession d'aujourd'hui - pour la corporation de demain -, le véritable animateur de la vie professionnelle. Lien de tous ceux qui concourent à une même production, il recevra, de surcroît, la mission d'assurer la gestion sociale de la profession (...).

L'expérience a montré que partout où les hommes de bonne foi se réunissent pour une explication loyale et franche, les oppositions s'atténuent, les malentendus se dissipent, l'accord s'établit, dans l'estime d'abord, dans l'amitié ensuite.

C'est en utilisant les bases de l'organisation professionnelle existante que sera réalisée, dans un esprit nouveau, la jonction de tous ceux que la vie sociale appelle à collaborer. Les syndicats ont donc leur place dans cet ordre nouveau. Ils auront la double mission de discipliner les libres réactions de leurs adhérents et de participer à la formation des comités sociaux.

Mais ces syndicats ne seront plus les syndicats de tendance du passé. S'ils demeurent voués dans chaque profession à la représentation d'une même catégorie sociale (patrons, ouvriers, cadres), ils seront désormais obligatoires pour être forts, uniques pour être francs. Leur activité sera désormais strictement limitée au domaine de leur profession. Ils vivront et fonctionneront sous l'autorité des comités sociaux et en s'inspirant de leurs doctrines qui ne sauraient être elles-mêmes que celles du Gouvernement."

Loi du 4 octobre 1941 relative à l'organisation sociale des professions. Rapport au maréchal de France, chef de l'État français, cité in Coll., "Le Gouvernement de Vichy", Paris Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1972, p.337.

Aïe, aïe ! La CGT va en prendre un sacré coup hein ! Et c'est ça qui te dérange ! Et aprés tu viendras nous dire que tu n'es pas coco ? Mais si tu n'es pas encarté au parti, tu en es "l'idiot utile" parfait !

Chronologie :

Après la signature de l’armistice par Pétain en juin 1940, on retrouve dans son cabinet, au poste de Ministre de la Production Industrielle et du Travail, René Belin, ex secrétaire confédéral de la CGT.

Un renégat ! Selon Maurice Thorez et ses sbires !

16 Août 1940 - Le gouvernement en place publie une loi interdisant les confédérations syndicales.

9 Novembre 1940 - Belin signe le décret de dissolution de la CGT, de la CFTC et de la Confédération Générale du Patronat Français.

15 Novembre 1940 - La résistance syndicale se met en place et 3 membres de la CFTC et 9 de la CGT signent un manifeste «Le Manifeste des 12 » qui rappelle l’indépendance syndicale, la mission purement économique et sociale du syndicalisme, la lutte contre l’antisémitisme et le pluralisme syndical.

Quoi ? Quelle lutte contre l'antisémitisme ?  En novembre 40 le PCF est collabo. Et lorsqu'on parle de "mission purement économique et sociale..." que vient faire la lutte contre l'antisémitisme ? Une invention de Daniel Laurent ?

4 octobre 1941 – Promulgation de la Charte du Travail de Vichy.
22 juin 1942 - Mise en place de la «Relève » par Laval.

Il s'agit en effet de "récupérer"  les prisonniers de guerre, plus utile au pays.

16 février 1943 : instauration du Service du Travail Obligatoire (STO)

17 Avril 1943 - Accords du Perreux. La guerre et la lutte commune dans la résistance à l’occupation allemande permettent la réunification clandestine de la CGT sur un accord verbal au Perreux (banlieue parisienne).

Alors là, je rigole ! Daniel Laurent ne tient absolument pas compte de deux choses: 1, la France est occupée entièrement depuis novembre 42. 2, le PCF est officiellement entré en résistance sous les ordres de Staline depuis le 22 juin 1941.

La vérité sur le terrain :

Les grandes villes sont quasiment ruinées par la guerre, du fait même de l’asphyxie de leur économie. Elles sont contraintes de demander un effort fiscal considérable aux populations, au moment même où l’augmentation du coût de la vie effondre le pouvoir d’achat dès l’automne 1940 et rend la survie précaire :
- La livre de beurre passa de 12 f à 20 f 50
- Le kilo de pommes de terre de 1 f à 2 f 50,
- Le kilo de viande de 36 f à 56 f,
- L’œuf de 0 f 75 à 2 f 50,
- Le kilo de sucre de 5 f à 7 f,
- Le litre de lait de 1 f 40 à 2 f 50.

Le responsable: Sarkozy... Euh non, je me trompe... On est en 40 ? Qui est responsable de cette situation ? Vichy ? La guerre que NOUS avons déclarée à l'Allemagne en 1939 ? La défaite ? L'Armistice ? Allons Daniel Laurent, tu vas arrêter de nous prendre pour des... poires !

La population est confrontée à la pénurie : Farine, lait, beurre, pommes de terre. Les légumes secs, le sucre, le savon de Marseille, etc. disparaissent. Depuis juillet 1940, toutes les denrées sont contingentées, livrables contre la remise de tickets de rationnement : 350 grammes de pain par jour, 50 grammes de fromage, 10 grammes de matières grasses, 360 grammes de viande (dont 20% d’os par semaine. Vichy a fixé des catégories de rationnaires : E (moins de 3 ans), J1, J2, J3 (enfants et adolescents), A (21-70 ans), T (travailleurs de force), C (cultivateurs, V (vieillards). D’un mois à l’autre les rations fluctuent, souvent à la baisse. Le pain devient noir. Des jours sans viande sont institués. Le café pur, interdit, est remplacé par des mélanges, etc.

Et tu oublies le blocus des Anglais étendu à la France... Encore une fois, nous sommes en guerre et les mesures de restriction s'imposent en situation économique précaire ! Il faut peut-être se rappeler des conditions dans lesquelles se trouvait l'Allemagne sous le diktat de Versailles dans les années 20 ! C'était encore bien pire !
Les villes du sud devait faire face, et je le dis encore une fois, à des situations dramatiques du fait de la présence de millions de réfugiés à loger et à nourrir.

Roger Lenevette :
« En 1940, j'avais quinze ans et j'étais plus préoccupé ainsi que ma famille par les problèmes de survie que par les statuts de Vichy, puis par le besoin de renvoyer chez eux ceux qu'on n'avait pas invité. Nous avons vécu le problème des villes topographiquement dangereuses parce que stratégiques. Cela a été le cas de Brest. Habitant prés du fort du Guelmeur, c'était un point stratégique de bombardement. Nous avons eu la chance de quitter à temps puisque trois semaines plus tard le pavillon était pulvérisé par une bombe (revenu fin juin ou en juillet à Vieux Vy) et cela s'est passé en août 1940 Cette chance, tout le monde ne l'a pas eue et beaucoup en sont morts.

Il faut garder à l'esprit que cette génération était loin d'être aussi aveugle qu'on essaie de nous faire croire depuis longtemps. Cette époque est celle de mon enfance que j'ai passé dans ce monde du travail. D'abord l'école et ses instituteurs, où on faisait quelquefois plus de trois kilomètres à pied pour y aller, et même pour certains en sabots. L'usine (l'arsenal de Brest, la Mine de Brais), les champs avec l'aide pour les les moissons ou la récolte des pommes de terre et des betteraves, l'artisanat comme bûcheron à la tâche l'hiver 1940/1941 ou aide mécanicien sur Machines agricoles à Ernée dans la Mayenne en 1942. C'est cette génération de ces anciens qui a fait de moi le militant à vie que j'ai été et que je suis resté. J'ai gardé pour elle une grande admiration et je souhaite que nos jeunes générations soient aussi vigilantes.
Roger rejoindra les FTPF d’Ile et Vilaine en 1944.

Mais qu'est-ce que celà a à voir avec Vichy ? En juin 40, c'était l'héritage avec lequel l'état français de Vichy était confronté ! L'héritage de 36 et de la défaite ! Pourquoi mettre sur le dos de Pétain, une situation qui était celle de la majorité des Français dans les années 30, surtout en milieu rural que les "40" heures n'avaient pas atteints et où on travaillait durement ! Faire croire ça aux Français de 2008 est une mauvaise farce !

Louis Jacquemart :

«Je n'ai pas d'expériences personnelles particulières, ayant toujours travaillé, par chance, +ou- seul, soit avec mon père artisan ciseleur sans employé ou chez un petit électricien paternel, chez qui j'ai appris des rudiments d'installations électriques.

Mis à part ma participation et soutien symbolique auprès des travailleurs revendiquant leurs droits, je ne peux me targuer d'avoir eu a me battre pour l'obtention de conditions de travail particulières.

Après avoir travaillé plusieurs mois chez un pâtissier réputé à Châteaulin, où en cours d'activité j'ai planté là, seul, mon patron qui m'accusait faussement d'avoir cassé un œuf ! Je me retrouve à Douarnenez, où avec un copain nous allons, sur un tandem et tirant une remorque, vendre du poisson aux habitants, sur un parcours de 30 Km. Cette vente illicite ("Illicite" pour les Allemands et le régime en place qui avaient réquisitionné le camion de mes tantes (mareyeuses à Douarnenez) qui de ce fait ne pouvaient plus exercer leur profession ! Idem pour les parents de mon camarade) ne peut pas durer longtemps, les Allemands occupant DZ depuis quelques mois, le Service du Contrôle Economique sévit et nous pourchasse. Nous devons cesser cette activité, mais avant nous nous vengeons en introduisant du sucre dans le réservoir d'essence de la moto du contrôleur.

Encore une fois... ouf ça fatigue... Qu'a à voir Vichy là-dedans ? On est dans la zone nord sous occupation allemande que nous subissons. Qu'il y ait eu des injustices, c'est fort probable et même certain. Mais la faute à qui ?

Ma seule expérience de travail collectif, c'est lorsque pour éviter le STO je travaillais à faire du bois gazo dans l'attente de pouvoir entrer au maquis»

Louis rejoindra le maquis Bayard en Cote D’Or en 1944.

A les lire, il est clair que ces deux travailleurs n’ont strictement jamais beneficie d’aucune des promesses du gouvernement de Vichy ! L’un d’entre eux nous a même avoué avoir appris des choses à la lecture de cet article. Des limites de la propagande…

Quelle propagande ? Comment ces "travailleurs" pouvaient-ils bénéficier des "promesses" de Vichy ? Le 22 juin 1941, le PCF entrait en résistance et les Allemands durcisaient leur présence. Le 8 novembre 1942, les Alliés débarquaient en AFN et les Allemands envahisaient la zone "libre"... Comment le gouvernement de Vichy, aux prises avec une situation catastrophique d'une France abattue par la guerre, pouvait-il mener à bien ses réformes en un an ? Est-ce que tu t'es seulement posé la question de savoir quelle aurait été la situation de ces "travailleurs", s'il n'y avait pas eu "Vichy" ?

La collaboration économique :

La collaboration économique découle d'abord de la dette de guerre théoriquement fixée par l'armistice de juin 1940, mais pratiquement fixée au cours des ans de façon unilatérale par les Allemands qui établissaient arbitrairement le taux du franc par rapport au mark. Cette dette, censée correspondre à l'entretien des troupes d'occupation a été en moyenne de 400 millions de francs par jour, l'équivalent de 4 millions de salaire journalier d'ouvriers. L'emploi du terme de "collaboration économique" signifie que la politique prédatrice de l'Allemagne s'est effectuée sous administration française.

Mais bien obligée ! Ce sont les Allemands qui ordonnent ! Le gouvernement français, et il en existe des preuves, a toujours essayé de "tricher" et de freiner les appétits du Reich. Mais aprés ce que nous avions infligé à l'Allemagne dans les années 20, étions nous en mesure de discuter ? Quelle mauvaise foi ! Daniel Laurent, si tu réfléchissais un peu à l'ineptie de tes propos !

De même on peut également ajouter les prisonniers de guerre, qui sont 1,5 millions à travailler pour l'Allemagne en Allemagne pendant presque toute la durée de la guerre.

Faux ! Une grande partie de ces prisonniers pourront rentrer en France grace aux "marchandages" renouvelés du gouvernement français.

En octobre 1940, on comptait en France un million de chômeurs, conséquence de la désorganisation complète de l'économie due à la débâcle. Rapidement après l'armistice, le gouvernement de Vichy décida d'autoriser les entreprises françaises à accepter des contrats avec les Allemands. Les commandes allemandes seront le principal moteur du redémarrage de l'économie française.

Oui et alors ? Quels "clients" avions nous ailleurs ? Et le blocus ? je pense à Renault, obligé de fabriquer des camions pour l'Allemagne, mais pour pouvoir conserver du travail à ses 3000 ouvriers... Tu l'oublies ? Alors il faudrait savoir ! D'un côté on reproche le "fiasco" des mesures de Vichy, mais de l'autre on critique ces entreprises qui continuent à tourner, sous prétexte qu'elles travaillent pour l'Allemagne ! Avaient-elles le choix ?

Le nombre de chômeurs était descendu à 125 000 en 1942, et à la Libération, il était pratiquement nul. En gros, avec les indemnités d'occupation, l'Allemagne arrive à faire travailler l'agriculture et l'industrie française en grande partie pour son compte.

Et celui des Français ! P... de M... mais tu vas enfin arrêter de nous sortir de telles inepties ? Et Guinguoin, qui détruit les récoltes et les machines agricoles des agriculteurs non-communistes sous prétexte qu'ils travaillent pour les "Boches" ? Tu l'oublies lui ?

En 1943, d'après les statistiques de l'Office central de la production industrielle, 100% de l'industrie aéronautique, 100% de la grosse forge, 80% des BTP, 60% de l'industrie du caoutchouc travaille pour le compte de l'Allemagne.

En 1943 ! L'Allemagne est en guerre sur deux fronts ! A l'est et à l'ouest. Elle impose une pression inouïe sur la France et Vichy est de moins en moins maître de la situation. Tu le sais bien Daniel Laurent !

Ces chiffres sont un peu contestes (Henri Rousso) mais ils donnent un ordre de grandeur correct. Selon l'historien allemand Jaekel, «Au printemps de 1942, 170 000 Français travaillaient sur place dans les services de la Wehrmacht et 275 000 à la construction d'aérodromes et de fortifications comme le mur de l'Atlantique, 400 000 enfin à la fabrication d'armements. »

Selon le général von Senger und Utterlin de la Commission d'armistice allemande, «L'industrie française des armements de guerre fut remise à plein tours pour les armements allemands... Sans le potentiel économique de la France, Hitler n'aurait pas pu faire durer la guerre aussi longtemps. C'est cela qui fut le grand profit qu'Hitler tira de la conquête de la France ».

Menteur ! Le "potentiel économique de la France" ne représente plus rien à partir de 43 ! Hitler ne dispose plus du pétrole de la mer Noire. Ses armées retraitent sur l'immense plaine russe. Les bombardements anglo-saxons écrasent ses usines et ses villes. La France est soumise au blocus et doit vivre en autarcie ! La plus grande bêtise qu'a fait Hitler, c'est de signer cet armistice avec la France qui ne lui a rien rapporté du tout. Et ça on veut absolument le cacher aux Français !

Les émigrés Républicains Espagnols :

En janvier 1939, devant l’avancée des troupes franquistes, harcelés sous les bombardements incessants de l’aviation allemande et nationaliste, les Républicains espagnols, civils et militaires, affluent à la frontière pyrénéenne, alors fermée par les autorités françaises. Le 26 janvier, la chute de la Catalogne provoque un exode encore plus massif. C’est la retraite "LA RETIRADA", et le gouvernement français est contraint de revoir sa position.
Environ cinq cent mille espagnols passeront la frontière.

Les civils, femmes, enfants, vieillards sont pris en charge à leur arrivée, et répartis sur tout le territoire, en fonction des disponibilités et des bonnes volontés locales. Le département d’Ille-et-Vilaine ouvre six centres d’hébergement. Quant aux combattants, rien n’est prévu pour les accueillir. Escortés par les services d’ordre, ils sont acheminés vers les plages clôturées d’Argeles sur Mer et de Saint Cyprien. Ils restent là plusieurs mois dans des conditions épouvantables. A maintes reprises, les autorités françaises les incitent à un retour en Espagne.

Face à la menace de guerre contre l’Allemagne, d’indésirables, les réfugiés espagnols deviennent indispensables. Placés sous autorité militaire, des milliers sont enrôlés dans des Compagnies de Travailleurs Etrangers, réparties sur toute la France, afin d’y effectuer des travaux de fortification. Lors de l’invasion allemande, nombre d’entre eux sont faits prisonniers. Les Républicains espagnols sont les premiers déportés du territoire français : 7288 seront envoyés à Mauthausen, 4676 n’en reviendront pas.

Les Compagnies de Travailleurs, sous l’autorité de Vichy, sont livrées aux allemands pour construire le mur de l’Atlantique. Conduits vers la zone occupée, les Espagnols travaillent à la construction des bases sous-marines de La Pallice, Lorient, Brest. Beaucoup doivent embarquer à Saint-Malo ou Cherbourg, pour les îles anglo-normandes. L’une d’elles, Aurigny, rattachée administrativement au camp de Neuengamme, verra travailleurs forcés et déportés espagnols, mourir sous le joug nazi.

Ces "Républicains", autrement dit les communistes espagnols seront dans un premier temps fort mal venus en France et tomberont sous les coups des lois anti-communsites du gouvernement... Daladier ! Tu oublies que leur venue en France n'est pas due seulement aux "bombardements" des nationalistes espagnols, mais aussi des féroces luttes entre les trotskystes et les communistes, surtout en Catalogne ou les premiers seront exterminés par les seconds suivant les ordres du Komintern. Tu oublies également que les "maquis" du Sid-Ouest et du Centre comporteront une majorité de "réfugiés" rouges qui se livreront auprés des populations françaises à des exactions de terreur ! Et tu nous reproches de te traiter de coco ? 

Les travailleurs français en Allemagne :

Le Commissaire général du Reich pour l'emploi et la main d'œuvre, Fritz Sauckel (Condamne à mort a Nuremberg), surnommé le "négrier de l'Europe", fut chargé le 21 mars 1942 d'amener la main-d'œuvre de toute l'Europe par tous les moyens. Il s'intéressa particulièrement à la France. Il trouva à la tête du régime de Vichy des interlocuteurs prêts à lui donner satisfaction en mobilisant la législation française et les forces de l'ordre au profit du recrutement forcé. Un total de 600.000 à 650.000 travailleurs français est acheminés vers l'Allemagne entre juin 1942 et juillet 1944. La France fut le troisième fournisseur de main-d'œuvre forcée du Reich après l'URSS et la Pologne, et le pays qui lui donna le plus d'ouvriers qualifiés.

Jusqu'en septembre 1943, le plénipotentiaire de Fritz Sauckel en France était le général Julius Ritter, exécuté par le groupe Manouchian le 23 septembre.

Automne 1940 : 80 000 volontaires choisissent de travailler en Allemagne. En tout, pendant la Seconde Guerre mondiale, 150 000 à 200 000 Français se seraient portés volontaires, dont 30 000 femmes. C'est aussi à l'automne 1940 que l'occupant procéda à des rafles arbitraires de main-d'œuvre dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, rattachés à Bruxelles.

Juin 1942 : l'Allemagne exige de la France 350 000 travailleurs. Vichy, obligé de maquiller cette sommation, annonce le 22 la création de la "Relève" qui consiste à échanger un prisonnier libéré contre trois travailleurs volontaires envoyés. Mais seuls les ouvriers spécialistes sont en fait pris en compte dans l'échange, tandis que les prisonniers relâchés doivent être des paysans ou des hommes déjà âgés et malades, donc improductifs et qui auraient probablement été rapatriés de toute façon.

De plus, la Relève n'est pas nominative : on ne peut pas s'enrôler pour faire libérer son frère, son mari, son voisin, etc. Le manque de succès de cette mesure (17 000 volontaires fin août) sonne le glas du volontariat.

On vit ainsi partir en Allemagne des travailleurs volontaires attirés par la rémunération ou voulant faire revenir un parent proche. Ces derniers ne furent ni mieux ni plus mal traités que les requis, mais contribuèrent dans l'opinion, après la guerre, à un amalgame fréquent et injustifié entre requis du STO et volontaires.

Pétain promulgue alors la loi de réquisition du 4 septembre 1942, malgré l'opposition de quatre ministres et une aggravation sensible de l'impopularité du régime. Moins connue que la loi du 16 février 1943, la loi du 4 septembre ne frappe de fait que des ouvriers. Elle fut surtout appliquée en zone occupée, la plus industrielle et la plus peuplée. Cette loi, récemment redécouverte par les historiens, est responsable du départ forcé de près de 250 000 travailleurs en six mois.

Le STO (Service du Travail Obligatoire) :

Avec la complicité active du gouvernement de Vichy (les travailleurs forcés français sont les seuls d'Europe à avoir été requis par les lois de leur propre Etat, et non pas par une ordonnance allemande), l'Allemagne nazie imposa la mise en place du STO pour compenser le manque de main-d'œuvre dû à l'envoi de ses soldats sur le front.

16 février 1943 : instauration du Service du Travail Obligatoire (STO) proprement dit. Le recrutement, de catégoriel, se fait désormais par classes d'âge entières. Les jeunes gens nés entre 1920 et 1922 sont obligés de travailler en Allemagne (ou en France) à titre de substitut de service militaire. La classe d'âge 1922 fut la plus touchée, et les exemptions ou sursis initialement promis aux agriculteurs ou aux étudiants disparurent dès juin. Les Chantiers de la Jeunesse contribuèrent aussi activement à l'envoi de leurs propres jeunes en Allemagne, par groupements entiers.


Selon la Fédération Nationale des Déportés du Travail, fondée en 1945 et devenue en 1979 Fédération Nationale des Victimes et Rescapés des Camps nazis du Travail Forcé, 60 000 moururent en Allemagne et 15 000 furent fusillés, pendus ou décapités pour "actes de résistance". Les historiens jugent aujourd'hui ces chiffres excessifs, et estiment qu'entre 25.000 et 35.000 STO ont néanmoins perdu la vie en Allemagne. Leur emploi dans des usines de guerre bombardées, souvent dans de mauvaises conditions et sous la surveillance fréquente de la Gestapo, rendait en tout cas leur taux de mortalité supérieur à celui des prisonniers de guerre.

Cette association "créée en 1945", est l'une des courroies de transmission du PCF. On peut donc avec Daniel Laurent, qui n'est pas sympathisant du PC, croire en la fiabilité de l'information !

250.000 prisonniers de guerre durent également travailler pour le Reich à partir de 1943 après avoir été "transformés" de gré ou de force en travailleurs civils.

Admise en Belgique et bien que le Parlement français ne se soit jamais prononcé définitivement sur la qualification à donner aux requis du STO, la dénomination officielle de "déporté du travail" a été interdite aux associations de victimes du STO par la justice française (1992), au nom du risque de confusion entre la déportation vers la mort des résistants et des Juifs, et l'envoi au travail obligatoire.

Certaines victimes furent prises dans des rafles de la Milice et de la Wehrmacht. Le PPF de Jacques Doriot mit quant à lui sur pied, en 1944, des Groupes d'Action pour la Justice Sociale (sic) chargés de traquer les réfractaires contre de l'argent, et d'enlever la main-d'œuvre jusqu'en pleine rue.

Dans l'ensemble, grâce à la collaboration indispensable du gouvernement de Vichy et de l'administration française, et en particulier d'une bonne part de l'inspection du travail, les Allemands obtinrent tous les hommes qu'ils voulaient. Les deux premières grosses demandes de Fritz Sauckel furent intégralement fournies en un temps assez bref. Seuls le développement des maquis et le tarissement des ressources humaines prélevables expliquent la chute des départs à partir de l'été 1943, et le demi-succès de la troisième "action Sauckel" (juin-décembre 1943) puis le fiasco de la quatrième (1944). Le département de la Gironde, grâce au préfet régional Sabatier et à son secrétaire général Maurice Papon (Encore lui…), fut félicité par Pierre Laval pour être l'un des seuls a avoir fourni plus que le quota fixé, aussi tard qu'à l'automne 1943.


Les preuves ? les sources ?

Le STO provoqua le départ dans la clandestinité de près de 200 000 réfractaires, dont environ un quart gagnèrent les maquis en pleine formation. Le STO accentua la rupture de l'opinion avec le régime de Vichy, et constitua un apport considérable pour la Résistance.

Mails la plaça aussi dans l'immédiat devant une tâche inédite, d'une ampleur non moins considérable (Manque d'argent, de nourriture, d'armes, etc, pour des milliers de maquisards soudain engages).

Les réfractaires au STO forment également le premier groupe au sein des 35 000 évadés de France qui gagnèrent l'Espagne puis l'Afrique du Nord et s'engagèrent dans la France Libre. Faute de filière, de place dans le maquis ou de désir de se battre, de nombreux réfractaires se contentèrent toutefois de se cacher à domicile ou de s'embaucher dans des fermes isolées où ils servirent de main-d'œuvre à des paysans complices.

D'autres Français échappèrent au STO en Allemagne en s'embauchant dans la police et les pompiers, voire dans la Milice. Après l'automne 1943, ils furent nombreux à rejoindre un vaste secteur industriel protégé mis en place par l'occupant, et travaillant exclusivement pour son compte.

Une controverse interminable entoura le passé de Georges Marchais, dirigeant du Parti Communiste Français (1970-1994), accusé d'avoir été volontaire en Allemagne chez Messerschmitt et non pas au STO selon ses dires. Selon son biographe Thomas Hoffnung, Marchais ne fut en fait ni volontaire ni requis du STO, il fut muté en Allemagne par l'entreprise allemande d'aviation qui l'employait déjà en France depuis 1940. Son parcours pendant la guerre ne ferait dès lors que refléter le sort de centaines de milliers de Français, contraint pour survivre de travailler pour les Allemands, soit en France, soit en Allemagne, une très large majorité de l'économie nationale étant de toute façon déjà mise au service des occupants.

Mais c'est un borbard ! Georges Marchais a bien été volontaire pour travailler en Allemagne ! Et il en a touché des indemnités. Te voilà devenu un avocat de Marchais ? De mieux en mieux !

Pour conclure, citons Monsieur Jacques Floch, Secrétaire d’Etat à la Défense, chargé des ACVG, durant le Colloque International des 13-14-15 décembre 2001 au Mémorial de la paix à Caen, s’adressant à d’anciens déportés du travail :

« Cela veut dire aussi qu’au niveau de la France, du Gouvernement de la France mais aussi de la Nation Française toute entière, il doit y avoir cette reconnaissance de ce que vous avez vécu et comment vous l’avez vécu. Qu’il doit y avoir un moment donné une déclaration solennelle qui dira «oui, la France a participé à cette organisation de l’esclavage, oui la France a commis une faute, oui la France vous reconnaît et doit vous reconnaître comme victimes d’un système abominable ».

Que nous apporte de plus cette déclaration ? Que la France et les Français ont été des victimes du nazisme ? Ca on le savait, et même Pétain en a été victime ! Mais le Ministre ne dit pas quel est le responsable de cet état de choses ! Alors à partir de là ces propos ne veulent rien dire. Rien !
Sources :
Dominique Venner, Histoire de la Collaboration, Pygmalion, 2000.
G. Garcia et I. Matras, La mémoire retrouvée des Républicains espagnols, Editions Ouest-France, 2005.
La CGT dans la Résistance en Seine-Maritime, par Gilles Pichavant, avec le concours de Pierre Largesse, Albert Perrot, Robert Privat, Guy Décamps et Serge Laloyer.
Les souvenirs de Roger Lenevette et de Louis Jacquemart qui, tous deux, rejoindront la Résistance en 1944.
Jean Pasquiers, «Jeannot chez les nazis », Journal d'un Déporté du Travail 1943-45
http://jean-pasquiers.chez-alice.fr/journal-d-un-deporte-du-travail-1943-45…
Fédération Nationale des Rescapés et Victimes des Camps Nazis du Travail Forcé
http://www.requis-deportes-sto.com/
La Main-d'œuvre française exploitée par le IIIe Reich, actes du colloque international de Caen (Novembre 2001), Centre de Recherche d’Histoire quantitative, Caen, 2001, textes rassemblés par B. Garnier, J. Quellien et F. Passera.
http://www.requis-deportes-sto.com/colloque/index.html
Charte du travail de Vichy, 1941
http://www.marechal-petain.com/charte_travail.htm
Affiches de propagande : Les illustrations nous ont été fournies par un ami généralement bien informé mais qui ne cite pas ses sources. Si, d’aventure, certaines sont protégées par des droits d’auteur, merci de nous le faire savoir et elles seront immédiatement retirées.
(Affiches non reproduites sur ce forum, trop lourd)




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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:05 (2016)    Sujet du message: Vichy et les travailleurs

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