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L'occasion manquée en Sarre( septembre 1939)

 
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Morpion


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MessagePosté le: Ven 4 Jan - 17:08 (2008)    Sujet du message: L'occasion manquée en Sarre( septembre 1939) Répondre en citant

Extraits de l'ouvrage du colonel Alphonse Goutard.

Le « bluff » réussit !

Hitler avait bien misé ! Comme il le pensait, notre complexe défensif nous empêcha de profiter de l'occasion unique qui s'offrait. Et notre passivité, le général Roton, chef d'état-major de notre front nord-est, l'explique ainsi :

« Tenter de rompre la ligne Siegfried et d'exploiter éventuellement la percée réalisée était une solution au-dessus de nos moyens. Le système défensif allemand, sans avoir la valeur de la Ligne Maginot, représentait un obstacle très important. Sa destruction aurait nécessité la mise en oeuvre d'une artillerie lourde de grosse destruction nombreuse et l'emploi de chars de très gros calibres (ndr : 9 chars C disponibles et -au moins- une centaine de chars B1bis). Or, les quelques matériels que nous avions ne pouvaient arriver à pied d'oeuvre qu'en fin de concentration, cad vers le 30ème jour. Encore ces matériels manquaient d'obus de rupture pour agir contre le béton (note Goutard : les Allemands nous prouveront que la neutralisation des blockhaus n'exige pas forcément leur destruction par d'énormes obus de rupture) (ndr : des essais ultérieurs au camp de la Courtine montreront que l'on pouvait très bien utiliser le 75 pour des tirs de plein fouet dans les embrasures : ce que feront les Allemands, notamment contre des ouvrages de seconde importance, avec leur fameux 88. Source : Claude Paillat, « le désastre de 1940, T.4). Enfin notre aviation était insuffisante pour assurer la maîtrise de l'air et notre D.C.A. trop faible. »

En somme, l'ouvrier n'avait que de mauvais outils !

Mais, si nos canons lourds étaient trop loin, on aurait peut-être pu, avant la mobilisation, les rapprocher de leur seule zone d'utilisation possible ! Les avertissements ne nous avaient pas manqué ! En tout cas, ce matériel lourd, nous l'avions bien ! Le général Gamelin indique lui-même que nous disposions aux armées en 1939 de : 2043 pièces de 155 court, 1209 pièces de 155 long, 476 mortiers de grosse destruction de 220 mm, 68 canons de 220 mm, et 180 obusiers de 280.

« Il s'agissait, précise le commandant en chef, de matériels de siège, cad faits pour s'attaquer au béton. Nos nouveaux projectiles à grandes perforation n'étaient pas encore sortis d'usine, mais nos obus anciens étaient PARFAITEMENT CAPABLES DE BOUSCULER LES BETONS ALLEMANDS, d'aveugler les embrasures et d'en rendre la défense difficile. »

Gamelin ajoute : « Nous avions étudié de près le problème de l'attaque de la ligne Siegfried. Dans plusieurs camps, spécialement à la Courtine, nous avions construits des tranches de la fortification allemande et nous avions faits de nombreux exercices d'attaque; Nous avions les moyens de forcer la ligne Siegfried. D'autant que L'EXPLOITATION ULTERIEURE PAR LES CHARS permettait de réaliser simplement des brèches relativement étroites, que l'on pourrait rapidement élargir. L'artillerie dont nous disposions permettait ainsi d'effectuer plusieurs ruptures. »-Et c'est notre commandant en chef de 1939 qui parle !

Pendant que toutes les forces allemandes valables sont occupées en Pologne, nos belles divisions actives, nos chars de rupture, nos canons lourds restent passifs devant une ligne Siegfried d'une solidité douteuse, occupée par des figurants peu rassurés ! Rien ne se passe, sinon un simulacre d'offensive dans la Sarre ! Le général Gamelin invoque notre infériorité en aviation, mais, très occupée en Pologne, la Lutwaffe ne pouvait quitter tout entière le théâtre de l'Est, et il est douteux que des éléments détachés eussent été en mesure de briser à eux seuls, l'attaque de nos gros, protégés par une chasse franco-britannique au moins équivalente.

L'étonnement des généraux allemands. Le Troisième Reich l'a échappé belle ! Extraits :

Le général Westphal (certains le disqualifient, mais je le cite quand même) : « Nous n'arrivions pas à comprendre pourquoi l'attaque française ne se produisait pas, ni comment l'éclatante faiblesse de nos fortifications avait pu, apparemment, échapper au commandement français ! Mais il ne se passa rien, absolument rien, à l'exception de petites attaques locales sans signification dans le secteur de Sarrebrück . Les évènements donnaient encore raison à Hitler, et les craintes de l'Armée de Terre se révélaient, une fois de plus, non fondées. »

Fin septembre, rien ne s'étant produit, les généraux allemands se rassurent :

A l'O.K.H., Halder : « Je ne crois plus à l'attaque des Français. ILS ONT MANQUE L'OCCASION, alors qu'une intervention leur aurait été si facile ! Maintenant, nous allons renforcer notre front ouest. »

GUDERIAN (ndr :Voilà une référence comme les aime les admirateurs de la Werhmacht!) : « Nous avons été plongés dans l'étonnement de ce que les Français n'aient pas profité de l'occasion qui s'offrait. Il était impossible à cette époque de comprendre les raisons de cette abstention. »

Keitel (ndr : mais c'est à Nuremberg : il faut tenir compte du contexte...) : « De ce que rien ne se soit produit à l'Ouest, en dehors de quelques escarmouches sans importance entre la ligne Maginot et la ligne Siegfried, nous avons conclu que la France et l'Angleterre n'avaient pas sérieusement l'intention de faire la guerre. Si elles avaient attaqué, nous n'aurions pu leur opposer QU'UN SIMULACRE DE DEFENSE. » 

  C'est l'explication de l'immobilisme allié et les conséquences qu'en tirent provisoirement les Allemands : les Alliés songent encore à un accord...).

Von Lossberg : « Si les Alliés n'avaient pas envisagé un accord, pourquoi les Français n'auraient-ils pas profité de leur écrasante supériorité pour bousculer à la course nos faibles troupes d'occupation du Rempart de l'Ouest, ne fût-ce que pour atteindre le Rhin et, de là, paralyser pratiquement le bassin de la Ruhr ? C'eût été pour nous un coup à peu près MORTEL ! »

Jodl (ndr : mais c'est toujours à Nuremberg ; le contexte interdit sans doute d'en faire état ! Je passe outre...) : « En 1939, la catastrophe ne fut évitée que parce que les 100 divisions que possédaient approximativement les Français et les Anglais demeurèrent complètement inactives devant les 23 divisions allemandes de l'Ouest ! » (ndr : Jodl ne semble pas faire grand cas des 10 « ersatz » censées renforcer ces 23 unités...).

Halder : « Si les Français avaient attaqué au début de septembre, ils auraient aisément atteint le Rhin, qu'ils pouvaient franchir sans résistance sérieuse. »

Koesfrin : « Si les Français avaient pris l'offensive, ils seraient entrés à Berlin ! » (ndr : ce dernier avait-il toute sa tête ?).

Encore le sempiternel Westphal : « Si les Français avaient attaqué dans la 1ère quinzaine de septembre avec le gros de leurs forces, ils auraient atteint le Rhin en 15 jours. Quelle situation en serait-il résulté pour l'Europe ? Il est probable que le régime nazi se serait écroulé dès l'automne 1939. Par sa passivité, la France a laissé passer une grande chance de donner, sans grand risque, une toute autre orientation au sort de l'Europe ! »

Plus loin, il ajoute: "Déjà en 1938 le « rempart de l'Ouest », alors en création, avait impressionné les hommes politiques alliés et contribué à notre succès diplomatique de Munich. En 1939 CE GIGANTESQUE BLUFF joua encore le rôle voulu par Hitler, sous forme cette fois d'une duperie militaire de première grandeur, et sans fournir la moindre preuve de la valeur de nos fortifications. »

Adolphe Goutard, déjà cité : extraits des pages 115, 116, 117 et 118 de son ouvrage « la Guerre des occasions perdues »

Né en 1893, sert dans l'infanterie en 1914-1918. Blessé 2 fois. Lieutenant et chevalier de la Légion d'Honneur à la fin des hostilités. Croix de guerre 14-18 avec palmes. Affecté entre les 2 guerres tour à tour à l'armée du Rhin, au corps français de Constantinople, au 159ème RI de chasseurs alpins à Briançon. Nommé professeur d'histoire à l'Ecole militaire spéciale de Saint-Cyr. En AFN, au moment de la bataille de France. Participe aux campagnes de Tunisie et d'Italie, à la libération de la France et à la campagne d'Allemagne en avril-mai 1945. Promu Commandeur de la Légion d'Honneur en 1947. Croix de guerre 39-45 avec palmes, croix de Guerre T.O.E.

Autres ouvrages : Kemmel : 1918
Le corps expéditionnaire dans la campagne d'Italie (préface du Maréchal Juin).
La bataille de France (préface de Sir Basil Liddel Hart).


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MessagePosté le: Ven 4 Jan - 17:08 (2008)    Sujet du message: Publicité

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